Recrutement PNC : beaucoup de candidats français maîtrisent les règles de la langue anglaise mais bloquent lorsqu'il faut improviser une réponse - Depositphotos.com, garagestock
Il y a dix ans, un niveau B2 en anglais suffisait pour intégrer une compagnie aérienne française.
Les candidats décrochaient leur certification, cochaient la case et passaient à la suite.
Aujourd'hui, les règles ont changé.
Les critères officiels restent les mêmes, mais les recruteurs vérifient désormais ce qu'un certificat ne mesure pas toujours : la capacité à tenir une conversation fluide.
Cette évolution intervient alors que la France affiche un retard marqué en expression orale.
Selon l'EF English Proficiency Index 2025, les Français se classent 32e sur 35 pays européens pour l'anglais parlé. Un handicap qui pèse lourd dans un secteur où les entretiens se déroulent de plus en plus en anglais.
Les candidats décrochaient leur certification, cochaient la case et passaient à la suite.
Aujourd'hui, les règles ont changé.
Les critères officiels restent les mêmes, mais les recruteurs vérifient désormais ce qu'un certificat ne mesure pas toujours : la capacité à tenir une conversation fluide.
Cette évolution intervient alors que la France affiche un retard marqué en expression orale.
Selon l'EF English Proficiency Index 2025, les Français se classent 32e sur 35 pays européens pour l'anglais parlé. Un handicap qui pèse lourd dans un secteur où les entretiens se déroulent de plus en plus en anglais.
Les compagnies françaises relèvent leurs exigences
En 2024, les critères ont évolué : la compagnie demande désormais soit un LILATE B2 minimum, soit un Linguaskill avec un score B2 à chacun des 3 compétences (skills). Pour l'anecdote, la majorité des candidats retenus chez Air France et HOP! en 2026 et accompagnés par l'organisme de formation SkySuccess affichaient un niveau C1 au LILATE.
Le TOEIC dans sa version la plus courante ne teste que le listening et le reading, pas l'expression orale. Une version avec les 4 skills existe et est acceptée chez French Bee.
Le TOEIC classique n'est d'ailleurs plus accepté par le groupe Air France. Linguaskill et LILATE évaluent les 4 compétences, et les compagnies exigent cette option.
French Bee, qui a récemment ouvert une campagne de recrutement, accepte le Linguaskill B2 ou le TOEIC B2, tous deux avec les 4 skills. Pour le LILATE, le seuil de recevabilité est fixé à C1.
Lors du salon SFMA, plusieurs compagnies françaises et internationales expliquaient que les candidats titulaires d'un C1 étaient valorisés. Certaines testaient même l'anglais directement sur leur stand.
Lire aussi : TOEIC, Linguaskill, LILATE : quelle certification d'anglais choisir pour devenir PNC ?
32e sur 35 en Europe : le handicap français
L'EF English Proficiency Index 2025 mesure pour la première fois séparément les quatre compétences linguistiques. Les résultats français sont sans appel.
En compréhension écrite, la France obtient 555 points. En expression orale, elle chute à 456 points. Près de 100 points d'écart. Ce décalage place la France à la 32e position sur 35 pays européens pour l'anglais parlé. Seules la Moldavie, la Turquie et l'Italie font moins bien.
Une étude Cambridge Assessment English, relayée par Le Figaro, confirme ce constat : le niveau moyen des Français en anglais se situe autour du B1. Or les compagnies aériennes exigent un B2 minimum. L'écart à combler est réel.
L'explication est connue. Pendant des décennies, l'école française a privilégié la grammaire et la lecture au détriment de la prise de parole.
Beaucoup de candidats maîtrisent les règles de la langue mais bloquent lorsqu'il faut improviser une réponse.
En compréhension écrite, la France obtient 555 points. En expression orale, elle chute à 456 points. Près de 100 points d'écart. Ce décalage place la France à la 32e position sur 35 pays européens pour l'anglais parlé. Seules la Moldavie, la Turquie et l'Italie font moins bien.
Une étude Cambridge Assessment English, relayée par Le Figaro, confirme ce constat : le niveau moyen des Français en anglais se situe autour du B1. Or les compagnies aériennes exigent un B2 minimum. L'écart à combler est réel.
L'explication est connue. Pendant des décennies, l'école française a privilégié la grammaire et la lecture au détriment de la prise de parole.
Beaucoup de candidats maîtrisent les règles de la langue mais bloquent lorsqu'il faut improviser une réponse.
Retrouvez tous les articles de Rémi Duchange en cliquant ici.
Un métier qui exige de communiquer
Cette exigence croissante suit l'évolution du métier. Un PNC doit rassurer un passager stressé, gérer une urgence médicale, annoncer une évacuation, travailler avec un équipage international. Autant de situations où savoir parler anglais n'est pas un luxe.
Les compagnies européennes comme easyJet ou Ryanair ne demandent pas de certification. Mais leur recrutement se déroule entièrement en anglais.
Emirates et Qatar Airways procèdent de la même manière : pas de test préalable, mais un entretien intégralement en anglais dès les premières minutes.
Certaines compagnies françaises suivent cette tendance. Chez French Bee, le recrutement comme le stage d'intégration se déroulent entièrement en anglais. Chez Amelia, le recrutement est bilingue et le stage d'intégration en anglais. Chez Air Caraïbes, les procédures sont en anglais.
Un recruteur ne demande jamais de compléter un exercice de grammaire. Il demande de se présenter, de gérer un passager mécontent ou de réagir à une situation imprévue. Souvent entièrement en anglais.
Les compagnies européennes comme easyJet ou Ryanair ne demandent pas de certification. Mais leur recrutement se déroule entièrement en anglais.
Emirates et Qatar Airways procèdent de la même manière : pas de test préalable, mais un entretien intégralement en anglais dès les premières minutes.
Certaines compagnies françaises suivent cette tendance. Chez French Bee, le recrutement comme le stage d'intégration se déroulent entièrement en anglais. Chez Amelia, le recrutement est bilingue et le stage d'intégration en anglais. Chez Air Caraïbes, les procédures sont en anglais.
Un recruteur ne demande jamais de compléter un exercice de grammaire. Il demande de se présenter, de gérer un passager mécontent ou de réagir à une situation imprévue. Souvent entièrement en anglais.
Comment les candidats comblent-ils l'écart ?
Face à ce constat, beaucoup se tournent vers les applications.
Duolingo, Babbel et leurs concurrents permettent d'enrichir son vocabulaire. Mais un recruteur ne demande jamais de traduire une phrase. Il demande : "Tell me about a difficult situation you had to handle."
Les candidats qui se démarquent sont ceux qui pratiquent l'oral régulièrement.
Certains choisissent l'immersion dans un pays anglophone. D'autres travaillent dans un environnement international où l'anglais est la langue de travail. Les recruteurs apprécient ces profils.
L'expérience en relation client reste un atout majeur pour muscler un profil PNC. Qu'elle soit acquise en France ou à l'étranger, elle permet de développer l'aisance orale tout en démontrant des compétences directement transférables en cabine.
Le point commun des candidats qui réussissent : ils parlent anglais plusieurs fois par semaine.
Duolingo, Babbel et leurs concurrents permettent d'enrichir son vocabulaire. Mais un recruteur ne demande jamais de traduire une phrase. Il demande : "Tell me about a difficult situation you had to handle."
Les candidats qui se démarquent sont ceux qui pratiquent l'oral régulièrement.
Certains choisissent l'immersion dans un pays anglophone. D'autres travaillent dans un environnement international où l'anglais est la langue de travail. Les recruteurs apprécient ces profils.
L'expérience en relation client reste un atout majeur pour muscler un profil PNC. Qu'elle soit acquise en France ou à l'étranger, elle permet de développer l'aisance orale tout en démontrant des compétences directement transférables en cabine.
Le point commun des candidats qui réussissent : ils parlent anglais plusieurs fois par semaine.
Un enjeu pour le secteur
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Agent d'escale : le premier contact passager
Face aux classements, le paradoxe français apparaît clairement.
Les candidats hexagonaux disposent souvent de solides connaissances théoriques. Mais la compétence où la France se classe 32e d'Europe est précisément celle que les recruteurs évaluent en priorité.
Une question se pose alors pour le secteur. Car, avec plus de 25 000 recrutements annuels selon le GIFAS et 678 000 membres d'équipage de cabine à recruter dans le monde d'ici 2034 selon l'étude CAE 2025, le niveau d’anglais oral des candidats français reste un défi à relever.
Les candidats hexagonaux disposent souvent de solides connaissances théoriques. Mais la compétence où la France se classe 32e d'Europe est précisément celle que les recruteurs évaluent en priorité.
Une question se pose alors pour le secteur. Car, avec plus de 25 000 recrutements annuels selon le GIFAS et 678 000 membres d'équipage de cabine à recruter dans le monde d'ici 2034 selon l'étude CAE 2025, le niveau d’anglais oral des candidats français reste un défi à relever.
Qui est Rémi Duchange ?
Rémi Duchange - Photo : SkySuccess
Rémi Duchange est le cofondateur de SkySuccess, organisme de formation certifié Qualiopi dédié aux futurs stewards et hôtesses de l'air, avec près de 15 ans d'expérience dans l'aérien, notamment en tant que PNC, chef de cabine et instructeur au sein d'une compagnie internationale.
Avec son équipe, il propose un accompagnement humain, bilingue (français/anglais) et individuel : préparation aux certifications LILATE et Linguaskill, coaching recrutement personnalisé jusqu'à l'embauche.
Depuis 4 ans, SkySuccess a permis à plus de 1 000 élèves d'intégrer une compagnie aérienne. L'organisme accompagne tous les profils, avec ou sans CCA, débutants ou expérimentés, grâce à une méthode sur-mesure.
Suivi par plus de 50 000 abonnés sur Instagram et LinkedIn, ainsi que sur sa newsletter, Rémi partage quotidiennement sur son espace carrière les offres d'emploi PNC et agent d'escale, ainsi que des conseils pour réussir son recrutement aérien.
Avec son équipe, il propose un accompagnement humain, bilingue (français/anglais) et individuel : préparation aux certifications LILATE et Linguaskill, coaching recrutement personnalisé jusqu'à l'embauche.
Depuis 4 ans, SkySuccess a permis à plus de 1 000 élèves d'intégrer une compagnie aérienne. L'organisme accompagne tous les profils, avec ou sans CCA, débutants ou expérimentés, grâce à une méthode sur-mesure.
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