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Marietton : des acquisitions de TMC à l’étranger attendues d’ici peu ! [ABO]

L'interview d’Arnaud Abitbol, vice-président de Marietton Développement


Sans surprise, et à l’image de ses concurrents, l’année aura été éprouvante pour Havas Voyages, même si 2026 sera un bon exercice. La reprise depuis juillet est positive et l’arrière-saison s’annonce dynamique ; de quoi souffler après un printemps poussif en raison de la guerre en Iran. Malgré ce ralentissement d’activité, le réseau devrait poursuivre ses acquisitions dans la distribution, à l’image de Marietton Développement qui lorgne sur les TMC en Europe. TourMaG a profité de l'IFTM pour faire le point avec Arnaud Abitbol, vice-président de Marietton Développement.


Rédigé par le Jeudi 17 Septembre 2026 à 07:08

"Une intégration trop importante peut exposer les acteurs" selon Arnaud Abitbol - Photo : RP
"Une intégration trop importante peut exposer les acteurs" selon Arnaud Abitbol - Photo : RP
TourMaG - Quel bilan dressez-vous de l’année 2026 pour Havas Voyages ?

Arnaud Abitbol :
Comme tout le monde, nous avons été impactés par la guerre au Moyen-Orient.

Les mois de mars, avril, mai et juin ont été marqués par une baisse des prises de commandes, en moyenne de 15%, avec une reprise de l’activité à la mi-juillet et un mois d’août surprenant, puisqu’il a été très bon.

Septembre s’annonce aussi positivement.

Au niveau du business travel, grâce à une belle politique d’acquisition chez nous, nous sommes en croissance.

Finalement, alors que nous pensions que 2026 serait une année très difficile, nous allons évidemment terminer avec des résultats inférieurs à ceux de 2025, mais pas tant que cela.

Pour la fin de l'année, nous avons des budgets qui tombent et qui sont plutôt très bons. Nous ne ferons pas une année comme 2025, qui avait été exceptionnelle à tous points de vue, mais 2026 devrait tout de même être une très bonne année.

Les résultats sont solides et nous sommes très contents. Il y a quatre ou cinq mois, en avril, nous aurions signé pour cela.


Fabrice Allion apporte une "expertise du retail et de l’expérience client"

TourMaG - Et cette fin d’année se dessine comment ?

Arnaud Abitbol :
Les niveaux de réservations sont très bien orientés.

Chaque début de mois, nous organisons des opérations nationales. Le 1er septembre, nous faisions une opération sur la Polynésie et, à 12h, le même jour, nous avions vendu 90% de notre stock. Nous avons bien travaillé ces événements et ça marche. C’est positif et cela dit quelque chose de l’état du marché.

D’ailleurs, en octobre, le Japon sera à l’honneur, avec des séjours conçus par notre réceptif Japan Experience.


TourMaG - Quels sont les gros sujets de cette rentrée pour Havas Voyages ?

Arnaud Abitbol :
Il y a notamment l’arrivée de Fabrice Allion, qui possède un profil assez différent de ceux que l’on trouve habituellement dans le tourisme.

Il a été directeur retail chez Zadig & Voltaire. Il connaît donc extrêmement bien le retail.

Il nous a rejoints il y a quelques mois et réalise un excellent travail avec les agences.

C’est l’une des grosses nouveautés chez Havas. Il structure les choses, accompagne les équipes et apporte de nouvelles idées. Cela nous fait beaucoup de bien.


TourMaG - Son recrutement correspondait à un besoin dans les agences de voyages ? Une montée en gamme à terminer ?

Arnaud Abitbol :
Il a une vraie expertise du retail et de l’expérience client.

Sa mission est de comprendre ce qui se passe dans un point de vente, de travailler l’expérience client et d’accompagner les équipes. C’est son métier. Il connaît parfaitement ces sujets.

Pour nous, l’enjeu était plutôt d’apporter de bonnes pratiques dans la gestion du retail, de consolider ce que nous savions déjà faire, d’apprendre de nouvelles choses et de faire en sorte que les bonnes pratiques soient partagées par tout le monde.

C’est un travail considérable et nous commençons déjà à en constater les résultats dans les agences.

Marietton Développement regarde des développements en Europe

TourMaG - Pouvez-vous nous en dire plus ?

Arnaud Abitbol :
Sans dévoiler ce que nous faisons ni avec qui nous discutons, je pense que nous ferons des annonces d’ici à la fin de l’année.

Il y a un axe important autour de l’acquisition de TMC à l’étranger, notamment en Europe. L’objectif est de renforcer notre positionnement européen afin de mieux servir nos clients.

Nous avons déjà identifié plusieurs TMC avec lesquelles nous avons entamé des discussions. Certaines sont même très avancées, notamment aux Pays-Bas, en Italie et au Portugal.

Sur la partie tourisme, nous continuons à fonctionner principalement à l’opportunité. Des dossiers apparaissent et nous les étudions.


Lire aussi : Marietton : des acquisitions de TMC à l’étranger attendues d’ici peu !

TourMaG - Cela s’inscrit dans le développement de Supertripper ?

Arnaud Abitbol :
C’est exactement ça. Supertripper est une TMC totalement intégrée, avec un SBT que nous trouvons extrêmement performant. Nous pensons donc avoir une carte à jouer en Europe.

Nous constatons que, sur certains marchés proches de la France, la maturité technologique n’est pas la même qu’ici.

En France, il existe une multitude de SBT et de solutions, avec de nouveaux acteurs qui apparaissent régulièrement. Aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne ou au Portugal, nous constatons que les outils ne sont pas toujours aussi matures et que les taux d’online sont beaucoup plus faibles que ceux que nous connaissons en France.

Acheter une TMC dans ces pays, c’est donc aussi lui donner accès à nos outils et, pourquoi pas, faire de Supertripper une marque susceptible d’être déployée à l’échelle européenne.

Pour ces acquisitions, nous ciblons plutôt des entreprises représentant moins de 100 millions d’euros de volume d’affaires.

Nous conservons également la même philosophie. Nous demandons au fondateur de réinvestir une partie de son cash-out dans la holding pour que nous restions associés dans le projet.

C’était assez naturel jusqu’à présent en France parce que, dans le tourisme, beaucoup de gens connaissent Marietton. Pour un dirigeant étranger, cela peut être moins évident. Nous verrons donc si nous devons adapter notre façon de faire.

"Nous n’allons pas devenir hôteliers, mais nous regardons les opportunités"

TourMaG - L’autre gros sujet a été l’acquisition d’un lodge en Afrique du Sud, un lieu que vous allez avoir en propre. Qu’est-ce que cela symbolise pour le groupe ?

Arnaud Abitbol :
C’est un véritable projet d’envergure, et notre premier projet hôtelier de cette dimension.

Nous sommes encouragés dans cette réflexion par notre actionnaire, qui nous pousse à aller davantage sur ce segment de l’hôtellerie et à acquérir des actifs tangibles.

Nous nous rendons compte que maîtriser davantage la chaîne et disposer d’un hôtel dans une destination stable peut constituer un vrai atout.

Évidemment, ce sont des projets très consommateurs de cash. Cela représente des immobilisations importantes, mais, sur le long terme, c’est un projet très intéressant.


TourMaG - Quelle est la genèse de cette acquisition ? Marietton est plutôt spécialisé dans les agences de voyages et les tour-opérateurs.

Arnaud Abitbol :
Frédéric Braun, le dirigeant d’Akilanga, est très présent en Afrique du Sud et connaît parfaitement le marché. Il nous a présenté ce projet. Nous l’avons validé très rapidement lors du dernier comité stratégique.

Finalement, c’est assez vertueux et assez simple. Je ne crois pas qu’il y ait eu un changement de volonté ou de stratégie.

Nous avons la distribution, la production et un DMC. Ce DMC travaille localement avec différents partenaires, notamment des hôteliers. À partir de là, des opportunités de ce type peuvent apparaître.

Nous savons aussi que nous avons la capacité de commercialiser une partie des capacités.

De l’extérieur, cela peut paraître très éloigné de nous, mais c’est assez naturel pour nous. Nous faisons voyager les gens, donc posséder un hôtel n’est pas complètement éloigné de notre activité.

Nous n’allons pas devenir hôteliers à grande échelle, mais nous pouvons regarder ponctuellement certaines opportunités stratégiques. Ce sont des sujets qui nous intéressent de plus en plus.

"Une intégration trop importante peut exposer les acteurs"

TourMaG - Finalement, vous avez une stratégie d’intégration de bout en bout de la chaîne touristique...

Arnaud Abitbol :
Nous faisons cela avec beaucoup de prudence.

Nous avons vu dans d’autres modèles qu’une intégration trop importante pouvait aussi rendre une entreprise beaucoup plus exposée. Nous avons toujours essayé d’avoir une dette très mesurée.

Nous faisons énormément attention à notre trésorerie. Nous avons besoin d’être très confortables en matière de cash. Nous avons vu pendant le Covid à quel point cela pouvait être utile.

Et nous savons qu’il y aura d’autres crises, puisque nous sommes dans un secteur cyclique. Il faut donc toujours conserver des réserves permettant de traverser ces périodes.

Nous avons un actionnaire à nos côtés, qui nous accompagne et qui connaît bien ces sujets. C’est un véritable partenaire. Nous n’avons jamais eu le sentiment d’avoir simplement un fonds d’investissement à nos côtés. D’ailleurs, il est avec nous depuis dix ans.

Ses équipes nous disent en substance que, si nous identifions un actif tangible intéressant nécessitant un apport de cash, elles sont prêtes à nous accompagner, parce que cela les intéresse de nous voir exploiter ce type d’actifs. En pratique, nous ne leur demandons pas d’argent, car Marietton est capable d’apporter les capitaux nécessaires à ce type de développement.

Mais c’est évidemment rassurant d’avoir un actionnaire de cette nature à ses côtés. Cela fait maintenant presque dix ans que nous travaillons ensemble.


TourMaG - Vous avez toujours des projets dans la distribution, comme ce fut le cas avec Roussel Voyages ?

Arnaud Abitbol :
Pour moi, ce type d’acquisition vient beaucoup des rencontres et des opportunités.

On rencontre parfois des personnes qui ont énormément de talent, qui font leur métier avec beaucoup de sérieux et, lorsque cela correspond également à une zone où nous sommes moins présents, cela peut avoir du sens.

Mais je ne pense pas qu’il y ait aujourd’hui un potentiel de croissance gigantesque sur ce segment. Nous regardons toujours les belles opportunités.

Du côté des franchisés, il n’y a pas eu d’évolution sensible du périmètre cette année. Il y a eu quelques entrées et quelques sorties, mais nous sommes globalement à périmètre constant.



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