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French bee : la grève pourrait se prolonger en septembre...

La direction de French bee n’annonce aucun changement de programme


Depuis le 27 août 2026, les adhérents du SNPNC-FO de French bee sont entrés en grève pour protester contre l’instabilité des plannings. Si, sur la base de La Réunion, le mouvement a été suivi par 100 % des stewards et hôtesses, pour l’heure, aucune annulation n’a été communiquée par la direction. Cette dernière refuse aussi de discuter avec son personnel en grève, qui menace alors de poursuivre le conflit en septembre, si nécessaire.


Rédigé par le Vendredi 28 Août 2026 à 07:33

French bee : "À force de ne penser que low cost, ils ont oublié l’humain" - Crédit photo : CH
French bee : "À force de ne penser que low cost, ils ont oublié l’humain" - Crédit photo : CH
Le ciel gronde en France.

Les préavis se succèdent et les personnels navigants, qu’ils soient commerciaux (PNC) ou techniques (PNT), affichent publiquement leur usure. Après les turbulences d’easyJet France et Volotea, c’est au tour de French bee de battre le pavé.

Comme nous vous le révélions, le SNPNC-FO de French bee a déposé un préavis de grève du 27 au 31 août. Si la direction annonce que son programme est assuré dans sa totalité, du côté syndical, on se félicite d’un fort engagement.

"Tous les PNC de notre base à La Réunion sont en grève. À Orly, 90 % des chefs de cabine et de leurs remplaçants sont mobilisés, ainsi qu’une grande partie des CDI.

Les CDD, eux, ne peuvent pas se mettre en grève en raison de la précarité de leur contrat.

La direction a envoyé des personnes du management pour combler les trous et assurer les vols. Notre chef PNC est sur les vols, tous les instructeurs aussi, et ils n’ont presque plus de chefs de cabine disponibles.

Pour ne pas annuler de vols, la compagnie a affrété des avions de la compagnie Wamos, notamment sur la ligne vers New York. Un vol en direction de Los Angeles vient d’être annulé et un autre vers Miami pourrait bientôt l’être aussi
", recadre Priscyllia Lefèvre, représentante du SNPNC-FO.

French bee : "La direction est dans le déni"

La direction nous a confirmé l’annulation du vol BF730, prévu vendredi au départ d’Orly à destination de Los Angeles. Les passagers ont toutefois été reprotégés sur un vol qui sera opéré par la compagnie.

Le vol pour Miami est bien maintenu.


"Depuis le début du mouvement, des PNC nous font part de dix changements de planning dans la journée. Ça en devient même illisible.

On fait grève pour mettre en exergue les changements de planning et la fatigue croissante, mais cela accentue encore plus le problème, au lieu de le régler.

La direction est dans le déni et poursuit une pratique courante chez elle, consistant à changer les plannings à tout-va
", déplore Priscyllia Lefèvre.

Les deux parties semblent camper sur leurs positions.

D’un côté, la direction affirme rester à la disposition du syndicat afin de trouver une porte de sortie au conflit.

De l’autre, la représentante des salariés nous affirme que le dernier échange en date, mardi dernier, s’est soldé par une position ferme, consistant à refuser tout dialogue tant que la grève sera en cours.

A lire : easyJet France : vers un 2e week-end de grève en août !

"Il n’y a aucune ouverture de dialogue, c’est une phrase toute faite pour les médias. Ils préfèrent s’occuper de leurs clients plutôt que de leurs salariés.

L’instabilité des plannings ne date pas de cette année, mais elle s’est aggravée en 2026. En réduisant les dessertes de Tahiti, les rotations deviennent de plus en plus courtes.

La situation est inquiétante pour la fatigue des équipages et leur santé mentale,
" explique-t-elle.

French bee : "À force de ne penser que low cost, ils ont oublié l’humain"

Les représentants du personnel alertent la direction depuis maintenant plus d’un an.

Des réunions et des CSE extraordinaires ont eu lieu pour aborder la situation des PNC sur le vol vers Tahiti.

"Si, sur le papier, la compagnie est dans les clous en termes de repos, elle contourne toutes les autres règles autour de cela.

Il y a eu deux dangers graves et imminents sur cette ligne en particulier. L'inspection et la médecine du travail ont été incluses dans ces échanges. Personne ne nous prenait au sérieux, mais à ce niveau de fatigue, vous êtes comme dans un état d’ivresse. Il y a eu des accidents de voiture, nous avons eu des collègues en pleurs, car ils ne peuvent même plus voir leurs enfants.

Nous avons émis un droit d’alerte, sans réponse. Nous avons frappé à la porte de la DGAC pour leur demander de l’aide. Ils nous ont dit avoir observé une explosion des rapports fatigue des PN en règle générale, des PNC comme des pilotes
", nous résume la syndicaliste.

Parfois, entre 48h sur des vols vers Miami et 24h sur New York, les salariés n’ont qu’une seule journée de repos. Le sentiment de retrouver une vie normale reste compliqué dans ces conditions.

Une expertise a aussi été mandatée, mais toutes ces démarches se sont télescopées avec la guerre en Iran.

Le préavis déposé en avril a dû être remisé en raison des conséquences du conflit sur l’aérien mondial. En contrepartie, la direction a fait un geste financier et accordé un délai de prévenance de 48 heures, durant lequel le management ne devait plus toucher aux plannings.

"Sauf que cette règle ne s’appliquait plus quand nous étions en escale, nous avions droit à des changements.

Nous sommes une low cost, je comprends que la compagnie doive gagner de l’argent, mais il ne faut pas exagérer. Ils ne veulent pas augmenter les effectifs.

Début août, nous avons refait un droit d’alerte, puis l’experte a aussi alerté la direction sur la situation, après avoir sondé 300 PNC
", affirme Priscyllia Lefèvre.

Cette personne mandatée par le CSE pour faire un point sur le sujet aurait alors constaté une souffrance et un mal-être général des employés, selon les mots de la représentante du SNPNC-FO.

French bee : sans réponse, "nous allons reconduire le préavis de grève"

À tout cela s’ajoute une dépréciation des revenus.

Du fait de rotations moins longues, les salaires des PNC auraient baissé. Nous sommes loin de la vision fantasmée du métier de stewards et d’hôtesses.

"À force de ne penser que low cost, ils ont oublié l’humain. Je suis payée 40% moins que mes collègues d'Air Caraïbes.

Nous aimons notre compagnie, notre métier, nos avions et nos passagers, puis nous savions où nous mettions les pieds. Il y a un mépris vis-à-vis de notre métier dans les bureaux du groupe.

La base est très remontée. De plus, le fait de préférer donner de l’argent à Wamos, tout en nous disant que la compagnie n’a pas d’argent... C’est scandaleux.

Ils veulent montrer à tout le monde qu’on ne gagnera pas, nous les salariés. Sauf que nous sommes les perdants dans ce conflit, car nous perdons de l’argent,
" déplore la cheffe de cabine.

Vous l’aurez compris, le divorce est consommé.

Chaque camp reste arcbouté sur ses positions et personne ne semble en mesure, ni n’affiche la volonté, de faire un pas vers l’autre. Et alors que les affrètements coûtent plusieurs centaines de milliers d’euros par jour de grève, la fin du préavis approche.

"Si, d’ici le 31 août, nous n’avons pas de retour de l’entreprise, nous allons reconduire le préavis et le mouvement, jusqu’à ce que les discussions débutent.

J’ai malgré tout un peu d’espoir en notre nouveau PDG, Géry Mortreux. Il a essayé de trouver une porte de sortie juste avant que nous entrions en grève, mais il n’avait pas tous les antécédents,
" se veut optimiste la cheffe de cabine.

La grogne monte de plus en plus dans les cabines des low cost et au sein du groupe Dubreuil...


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