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Malgré un retard de 85 000 clients, le SETO n'anticipe pas un été catastrophique

La France métropolitaine, seule destination en croissance, est tirée par la montagne


Après un hiver et un début de saison estivale impactés par la guerre au Moyen-Orient, la récente relance des départs immédiats et les premières réservations encourageantes pour l'hiver à venir font espérer une reprise à Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour-operating (SETO). Tour d'horizon.


Rédigé par le Vendredi 3 Juillet 2026 à 07:13

Patrice Caradec, président du Seto, et Hervé Tilmont, directeur général - Photo : Paula Boyer
Patrice Caradec, président du Seto, et Hervé Tilmont, directeur général - Photo : Paula Boyer
Début février dernier, les voyagistes français, étaient "contents" et "anticipaient une troisième année consécutive dans le vert".

Depuis, la guerre au Moyen-Orient a largement rebattu les cartes.

Pour autant, l'été 2026 ne devrait pas se terminer trop douloureusement pour les voyagistes français grâce à la reprise des départs immédiats depuis le 1er juin, a assuré jeudi 02 juillet 2026 au matin Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour-operating (SETO), lors de sa dernière conférence de presse avant la pause estivale.

Mieux encore, les première réservations pour l'hiver 2026-27, sont "encourageantes" : elles laissent espérer "une reprise des ventes pour l'hiver prochain".

Tout en s'employant à positiver, le président du SETO n'a pas caché que le contexte était fragile : "Les Français ont un budget assez contraint", a-t-il répété à plusieurs reprises. Et d'insister : "l'envie de voyager est toujours là mais ils épargnent, ils n'ont pas envie de se décider trop vite". Et de conclure avec cette jolie formule : "il faut faire la distinction entre le vouloir d'achat et le pouvoir d'achat".

Lire aussi : Patrice Caradec (SETO) appelle les agences "à réanimer le marché"

L'impact de la guerre au Moyen-Orient

Pour commencer, la guerre au Moyen-Orient a impacté la fin de la saison 2025-26, "grignotant l’avance réalisée jusqu’en février".

Résultat : les membres du SETO ont réalisé un chiffre d’affaires en hausse de seulement +2,5% sur la période 1er novembre 2025 - 30 avril 2026, associé à une recette unitaire en hausse de +1,1%. Toutefois, en France, les excellentes performances du ski ont dopé les chiffres des ventes (+ 5,5%).

Avec le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, s'est imposée une incertitude sécuritaire : "les Français ont eu parfois peur de partir et de ne pas revenir", selon Patrice Caradec.

Dans la foulée, la hausse du prix du carburant, l'augmentation du prix des billets d'avion et la reprise de l'inflation ont stoppé l'élan observé jusque-là.

A la fin février dernier donc, l'été 2026 se profilait positivement avec + 5,4% en volume d'affaires et + 4,1% en nombre de clients.

Las, après trois mois (mars, avril, mai) de prises de commande en décroissance significative, le SETO observait, à la fin mai -période où 73% de l'exercice d'été était réalisé -, 85 000 clients en moins qu'en 2025 et 100 millions de volume d'affaires en moins.

"Au 31 mai, nous étions tombés à -6,7% sur l’ensemble des ventes d’été, avec 1,183 million de clients", a souligné Patrice Caradec. "Pour atteindre le final de l’été 2025, il reste 600 000 clients à réserver pour des départs jusqu’au 31 octobre 2026."

Pas d'été trop meurtrier en vue

Patrice Caradec, président du Seto - Photo : PB
Patrice Caradec, président du Seto - Photo : PB
Pour autant, l'été 2026 (cette saison se clôture le 31 octobre) ne devrait pas être catastrophique. "A -6%, je signe", a répliqué Patrice Caradec.

En juin, les ventes n'ont plus reculé, même si la canicule les a un peu impactées et les derniers retours de terrain font apparaître une reprise pour les départs immédiats. En juillet et août, les départs restent tout de même "en souffrance" (respectivement-7% et -9%).

En nombre de clients, les circuits en groupe décrochent (-19,5%), les séjours individuels reculent (-9,4%). Seuls les clubs résistent (-0,5%).

Le surcoût des carburants continue à peser sur les intentions de départ. "Les compagnies qui ont relevé très rapidement leurs tarifs tardent à supprimer les surcharges carburant", a fait mine de s’étonner Patrice Caradec. Et d'appeler Air France à donner une impulsion dans ce sens après avoir relevé que le prix du baril est tombé à 73 dollars sur les marchés internationaux du pétrole.

"Le cœur de l'été et l'arrière-saison pourraient compenser le manque de volume des derniers mois", a tout même fait valoir Patrice Caradec.

La France s'en tire bien, pas les îles de la Méditerranée

La France qui est en sixième position dans le TOP 10 du SETO, est la seule destination en croissance.

Elle est tirée par la montagne qui fait le plein grâce son dynamisme, son attractivité, son offre d'activités nouvelles. "Pour autant, le volume d'affaires n'augmente pas forcément, en raison des budgets contraints", a rappelé Patrice Caradec.

Un constat à mettre en rapport avec les contre-performances d'autres destinations, en particulier des destinations insulaires.

Ainsi, si malgré ses -3%, l'Espagne est de nouveau en tête des destinations de l'été pour les voyages à forfait, c'est grâce aux bonnes performances de l'Espagne continentale qu'elle s'en sort, car ses îles marquent sérieusement le pas (Baléares : -9,7%; Canaries : -10,8%).

De même, la Grèce (-12,3%), qui est la deuxième grande destination de l'été, affiche une légère baisse pour la Grèce continentale, mais un fort recul (-18,1%) pour ses îles.

Enfin, l'Italie, quatrième grande destination de l'été, se maintient pour l'Italie continentale, mais voit également ses îles souffrir : Sardaigne -7,6%; Sicile : -19%.

D'autres destinations en souffrance

D'autres destinations sont également en recul cet été. Pour commencer, la Tunisie (-9,1%), ce qui ne l'empêche pas de rester la troisième grande destination dans le Top 10 du SETO.

Notons aussi que les Etats-Unis marquent un fort recul (-37%), imputé par Patrice Caradec à l'effet Trump, mais aussi au niveau élevé des prix pratiqués dans l'hôtellerie et la restauration Outre-Atlantique.

Outre un recul de 19,9% pour l'Indonésie, de 16,3% pour la Croatie (peut-être en raison de la concurrence du Monténégro et de l'Albanie), de 14,4% pour la Turquie, de 9% pour le Portugal, le SETO constate aussi un recul de la Tanzanie, du Sri Lanka et de Cuba dont les chiffres sont catastrophiques.

Et si le Canada n'affiche pas de baisse, "c'est plat", a insisté Patrice Caradec. "Cette destination a besoin de se réinventer et de raconter une autre histoire. De montrer, par exemple, que Montréal est une ville jeune et dynamique et qu'il existe d'autres provinces canadiennes intéressantes à découvrir".

A noter enfin que les destinations asiatiques sont celles qui ont le plus souffert du conflit au Moyen-Orient. Pour des raisons d'accessibilité des hubs du Moyen-Orient ce printemps. "Il était toujours possible de s’y rendre mais pas au même prix".

A ce jour, l'Asie continue de souffrir. C'est d'ailleurs, d'une manière générale, le cas des destinations long-courriers, la hausse du kérosène entraînant un surcoût chiffré à environ 120€ sur chaque billet d'avion.

Vers une reprise cet hiver ?

Tout de même, selon le SETO, pour l'hiver prochain, les premières réservations sont "encourageantes quant à une reprise des ventes ". Par "hiver", le SETO entend les départs prévus entre le 1er novembre 2026 et le 30 avril 2027 inclus.

"Le volume d'affaires déjà réservé s'établit à 350 millions d'euros, en hausse de 3,6%, représentant 20% du final de l'hiver 2025-26", a souligné Patrice Caradec. La recette unitaire s'établit à 3 061€, en hausse de +6,7%.

Dans ces premières prévisions, "la France est à l'honneur, en tête du classement, avec une croissance de +18,7%", dans le Top 5 du SETO en nombre de clients, pour les voyages à forfait.

Côté long-courrier, la République dominicaine, le Sénégal et Maurice portent la croissance. En revanche, la Thaïlande continue à souffrir tandis que l'Egypte qui s'enorgueillissait, ces jours derniers de ses bons chiffres, engrange, selon le TOP 5 du SETO, une baisse de -6,8%.

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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