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Train : les Français veulent plus d’humain !

En dix ans, les réservations se sont massivement digitalisées.


L’étude réalisée par l’IFOP à l’occasion des dix ans de Trainline, première application de réservation de billets de train et de bus en Europe, montre que les jeunes générations réinvestissent le voyage en train, davantage même que leurs aînés. Cependant, plus qu'un nouveau saut technologique, 63 % des Français préféreraient davantage de présence humaine à bord et en gare.


Rédigé par le Vendredi 11 Septembre 2026 à 07:26

A droite, Jérôme Fourquet, directeur du département "Opinion" de l'IFOP. Au centre, Clément Bretagnolle, directeur commercial de Trainline.
A droite, Jérôme Fourquet, directeur du département "Opinion" de l'IFOP. Au centre, Clément Bretagnolle, directeur commercial de Trainline.
À l'occasion de ses 10 ans en France, Trainline qui se présente comme la première plateforme indépendante de réservation de billets de train et de bus en Europe via son site web et son application mobile, a demandé à l'IFOP une étude pour identifier les grandes tendances qui ont façonné le voyage en train ces dix dernières années.

A en croire cette étude réalisée en juillet auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française et présentée, jeudi matin à la presse, par Jérôme Fourquet, Directeur du département "Opinion" de l’IFOP et par Clément Bretagnolle, Country Manager France de Trainline, le train a de beaux jours devant lui.

En effet, que de changement en dix ans ! Non seulement les Français prennent de plus en plus le train -et de plus en plus souvent-, mais le "train n'est pas un truc de vieux". Bien mieux, les nouvelles générations ouvrent la voie.

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La génération des 18/24 ans qui est la plus digitale, est aussi celle qui projette le plus d’imaginaire sur le train : 66 % lui associent un sentiment positif (48 % en moyenne, pour les Français toutes générations confondues) et 57 % d’entre eux préfèrent le train lorsqu'ils ont le choix entre plusieurs modes de transport, contre 37 % des Français.

Le train : le choix de la déconnexion

Jerôme Fourquet, directeur du département "Opinion" de l'IFOP © PB
Jerôme Fourquet, directeur du département "Opinion" de l'IFOP © PB
Est-ce par souci de l'écologie ? Est-ce le choix d'un mode de vie ? Alors que les vies sont de plus en plus rationalisées, 73 % des Français estiment que le train permet de profiter du voyage en lui-même, et de choisir ce qu'ils font de ce temps.

Et, 45 % préfèrent en profiter sans chercher à être productifs, contre 10 % seulement qui cherchent d'abord à travailler ou à avancer sur leurs tâches.

Chez ceux qui ont voyagé en train cette année, ce choix de la déconnexion monte même à 53 %.

Cette "parenthèse" se nourrit de moments très concrets : 60 % des Français ont déjà regardé les paysages défiler avec nostalgie, 39 % ont échangé avec de nouvelles personnes en gare ou à bord, 38 % ont ressenti l'excitation de savoir que des proches les attendaient sur le quai.

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Il est vrai que "dans l'imaginaire des Français, le train est bien plus qu'un simple moyen de communication", a rappelé Jérôme Fourquet. Le train appartient d'autant plus à la mémoire collective qu'il est indissociable d'épisodes importants de l'histoire de la France, à commencer par le désenclavement et l'aménagement du territoire, les congés payés, l'arrivée du TGV, etc.

Ancré dans notre quotidien, le train est aussi un moyen de déplacement pour se rendre à de grands moments de célébration (concerts, événements sportifs), a insisté Clément Bretagnolle, soulignant, au passage, le doublement des réservations provoqué par les concerts de Céline Dion, à Paris, la semaine prochaine.

Des voyageurs plus autonomes et plus stratèges

En dix ans, la préparation des voyage s'est largement digitalisée car, a souligné Jérôme Fourquet, "les voyageurs, y compris les générations les plus âgées, se sont appropriés les nouveaux outils".

De fait, 91 % des voyageurs disent avoir changé au moins une de leurs pratiques de réservation : 49 % disent réserver davantage en ligne ou via une application, 38 % disent adapter davantage leurs horaires et leurs dates en fonction du prix, 35 % disent comparer davantage les horaires ou jours de départ, 35 % disent réserver davantage à l'avance qu'il y a dix ans.

Chez Trainline, la bascule est encore plus nette : la part de l'application dans le mix des canaux de réservation est passée de 63 % en 2023 à 71 % en 2026.



Le prix n'est plus une donnée subie

Clément Bretagnolle, directeur commercial chez Trainline © PB
Clément Bretagnolle, directeur commercial chez Trainline © PB
Par ailleurs, le prix n'est plus une donnée subie, il est devenu un curseur avec lequel on compose son voyage.

Cette autonomie s'est encore élargie avec l'arrivée de nouveaux opérateurs, qui produit des effets concrets sur les tarifs : le prix moyen a baissé de 43 % sur Paris-Lyon entre 2019 et 2023 après l'arrivée de Trenitalia, et de 29 % sur l'axe Paris-Marseille depuis les débuts de l'opérateur sur l'axe Sud l'année dernière, a souligné Clément Bretagnolle.

"Nous essayons de simplifier l'accès à l'offre ferroviaire, de donner le choix aux consommateurs qu'ils puissent choisir le bon train au bon prix"
, a insisté à ce propos Clément Bretagnolle, avant de préciser "l'Espagne, c'est notre marché laboratoire car il y a maintenant quatre opérations sur ses lignes à grande vitesse. Les consommateurs y ont donc autant de choix pour le train que pour l'avion".

En résumé, selon Trainline, davantage d'offres et d'horaires de départ, c'est davantage de latitude pour arbitrer entre son budget, ses contraintes et ses envies. Mais, "les gens ont compris qu'il faut s'y prendre tôt pour avoir les meilleurs tarifs".

"Demain, plus d'humain mais pas de fusée sur rail"

Et demain ? "Nos trains ont déjà beaucoup évolué. Les Français n'attendent ni un nouveau saut technologique, ni une fusée sur rail", a résumé Jérôme Fourquet.

Tout au contraire, les Français semblent plutôt en attente de davantage de sobriété, en même temps que d'innovations pour faciliter le parcours de réservation (et de remboursement en cas de problème).

Enfin, 63 % préfèreraient aussi davantage de présence humaine en gare et à bord (contre 20 % davantage d’automatisation).

En ce qui concerne l'avenir du réseau, les Français sont demandeurs "d'un maintien de l'existant". Autrement dit une remise à niveau d'un réseau souvent vieillissant, tout particulièrement sur les lignes où le temps de trajet a augmenté depuis quelques années. Une gageure.

Il s'agit là, comme l'a souligné Jérôme Fourquet, "d' investissements très lourds alors que la France ploie déjà sous un dette publique supérieure à 3500 milliards d'euros..."

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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Tags : trainline
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