« Il faut que le groupe Accor revienne, il faut que Marriott vienne », appelle Alexandre Ventadour, président du Comité martiniquais du tourisme. @c.l.
La Martinique aborde 2026 sur une dynamique positive. Après une année 2025 marquée par une progression de 4 % de la fréquentation et le franchissement du cap du million de visiteurs, les premiers indicateurs de l’année en cours sont également encourageants. « On a un peu plus de 700 000 visiteurs à date, à juillet. Et on observe une progression, notamment sur le séjour, d’à peu près 1,8 % », indique Alexandre Ventadour, récemment nommé à la tête du Comité martiniquais du tourisme (CMT).
En 2025, le tourisme aurait généré plus de 580 millions d’euros de revenus et représenté environ 8 % de l’économie martiniquaise, selon les chiffres avancés par le président du CMT.
Des résultats que ce dernier souhaite désormais transformer en une croissance plus structurée, tant en volume qu’en valeur. « Le tourisme est un secteur qui se porte bien, qui est plutôt ouvert, et qui est un combat de tous les instants », résume-t-il, évoquant la situation géopolitique, la concurrence entre destinations et la nécessité de proposer une offre adaptée aux attentes des visiteurs.
En 2025, le tourisme aurait généré plus de 580 millions d’euros de revenus et représenté environ 8 % de l’économie martiniquaise, selon les chiffres avancés par le président du CMT.
Des résultats que ce dernier souhaite désormais transformer en une croissance plus structurée, tant en volume qu’en valeur. « Le tourisme est un secteur qui se porte bien, qui est plutôt ouvert, et qui est un combat de tous les instants », résume-t-il, évoquant la situation géopolitique, la concurrence entre destinations et la nécessité de proposer une offre adaptée aux attentes des visiteurs.
Le Canada, un marché à consolider
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La France hexagonale demeure le premier marché de la Martinique. Elle représente environ 30 % de la clientèle. Le marché régional caribéen, essentiellement porté par la Guadeloupe, arrive en deuxième position.
Le Canada complète désormais ce trio de tête. « C’est tout récent. Ils représentent 10 % de nos touristes », explique Alexandre Ventadour. Le développement de cette clientèle repose, selon lui, sur deux facteurs principaux : les liens historiques et humains entre la Martinique et le Canada, notamment avec le Québec et la connectivité aérienne.
La desserte s’est récemment renforcée avec trois villes reliées à la Martinique : Montréal, Toronto et, depuis quelques mois, Québec, grâce à Air Canada.
La Belgique, la Suisse et l’Allemagne figurent également parmi les marchés prioritaires. En revanche, la clientèle américaine connaît un recul depuis plusieurs années, notamment en raison du faible nombre de liaisons directes avec les États-Unis.
Le Canada complète désormais ce trio de tête. « C’est tout récent. Ils représentent 10 % de nos touristes », explique Alexandre Ventadour. Le développement de cette clientèle repose, selon lui, sur deux facteurs principaux : les liens historiques et humains entre la Martinique et le Canada, notamment avec le Québec et la connectivité aérienne.
La desserte s’est récemment renforcée avec trois villes reliées à la Martinique : Montréal, Toronto et, depuis quelques mois, Québec, grâce à Air Canada.
La Belgique, la Suisse et l’Allemagne figurent également parmi les marchés prioritaires. En revanche, la clientèle américaine connaît un recul depuis plusieurs années, notamment en raison du faible nombre de liaisons directes avec les États-Unis.
L’aérien, « le nerf de la guerre »
Pour Alexandre Ventadour, le développement touristique passe d’abord par l’accessibilité. « Le nerf de la guerre, c’est vraiment l’aérien », affirme-t-il. Le CMT travaille avec les compagnies aériennes et l’aéroport Martinique Aimé-Césaire, géré par la SAMAC, afin de renforcer les partenariats et de convaincre les transporteurs d’ouvrir ou de maintenir des lignes. Une convention vient notamment d’être signée avec Corsair.
L’accessibilité régionale constitue un autre dossier majeur. Alexandre Ventadour souhaite interpeller l’État français sur le coût des liaisons entre les territoires ultramarins. Il cite notamment un prix d’ environ 300 euros pour un aller-retour Guadeloupe-Martinique, contre 130 à 140 euros en moyenne pour un Paris-Nice, alors que le trajet aérien entre les deux îles dure environ 35 minutes. Depuis la Guyane, le billet peut atteindre 700, 800, voire 1 000 euros, selon lui.
Le président du CMT prévoit d’adresser une note à la ministre chargée des Outre-mer sur cette question, qu’il considère comme un enjeu de cohésion territoriale autant que de développement touristique.
L’accessibilité régionale constitue un autre dossier majeur. Alexandre Ventadour souhaite interpeller l’État français sur le coût des liaisons entre les territoires ultramarins. Il cite notamment un prix d’ environ 300 euros pour un aller-retour Guadeloupe-Martinique, contre 130 à 140 euros en moyenne pour un Paris-Nice, alors que le trajet aérien entre les deux îles dure environ 35 minutes. Depuis la Guyane, le billet peut atteindre 700, 800, voire 1 000 euros, selon lui.
Le président du CMT prévoit d’adresser une note à la ministre chargée des Outre-mer sur cette question, qu’il considère comme un enjeu de cohésion territoriale autant que de développement touristique.
Objectif : 1,3 million de touristes à cinq ans
À l’horizon cinq ans, Alexandre Ventadour fixe un objectif de 1,3 million de touristes, contre environ un million actuellement. Il estime qu’un potentiel de croissance de 20 à 30 % existe, notamment grâce à une meilleure utilisation des capacités aériennes.
Mais cette ambition ne pourra se concrétiser sans renforcer les capacités d’accueil. « On a aujourd’hui une structure d’hébergement qui n’est pas à la hauteur de l’ambition que je porte à cinq ans », estime-t-il. Plusieurs projets hôteliers sont actuellement à l’étude. Cinq seraient sur la table, dont trois ou quatre auraient déjà sollicité des financements européens.
Pour le président du CMT, l’enjeu ne consiste toutefois pas à augmenter la fréquentation à n’importe quel prix. L’accueil, les infrastructures, les ressources et l’acceptabilité par la population doivent accompagner la croissance.
Mais cette ambition ne pourra se concrétiser sans renforcer les capacités d’accueil. « On a aujourd’hui une structure d’hébergement qui n’est pas à la hauteur de l’ambition que je porte à cinq ans », estime-t-il. Plusieurs projets hôteliers sont actuellement à l’étude. Cinq seraient sur la table, dont trois ou quatre auraient déjà sollicité des financements européens.
Pour le président du CMT, l’enjeu ne consiste toutefois pas à augmenter la fréquentation à n’importe quel prix. L’accueil, les infrastructures, les ressources et l’acceptabilité par la population doivent accompagner la croissance.
Faire progresser les dépenses touristiques
Au-delà du nombre de visiteurs, Alexandre Ventadour veut également travailler sur la valeur générée par chaque séjour. « Une fois que le touriste est chez nous, comment le faire dépenser ? », résume-t-il.
Le CMT souhaite ainsi favoriser le développement de l’artisanat, de la culture, de l’événementiel et des infrastructures touristiques. L’objectif est de proposer des activités adaptées à différents publics et à différentes conditions météorologiques, afin d’élargir les possibilités de consommation sur place.
La Martinique dispose déjà de plusieurs marqueurs forts, à commencer par le spiritourisme, mais aussi la gastronomie. Le tourisme vert serait, en revanche, encore insuffisamment valorisé.
Pour soutenir cette stratégie, le CMT envisage de relancer une grande campagne de promotion à la fin de l’année. Les grands événements sportifs et culturels, comme la Transat Café L’Or, doivent également constituer des raisons supplémentaires de se rendre en Martinique.
Autre levier : les ambassadeurs. Le CMT entend notamment s’appuyer sur les Martiniquais installés à travers le monde, mais aussi sur des influenceurs. « Je ne sais pas s’il y a quelque chose qui donne plus envie de venir quelque part qu’un ami qui vous dit que ça vaut le coup d’y aller », souligne-t-il.
Le CMT souhaite ainsi favoriser le développement de l’artisanat, de la culture, de l’événementiel et des infrastructures touristiques. L’objectif est de proposer des activités adaptées à différents publics et à différentes conditions météorologiques, afin d’élargir les possibilités de consommation sur place.
La Martinique dispose déjà de plusieurs marqueurs forts, à commencer par le spiritourisme, mais aussi la gastronomie. Le tourisme vert serait, en revanche, encore insuffisamment valorisé.
Pour soutenir cette stratégie, le CMT envisage de relancer une grande campagne de promotion à la fin de l’année. Les grands événements sportifs et culturels, comme la Transat Café L’Or, doivent également constituer des raisons supplémentaires de se rendre en Martinique.
Autre levier : les ambassadeurs. Le CMT entend notamment s’appuyer sur les Martiniquais installés à travers le monde, mais aussi sur des influenceurs. « Je ne sais pas s’il y a quelque chose qui donne plus envie de venir quelque part qu’un ami qui vous dit que ça vaut le coup d’y aller », souligne-t-il.
Croisière : 20 millions d’euros de retombées en 2025
Alors que la contribution de la croisière à l’économie locale fait régulièrement débat, Alexandre Ventadour défend son rôle dans l’écosystème touristique martiniquais.
« C’est quand même 20 millions d’euros injectés dans l’économie martiniquaise en 2025 », rappelle-t-il.
Le président du comité insiste également sur un effet moins visible : la croisière contribue à soutenir les rotations aériennes. La Martinique étant une tête de ligne pour certains navires, des passagers arrivent par avion avant d’embarquer. Cette clientèle permet aux compagnies de maintenir des fréquences, ce qui peut contribuer à limiter le coût des billets.
Alexandre Ventadour cite aussi le rôle de la croisière dans la conquête du marché canadien, aux côtés de marques hôtelières reconnues comme Club Med. Il appelle d’ailleurs au retour de grands groupes internationaux en Martinique. « Il faut que le groupe Accor revienne, il faut que Marriott vienne », affirme-t-il.
« C’est quand même 20 millions d’euros injectés dans l’économie martiniquaise en 2025 », rappelle-t-il.
Le président du comité insiste également sur un effet moins visible : la croisière contribue à soutenir les rotations aériennes. La Martinique étant une tête de ligne pour certains navires, des passagers arrivent par avion avant d’embarquer. Cette clientèle permet aux compagnies de maintenir des fréquences, ce qui peut contribuer à limiter le coût des billets.
Alexandre Ventadour cite aussi le rôle de la croisière dans la conquête du marché canadien, aux côtés de marques hôtelières reconnues comme Club Med. Il appelle d’ailleurs au retour de grands groupes internationaux en Martinique. « Il faut que le groupe Accor revienne, il faut que Marriott vienne », affirme-t-il.
Le tourisme d’affaires pour réduire la saisonnalité
Sur le marché B2B, le président du CMT affiche une ambition claire, tout en reconnaissant les limites actuelles de la destination. « On ne sait pas, aujourd’hui, accueillir des congrès de plus de 600 personnes. Donc on l’assume. En revanche, on est très bons jusqu’à 400 », explique-t-il.
La Martinique entend donc se positionner sur des événements de taille intermédiaire, avec des séjours de deux à cinq jours associant hébergement, transport, restauration, activités et découverte du territoire.
Le tourisme d’affaires doit également contribuer à atténuer la saisonnalité. Le développement du MICE pourra s’appuyer sur de nouvelles infrastructures, notamment dans le secteur des Trois-Îlets. Le complexe culturel et de loisirs Toiles du Sud, qui comprend notamment des salles de cinéma et peut accueillir des événements professionnels, doit permettre de proposer une expérience combinant congrès, hébergement et activités, sans concentrer tous les déplacements dans le centre de l’île.
Pour Alexandre Ventadour, la stratégie des prochaines années repose donc sur un équilibre entre conquête et consolidation : attirer davantage de visiteurs, mais aussi mieux les accueillir, les inciter à consommer localement et renforcer les retombées économiques pour le territoire.
La Martinique entend donc se positionner sur des événements de taille intermédiaire, avec des séjours de deux à cinq jours associant hébergement, transport, restauration, activités et découverte du territoire.
Le tourisme d’affaires doit également contribuer à atténuer la saisonnalité. Le développement du MICE pourra s’appuyer sur de nouvelles infrastructures, notamment dans le secteur des Trois-Îlets. Le complexe culturel et de loisirs Toiles du Sud, qui comprend notamment des salles de cinéma et peut accueillir des événements professionnels, doit permettre de proposer une expérience combinant congrès, hébergement et activités, sans concentrer tous les déplacements dans le centre de l’île.
Pour Alexandre Ventadour, la stratégie des prochaines années repose donc sur un équilibre entre conquête et consolidation : attirer davantage de visiteurs, mais aussi mieux les accueillir, les inciter à consommer localement et renforcer les retombées économiques pour le territoire.






Publié par Caroline Lelievre 

















