La Direction générale des entreprises (DGE) a été saisie du sujet des mandataires - Depositphotos @mast3r
Laurent Menanteau est un passionné du voyage, mais aussi un professionnel pugnace.
Deux ans aprÚs le lancement de l'association de défense des mandataires, le Bordelais poursuit son combat pour faire changer les statuts et surtout éloigner la distribution touristique d'une ubérisation programmée.
"C'est un bon moyen de remettre l'ascenseur social en marche, dans notre secteur.
Alors que créer sa propre agence de voyages dans son coin est compliqué et nécessite d'importants moyens financiers, ce type de contrat a bien des atouts," explique le gérant.
Pour faire bouger les choses, Laurent Menanteau remue depuis quelques années ciel et terre.
Il n'appelle pas Ă tout rĂ©volutionner : "le contrat de mandat est un bon contrat", ni mĂȘme faire table rase du passĂ©, mais rendre plus attractif ce statut particulier.
AprÚs avoir frappé à plusieurs reprises aux portes des différents ministÚres en charge du Tourisme, la Direction générale des entreprises (DGE) l'a convié dans ses bureaux pour faire le point.
Deux ans aprÚs le lancement de l'association de défense des mandataires, le Bordelais poursuit son combat pour faire changer les statuts et surtout éloigner la distribution touristique d'une ubérisation programmée.
"C'est un bon moyen de remettre l'ascenseur social en marche, dans notre secteur.
Alors que créer sa propre agence de voyages dans son coin est compliqué et nécessite d'importants moyens financiers, ce type de contrat a bien des atouts," explique le gérant.
Pour faire bouger les choses, Laurent Menanteau remue depuis quelques années ciel et terre.
Il n'appelle pas Ă tout rĂ©volutionner : "le contrat de mandat est un bon contrat", ni mĂȘme faire table rase du passĂ©, mais rendre plus attractif ce statut particulier.
AprÚs avoir frappé à plusieurs reprises aux portes des différents ministÚres en charge du Tourisme, la Direction générale des entreprises (DGE) l'a convié dans ses bureaux pour faire le point.
Mandataires : "Il n'est pas possible de laisser des TPE sans argent"
Cela a Ă©tĂ© une surprise pour moi d'ĂȘtre contactĂ© par ce service de l'Etat, afin que je prĂ©sente ce dossier," nous explique le mandataire dont l'entreprise est basĂ©e Ă Bordeaux.
Durant cette longue réunion, Laurent Menanteau a expliqué les problématiques du secteur.
Il en est ressorti satisfait aprÚs plus d'une bonne heure de discussion et d'échanges constructifs sur une problématique parfois complexe.
Si dans certains rĂ©seaux, comme TUI, le statut a Ă©voluĂ©, chez d'autres, les patrons ne veulent mĂȘme pas entendre parler d'un dĂ©calage de virgule dans le contrat.
AprÚs avoir expliqué les tenants et les aboutissants, la réunion s'est conclue sur l'idée de créer un espace de communication réunissant toutes les parties prenantes.
"La personne de la DGE a proposé de créer une table ronde réunissant des mandants et des mandataires.
Nous en revenons Ă ce que je voulais faire : construire l'avenir ensemble," estime le Bordelais.
Pour l'heure aucune date n'a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e. Cet espace d'Ă©change doit permettre d'alimenter les rĂ©flexions pour la rĂ©daction d'une note de recommandation qui sera adressĂ©e Ă la ministre en charge du Tourisme.]b
Des noms ont déjà été couchés sur le papier, afin de solliciter une entrevue et faire avancer le dossier.
Mandataire : une note de recommandation à l'étude
Rappelons que la DGE propose aux diffĂ©rents ministĂšres la mise en Ćuvre des politiques du Gouvernement pour dĂ©velopper le tissu industriel.
"L'enjeu est de réfléchir ensemble, afin de faire émerger des points importants pour l'élaboration de la note. La DGE veut comprendre les contraintes des uns et des autres, pour avancer" poursuit l'agent de voyages.
Ce dernier a attiré l'attention sur 3 points qui doivent selon lui évoluer.
Tout d'abord, pour Laurent Menanteau, la rĂ©duction du risque des mandataires doit ĂȘtre Ă©rigĂ©e au sommet des prioritĂ©s de la refonte des statuts.
"Notre risque est accru, puisque nous dĂ©pendons Ă 100% du mĂȘme fournisseur. De plus, nous ne touchons l'argent qu'au dĂ©part des voyageurs. Il n'est pas possible de laisser des TPE sans argent.
J'aimerais arrĂȘter de devoir expliquer Ă mon banquier que l'argent va rentrer, mais plutĂŽt de faire mon boulot."
En cas de difficulté d'un mandant, les agences se retrouvent avec les caisses vides et l'effet domino pourrait provoquer une réaction en chaine dans l'industrie.
Malgré tout, des réseaux ont lùché du lest, comme le Club Med ou TUI, distribuant une partie des commissions à la réservation.
Ce n'est pas tout : la dĂ©pendance stratĂ©gique serait aussi Ă revoir. "Nous n'avons pas notre mot Ă dire, mĂȘme si les dĂ©cisions unilatĂ©rales impactent le business plan des mandataires," explique Laurent Menanteau.
Pour remĂ©dier Ă cela, l'organisation d'un rendez-vous annuel, rĂ©unissant les deux bords de la distribution, pourrait ĂȘtre instituĂ©e, afin que chacun Ă©change et donne son point de vue sur sa vision de l'entreprise.
"L'enjeu est de réfléchir ensemble, afin de faire émerger des points importants pour l'élaboration de la note. La DGE veut comprendre les contraintes des uns et des autres, pour avancer" poursuit l'agent de voyages.
Ce dernier a attiré l'attention sur 3 points qui doivent selon lui évoluer.
Tout d'abord, pour Laurent Menanteau, la rĂ©duction du risque des mandataires doit ĂȘtre Ă©rigĂ©e au sommet des prioritĂ©s de la refonte des statuts.
"Notre risque est accru, puisque nous dĂ©pendons Ă 100% du mĂȘme fournisseur. De plus, nous ne touchons l'argent qu'au dĂ©part des voyageurs. Il n'est pas possible de laisser des TPE sans argent.
J'aimerais arrĂȘter de devoir expliquer Ă mon banquier que l'argent va rentrer, mais plutĂŽt de faire mon boulot."
En cas de difficulté d'un mandant, les agences se retrouvent avec les caisses vides et l'effet domino pourrait provoquer une réaction en chaine dans l'industrie.
Malgré tout, des réseaux ont lùché du lest, comme le Club Med ou TUI, distribuant une partie des commissions à la réservation.
Ce n'est pas tout : la dĂ©pendance stratĂ©gique serait aussi Ă revoir. "Nous n'avons pas notre mot Ă dire, mĂȘme si les dĂ©cisions unilatĂ©rales impactent le business plan des mandataires," explique Laurent Menanteau.
Pour remĂ©dier Ă cela, l'organisation d'un rendez-vous annuel, rĂ©unissant les deux bords de la distribution, pourrait ĂȘtre instituĂ©e, afin que chacun Ă©change et donne son point de vue sur sa vision de l'entreprise.
Madantaire : plus de liberté vis-à -vis des mandants
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Il pourrait ĂȘtre aussi judicieux, toujours selon lui, de laisser une "rĂ©elle" carte blanche aux professionnels sur une petite partie du chiffre d'affaires.
Ainsi, les agents pourraient rĂ©aliser 15 ou 20% en dehors des produits maisons, pour ĂȘtre moins dĂ©pendants d'un seul fournisseur, et ce d'autant que l'exclusivitĂ© ne serait pas Ă©gale.
"Dans tous les contrats, il existe une part de chiffre d'affaires libre, sauf que dans les faits, nous devons toujours demander l'autorisation au mandant... qui refuse bien souvent."
Une exclusivitĂ© de fait devrait ĂȘtre monnayĂ©e par les mandataires. Cette part de libertĂ© doit permettre Ă l'agent de pouvoir proposer les voyages qu'il souhaite aux clients mais aussi de rĂ©duire son risque.
Ces observations ont bien été écoutées et notifiées par la responsable de la DGE.
Il reste maintenant reste à savoir si l'administration réunira tous les acteurs, malgré sa promesse.
Il faut aussi que toutes les parties prenantes soient intéressées par un encadrement et une réécriture du contrat de mandataire.
Tous les rĂ©seaux ne voient pas d'un bon Ćil cette initiative.
"Il faut dépoussiérer le contrat et les relations, nous devons tous travailler ensemble, non pas l'un contre l'autre. Aucun ministÚre ne m'a dit que cette cause n'était pas juste. Il faut faire quelque chose," conclut Laurent Menanteau.
Dorénavant la DGE a toutes les cartes en main pour permettre la démocratisation de l'activité d'agent de travail, et rééquilibrer la relation entre les deux parties.
Ainsi, les agents pourraient rĂ©aliser 15 ou 20% en dehors des produits maisons, pour ĂȘtre moins dĂ©pendants d'un seul fournisseur, et ce d'autant que l'exclusivitĂ© ne serait pas Ă©gale.
"Dans tous les contrats, il existe une part de chiffre d'affaires libre, sauf que dans les faits, nous devons toujours demander l'autorisation au mandant... qui refuse bien souvent."
Une exclusivitĂ© de fait devrait ĂȘtre monnayĂ©e par les mandataires. Cette part de libertĂ© doit permettre Ă l'agent de pouvoir proposer les voyages qu'il souhaite aux clients mais aussi de rĂ©duire son risque.
Ces observations ont bien été écoutées et notifiées par la responsable de la DGE.
Il reste maintenant reste à savoir si l'administration réunira tous les acteurs, malgré sa promesse.
Il faut aussi que toutes les parties prenantes soient intéressées par un encadrement et une réécriture du contrat de mandataire.
Tous les rĂ©seaux ne voient pas d'un bon Ćil cette initiative.
"Il faut dépoussiérer le contrat et les relations, nous devons tous travailler ensemble, non pas l'un contre l'autre. Aucun ministÚre ne m'a dit que cette cause n'était pas juste. Il faut faire quelque chose," conclut Laurent Menanteau.
Dorénavant la DGE a toutes les cartes en main pour permettre la démocratisation de l'activité d'agent de travail, et rééquilibrer la relation entre les deux parties.






Publié par Romain Pommier
















