Trouver un Ă©quilibre entre vie privĂ©e et vie professionnelle est dans lâair du temps.
En 2017, une Ă©tude menĂ©e par CSA affirmait que 85% des voyageurs français profiteraient de dĂ©placements dâaffaires pour voir du pays .
Au lendemain de la crise sanitaire, le phĂ©nomĂšne, vous lâaurez compris : ce nâest pas nouveau, mais ça se rĂ©pand et ça sâaccĂ©lĂšre.
Ainsi, selon une Ă©tude menĂ©e par Eurostar sur la reprise des voyages dâaffaires entre Londres et Paris, plus dâun quart des voyageurs dâaffaires ressentent le besoin de rattraper le temps perdu pendant la pandĂ©mie en prolongeant leurs voyages dâaffaires, et 86 % envisagent cette approche en 2022.
« Au cours des deux derniÚres années, nous avons tous apprécié la flexibilité du télétravail et beaucoup cherchent à protéger le temps supplémentaire pour les loisirs ou la famille que cela permet.
Pour les voyageurs dâaffaires rĂ©guliers, la possibilitĂ© de prolonger les voyages dâaffaires pour explorer une nouvelle destination et passer du temps avec des amis et de la famille est une prioritĂ© cette annĂ©e », explique François Le Doze.
Une tendance confirmĂ©e par StĂ©phanie Essondo, directrice de lâagence StephâyTravel Agency :« Des clients profitent de leur voyage dâaffaires pour prolonger leur sĂ©jour dâune ou deux nuits de loisir. CâĂ©tait ponctuel avant la crise sanitaire. »
MĂȘme constat chez Visamundi, agence spĂ©cialisĂ©e dans l'obtention de visas Ă distance.
« Les entreprises doivent de plus en plus composer avec cette forme de tourisme parce que c'est tout simplement une demande, une attente, notamment des nouvelles générations.
C'est une façon de fidéliser un collaborateur et d'en attirer de nouveaux », explique Alexia Duclaud, responsable marketing de Visamundi.
« Une entreprise qui autorise le bleisure se soucie du bien-ĂȘtre de ses collaborateurs, leur permet de lier l'utile Ă l'agrĂ©able, de rehausser leur moral et de rĂ©duire le taux de stress que peut provoquer un dĂ©placement professionnel. Un collaborateur serein est un collaborateur plus productif », assure-t-elle.
Pour certains, le calcul des Ă©missions de carbone gĂ©nĂ©rĂ©es encouragera les longs sĂ©jours et par la mĂȘme occasion le « bleisure ».
« Cette pratique montre, d'une certaine maniÚre, la volonté des professionnels de rester un maximum de temps dans la destination pour optimiser le coût de leurs déplacements, au sens propre comme au figuré, développe Alexia Duclaud de Visamundi.
Cela permet aux personnes qui ne pourraient pas se le permettre de profiter d'un court séjour de loisirs, sachant qu'elles pourraient déjà faire des économies sur les frais logistiques (déplacement, hébergement...), pris en charge par les entreprises dans le cadre du déplacement professionnel. »
En 2017, une Ă©tude menĂ©e par CSA affirmait que 85% des voyageurs français profiteraient de dĂ©placements dâaffaires pour voir du pays .
Au lendemain de la crise sanitaire, le phĂ©nomĂšne, vous lâaurez compris : ce nâest pas nouveau, mais ça se rĂ©pand et ça sâaccĂ©lĂšre.
Ainsi, selon une Ă©tude menĂ©e par Eurostar sur la reprise des voyages dâaffaires entre Londres et Paris, plus dâun quart des voyageurs dâaffaires ressentent le besoin de rattraper le temps perdu pendant la pandĂ©mie en prolongeant leurs voyages dâaffaires, et 86 % envisagent cette approche en 2022.
« Au cours des deux derniÚres années, nous avons tous apprécié la flexibilité du télétravail et beaucoup cherchent à protéger le temps supplémentaire pour les loisirs ou la famille que cela permet.
Pour les voyageurs dâaffaires rĂ©guliers, la possibilitĂ© de prolonger les voyages dâaffaires pour explorer une nouvelle destination et passer du temps avec des amis et de la famille est une prioritĂ© cette annĂ©e », explique François Le Doze.
Une tendance confirmĂ©e par StĂ©phanie Essondo, directrice de lâagence StephâyTravel Agency :« Des clients profitent de leur voyage dâaffaires pour prolonger leur sĂ©jour dâune ou deux nuits de loisir. CâĂ©tait ponctuel avant la crise sanitaire. »
MĂȘme constat chez Visamundi, agence spĂ©cialisĂ©e dans l'obtention de visas Ă distance.
« Les entreprises doivent de plus en plus composer avec cette forme de tourisme parce que c'est tout simplement une demande, une attente, notamment des nouvelles générations.
C'est une façon de fidéliser un collaborateur et d'en attirer de nouveaux », explique Alexia Duclaud, responsable marketing de Visamundi.
« Une entreprise qui autorise le bleisure se soucie du bien-ĂȘtre de ses collaborateurs, leur permet de lier l'utile Ă l'agrĂ©able, de rehausser leur moral et de rĂ©duire le taux de stress que peut provoquer un dĂ©placement professionnel. Un collaborateur serein est un collaborateur plus productif », assure-t-elle.
Pour certains, le calcul des Ă©missions de carbone gĂ©nĂ©rĂ©es encouragera les longs sĂ©jours et par la mĂȘme occasion le « bleisure ».
« Cette pratique montre, d'une certaine maniÚre, la volonté des professionnels de rester un maximum de temps dans la destination pour optimiser le coût de leurs déplacements, au sens propre comme au figuré, développe Alexia Duclaud de Visamundi.
Cela permet aux personnes qui ne pourraient pas se le permettre de profiter d'un court séjour de loisirs, sachant qu'elles pourraient déjà faire des économies sur les frais logistiques (déplacement, hébergement...), pris en charge par les entreprises dans le cadre du déplacement professionnel. »
Un créneau pour les hÎteliers
15 % des hĂŽteliers mondiaux ont rĂ©orientĂ© leurs opĂ©rations pour proposer des forfaits « bleisure » ou « work, stay, play » aux particuliers afin de stimuler la demande, selon une enquĂȘte menĂ©e par Amadeus.
Ainsi, sur un week-end, le groupe BarriÚre propose la nuit précédente ou la suivante à un tarif attractif.
« Câest dans la continuitĂ© de cette frontiĂšre qui sâamenuise entre je suis au travail et je profite de mon week-end », souligne Emmanuelle Anglade, directrice gĂ©nĂ©rale commercial, marketing et technologie du groupe BarriĂšre.
« Le Groupe Accor a anticipé ces nouveaux schémas de réservation et propose déjà , au travers de ces différentes marques et solutions de Workspitality, des offres adaptées à ces besoins », souligne Markus Keller, Senior Vice President Sales & Distribution, Accor.
Lire aussi : Covid : quand les hĂŽtels deviennent des bureaux
Quid de la sécurité ?
Au lendemain de la crise sanitaire, le devoir de sĂ©curitĂ© (duty of care) est la principale prĂ©occupation des acheteurs "voyages", selon une Ă©tude menĂ©e par BDC Travel. Alors, comment conjuguer bleisure et sĂ©curitĂ© ? Quâen est-il en interne ?
« Si un collaborateur souhaite revenir plus tard dâune mission pourquoi le refuser ? Câest Ă lui de sâassurer quâil est couvert au-delĂ de la date Ă©tablie et de prendre en charge les frais. Câest sa responsabilitĂ©. Ăa lui permet dâavoir la main sur ses dĂ©placements en termes de confort, de partage communautaire sur des avis », rĂ©pond Michael Lellouche, travel manager de Campus France
Lire aussi : Parole de travel manager : "Le mĂ©tier dâagent de voyages nâest pas mort, loin de lĂ ...".
« Sur notre plateforme, lâentreprise a la possibilitĂ© de prĂ©ciser si elle autorise le salariĂ© ou non Ă prolonger son dĂ©placement pro pour du perso. Elle exerce un contrĂŽle lĂ -dessus et peut refuser. Si elle accepte, elle sâorganise ensuite avec le salariĂ© pour prendre les dispositions nĂ©cessaires.
Le salariĂ© continue Ă profiter de nos services 24H/24 et 7/7 », explique Brice Huet, Ă la tĂȘte de la plateforme de rĂ©servation Okarito by Swile, qui observe « de plus en plus de retours le samedi ou dimanche. »
« La seule chose que nous autorisons est de prendre un billet retour plus tard que prĂ©vu, comme lâentreprise doit le billet retour Ă ce salariĂ© (exemple : deux jours aprĂšs pour bĂ©nĂ©ficier du WE) Ă condition que le prix de celui-ci soit infĂ©rieur ou Ă©gal Ă celui quâil aurait dĂ» prendre Ă lâinitial.
Pour le reste le voyageur se débrouille, nous ne prenons pas en charge des frais annexes »,]i explique Marie Boulliat, responsable de projets mobilité chez Lidl.
Lire aussi : Parole de Travel Manager : "Lâimpact RSE prend de plus en plus dâampleur"
« Si un collaborateur souhaite revenir plus tard dâune mission pourquoi le refuser ? Câest Ă lui de sâassurer quâil est couvert au-delĂ de la date Ă©tablie et de prendre en charge les frais. Câest sa responsabilitĂ©. Ăa lui permet dâavoir la main sur ses dĂ©placements en termes de confort, de partage communautaire sur des avis », rĂ©pond Michael Lellouche, travel manager de Campus France
Lire aussi : Parole de travel manager : "Le mĂ©tier dâagent de voyages nâest pas mort, loin de lĂ ...".
« Sur notre plateforme, lâentreprise a la possibilitĂ© de prĂ©ciser si elle autorise le salariĂ© ou non Ă prolonger son dĂ©placement pro pour du perso. Elle exerce un contrĂŽle lĂ -dessus et peut refuser. Si elle accepte, elle sâorganise ensuite avec le salariĂ© pour prendre les dispositions nĂ©cessaires.
Le salariĂ© continue Ă profiter de nos services 24H/24 et 7/7 », explique Brice Huet, Ă la tĂȘte de la plateforme de rĂ©servation Okarito by Swile, qui observe « de plus en plus de retours le samedi ou dimanche. »
« La seule chose que nous autorisons est de prendre un billet retour plus tard que prĂ©vu, comme lâentreprise doit le billet retour Ă ce salariĂ© (exemple : deux jours aprĂšs pour bĂ©nĂ©ficier du WE) Ă condition que le prix de celui-ci soit infĂ©rieur ou Ă©gal Ă celui quâil aurait dĂ» prendre Ă lâinitial.
Pour le reste le voyageur se débrouille, nous ne prenons pas en charge des frais annexes »,]i explique Marie Boulliat, responsable de projets mobilité chez Lidl.
Lire aussi : Parole de Travel Manager : "Lâimpact RSE prend de plus en plus dâampleur"
Un constat loin dâĂȘtre partagĂ© par tous
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Comment s'adresser aux voyageurs de type bleisure ?
Les Ă©tudes faisant part dâun essor du bleisure, sont nombreuses. Mais en interrogeant les professionnels du voyage dâaffaires, les avis divergent.
« Cela fait une vingtaine dâannĂ©es que lâon essaye de vendre des produits loisirs Ă nos clients affaires, sans succĂšs. Pourtant, le fichier clients est important, mais câest trop compliquĂ© de mettre en Ćuvre un mode opĂ©ratoire diffĂ©rent du contrat cadre.
Avec la CNIL, les donnĂ©es ne peuvent pas ĂȘtre utilisĂ©es Ă des fins commerciales », exprime Jean-Pierre Lorente, PDG de Selectour Bleu Voyages.
« Je nây crois pas. Les voyageurs dâaffaires voyagent gĂ©nĂ©ralement seuls et sont pressĂ©s de rentrer chez eux, une fois avoir rĂ©pondu au motif de leurs dĂ©placement. Au contraire, les sĂ©jours sont plutĂŽt rĂ©duits. Je ne suis pas sĂ»r que ce soit autorisĂ© par les entreprises, je pense que ce serait mal vu », prĂ©cise Jean-Pierre Lorente.
Une tendance « trĂšs Ă la marge », aussi chez SuccĂšs Voyages, rĂ©pond Sabine Guilleminot co-fondatrice de lâagence.
MĂȘme constat chez le gĂ©ant American Express GBT.
« Amex GBT est une TMC qui sert exclusivement les besoins affaires de ses clients et il se peut en effet que nous ne soyons pas identifiés comme naturellement candidat à répondre à des besoins bleisure.
Nous avons toute de mĂȘme certains de nos clients qui ont encadrĂ© la pratique mais cela reste marginal », explique Antoine Delesalle, directeur des ventes chez American Express Global Business Travel.
« Le bleisure nâest pas un sujet dâactualitĂ© dans les appels dâoffres des sociĂ©tĂ©s qui nous sollicitent et nous nâavons jamais Ă©tĂ© approchĂ© pour construire une offre de ce type par nos clients.Les entreprises restant trĂšs concentrĂ©es sur les aspects de duty of care et de sĂ©curitĂ©, le bleisure, qui fait naĂźtre de nombreuses questions autour des assurances notamment nâest pas le sujet de prĂ©occupation des directions achats.
Nous ne sommes dâailleurs pas non plus sollicitĂ©s pour intĂ©grer cela dans lâĂ©criture de PVE », ajoute le directeur des ventes dâAmex.
Le bleisure existe depuis de trĂšs nombreuses annĂ©es et mĂ©rite, peut-ĂȘtre, dâĂȘtre dissociĂ© des nouvelles tendances telles que le tĂ©lĂ©travail ?
« Le tĂ©lĂ©travail apporte une vraie flexibilitĂ© et permet Ă certaines populations de travailler librement en dehors de leur lieu premier dâhabitation. Ce phĂ©nomĂšne prend de lâampleur mais ne peut pas forcĂ©ment ĂȘtre liĂ© Ă du bleisure.
On voit en effet de plus en plus de collaborateurs qui dĂ©cident de travailler dâun nouveau lieu, chez des amis, de la famille ou en rĂ©server un hĂ©bergement pour travailler dans un environnement dĂ©paysant.
Il est assez normal que les hĂŽteliers Ă lâorigine de certaines de ces Ă©tudes voient de nouveaux modes de consommation et les accompagnent dâailleurs avec des services toujours plus adaptĂ©s aux collaborateurs nomades. Pour autant, parle-t-on ici de bleisure ou simplement de tĂ©lĂ©travail ? », sâinterroge Antoine Delesalle, directeur des ventes chez American Express Global Business Travel.
Difficile, lĂ encore, de mesurer lâampleur du phĂ©nomĂšne...
« Cela fait une vingtaine dâannĂ©es que lâon essaye de vendre des produits loisirs Ă nos clients affaires, sans succĂšs. Pourtant, le fichier clients est important, mais câest trop compliquĂ© de mettre en Ćuvre un mode opĂ©ratoire diffĂ©rent du contrat cadre.
Avec la CNIL, les donnĂ©es ne peuvent pas ĂȘtre utilisĂ©es Ă des fins commerciales », exprime Jean-Pierre Lorente, PDG de Selectour Bleu Voyages.
« Je nây crois pas. Les voyageurs dâaffaires voyagent gĂ©nĂ©ralement seuls et sont pressĂ©s de rentrer chez eux, une fois avoir rĂ©pondu au motif de leurs dĂ©placement. Au contraire, les sĂ©jours sont plutĂŽt rĂ©duits. Je ne suis pas sĂ»r que ce soit autorisĂ© par les entreprises, je pense que ce serait mal vu », prĂ©cise Jean-Pierre Lorente.
Une tendance « trĂšs Ă la marge », aussi chez SuccĂšs Voyages, rĂ©pond Sabine Guilleminot co-fondatrice de lâagence.
MĂȘme constat chez le gĂ©ant American Express GBT.
« Amex GBT est une TMC qui sert exclusivement les besoins affaires de ses clients et il se peut en effet que nous ne soyons pas identifiés comme naturellement candidat à répondre à des besoins bleisure.
Nous avons toute de mĂȘme certains de nos clients qui ont encadrĂ© la pratique mais cela reste marginal », explique Antoine Delesalle, directeur des ventes chez American Express Global Business Travel.
« Le bleisure nâest pas un sujet dâactualitĂ© dans les appels dâoffres des sociĂ©tĂ©s qui nous sollicitent et nous nâavons jamais Ă©tĂ© approchĂ© pour construire une offre de ce type par nos clients.Les entreprises restant trĂšs concentrĂ©es sur les aspects de duty of care et de sĂ©curitĂ©, le bleisure, qui fait naĂźtre de nombreuses questions autour des assurances notamment nâest pas le sujet de prĂ©occupation des directions achats.
Nous ne sommes dâailleurs pas non plus sollicitĂ©s pour intĂ©grer cela dans lâĂ©criture de PVE », ajoute le directeur des ventes dâAmex.
Le bleisure existe depuis de trĂšs nombreuses annĂ©es et mĂ©rite, peut-ĂȘtre, dâĂȘtre dissociĂ© des nouvelles tendances telles que le tĂ©lĂ©travail ?
« Le tĂ©lĂ©travail apporte une vraie flexibilitĂ© et permet Ă certaines populations de travailler librement en dehors de leur lieu premier dâhabitation. Ce phĂ©nomĂšne prend de lâampleur mais ne peut pas forcĂ©ment ĂȘtre liĂ© Ă du bleisure.
On voit en effet de plus en plus de collaborateurs qui dĂ©cident de travailler dâun nouveau lieu, chez des amis, de la famille ou en rĂ©server un hĂ©bergement pour travailler dans un environnement dĂ©paysant.
Il est assez normal que les hĂŽteliers Ă lâorigine de certaines de ces Ă©tudes voient de nouveaux modes de consommation et les accompagnent dâailleurs avec des services toujours plus adaptĂ©s aux collaborateurs nomades. Pour autant, parle-t-on ici de bleisure ou simplement de tĂ©lĂ©travail ? », sâinterroge Antoine Delesalle, directeur des ventes chez American Express Global Business Travel.
Difficile, lĂ encore, de mesurer lâampleur du phĂ©nomĂšne...







Publié par Caroline Lelievre
















