« trop peu, trop tard, et surtout trop lentement »
Voici ce qui pourrait résumer, la trajectoire de modernisation du contrôle aérien français, pointé du doigt par Vincent CAPO-CANELLAS, Sénateur de la Seine-Saint-Denis et rapporteur spécial de la commission des finances, dans un rapport consacré à la performance de la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA).
Un rapport publié le 24 juin rappelle qu'en 2025, le contrôle aérien français a généré 6,6 millions de minutes de retard, soit la plus mauvaise performance d'Europe, pour un coût estimé à 800 millions d'euros pour les compagnies aériennes.
Entre 2015 et 2025, 33 % des retards imputables au contrôle aérien en Europe trouvent leur origine en France, une proportion montée à 36 % en 2025, alors que la situation s'améliorait dans la plupart des autres pays européens.
Si l'année 2026 affiche une amélioration, il faudra atteindre le « test » pour tirer un bilan complet. Au cours des cinq premiers mois de l'année, la performance de la DSNA se serait améliorée de 40 %.
Voici ce qui pourrait résumer, la trajectoire de modernisation du contrôle aérien français, pointé du doigt par Vincent CAPO-CANELLAS, Sénateur de la Seine-Saint-Denis et rapporteur spécial de la commission des finances, dans un rapport consacré à la performance de la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA).
Un rapport publié le 24 juin rappelle qu'en 2025, le contrôle aérien français a généré 6,6 millions de minutes de retard, soit la plus mauvaise performance d'Europe, pour un coût estimé à 800 millions d'euros pour les compagnies aériennes.
Entre 2015 et 2025, 33 % des retards imputables au contrôle aérien en Europe trouvent leur origine en France, une proportion montée à 36 % en 2025, alors que la situation s'améliorait dans la plupart des autres pays européens.
Si l'année 2026 affiche une amélioration, il faudra atteindre le « test » pour tirer un bilan complet. Au cours des cinq premiers mois de l'année, la performance de la DSNA se serait améliorée de 40 %.
Contrôle aérien : la France pourrait-elle devenir un point de blocage ?
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À plus long terme, les projections d'Eurocontrol sont en revanche préoccupantes. Sans mesures correctrices, la France pourrait devenir « un point de blocage majeur du ciel européen ». L'organisme estime qu'à l'horizon 2030, le contrôle aérien français ne serait plus en mesure d'absorber l'ensemble du trafic, conduisant à des annulations structurelles de vols. Les pertes pour les compagnies aériennes pourraient atteindre 1,3 milliard d'euros par an en 2030, puis 1,7 milliard d'euros en 2035.
Comment en est-on arrivé là ?
Le rapport met en lumière plusieurs facteurs. Le premier concerne les ressources humaines. Entre 2029 et 2035, 30 % des contrôleurs aériens partiront à la retraite, alors que la France souffre déjà d'un déficit d'effectifs. À cela s'ajoute une formation particulièrement longue, d'environ cinq ans, contre trois ans en moyenne dans les autres pays européens, notamment en raison du principe du « full rating », qui forme chaque contrôleur aux trois types de contrôle aérien.
Le rapport pointe également une organisation du travail jugée encore trop rigide, malgré les évolutions introduites ces dernières années, ainsi qu'une dette technologique importante. Les programmes de modernisation accumulent les retards, à l'image du système 4-Flight, lancé il y a plus de dix ans et toujours en cours de déploiement. Le Sénat souligne aussi l'obsolescence croissante de certains équipements critiques et regrette l'absence d'un véritable plan global de maîtrise des risques techniques.
Comment en est-on arrivé là ?
Le rapport met en lumière plusieurs facteurs. Le premier concerne les ressources humaines. Entre 2029 et 2035, 30 % des contrôleurs aériens partiront à la retraite, alors que la France souffre déjà d'un déficit d'effectifs. À cela s'ajoute une formation particulièrement longue, d'environ cinq ans, contre trois ans en moyenne dans les autres pays européens, notamment en raison du principe du « full rating », qui forme chaque contrôleur aux trois types de contrôle aérien.
Le rapport pointe également une organisation du travail jugée encore trop rigide, malgré les évolutions introduites ces dernières années, ainsi qu'une dette technologique importante. Les programmes de modernisation accumulent les retards, à l'image du système 4-Flight, lancé il y a plus de dix ans et toujours en cours de déploiement. Le Sénat souligne aussi l'obsolescence croissante de certains équipements critiques et regrette l'absence d'un véritable plan global de maîtrise des risques techniques.
6 recommandations formulées par le Sénat
Pour éviter que la France, bon dernier sur le plan européen ne s'enfonce encore davantage, 6 recommandations ont été formulées.
La principale consiste à augmenter dès 2027 le recrutement d'environ 60 contrôleurs supplémentaires par an, en combinant une hausse des effectifs formés à l'ENAC et le recrutement de contrôleurs déjà formés dans d'autres pays européens.
Le Sénat recommande également de réduire progressivement la durée de formation des contrôleurs, d'améliorer les prévisions de trafic de la DSNA, de renforcer la flexibilité de l'organisation du travail et d'accélérer la modernisation des systèmes techniques.
La principale consiste à augmenter dès 2027 le recrutement d'environ 60 contrôleurs supplémentaires par an, en combinant une hausse des effectifs formés à l'ENAC et le recrutement de contrôleurs déjà formés dans d'autres pays européens.
Le Sénat recommande également de réduire progressivement la durée de formation des contrôleurs, d'améliorer les prévisions de trafic de la DSNA, de renforcer la flexibilité de l'organisation du travail et d'accélérer la modernisation des systèmes techniques.




















