Résilient, malgré tout, le transport aérien continue de connaître un fort développement.
L’Asie est en dynamique, l’Afrique a du potentiel, le Moyen-Orient se relève, les États-Unis et l’Europe résistent plutôt bien, à l’image des résultats des compagnies publiés ces jours-ci.
Cependant, les défis sont nombreux. "Comment s’adapter au changement et poursuivre la croissance ?" était le thème central du World Connect. Six ans patron de KLM jusqu’en 2022, puis 3 ans aux commandes d’IndiGo, Pieter Elbers a livré aux participants son analyse sur le sujet.
Il fallait d'ailleurs, ne pas rater le tout début de son intervention, ce « vécu » de la veille qui a donné le ton quant aux adaptations nécessaires pour le transport aérien.
« J’ai fait le vol entre Nice et Monaco dans un magnifique hélicoptère... Mais pendant combien de temps encore devrons-nous voler en hélicoptère sur cette distance ? », s’est interrogé l’ancien dirigeant.
« Combien de temps encore nous faudra-t-il pour voler en électrique sur cette distance et dans combien de temps dirons-nous : "Il fut un temps où on volait vers Monaco en hélicoptère" »
A lire aussi : World Connect : une 17e édition « record » à Monaco avec plus de 500 participants
L’Asie est en dynamique, l’Afrique a du potentiel, le Moyen-Orient se relève, les États-Unis et l’Europe résistent plutôt bien, à l’image des résultats des compagnies publiés ces jours-ci.
Cependant, les défis sont nombreux. "Comment s’adapter au changement et poursuivre la croissance ?" était le thème central du World Connect. Six ans patron de KLM jusqu’en 2022, puis 3 ans aux commandes d’IndiGo, Pieter Elbers a livré aux participants son analyse sur le sujet.
Il fallait d'ailleurs, ne pas rater le tout début de son intervention, ce « vécu » de la veille qui a donné le ton quant aux adaptations nécessaires pour le transport aérien.
« J’ai fait le vol entre Nice et Monaco dans un magnifique hélicoptère... Mais pendant combien de temps encore devrons-nous voler en hélicoptère sur cette distance ? », s’est interrogé l’ancien dirigeant.
« Combien de temps encore nous faudra-t-il pour voler en électrique sur cette distance et dans combien de temps dirons-nous : "Il fut un temps où on volait vers Monaco en hélicoptère" »
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Pieter Elbers : « Les entreprises et les économies ont toujours besoin de connectivité »
Une conjoncture en mouvement perpétuel, mais Pieter Elbers a voulu aussi rappeler la solidité des fondamentaux du transport aérien. « Les raisons fondamentales pour lesquelles les gens voyagent n'ont pas changé. Les gens veulent voir leur famille, travailler, étudier, faire du tourisme ou développer des affaires. Les entreprises et les économies ont toujours besoin de connectivité. »
Des fondamentaux qui font, selon Peter Elbers, la résilience du transport aérien.
Et de rappeler les attentats du 11 septembre, la crise financière mondiale, le Covid, les guerres et tensions géopolitiques.
« Chez KLM, pendant la pandémie, la compagnie perdait jusqu’à 10 millions d’euros par jour et pourtant le secteur a rebondi plus vite que beaucoup d’observateurs ne l’imaginaient. La résilience du secteur, c’est qu’il continuera d’évoluer », soulignant également que les outils numériques comme Zoom ou Teams n'ont pas supprimé le besoin de rencontrer physiquement les personnes.
S’adapter à une forte croissance
Sandrine de Saint Sauveur, présidente et CEO du groupe APG et Richard Burgess, président d'APG Network - Photo CH
La croissance est là, mais Pieter Elbers explique que son centre de gravité se déplace fortement vers l’Asie. À la tête encore récemment de la compagnie Indigo, les chiffres qu’il énonce sont frappants à ce sujet.
Arrivé aux commandes de la compagnie indienne il y a quatre ans, il a vu le nombre de passagers passer de 77 à 122 millions. Après la crise du Covid, la problématique n’est plus du côté de la demande, mais plutôt de la façon de gérer la capacité.
Faire en sorte d’absorber cette croissance est, pour lui, un des enjeux majeurs pour le secteur aérien. C’est maintenant d’une « résilience opérationnelle » dont les compagnies aériennes auront le plus besoin.
Une capacité à anticiper, à répondre, à se rétablir et à maintenir l’activité malgré les changements.
Arrivé aux commandes de la compagnie indienne il y a quatre ans, il a vu le nombre de passagers passer de 77 à 122 millions. Après la crise du Covid, la problématique n’est plus du côté de la demande, mais plutôt de la façon de gérer la capacité.
Faire en sorte d’absorber cette croissance est, pour lui, un des enjeux majeurs pour le secteur aérien. C’est maintenant d’une « résilience opérationnelle » dont les compagnies aériennes auront le plus besoin.
Une capacité à anticiper, à répondre, à se rétablir et à maintenir l’activité malgré les changements.
LIA, une révolution aussi pour l’organisation de l’entreprise
Sans surprise, l’intelligence artificielle fait partie de la solution, selon Elbers, qui estime que celle-ci sera fondamentale dans sa capacité à remodeler profondément l’industrie dans les prochaines années.
Il estime que « le vrai potentiel n’est pas de faire les choses plus vite ou plus efficacement, mais plutôt, grâce à l’IA, de véritablement transformer l’organisation des entreprises, les processus décisionnels, la gestion opérationnelle, mais aussi la relation client. ».
L’IA ne sera pas simplement un outil de productivité, mais véritablement un instrument qui va changer le modèle de l’entreprise et s’imposer comme une créatrice de valeur.
Elle va rendre les opérations plus prédictives pour mieux anticiper les perturbations météorologiques et opérationnelles, les pannes et la maintenance.
Elle va mieux programmer l’utilisation des avions quand on sait que quelques minutes d’utilisation quotidienne ont un impact financier significatif. Elle contribuera aussi, côté clients, à mieux anticiper les besoins et améliorer la relation.
Il estime que « le vrai potentiel n’est pas de faire les choses plus vite ou plus efficacement, mais plutôt, grâce à l’IA, de véritablement transformer l’organisation des entreprises, les processus décisionnels, la gestion opérationnelle, mais aussi la relation client. ».
L’IA ne sera pas simplement un outil de productivité, mais véritablement un instrument qui va changer le modèle de l’entreprise et s’imposer comme une créatrice de valeur.
Elle va rendre les opérations plus prédictives pour mieux anticiper les perturbations météorologiques et opérationnelles, les pannes et la maintenance.
Elle va mieux programmer l’utilisation des avions quand on sait que quelques minutes d’utilisation quotidienne ont un impact financier significatif. Elle contribuera aussi, côté clients, à mieux anticiper les besoins et améliorer la relation.
Double vitesse
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Surinam Airways représentée par APG
Cependant, alors que la technologie va très vite, Pieter Elbers a alerté sur la lenteur de certaines évolutions dont les compagnies aériennes sont dépendantes, citant notamment les infrastructures aéroportuaires, la réglementation, le contrôle aérien et la transition énergétique.
Comment composer avec ces différentes vitesses de changement ?
C’est un défi qui se ressent avec plus d’acuité en Europe.
L’IA peut par exemple améliorer le calcul des trajectoires, mais l’organisation du contrôle aérien doit évoluer plus vite. Elle peut favoriser une utilisation plus massive des carburants durables, mais l’organisation des filières doit s’accélérer.
Pour l’ancien patron de KLM et d’IndiGo, l’agilité des compagnies pour adapter leurs organisations au rythme de la technologie, même lorsque les infrastructures ou les réglementations progressent plus lentement, est un des piliers essentiels dans le futur.
Il faudra pour cela renforcer la collaboration entre tous les acteurs : compagnies, aéroports, contrôleurs, industriels, régulateurs et distributeurs.
Enfin, Pieter Elbers ne veut pas non plus un futur secteur aérien sans ses femmes et ses hommes. « La technologie assiste, mais elle ne remplace ni le leadership, ni l’empathie, ni l’accompagnement du client. »
Malgré les difficultés, les décideurs de l’aérien sont confiants quant à la demande qui restera forte.
Mais les gagnants de demain ne seront pas nécessairement les compagnies qui auront la plus forte croissance ou la meilleure technologie. Ce seront celles qui sauront combiner résilience opérationnelle, intelligence artificielle, agilité humaine et coopération de tout l'écosystème aérien.
Comment composer avec ces différentes vitesses de changement ?
C’est un défi qui se ressent avec plus d’acuité en Europe.
L’IA peut par exemple améliorer le calcul des trajectoires, mais l’organisation du contrôle aérien doit évoluer plus vite. Elle peut favoriser une utilisation plus massive des carburants durables, mais l’organisation des filières doit s’accélérer.
Pour l’ancien patron de KLM et d’IndiGo, l’agilité des compagnies pour adapter leurs organisations au rythme de la technologie, même lorsque les infrastructures ou les réglementations progressent plus lentement, est un des piliers essentiels dans le futur.
Il faudra pour cela renforcer la collaboration entre tous les acteurs : compagnies, aéroports, contrôleurs, industriels, régulateurs et distributeurs.
Enfin, Pieter Elbers ne veut pas non plus un futur secteur aérien sans ses femmes et ses hommes. « La technologie assiste, mais elle ne remplace ni le leadership, ni l’empathie, ni l’accompagnement du client. »
Malgré les difficultés, les décideurs de l’aérien sont confiants quant à la demande qui restera forte.
Mais les gagnants de demain ne seront pas nécessairement les compagnies qui auront la plus forte croissance ou la meilleure technologie. Ce seront celles qui sauront combiner résilience opérationnelle, intelligence artificielle, agilité humaine et coopération de tout l'écosystème aérien.
Publié par Christophe Hardin Rédacteur AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin
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