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Nature, culture, randonnée : comment le Cap-Vert veut sortir de l'image soleil et plage

Attirer les voyageurs au-delà de Sal et Boa Vista


Sans remettre totalement en question son modèle, le Cap-Vert s’est fixé l’objectif de développer une autre forme de tourisme, afin de mieux répartir les flux entre les 9 îles accessibles aux visiteurs. Si les autorités ne renient pas l’image de carte postale de ses plages, elles aimeraient inciter les voyageurs à en découvrir plus largement les autres facettes. Une volonté qui va devoir s’accompagner de mesures politiques et économiques. TourMaG a fait le point avec José Pimenta Lima, secrétaire d’État au Tourisme du pays.


Rédigé par le Vendredi 6 Novembre 2026 à 07:36

Les autorités touristiques du Cap-Vert souhaitent développer un tourisme plus intégré et plus durable - DepositPhotos.com, daboost
Les autorités touristiques du Cap-Vert souhaitent développer un tourisme plus intégré et plus durable - DepositPhotos.com, daboost
Lorsqu’on évoque le Cap-Vert, on pense tout de suite à ses plages et ses eaux turquoise, largement mises en avant dans les brochures des tour-opérateurs français.

Mais ce tourisme balnéaire, de « masse », est principalement regroupé sur deux des dix îles qui composent le pays. « Environ 82% des nuitées sont concentrées sur Sal - pour 62% - et Boa Vista - pour 20%. Les 18% restants sont répartis les 7 autres îles habitées », nous explique José Pimenta Lima, secrétaire d’État au Tourisme du Cap-Vert.

Si cette activité contribue pour 25% du PIB national, les autorités travaillent depuis plusieurs mois à mieux répartir les flux - sans forcément diminuer la fréquentation sur Sal ou Boa Vista - afin de révéler les autres atouts de l’archipel : ses paysages, ses chemins de randonnée, sa culture ou sa gastronomie.

« Le Cap-Vert, ce n’est pas seulement le soleil et la plage. Nous aimerions que les visiteurs qui arrivent via Sal, Boa Vista, Santiago (Praia) ou São Vicente (Mindelo) puissent rayonner davantage et tester des expériences différentes, découvrir des paysages, la population, les coutumes qui varient selon les îles », poursuit José Pimenta Lima.

Le Cap-Vert, des îles liées par la mer

Pour ce faire, l'Institut du Tourisme du Cap-Vert (ITCV) entend s’appuyer sur les différentes portes d’entrée - aériennes et maritimes - du pays, afin de faciliter les déplacements un peu partout dans l’archipel.

La France, 3e marché émetteur au 1er semestre 2026*, est concerné par cette stratégie. Si la compagnie nationale Cabo Verde Airlines propose déjà un vol par semaine vers Mindelo (São Vicente) et Praia (Santiago) depuis Paris CDG, « ce n’est pas suffisant », estime José Pimenta Lima.

Il rappelle au passage que Transavia France assure également des vols vers Praia, São Vicente, Sal et Boa Vista depuis Paris, Nantes, Lyon, Marseille et Bordeaux. Des discussions seraient également en cours avec easyJet.

Côté maritime, des liaisons en ferry existent entre différentes îles, mais ne permettent pas toujours aux voyageurs de faire l’aller-retour dans la journée. Sans compter qu’elles sont aussi tributaires des conditions météorologiques. « Nous devons construire des bateaux qui peuvent, avec le confort nécessaire, se déplacer au milieu de l'océan.

Cela nécessite aussi de réaliser des investissements dans les ports, les gares maritimes. Quelques projets sont déjà en cours, mais il faut accélérer les choses
, lance le secrétaire d’État au tourisme, qui rajoute : On visualise souvent l'archipel comme des îles séparées par la mer, en réalité ce sont des îles liées par la mer ».

* Le Cap-Vert a accueilli 77 022 voyageurs français au 1er semestre 2026 (vs 62 467 au S1 2025, soit +23,3%) et comptabilise 299 650 nuitées françaises (vs 260 593 au S1 2025, soit +15%) selon les derniers chiffres publiés par INE Cabo Verde, Movimentação de Hóspedes (T1 et T2 2025, T1 et T2 2026).

Vers un tourisme plus intégré et plus durable

José Pimenta Lima, secrétaire d’État au Tourisme du Cap-Vert, lors de l'IFTM 2026 à Paris - Photo : AB
José Pimenta Lima, secrétaire d’État au Tourisme du Cap-Vert, lors de l'IFTM 2026 à Paris - Photo : AB
Si la stratégie touristique 2027-2030 se dessine, elle dépendra avant tout du vote du Budget 2027, remis à l’Assemblée nationale par le gouvernement capverdien début octobre, et qui devrait être examiné en ce mois de novembre. « Nous voulons créer les conditions pour que l'offre touristique nationale soit de qualité, diversifiée et distribuée un peu partout.

Sans changer totalement de modèle, nous allons promouvoir le développement d'un tourisme qui n'est pas uniquement all inclusive
», poursuit José Pimenta Lima.

Le développement de ce tourisme plus immersif, encore de niche, passera donc par des investissements financiers - notamment un renforcement de la capacité d’hébergement et de restauration - mais aussi humains, en impliquant la population locale et en la formant à l’accueil. Le tout dans l'optique de faire bénéficier davantage les Capverdiens des futures retombées.

« A Sal et Boa Vista, le tourisme de masse engendre une pression sur les infrastructures et les services. Il faut plus d'eau, d'énergie, d'assainissement. Le coût de la vie est aussi plus élevé qu'ailleurs. Ce sont finalement beaucoup d'exigences qui ne bénéficient pas toujours au territoire.

C'est pour cela que nous voulons développer un tourisme plus intégré et plus durable
». Pour y parvenir, le secrétaire d’État au tourisme a notamment rendu visite aux opérateurs touristiques de certaines îles, afin d’identifier les défis et les contraintes qui entravent le développement du secteur, relate la presse locale.

Lire aussi : Cap-Vert : dix îles et une stratégie renforcée pour séduire les voyageurs français

La Coupe du Monde de football, un coup de projecteur inattendu !

Autre défi de taille pour l'archipel : diversifier les marchés, alors que les Portugais, les Britanniques, les Français et les Allemands occupent le haut du classement.

Si les Anglais et les Allemands se rendent au Cap-Vert pour profiter principalement des plages de Sal et Boa Vista, les Français présentent cet avantage qu’ils s’intéressent majoritairement à la culture et à la nature, notamment la randonnée. « Ils visitent aussi, depuis Mindelo, les îles de São Vicente, Santo Antão ou São Nicolau et depuis Praia, l'île de Fogo pour voir les volcans, explique José Pimenta Lima.

Il y a aussi une importante diaspora capverdienne en France », ajoute-t-il.

Malgré les freins et les défis, la destination peut tout de même se réjouir de la belle cote de popularité dont elle bénéficie à l’étranger.

À environ six heures de vol de Paris, avec un décalage horaire de deux heures en hiver et trois heures en été, et sans besoin de visa, elle offre une alternative sûre en Afrique.

Cet été, elle a également profité d’une superbe mise en lumière exceptionnelle durant la Coupe du monde de football, grâce au parcours de son équipe nationale, plus petite nation à se qualifier pour les seizièmes de finale et ce, pour une première sélection !

Représentée par Travel Insight sur le marché français, la destination propose régulièrement des webinaires pour les professionnels du tourisme. L’occasion de découvrir la diversité des 9 îles habitées, chacune avec sa personnalité : les paysages volcaniques de Fogo, les vallées verdoyantes de Santo Antão, la vie culturelle de São Vicente et Mindelo, l’histoire de Santiago et de Cidade Velha, la douceur de Brava, São Nicolau, Maio, sans oublier Sal et Boa Vista au-delà de leurs plages.

Une invitation à voyager d’île en île, en un seul et même voyage !

Lire aussi : Inspirations Voyages - Cap-Vert : dix îles, dix expériences à vendre toute l'année


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