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Volotea : face à la grève, la direction annonce réduire la voilure en France !

Les pilotes de Volotea protestent pour leurs salaires


Les grèves s’enchaînent au sein des low cost en France. Les pilotes de Volotea ont décidé de débrayer pour protester contre une grille salariale qui n’a pas évolué depuis 2012, des copilotes payés moins que le SMIC et des plannings éreintants. Une grève qui n’a pas reçu l’accueil escompté par les salariés, puisque la direction a convoqué un CSE extraordinaire afin d’évoquer une réduction d’activité parfois drastique sur les bases françaises.


Rédigé par le Vendredi 4 Septembre 2026 à 14:30

Volotea : "des réductions de voilure dans les bases françaises" - Crédit photo : RP
Volotea : "des réductions de voilure dans les bases françaises" - Crédit photo : RP
L’aérien low cost en France est en pleine tempête.

Depuis la mi-août, les grèves s’enchaînent et la dernière en date concerne Volotea, une compagnie qui connaît une année 2026 difficile.

Au printemps dernier, comme nous vous le révélions, elle a dû affronter la polémique des surcharges carburant et des annulations de vols, en raison de la flambée du kérosène.

Dorénavant, elle fait face à une grève rare de ses pilotes, qui s’étale sur le week-end du 4 au 6 septembre 2026. Le préavis a été signé par le SNPL, l’UNAC et le SPL.

La direction nous annonce l’annulation de six vols vers Perpignan, Bordeaux et Figari, au départ de sa base de Lille, pour la journée du vendredi 4 septembre.

"Les effectifs font face à des pressions et à des menaces sournoises de la part de la direction.

En dépit de cela, des copilotes ont décidé de se déclarer en grève, cela nous donne du baume au cœur. Malgré cela, nous sommes sur une fourchette de grévistes comprise entre 20 et 45 %.

Malheureusement, il existe une possibilité de contournement, puisque l’entreprise recompose des équipages pour assurer des vols durant cette grève, avec des personnels qui viennent de Barcelone.

Elle préfère encaisser l’impact de cette grève plutôt que d’améliorer nos conditions
de travail"
, explique Patrick Marciniak, délégué du SNPL.

Volotea : "des réductions de voilure dans les bases françaises"

Et cette pratique, à la limite de la légalité à en croire le pilote de Volotea, n’est pas la seule à choquer les occupants des cockpits de la low cost.

Au lieu de s’asseoir autour de la table des négociations, le management a convoqué un CSE extraordinaire pour annoncer de bien mauvaises nouvelles.

"La direction a accusé réception de notre préavis de grève en nous disant qu’elle reviendrait vers nous dans le courant de la semaine suivante.

Et elle est bien revenue vers nous, pour nous annoncer un CSE extraordinaire afin d’aborder une réduction de voilure sur certaines bases, sans évoquer à aucun moment le sujet de la grève.

Nous avons été très surpris.

Nous les avons sollicités, en expliquant que le préavis de grève courait toujours. Ils nous ont fait comprendre que l’entreprise préférait entrer en conflit, afin de démontrer que les conflits ne durent jamais
", nous rapporte le commandant de bord.

Une direction qui semble donc montrer les muscles.

Et cette menace de réduction de l’activité n’a pas été lancée en l’air. Nous avons appris que de nombreux vols vont être supprimés dans le programme hiver de Volotea.

Brest va perdre quatre lignes, vers Lanzarote, Barcelone, Rome et Tenerife. Bordeaux en perdra huit, vers Lanzarote, Bari, Charleroi, Rome, Fuerteventura, Naples, Prague et Tenerife. Pour Lyon, six lignes seront concernées, vers Malaga, Ajaccio, Athènes, Bari, Grande Canarie et Porto.

Lille, Marseille, Rodez, Strasbourg et Toulouse seront aussi impactées.

Volotea justifie la baisse d’activité dans ses bases par le kérosène

"Ce CSE extraordinaire a bien eu lieu et il ne respectait même pas le cadre juridique de ce genre de réunion.

La consultation et l’avis étaient demandés lors de la même réunion, au lieu de respecter le délai d’un mois.

Il nous a été expliqué que la baisse d’activité dans les bases était liée à la hausse des cours du kérosène. Mais cette annonce nous a été faite à partir du moment où nous avons déposé le préavis
", nous explique-t-il, perplexe.

Et cette réduction, selon ses propres mots, serait plus ou moins conséquente selon les bases.

L’entreprise est entrée dans des discussions avec les équipages concernés par cette réduction de voilure. Pour l’heure, le délégué SNPL n’a pas voulu nous en dire plus.

Un exemple qui illustre bien le mode de fonctionnement observé dans les sièges des low cost confrontées à des mouvements sociaux.

Pour quelles raisons les pilotes ont-ils décidé d’entrer en grève ?

"Il existe deux raisons principales.

La grille de rémunération n’a pas été réévaluée depuis 2012. Lors de chaque NAO, le sujet a été abordé, avec toujours la même réponse négative, en avançant que notre progression se fait par l’ancienneté dans l’entreprise.

Avec un niveau d’inflation de 25 % depuis 2012, nous nous retrouvons avec une grille salariale qui était 25 % plus attractive au moment de la création de l’entreprise.

Après, nous savions très bien que nous ne pouvions pas demander ce montant, eu égard à la situation du secteur, confronté à la hausse des cours du kérosène
", détaille le syndicaliste.

Volotea : le SNPL demande une hausse juste pour atteindre le niveau du SMIC

Dans les compagnies low cost, contrairement à une legacy, le carburant est bien souvent le premier poste de dépense. La masse salariale arrive en deuxième, troisième, voire même quatrième position.

Donc, avec un kérosène encore en hausse de plus de 77 % par rapport à l’année passée, il devient compliqué pour les transporteurs de garantir leur promesse de prix bas.

"On demande une augmentation des salaires de 20 % pour les second officers afin de les amener simplement au niveau du SMIC, le niveau de décence minimal pour pouvoir embaucher quelqu’un aujourd’hui en France.

Un niveau qui n’est pas atteint par les copilotes qui ne volent pas suffisamment, ce qui arrive.

Pour les autres, nous avons demandé une augmentation de 10 %. Une étude a été commandée par le CSE l’année dernière. Elle a révélé que nous étions 40 % en dessous de la moyenne des acteurs hors Air France sur le marché français, et jusqu’à 50 % pour les commandants de bord.

Nous ne voulons pas un rattrapage par rapport à Air France, ce serait insoutenable pour la compagnie. Ni même un rattrapage de l’inflation, ce ne serait pas audible pour nos passagers
", se montre mesuré Patrick Marciniak.

En 2022, déjà, un précédent mouvement avait eu lieu pour obtenir une hausse des salaires.

Quatre ans plus tard, la rémunération n’est pas la seule revendication des PNT. Un peu à l’image de leurs confrères d’easyJet France, qui appellent à débrayer dans dix jours, le SNPL Volotea exige de meilleures conditions de travail.

Volotea : les pilotes dénoncent des conditions de travail à la limite du supportable

"Volotea utilise au maximum les possibilités permises par le cadre européen.

Ce qui fait que nous avons des plannings pouvant contenir plusieurs journées avec quatre vols par jour pour les équipages. Et les journées s’enchaînent de plus en plus durement. Vous démarrez votre première journée à 5h du matin pour terminer la semaine avec deux vols de nuit.

Ou alors vous prenez votre dernier vol à 21h, pour arriver à l’hôtel quelques heures plus tard et reprendre le lendemain avec un vol à 7h, sans avoir pu dormir. Nous voulons que la compagnie revoie sa méthodologie pour construire les plannings
", nous partage-t-il.

Face à l’absence de réponse et de discussions pour résoudre ces points de friction, le SNPL, l’UNAC et le SPL étudient les suites à donner à ce conflit.

La décision de renouveler la grève devra donc être collégiale. Une chose est sûre, le préavis peut permettre d’étendre le mouvement social au-delà du 6 septembre.

Chaque jour non travaillé a un impact important sur les salaires des grévistes, pendant que des primes sont offertes à ceux qui voleront durant le débrayage. Reste donc à savoir si les pilotes acteront la poursuite du conflit.

Une chose est sûre, les mêmes demandes émergent chez les salariés de plusieurs compagnies low cost, face à des comportements dignes des "livres d’histoire des grèves qui ont eu lieu dans l’industrie".


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Tags : easyjet, snpl, volotea
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