La France toujours leader mondiale : "pas d’inquiétude" pour le moment selon Bercy - Image IA, Chat GPT
Depuis la crise sanitaire, les bilans touristiques estivaux sont devenus le nouveau marronnier des chaînes d’information en continu.
Dressés dès la fin juillet, ils sont censés donner le pouls de la saison. Et cette année, contrairement aux précédentes, l’été s’annonçait morose.
La clientèle française, impactée par l'inflation, n’aurait plus eu les moyens de s’offrir un restaurant, ni même de partir quelques jours pour fuir les fortes chaleurs.
Souvenez-vous, en début de semaine, le ministre affirmait à TourMaG.com que "si l’on compte juin, juillet, août et septembre, nous sommes stables (pour la clientèle française, ndlr). Mais je note une légère régression dans le cœur de saison, en juillet-août", toujours au sujet des Français.
Le locataire de Bercy appuyait même sur le fait que l’été avait été sauvé par... les voyageurs étrangers.
Et pourtant, l’INSEE est venu contredire toutes ces affirmations... même celles de Serge Papin !
Dressés dès la fin juillet, ils sont censés donner le pouls de la saison. Et cette année, contrairement aux précédentes, l’été s’annonçait morose.
La clientèle française, impactée par l'inflation, n’aurait plus eu les moyens de s’offrir un restaurant, ni même de partir quelques jours pour fuir les fortes chaleurs.
Souvenez-vous, en début de semaine, le ministre affirmait à TourMaG.com que "si l’on compte juin, juillet, août et septembre, nous sommes stables (pour la clientèle française, ndlr). Mais je note une légère régression dans le cœur de saison, en juillet-août", toujours au sujet des Français.
Le locataire de Bercy appuyait même sur le fait que l’été avait été sauvé par... les voyageurs étrangers.
Et pourtant, l’INSEE est venu contredire toutes ces affirmations... même celles de Serge Papin !
Bilan de l’été : "Revoir la communication sur les chiffres touristiques"
Il faut également rappeler que l’Insee se concentre sur la fréquentation à partir des réservations, et non sur les recettes touristiques, ni sur les arrivées internationales.
Il convient donc d’être prudent lorsqu’on compare différents indicateurs. Si vous changez de thermomètre, il se peut que vous n’ayez pas le même ressenti."
Il est vrai que chacun compare avec des outils différents, que ce soit les Entreprises du Voyage, l’UMIH, l’Alliance France Tourisme ou encore KPMG.
Mais, pour Bercy, cette cacophonie est contreproductive, alors même que l’INSEE apporte les statistiques officielles, bien que "parcellaires".
Ainsi, si durant la haute saison, chacun y va de son annonce pour alerter sur la situation de ses adhérents ou attirer la lumière, Jean Pinard, président de la société de conseils Futourism, appelle à une remise à zéro des évaluations et des bilans, afin qu’ils reflètent exactement les tendances réelles, et non des faisceaux de présomptions.
"Il est désormais temps de mettre tout le monde autour de la table afin de définir clairement ce que l’on mesure, pourquoi et selon quelles méthodes" poursuit l’auteur de l’étude pour l’Institut Terram, intitulée Vacances : histoire et géographie d’un droit inachevé.
Le bilan de l’été de l’INSEE "traduit des évolutions de la consommation des étrangers"
Même son de cloche du côté de Bercy, qui s’étonne de cette bataille des chiffres et des prises de parole en plein cœur de la haute saison estivale.
"Il serait intéressant de revoir la communication sur les chiffres touristiques. Qu’il y ait une concertation afin de savoir à quel moment, comment et à partir de quoi les acteurs peuvent prendre la parole. Cette situation nous interpelle.
Les bilans sont dressés en cours de route et ce n’est pas que de la faute des médias, car chacun y va de ses messages. Il y a une sorte de réflexe qui consiste à prendre la parole pour dire que la saison a été moins bonne ou meilleure. Ce n’est peut-être pas la meilleure des solutions.
Au-delà de ce constat, cela doit nous inviter à réfléchir", déplore-t-on au sein du cabinet ministériel.
Si l’écosystème touristique s'accorde pour dénoncer cette cacophonie estivale, pour l’entourage de Serge Papin, les chiffres de l’INSEE confortent plutôt son analyse livrée lors de l’IFTM.
"Nous avons réalisé une saison solide, qui n’a pas connu l’espèce de rupture que nous aurions pu craindre au regard de la conjoncture, mais pas non plus d’envolée.
Les Français ont eu besoin de vacances. Cela traduit peut-être aussi des évolutions dans les modes de consommation, notamment dans les habitudes de réservation de la clientèle internationale.
Par ailleurs, les recettes internationales enregistrées au mois de juillet, en hausse par rapport à l’année précédente, nous incitent à penser que la saison touristique a été positive, notamment pour les clientèles internationales", poursuit le cabinet du ministre.
Finalement, la contradiction de façade ne le serait pas totalement dans les faits, une fois passée la première impression.
D’ailleurs, dans l’interview qu’il nous a accordée, Serge Papin nous dévoilait déjà que les nuitées étaient en hausse de 1%. L’INSEE rapporte, elle, une augmentation de 1,1% entre mai et août, pour 2,8 millions de nuitées supplémentaires.
"Il serait intéressant de revoir la communication sur les chiffres touristiques. Qu’il y ait une concertation afin de savoir à quel moment, comment et à partir de quoi les acteurs peuvent prendre la parole. Cette situation nous interpelle.
Les bilans sont dressés en cours de route et ce n’est pas que de la faute des médias, car chacun y va de ses messages. Il y a une sorte de réflexe qui consiste à prendre la parole pour dire que la saison a été moins bonne ou meilleure. Ce n’est peut-être pas la meilleure des solutions.
Au-delà de ce constat, cela doit nous inviter à réfléchir", déplore-t-on au sein du cabinet ministériel.
Si l’écosystème touristique s'accorde pour dénoncer cette cacophonie estivale, pour l’entourage de Serge Papin, les chiffres de l’INSEE confortent plutôt son analyse livrée lors de l’IFTM.
"Nous avons réalisé une saison solide, qui n’a pas connu l’espèce de rupture que nous aurions pu craindre au regard de la conjoncture, mais pas non plus d’envolée.
Les Français ont eu besoin de vacances. Cela traduit peut-être aussi des évolutions dans les modes de consommation, notamment dans les habitudes de réservation de la clientèle internationale.
Par ailleurs, les recettes internationales enregistrées au mois de juillet, en hausse par rapport à l’année précédente, nous incitent à penser que la saison touristique a été positive, notamment pour les clientèles internationales", poursuit le cabinet du ministre.
Finalement, la contradiction de façade ne le serait pas totalement dans les faits, une fois passée la première impression.
D’ailleurs, dans l’interview qu’il nous a accordée, Serge Papin nous dévoilait déjà que les nuitées étaient en hausse de 1%. L’INSEE rapporte, elle, une augmentation de 1,1% entre mai et août, pour 2,8 millions de nuitées supplémentaires.
Un changement dans les habitudes de consommation
De plus, ce bilan de l’INSEE est riche de plusieurs enseignements pour le cabinet ministériel. "Nous tirons de celui-ci deux enseignements majeurs.
D’abord, un changement dans les habitudes de consommation de la clientèle internationale, notamment en matière de réservations et de nuitées.
Ensuite, la demande touristique s’est stabilisée, tous marchés confondus. Elle a finalement plutôt été au rendez-vous, même si cela reste, là encore, prudent.
La clientèle étrangère a envie de vivre l’expérience de la vie à la française et de l’Europe. Elle peut le faire de différentes manières. D’un côté, elle peut choisir de faire un tour d’Europe et de visiter un maximum de pays, ce qui génère peu de nuitées dans chacun d’eux.
De l’autre, elle peut rechercher une expérience plus intime de la destination, en revenant en dehors des grandes attractions et en visitant plusieurs fois le même pays.
Nous en sommes peut-être là, avec une diminution des nuitées liées aux circuits et une volonté d’aller vers un tourisme plus expérientiel, plus proche de ce que vivent les Européens. Et, pour ces derniers, les séjours n’ont pas toujours lieu à l’hôtel", détaille le cabinet de Serge Papin.
La France, au-delà d’être un carrefour européen - ce qui explique des recettes moindres par rapport à l’Espagne ou aux États-Unis - est aussi une porte d’entrée pour les clientèles nord-américaines et asiatiques qui souhaitent découvrir l’Europe, en commençant ou en terminant leur périple par quelques jours à Paris.
D’abord, un changement dans les habitudes de consommation de la clientèle internationale, notamment en matière de réservations et de nuitées.
Ensuite, la demande touristique s’est stabilisée, tous marchés confondus. Elle a finalement plutôt été au rendez-vous, même si cela reste, là encore, prudent.
La clientèle étrangère a envie de vivre l’expérience de la vie à la française et de l’Europe. Elle peut le faire de différentes manières. D’un côté, elle peut choisir de faire un tour d’Europe et de visiter un maximum de pays, ce qui génère peu de nuitées dans chacun d’eux.
De l’autre, elle peut rechercher une expérience plus intime de la destination, en revenant en dehors des grandes attractions et en visitant plusieurs fois le même pays.
Nous en sommes peut-être là, avec une diminution des nuitées liées aux circuits et une volonté d’aller vers un tourisme plus expérientiel, plus proche de ce que vivent les Européens. Et, pour ces derniers, les séjours n’ont pas toujours lieu à l’hôtel", détaille le cabinet de Serge Papin.
La France, au-delà d’être un carrefour européen - ce qui explique des recettes moindres par rapport à l’Espagne ou aux États-Unis - est aussi une porte d’entrée pour les clientèles nord-américaines et asiatiques qui souhaitent découvrir l’Europe, en commençant ou en terminant leur périple par quelques jours à Paris.
Une saison touristique sauvée par... "les voyageurs affaires"
Rappelons que l’étude de l’INSEE ne se focalise que sur les hébergements marchands, tels que les hôtels et les campings. Il existe donc un angle mort.
C'est ce que rappelle Didier Arino, directeur de Protourisme : "L’Insee ne traite pas des locations de meublés", alors que celles-ci représenteraient "45% des choix d’hébergement" des vacanciers.
Il estime également que la hausse annoncée du tourisme d’affaires, avec plusieurs millions de nuitées supplémentaires, pose question au regard de la période observée : "Je ne vois pas comment, sur le simple mois de juin et début juillet, on peut gagner plus de 2 millions d’unités en tourisme d’affaires."
Selon lui, cette progression est d’autant plus surprenante que l’hôtellerie économique, notamment fréquentée par cette clientèle, serait plutôt en retrait.
Pour Jean Pinard également, les chiffres qui concernent le voyage d'affaires pourraient faire partie des biais de l'étude de l'INSEE : "on découvre que les voyageurs d'affaires ont généré 2,1 millions de nuitées supplémentaires, sur les 2,8 millions de nuitées supplémentaires au total sur l’été 2026.
Ce résultat fausse tout. Finalement, c’est le voyage d’affaires qui a porté la croissance du tourisme...", analyse-t-il, très surpris par les résultats.
C'est ce que rappelle Didier Arino, directeur de Protourisme : "L’Insee ne traite pas des locations de meublés", alors que celles-ci représenteraient "45% des choix d’hébergement" des vacanciers.
Il estime également que la hausse annoncée du tourisme d’affaires, avec plusieurs millions de nuitées supplémentaires, pose question au regard de la période observée : "Je ne vois pas comment, sur le simple mois de juin et début juillet, on peut gagner plus de 2 millions d’unités en tourisme d’affaires."
Selon lui, cette progression est d’autant plus surprenante que l’hôtellerie économique, notamment fréquentée par cette clientèle, serait plutôt en retrait.
Pour Jean Pinard également, les chiffres qui concernent le voyage d'affaires pourraient faire partie des biais de l'étude de l'INSEE : "on découvre que les voyageurs d'affaires ont généré 2,1 millions de nuitées supplémentaires, sur les 2,8 millions de nuitées supplémentaires au total sur l’été 2026.
Ce résultat fausse tout. Finalement, c’est le voyage d’affaires qui a porté la croissance du tourisme...", analyse-t-il, très surpris par les résultats.
La France toujours leader mondiale : "pas d’inquiétude" pour le moment
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Ce dernier note lui aussi l'absence des meublés touristiques de type Airbnb et le non marchand dans les chiffres de l'institut national des statistiques : " l’INSEE mesure seulement 30% de la totalité des nuitées", résume-t-il.
Autre constat, selon lui : la période étudiée pourrait faire grimper les chiffres de la clientèle française. "L'étude dresse un tableau entre mai et août. On ne mesure pas seulement les vacances estivales, sauf que les ponts de mai et le mois de juin sont des périodes où la clientèle française est surreprésentée. Mettre ces deux mois, ce n’est pas possible".
"Tout le monde s’accorde à dire qu’on a eu plus d’étrangers et moins de Français", poursuit Didier Arino, citant notamment la fréquentation des autoroutes et les données aéroportuaires.
"Le plus de Français et moins d’étrangers, je ne vois pas à quoi cela correspond" estime le directeur de Protourisme, qui rappelle que les résultats peuvent être influencés aussi par le profil des répondants : "Ce sont plutôt les meilleurs qui répondent car il faut être calibré pour participer aux études de l'INSEE."
Surtout, certaines évolutions lui paraissent difficiles à concilier avec les remontées du terrain. "L’augmentation dans le camping, personne ne l’a constatée", affirme-t-il.
A la lecture de ces propos, le tourisme serait donc la parfaite morale d’une fable de La Fontaine. Comme la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, jusqu’à éclater, à force de trop parler et de vouloir prendre la lumière, les discours deviennent inaudibles et finissent par se contredire jusqu’à l’excès.
Alors que l'été touche à sa fin, une question se pose : la France restera-t-elle la première destination touristique mondiale en 2026 ?
"Nous n’avons pas d’inquiétude, au moment où nous parlons, quant au fait que nous gardions cette première place. Les arrivées internationales nous montrent quand même que la dynamique est positive et les chiffres de l’INSEE ne portent pas sur cet indicateur.
Nous retenons aussi que les rentrées d’argent générées par le tourisme croissent plus vite que l’augmentation du nombre de personnes qui viennent. Cela nous incite plutôt à l’optimisme.
Et cela s’inscrit dans un contexte de contestation de la part d’ONG et d’associations à propos du surtourisme. Il convient donc d’être prudent dans les annonces", conclut le cabinet ministériel.
Autre constat, selon lui : la période étudiée pourrait faire grimper les chiffres de la clientèle française. "L'étude dresse un tableau entre mai et août. On ne mesure pas seulement les vacances estivales, sauf que les ponts de mai et le mois de juin sont des périodes où la clientèle française est surreprésentée. Mettre ces deux mois, ce n’est pas possible".
"Tout le monde s’accorde à dire qu’on a eu plus d’étrangers et moins de Français", poursuit Didier Arino, citant notamment la fréquentation des autoroutes et les données aéroportuaires.
"Le plus de Français et moins d’étrangers, je ne vois pas à quoi cela correspond" estime le directeur de Protourisme, qui rappelle que les résultats peuvent être influencés aussi par le profil des répondants : "Ce sont plutôt les meilleurs qui répondent car il faut être calibré pour participer aux études de l'INSEE."
Surtout, certaines évolutions lui paraissent difficiles à concilier avec les remontées du terrain. "L’augmentation dans le camping, personne ne l’a constatée", affirme-t-il.
A la lecture de ces propos, le tourisme serait donc la parfaite morale d’une fable de La Fontaine. Comme la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, jusqu’à éclater, à force de trop parler et de vouloir prendre la lumière, les discours deviennent inaudibles et finissent par se contredire jusqu’à l’excès.
Alors que l'été touche à sa fin, une question se pose : la France restera-t-elle la première destination touristique mondiale en 2026 ?
"Nous n’avons pas d’inquiétude, au moment où nous parlons, quant au fait que nous gardions cette première place. Les arrivées internationales nous montrent quand même que la dynamique est positive et les chiffres de l’INSEE ne portent pas sur cet indicateur.
Nous retenons aussi que les rentrées d’argent générées par le tourisme croissent plus vite que l’augmentation du nombre de personnes qui viennent. Cela nous incite plutôt à l’optimisme.
Et cela s’inscrit dans un contexte de contestation de la part d’ONG et d’associations à propos du surtourisme. Il convient donc d’être prudent dans les annonces", conclut le cabinet ministériel.






Publié par Romain Pommier 















