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Volotea : le plan du PDG pour s’en sortir

Carlos Muñoz, le PDG, a écrit à ses salariés


Face à la hausse du carburant dont le prix a augmenté de 50 à 70 % avec la guerre au Moyen-Orient, la compagnie espagnole est dans une mauvaise passe et est contrainte d’annuler une partie importante de son programme de vols. Carlos Muñoz, le PDG, a écrit à ses salariés pour leur expliquer la stratégie qu’il compte mettre en place pour s’en sortir avec un impératif : la réduction de la dette.


Rédigé par le Lundi 28 Septembre 2026 à 06:55

Un avion Volotea. Crédit : Crédit depositphotos JFarquitectos
Un avion Volotea. Crédit : Crédit depositphotos JFarquitectos
« Maman j’arrive », peut-on lire sur les avions de la compagnie Volotea. Mais en ce moment, plusieurs mamans risquent d’attendre un peu leur progéniture si celles-ci voyagent sur Volotea.

Heurtée de plein fouet, comme les autres, par la hausse du carburant, la compagnie espagnole, déjà endettée par le Covid et la guerre en Ukraine, traverse une passe très difficile.

Les conséquences, nous l’avons vu : de nombreuses annulations de vols en France, des passagers sans vols et des tour-opérateurs dans la difficulté. Derrière cela, ne l’oublions pas, des salariés de la compagnie inquiets pour leur avenir.

Pour tenter de les rassurer, mais aussi pour, selon lui, les aider à faire le tri des informations « certaines exactes, d’autres non, certaines innocentes et d’autres plus mal intentionnées », Carlos Muñoz, le PDG, a détaillé dans un courrier que nous avons pu consulter son plan de sortie de crise, avec au passage un jugement sur cette guerre au Moyen-Orient « très mal avisée, cruelle et stupide ».

Volotea : restructurer la dette

Carloz Muñoz le PDG de Volotea. Photo : C.Hardin
Carloz Muñoz le PDG de Volotea. Photo : C.Hardin
Le message est lucide et empreint de gravité : « L’impact de la guerre pour cette année sera d’environ 150 millions d’euros, malgré les efforts de chacun et une couverture carburant correcte pour les premiers mois.

Si l’on ajoute à cela notre dette existante provenant des crises précédentes (COVID/Ukraine), nous n’avons pas d’autre alternative que de restructurer la dette, afin d’en sortir sous une forme beaucoup plus saine, plus légère et plus solide.
»

Le plan que s’apprête à dévoiler Volotea vise une réduction de dette de 250 à 300 millions d’euros et repose sur quatre piliers principaux :

- réduire la dette financière auprès des banques et autres institutions financières ;
- travailler avec la SEPI (Sociedad Estatal de Participaciones Industriales), le principal prêteur public auprès duquel Volotea veut allonger la durée de sa dette ;
- travailler avec ses partenaires commerciaux, les fournisseurs, les aéroports, pour reporter et réduire leurs créances ;
- négocier avec les loueurs d’avions afin de réduire le coût de la flotte, tant en loyers qu’en provisions de maintenance.

Moins d’avions et de personnels

On voit donc qu’une partie de cette restructuration inclura une réduction de la flotte l’année prochaine, à hauteur de 35, voire 30 avions selon l’avancée des négociations avec les loueurs.

Le PDG espère ainsi conserver les meilleurs appareils et s’orienter davantage vers les A320 plutôt que les A319, et se concentrer sur les marchés qui produisent de meilleurs résultats, tout en annulant ceux qui en produisent de plus faibles.

La stratégie consistera aussi à continuer de privilégier et développer les marchés qui présentent des avantages structurels, tels que les lignes subventionnées de service public, celles faisant l’objet d’accords bilatéraux, très fréquentées comme celles vers l’Algérie, et enfin celles où la concurrence avec d’autres low cost, est limitée, comme celle de Florence où la longueur de piste empêche les 737 MAX de Ryanair de se poser, Nantes, où les créneaux sont saturés, ou encore les nouvelles bases comme Montpellier ou Ancône, en Italie.

Concernant des fermetures de bases, Carlos Muñoz parle plutôt « d’hibernation ». C’est le cas, par exemple, à Brest pour cet hiver.

Avec ces hibernations de bases, la partie la plus difficile du plan sera également une réduction du personnel au siège de la compagnie à Barcelone. Une nécessité, selon le patron de Volotea, pour ajuster la structure de coûts à la nouvelle taille de l’entreprise et à la volatilité actuelle.

Reprendre la croissance

Dans son message aux salariés, Carlos Muñoz veut cependant conclure avec de l’espoir. Il croit encore à la fiabilité de cette compagnie low cost avec sa stratégie différenciée « reliant des territoires qui en ont besoin ».

Et, en dépit des prévisions alarmistes sur 2027, il espère que le plan qui se déploie actuellement aura pour conséquence de faire commencer l’année prochaine dans une situation bien meilleure.

Si elle passe 2027, la compagnie espère reprendre sa croissance, faire sortir les bases de leur hibernation et atteindre de nouveau une taille plus importante au cours des 3 à 5 prochaines années.

Réduire impérativement sa dette dans une conjoncture d’incertitudes et de flambée des carburants. Volotea n’est pas la seule à être dans cette situation.


Christophe Hardin Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com
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Tags : volotea
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