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Le jour qui ébranla le monde : le 11 septembre 2001 [ABO]

Le décryptage de Josette Sicsic (Futuroscopie)


L’actualité internationale exerce une influence incontestée et incontestable sur les comportements touristiques. Ainsi, le 11 septembre 2001 signe le début d’une crise géopolitique mondiale dont nous ne sommes pas encore sortis. Plus exactement, qu’en est-il ? Surtout si l’on compare cette crise avec celle du Covid et la crise climatique que nous vivons aujourd’hui !


Rédigé par le Mercredi 9 Septembre 2026 à 07:34

Le jour qui ébranla le monde : le 11 septembre 2001 - Depositphotos.com  Auteur rabbit75_dep
Le jour qui ébranla le monde : le 11 septembre 2001 - Depositphotos.com Auteur rabbit75_dep
A quelques jours du triste anniversaire du 11 septembre 2001, le monde entier se souvient. Non seulement, on se souvient du contexte dans lequel nous avons appris la nouvelle insensée, mais on garde tous en mémoire la stupeur dont nous avons été saisis devant les images qui tournaient en boucle sur les écrans et démontraient la foudroyante réalité.

Un avion, puis deux, des tours symboles de la toute puissance étasunienne en flammes et le monde entier vacillait puis s’effondrait, laissant des millions de traumatisés et des milliers de morts et de blessés. Lesquels auraient pu être épargnés si l’administration de Georges Bush avait pris au sérieux les alertes répétées de la CIA sur l’imminence d’une attaque terroriste sur le sol américain !

Entrée de plain-pied dans une période de violence dans laquelle nous sommes toujours, le secteur touristique se retrouvait brutalement exposé à un accident de l’histoire qui le laissa KO.


Le choc économique et psychologique planétaire

Que s’est-il passé ? Pendant quelques jours, le trafic aérien américain a dû cesser et a enregistré une baisse de 22% des vols long-courriers. Selon les données de l’aviation américaine, le nombre de passagers a baissé de 23% par rapport au mois précédent.

Quant à l’hôtellerie et les agences de voyages, elles ont perdu quelque 50% de leur clientèle dans les jours suivants le 11 septembre.

Frappé par un événement d’autant plus spectaculaire qu’inattendu, il est clair que le tourisme international n’a pas manqué d’enregistrer une crise économique catastrophique. Mais il a également subi, et c’est peut-être là le pire, une crise de confiance amplement entretenue par des médias qui, pourtant, à l’époque, ne comptaient pas de réseaux sociaux ni de chaînes d’information en continu.

La peur était entrée dans les aéroports, le ciel et le sol américain. Elle était aussi entrée dans l’esprit de milliards d’individus confrontés à une réalité nouvelle. Et l’on peut considérer qu’elle n’en est plus ressortie depuis.

Et cela malgré, ou à cause, des multiples précautions et plans de sécurité rapidement déployés partout dans le monde depuis l’attentat sur les Twin. Paradoxalement, dans un univers qui n’en est plus à une contradiction près, plus on sécurise, plus on a peur.

Et plus on contrôle par des fouilles interminables, des procédures de visa d’entrée et sorties plus rigoureuses, des limitations de bagages… plus on se sent surveillé, donc victime d’une forme de privation de liberté dont on se serait bien passé. Pourtant, les luxueux aménagements et commerces déployés dans les aéroports internationaux font tout leur possible pour offrir une consommation hédoniste du voyage à leurs clientèles !

« Aux USA, l’onde de choc des attentats s’est propagée dans tous les domaines : du droit à l’économie, en passant par la culture. Mais son héritage le plus douloureux réside dans le développement ininterrompu de la société de surveillance, l’essor des théories du complot et la déshumanisation de la guerre ». Susan Page. USA Today.

Dix ans et vingt ans après, même constat

Mesurés de nouveau en 2011 et 2021, les effets du 11 septembre se sont bien entendu atténués au fil des années. A tel point que l’on estime à 100 millions les Américains qui ne se sentent pas concernés.

Mais la peur s’étant installée de façon diffuse fait parfois préférer le train ou la voiture quand on en a le choix, et toutes sortes d’autres solutions touristiques indiquant une mutation des comportements. Une mutation d’autant plus incontestable que, parallèlement, la sensibilité environnementale s’est considérablement développée.

Autre remarque , si l’on se penche sur l’état d’esprit des jeunes nés après le 11 septembre, de nombreuses études constatent que bien que non conscients des évolutions, ils ont grandi dans un environnement géopolitique et touristique durablement transformé où les contrôles, les restrictions, les files de sécurité, la présence renforcée de policiers sont normales. Ils peuvent le déplorer mais, pour eux, cela n’est pas un frein à un voyage.

En revanche, ils sont très sensibles au choix des destinations. Une sensibilité renforcée par leur usage abusif des réseaux sociaux et par la médiatisation excessive par les chaînes d’information continue des conflits agitant le monde. Ce sont des victimes indirectes mais bien réelles de la Grande Histoire. Ce sont les héritiers de peurs désormais durables.

Les jeunes nés après le 11 septembre voyagent dans un monde où :

- les mesures de sécurité sont beaucoup plus présentes, surtout au niveau des transports
- certaines destinations sont perçues comme risquées donc évitées
- les démarches pour voyager sont plus nombreuses et fastidieuses
- le terrorisme est toujours menaçant, sous toutes ses formes, et les conflits plus nombreux

Les effets comparés du Covid sur les comportements touristiques

De son côté, vingt ans plus tard, une autre catastrophe planétaire, la crise du Covid, s’est inscrite dans le calendrier des impondérables menaçant la planète et a modifié les comportements touristiques. Mais, différemment. La pandémie a imposé l’arrêt des voyages, donc l’arrêt des avions, des trains, voitures, croisières et a reclus une immense partie de l’humanité dans son domicile.

Avec l’épidémie, on est aussi entré dans une période d’interdits et de redoublement des mesures de sécurité sanitaires.

Du jour au lendemain, le confinement a provoqué :

- une perte de l’envie de voyager
- une perte de contact et mise à distance de l’autre
- une peur « panique » de la maladie d’une façon générale,
- une crise de confiance dans les gouvernements et les scientifiques
- une impatience doublée d’un redoublement de prudence
- une dépression ( parmi des individus fragiles)
- un besoin de nature et plein air
- une envie de réinventer sa vie
- une crainte des lieux trop fréquentés
- une recherche d’hébergement individuel…

La peur de la réclusion s’amplifie.

In fine, ces deux événements survenus ces dernières années ont incontestablement modifié en profondeur les comportements aussi bien dans le domaine du quotidien que dans celui du voyage. Mais, il nous semble que la crise climatique et les catastrophes qu’elle génère aujourd’hui : incendies, inondations, tsunamis, canicules, sécheresse… seront probablement à l’origine de bouleversements comportementaux bien supérieurs, allant jusqu’à la paralysie de certains voyageurs.

Invités de nouveau à rester chez eux durant la canicule, de nombreux individus se sont retrouvés victimes d’une nouvelle réclusion qu’ils n’avaient pas souhaitée.

Après les huis clos imposés par le Covid et le terrorisme, la réclusion est-elle la réponse à un monde en voie de deshumanisation où de plus écrans et IA risquent bien de prendre la place de l’humain !

Inutile de faire des prédictions, le présent est déjà là pour nous ouvrir les yeux et anticiper sérieusement l’avenir.

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.

Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com

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Tags : futuroscopie
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