L’année 2025 aura été particulière pour easyJet France.
Alors que la compagnie low cost affichait un bénéfice net de 562 millions d’euros, en hausse de 9 %, et une offre en augmentation un peu partout en Europe, un petit village a continué de faire de la résistance… la France.
"Nous avons baissé nos capacités sur l’été 2025 en France. Nous faisons venir moins d’étrangers en France et nous en envoyons davantage ailleurs.
Nous enregistrons une baisse de 600 000 sièges sur les vols domestiques en France depuis 2019. Toutes ces hausses de taxes ne poussent pas les étrangers à venir en France," expliquait dernièrement Bertrand Godinot, le directeur général pour la France de la livrée orange.
À cette réduction de la voilure est venue s’ajouter la menace sociale, avec un préavis de grève déposé pour Noël par le SNPNC, finalement retiré à la dernière minute.
Mais c’était sans compter sur une organisation syndicale concurrente, qui a repris le flambeau. L’UNAC a ainsi appelé ses adhérents à débrayer le 1er janvier 2026, avec pour mot d’ordre : "objectif zéro décollage".
Un mouvement qui pourrait s’inscrire dans la durée, puisque la section menace désormais d’appeler à la grève sur des dates ciblées, à chaque période de vacances scolaires en 2026.
Alors que la compagnie low cost affichait un bénéfice net de 562 millions d’euros, en hausse de 9 %, et une offre en augmentation un peu partout en Europe, un petit village a continué de faire de la résistance… la France.
"Nous avons baissé nos capacités sur l’été 2025 en France. Nous faisons venir moins d’étrangers en France et nous en envoyons davantage ailleurs.
Nous enregistrons une baisse de 600 000 sièges sur les vols domestiques en France depuis 2019. Toutes ces hausses de taxes ne poussent pas les étrangers à venir en France," expliquait dernièrement Bertrand Godinot, le directeur général pour la France de la livrée orange.
À cette réduction de la voilure est venue s’ajouter la menace sociale, avec un préavis de grève déposé pour Noël par le SNPNC, finalement retiré à la dernière minute.
Mais c’était sans compter sur une organisation syndicale concurrente, qui a repris le flambeau. L’UNAC a ainsi appelé ses adhérents à débrayer le 1er janvier 2026, avec pour mot d’ordre : "objectif zéro décollage".
Un mouvement qui pourrait s’inscrire dans la durée, puisque la section menace désormais d’appeler à la grève sur des dates ciblées, à chaque période de vacances scolaires en 2026.
easyJet France : que se passe-t-il ?
Les crispations ont débuté en fin d'année, lors des traditionnelles négociations annuelles obligatoires (NAO).
Un épisode qui a entraîné une bataille de communiqués, chacun répondant aux attaques des uns et des autres.
"Nous ne sommes plus sur une petite bataille, mais carrément dans une guerre ouverte. Jusqu'à présent, nous n'avons jamais nommé d'autres syndicats ni attisé les braises, car cela n'est pas dans notre ADN.
Mais là, nous avons été attaqués explicitement par l'UNAC sur pas mal de sujets.
Et la manière dont ils ont géré les négociations annuelles depuis le départ nous a clairement inquiétés, ce qui nous a obligés à répondre," nous explique William Bourdon, secrétaire de section du SNPNC FO.
Après des NAO qui avaient porté en 2024 sur les grilles d'ancienneté, ces négociations se concentraient cette fois-ci davantage sur la qualité de vie au travail.
Il n'était donc plus question de réclamer des augmentations de salaires, chaque partie en avait parfaitement conscience. Le principal syndicat des PNC a ainsi consulté sa base afin de faire remonter les revendications.
La principale d'entre elles porte sur l'instabilité chronique des plannings. Une problématique ancienne, qui touche l'ensemble du réseau de la low cost.
"C'est vraiment le chaos à ce niveau.
Pendant ces NAO, toutes les solutions que nous avons proposées ont essuyé un refus catégorique de la part de la direction. Nous avons donc décidé de traiter le sujet différemment, en choisissant d’identifier les causes profondes du problème.
En attendant, car cela prend du temps, ce n'est pas aux PNC de payer la mauvaise organisation de la compagnie, mais bien l'inverse. Et la direction l'a validé," poursuit le délégué syndical.
Les deux parties se sont accordées sur une indemnisation de 80 euros par changement, un montant qui peut rapidement devenir très contraignant pour les finances de la compagnie, certains des 1 200 PNC enregistrant jusqu'à une dizaine de changements chaque mois.
Un épisode qui a entraîné une bataille de communiqués, chacun répondant aux attaques des uns et des autres.
"Nous ne sommes plus sur une petite bataille, mais carrément dans une guerre ouverte. Jusqu'à présent, nous n'avons jamais nommé d'autres syndicats ni attisé les braises, car cela n'est pas dans notre ADN.
Mais là, nous avons été attaqués explicitement par l'UNAC sur pas mal de sujets.
Et la manière dont ils ont géré les négociations annuelles depuis le départ nous a clairement inquiétés, ce qui nous a obligés à répondre," nous explique William Bourdon, secrétaire de section du SNPNC FO.
Après des NAO qui avaient porté en 2024 sur les grilles d'ancienneté, ces négociations se concentraient cette fois-ci davantage sur la qualité de vie au travail.
Il n'était donc plus question de réclamer des augmentations de salaires, chaque partie en avait parfaitement conscience. Le principal syndicat des PNC a ainsi consulté sa base afin de faire remonter les revendications.
La principale d'entre elles porte sur l'instabilité chronique des plannings. Une problématique ancienne, qui touche l'ensemble du réseau de la low cost.
"C'est vraiment le chaos à ce niveau.
Pendant ces NAO, toutes les solutions que nous avons proposées ont essuyé un refus catégorique de la part de la direction. Nous avons donc décidé de traiter le sujet différemment, en choisissant d’identifier les causes profondes du problème.
En attendant, car cela prend du temps, ce n'est pas aux PNC de payer la mauvaise organisation de la compagnie, mais bien l'inverse. Et la direction l'a validé," poursuit le délégué syndical.
Les deux parties se sont accordées sur une indemnisation de 80 euros par changement, un montant qui peut rapidement devenir très contraignant pour les finances de la compagnie, certains des 1 200 PNC enregistrant jusqu'à une dizaine de changements chaque mois.
easyJet France : la grève du 1er janvier est "un coup politique"
De plus, un groupe de travail a été constitué afin de faire émerger les sources de dysfonctionnement à l'origine de ces changements récurrents.
"Nous sommes dans une logique de partenariat de travail.
La compagnie ne sait pas identifier les problèmes seule. Elle a besoin de notre expertise, de personnes présentes sur le terrain, capables de lui apporter des exemples concrets, puis de travailler avec l'ensemble des départements impliqués afin d’identifier les différents points de friction.
Ce groupe de travail a été mis en place à l'initiative de l'UNAC, sauf que celui-ci n'en veut pas et préfère faire grève en pensant que cela va tout résoudre," déplore William Bourdon.
D'après le syndicaliste, le groupe de protestataires aurait formulé des exigences jugées farfelues lors des NAO.
Ne trouvant donc aucun point de compromis, les contestataires ont déposé alors un préavis de grève, le 1er janvier 2026.
"Ils ont fait un coup politique, dans le but de récupérer des adhérents. Après que la direction nous a soumis une proposition ratifiée par nos adhérents, nous avons levé le préavis et l'UNAC a dégainé le sien.
À chaque échange téléphonique qu'ils avaient avec la compagnie, ils ajoutaient de nouvelles demandes exorbitantes, dont certaines auraient coûté jusqu'à 1,5 million d'euros par jour," poursuit le secrétaire de section du SNPNC FO.
Au total, 29 vols ont été annulés, soit moins de 10% selon la direction. Les conséquences ont été minimes pour les passagers, à en croire le syndicaliste, ceux-ci ayant pu être reprotégés dès le lendemain.
"Nous sommes extrêmement déçus que l'UNAC ait été le seul syndicat de personnel de cabine sur 3 à rejeter notre proposition et à opter pour une grève.
Nous restons dans une démarche constructive avec l'ensemble des syndicats. À ce jour nous n’avons reçu aucun préavis de grève de l'UNAC," nous a commenté la diretion.
"Nous sommes dans une logique de partenariat de travail.
La compagnie ne sait pas identifier les problèmes seule. Elle a besoin de notre expertise, de personnes présentes sur le terrain, capables de lui apporter des exemples concrets, puis de travailler avec l'ensemble des départements impliqués afin d’identifier les différents points de friction.
Ce groupe de travail a été mis en place à l'initiative de l'UNAC, sauf que celui-ci n'en veut pas et préfère faire grève en pensant que cela va tout résoudre," déplore William Bourdon.
D'après le syndicaliste, le groupe de protestataires aurait formulé des exigences jugées farfelues lors des NAO.
Ne trouvant donc aucun point de compromis, les contestataires ont déposé alors un préavis de grève, le 1er janvier 2026.
"Ils ont fait un coup politique, dans le but de récupérer des adhérents. Après que la direction nous a soumis une proposition ratifiée par nos adhérents, nous avons levé le préavis et l'UNAC a dégainé le sien.
À chaque échange téléphonique qu'ils avaient avec la compagnie, ils ajoutaient de nouvelles demandes exorbitantes, dont certaines auraient coûté jusqu'à 1,5 million d'euros par jour," poursuit le secrétaire de section du SNPNC FO.
Au total, 29 vols ont été annulés, soit moins de 10% selon la direction. Les conséquences ont été minimes pour les passagers, à en croire le syndicaliste, ceux-ci ayant pu être reprotégés dès le lendemain.
"Nous sommes extrêmement déçus que l'UNAC ait été le seul syndicat de personnel de cabine sur 3 à rejeter notre proposition et à opter pour une grève.
Nous restons dans une démarche constructive avec l'ensemble des syndicats. À ce jour nous n’avons reçu aucun préavis de grève de l'UNAC," nous a commenté la diretion.
easyJet France : des grèves à chaque vacances ?
Sauf que ce coup de com' semble avoir donné des ailes à l'UNAC.
Dans un communiqué publié la veille de la grève, les représentants du personnel se félicitaient des conséquences de ce préavis, qui aurait occasionné "la panique de la direction". Ils ont ajouté : "qu’il y ait de nombreuses annulations ou non, ce mouvement est déjà historique."
De plus, ils font planer la menace d’un mouvement social lors de chaque période de vacances scolaires en 2026.
Le syndicat revendique aussi d'avoir fait sortir le carnet de chèques à la direction.
"C'est une prime qui existe déjà et dont les montants annoncés ont été démentis par les salariés concernés. Je soutiens la grève lorsqu’elle a un objectif, mais là, il n’y en a pas.
Ce qu'il faut savoir, c'est que chez easyJet, la grève est l’arme ultime, une véritable déclaration de guerre, qu’il faut donc manier avec prudence," tempère ce salarié rompu aux âpres négociations.
L'une des revendications de l'UNAC porte sur la mise en place de MyID Travel, une plateforme permettant de bénéficier de tarifs réduits auprès de nombreux transporteurs.
Le sujet est sur la table depuis de nombreuses années chez easyJet, mais il a été totalement refermé récemment par la direction, en raison de son coût et de la complexité de son implémentation.
Pour l'heure, le SNPNC et l'UNPNC-CFDT se sont montrés favorables à la signature des NAO.
"Concernant l'UNAC, c'est la grande inconnue, puisque personne n'arrive à les joindre. Et comme il n'y a pas d'autres organisations syndicales, cela complique l'adoption de ce texte," souffle le salarié de la low cost.
Une situation ubuesque, d’autant plus qu’elle intervient dans un climat social qui semble plus apaisé, après le conflit lié à la fermeture de la base de Toulouse.
Dans un communiqué publié la veille de la grève, les représentants du personnel se félicitaient des conséquences de ce préavis, qui aurait occasionné "la panique de la direction". Ils ont ajouté : "qu’il y ait de nombreuses annulations ou non, ce mouvement est déjà historique."
De plus, ils font planer la menace d’un mouvement social lors de chaque période de vacances scolaires en 2026.
Le syndicat revendique aussi d'avoir fait sortir le carnet de chèques à la direction.
"C'est une prime qui existe déjà et dont les montants annoncés ont été démentis par les salariés concernés. Je soutiens la grève lorsqu’elle a un objectif, mais là, il n’y en a pas.
Ce qu'il faut savoir, c'est que chez easyJet, la grève est l’arme ultime, une véritable déclaration de guerre, qu’il faut donc manier avec prudence," tempère ce salarié rompu aux âpres négociations.
L'une des revendications de l'UNAC porte sur la mise en place de MyID Travel, une plateforme permettant de bénéficier de tarifs réduits auprès de nombreux transporteurs.
Le sujet est sur la table depuis de nombreuses années chez easyJet, mais il a été totalement refermé récemment par la direction, en raison de son coût et de la complexité de son implémentation.
Pour l'heure, le SNPNC et l'UNPNC-CFDT se sont montrés favorables à la signature des NAO.
"Concernant l'UNAC, c'est la grande inconnue, puisque personne n'arrive à les joindre. Et comme il n'y a pas d'autres organisations syndicales, cela complique l'adoption de ce texte," souffle le salarié de la low cost.
Une situation ubuesque, d’autant plus qu’elle intervient dans un climat social qui semble plus apaisé, après le conflit lié à la fermeture de la base de Toulouse.
easyJet France : "aucun signe de nouvelle fermeture de bases en France"
"Il y a de nouvelles équipes avec lesquelles nous avons fait le choix de travailler dans l'apaisement.
Nous connaissons certaines personnes, que nous avons côtoyées dans le passé et qui sont de bonne volonté.
On ne fait pas d’attaque frontale et on leur laisse le temps de faire leurs preuves. Les nouvelles équipes, que ce soit en France ou à Londres, sont plutôt dans une logique de travailler avec nous," nous confie William Bourdon.
Un syndicaliste qui se montre optimiste quant à la suite des événements, même si certains dossiers restent en suspens, dont l’un est désormais entre les mains de la justice, concernant les heures supplémentaires.
Autre ombre au tableau, la forte hausse de la TSBA (Taxe de solidarité sur les billets d'avion) et le climat français moins propice pour les compagnies aériennes ont poussé ses dirigeants à réduire la voilure.
"Il faut être honnête, nous savons que certaines bases sont en difficulté.
La compagnie ne se donne pas les moyens d'améliorer la productivité, notamment via le tripping, c’est-à-dire faire venir du personnel d'autres bases européennes, et ça nous pose quand même problème.
Après, je veux rassurer : nous n'avons aucun signe de nouvelle fermeture de bases en France. Tous les voyants sont plutôt au vert, nous performons bien.
Alors même qu'en France, nous ne bénéficions pas du tremplin que représente easyJet Holidays, ce qui fausse forcément les comparaisons avec d'autres pays, comme le Royaume-Uni," analyse le PNC.
Le développement plus soutenu de la plateforme de séjours packagés est bien évidemment à l'étude, afin de propulser la compagnie comme un réflexe vacances pour les Européens et les Français.
Nous connaissons certaines personnes, que nous avons côtoyées dans le passé et qui sont de bonne volonté.
On ne fait pas d’attaque frontale et on leur laisse le temps de faire leurs preuves. Les nouvelles équipes, que ce soit en France ou à Londres, sont plutôt dans une logique de travailler avec nous," nous confie William Bourdon.
Un syndicaliste qui se montre optimiste quant à la suite des événements, même si certains dossiers restent en suspens, dont l’un est désormais entre les mains de la justice, concernant les heures supplémentaires.
Autre ombre au tableau, la forte hausse de la TSBA (Taxe de solidarité sur les billets d'avion) et le climat français moins propice pour les compagnies aériennes ont poussé ses dirigeants à réduire la voilure.
"Il faut être honnête, nous savons que certaines bases sont en difficulté.
La compagnie ne se donne pas les moyens d'améliorer la productivité, notamment via le tripping, c’est-à-dire faire venir du personnel d'autres bases européennes, et ça nous pose quand même problème.
Après, je veux rassurer : nous n'avons aucun signe de nouvelle fermeture de bases en France. Tous les voyants sont plutôt au vert, nous performons bien.
Alors même qu'en France, nous ne bénéficions pas du tremplin que représente easyJet Holidays, ce qui fausse forcément les comparaisons avec d'autres pays, comme le Royaume-Uni," analyse le PNC.
Le développement plus soutenu de la plateforme de séjours packagés est bien évidemment à l'étude, afin de propulser la compagnie comme un réflexe vacances pour les Européens et les Français.







Publié par Romain Pommier 














