TourMaG.com, 1e TourMaG.com, 1e

logo La Travel Tech  




Mindtrip : les folles ambitions du futur super-agent de voyages dopé à l'IA ?

Interview d’Andy Moss, le fondateur de Mindtrip


En l’espace de quelques mois, Mindtrip est devenu bien plus qu’un gadget dopé à l’IA pour le tourisme. La plateforme de planification de voyages semble s’imposer aux États-Unis et pourrait devenir un élément perturbateur de l’industrie, comme ont pu l’être TripAdvisor, Instagram ou Booking. Après avoir conquis l’Amérique, Mindtrip débarque en Europe. Andy Moss, son fondateur, est venu à Paris, lors de l’événement Next Tourisme, pour prêcher la bonne parole. Rencontre avec le dirigeant de la start-up qui fait frissonner le secteur.


Rédigé par le Mardi 9 Juin 2026 à 07:26

Mindtrip : "Nous sommes comme un agent de voyages d’il y a 20 ans" explique Andy Moss - Crédit photo : Visuel réalisé à l'aide de l'IA
Mindtrip : "Nous sommes comme un agent de voyages d’il y a 20 ans" explique Andy Moss - Crédit photo : Visuel réalisé à l'aide de l'IA
Avec l'avènement de l'IA, le mythe des start-up créées par un codeur fou, seul dans son garage est terminé.

OpenAI est née à la suite d’une discussion lors d’une soirée organisée par Sam Altman, alors patron d’un incubateur de start-up, avec Greg Brockman, ancien directeur technique de Stripe, et Elon Musk. Autant dire que nous sommes loin du geek vivant chez ses parents.

L’histoire de Mindtrip n’est pas très éloignée de cela.

Ils ne sont pas un, mais 12 fondateurs, qui ont en commun d’avoir travaillé au développement du logiciel Ariba, une solution cloud de gestion des achats et des fournisseurs, avant son rachat par SAP, le géant allemand des logiciels d’entreprise.

"Nous sommes une équipe d’ingénieurs qui a déjà travaillé ensemble sur différents projets de start-up. Nous avons construit et vendu de nombreuses entreprises.

Nous voulions lancer un projet dans l’IA et nous avons cherché le meilleur secteur d’application possible. Nous pensons que le voyage, en raison de la grande fragmentation de l’offre, était le terrain le plus propice à notre idée
", nous confie Andy Moss, le co-créateur de l’entreprise.

Mindtrip : "Nous sommes comme un agent de voyages d’il y a 20 ans"

Et si l’on regarde le CV de chacun des co-créateurs de la start-up, le moins que l’on puisse dire, c’est que leur parcours est plutôt solide.

Ils baignent tous dans l’univers de la technologie, en ayant travaillé pour Google, Apple, Stripe, ShopStyle... Andy Moss, de son côté, a fondé Roadster, une plateforme de vente de véhicules neufs et d’occasion, revendue en 2021 pour 360 millions de dollars.

Cette fois-ci l’enjeu est simple : concurrencer Google et ses applications dédiées au voyage.

"Le problème de Google, c’est que vous allez d’un site ou d’une application à l’autre, de Google Flights à Hotels, puis à Maps, etc.

Nous avons créé un assistant qui concentre toutes les informations au même endroit. Nous sommes comme un agent de voyages d’il y a 20 ans, c’est un peu la promesse que nous nous sommes faite au lancement, en 2023.

Et c’est exactement là où nous en sommes.

Les modèles de grands langages que nous utilisons sont très performants. Ils comprennent beaucoup de choses sur vous en tant que client, ce qui nous permet de construire une expérience personnalisée.

Enfin, surtout, nous sommes en train de construire l’agent de voyages toujours disponible et qui tient dans votre poche,
" nous confie le cofondateur.

b[Concrètement, pour les néophytes, Mindtrip fonctionne un peu comme ChatGPT. En somme, vous écrivez une requête sur un voyage que vous souhaiteriez faire prochainement et l’agent conversationnel construit instantanément un itinéraire complexe.]i

Là n’est pas la seule révolution, même si l’expérience est fluide et le rendu complet.

La start-up a immédiatement compris deux choses.

"Il y aura toujours besoin des agents de voyages pour planifier des voyages"

Premièrement, pour disposer d’une donnée fine et construire des séjours précis, elle n'y arrivera pas toute seule. Elle s'est tournée vers les acteurs du territoire.

Et deuxièmement, pour devenir un réflexe et aller titiller les géants du voyage, il faut intégrer la réservation à son outil.


Elle a donc noué des partenariats avec Booking, Expedia, TripAdvisor, Viator, PayPal, mais aussi Sabre, lui permettant de proposer des vols, des hébergements et des activités.

Et Mindtrip semble avoir trouvé son public.

"Nous avons environ 1,6 million de visiteurs sur notre site web chaque mois.

Nous avons 40 employés, principalement dédiés à la création du produit et à l’ingénierie. Nous avons créé un produit incroyable. L’IA va permettre aux voyageurs d’avoir un conseiller disponible en permanence, en mesure de trouver les meilleurs prix, de gérer les annulations ou de rebooker un vol annulé.

Ainsi, ce ne sera plus seulement de l’inspiration, mais l’agent sera en mesure de faire des choses concrètes. D’ailleurs, nous avons créé Mindtrip Flights dans ce sens. Il réfléchit à toutes les combinaisons possibles, comme partir tel ou tel jour, depuis tel aéroport plutôt qu’un autre, etc.

Nous pouvons faire le travail de Google Flights, sans avoir à lancer 10 ou 20 recherches, et obtenir des recommandations adaptées à ce que vous voulez, grâce à Sabre et PayPal
", poursuit-il.

Ainsi, Mindtrip peut non seulement remplacer le travail des comparateurs de vols et des plateformes hôtelières, mais elle est aussi en mesure de devenir l’agence de voyages ultime.

D’ailleurs, la start-up vise-t-elle à remplacer les agents de voyages et les sites des offices de tourisme ? Sur ce point, Andy Moss a été catégorique.

"Il y aura toujours besoin des agents de voyages pour planifier des voyages. Nous serons plutôt un copilote pour eux. Nous allons plutôt devenir un outil pour eux, plutôt que les remplacer.

Nous n’avons pas encore développé de solutions pour les agents de voyages, mais nous en discutons
", prédit Andy Moss.

Mindtrip : "Nous sommes en train de recruter une équipe pour l’Europe"

Et comme émerger sur le web en 2026 est un véritable parcours du combattant, la start-up a pris le parti de s’adosser à ceux qui ont de l’audience, à savoir les offices de tourisme.

"Google va avoir sa solution, mais comme les entreprises vont avoir besoin d’être autant présentes sur Google que sur ChatGPT ou d’autres acteurs de l’IA, elles devront avoir recours à une solution agnostique.

De plus, elles auront besoin d’une solution qui fonctionne avec leur propre audience et leur site. Pour exister face à des acteurs comme Booking ou Airbnb, sans avoir leurs moyens marketing, nous fournissons l’IA et notre solution en marque blanche à nos partenaires.


Nous devons donc travailler pour avoir le meilleur produit possible et l’attention qui va avec, donc nous nous appuyons sur les destinations pour cela
", nous dévoile le cofondateur de l’entreprise.

D’ores et déjà, une centaine d’offices de tourisme, d’États américains, de destinations et de villes sur l’ensemble du continent américain ont signé avec la start-up.

La semaine passée, deux organismes européens ont ratifié les premiers partenariats de l’autre côté de l’Atlantique.

Présent lors de l’événement Next Tourisme à Paris, le serial entrepreneur est venu prêcher la bonne parole. L’enjeu est maintenant de conquérir le Vieux Continent.

A lire : IA : Mindtrip débarque en Europe pour révolutionner l’organisation des voyages

"Nous avons fait le travail nécessaire pour installer un centre de données en Europe, donc nous sommes prêts du point de vue du RGPD et de la conformité.

Nous sommes en train de recruter une équipe pour l’Europe. Ce sera une combinaison de personnes dans différents pays.

Je ne sais pas encore s’il y aura quelque chose spécifiquement en France. Nous travaillons avec Mikael Quilfen pour comprendre le marché, (l’ancien directeur marketing de Siblu ndlr).

Une chose est sûre, nous sommes prêts à travailler avec les acteurs touristiques européens et français, car l’Europe est un immense marché et une immense opportunité pour le secteur du voyage.

Après, il est définitivement plus difficile pour nous de travailler en Europe, car il faut bien comprendre toutes les lois sur la protection des données.

Actuellement, il existe une tension entre l’exploitation des données et le respect de la vie privée. Je pense qu’il sera intéressant de voir comment cela évolue dans le temps, car pour que l’IA soit vraiment bénéfique, il faut partager beaucoup de données
", nous explique le dirigeant.

Mindtrip : "La réservation intégrée à Mindtrip est une priorité"

En attendant de poser ses bureaux en Europe, la start-up s’est développée vite et fort, grâce à deux levées de fonds à hauteur de 19 millions de dollars. Pour l’heure, une nouvelle opération n’est pas à l’étude, d’autant que les actionnaires sont solides, avec Amex, Capital One ou encore United Airlines.

Pour ne pas dépendre seulement de cette manne, le business model repose sur deux axes : les voyageurs qui utilisent la plateforme et, de l’autre, les destinations.

A lire : Google à la mode IA : quelle vie sans clic ni audience ?

De plus, elle se tourne aussi vers des médias et des compagnies aériennes qui auraient envie d’avoir un outil pour planifier des voyages dans leur propre écosystème.

Il existe malgré tout des freins au développement de Mindtrip, notamment sur la réservation sans sortir de son interface. Comme l’explique Nicolas François dans un billet, certains établissements possèdent un bouton “Book on Mindtrip”, mais pas tous, et encore moins toutes les activités d’un itinéraire.

Pour devenir incontournable, il sera indispensable de régler cela.

"La réservation intégrée à Mindtrip est une priorité.

Nous avons annoncé, avec Sabre et Priceline, pour les vols et les hôtels, une composante de réservation intégrée. Vous pouvez donc aller de la conversation à la recherche de vols, puis au paiement et à l’achat, le tout dans une seule expérience agentique.

Nous allons l’étendre à d’autres catégories au cours de l’année à venir.

Généralement, dans le voyage, vous ne réservez pas tout au même moment.

Vous pouvez réserver votre vol et un hôtel, puis attendre six semaines avant de réserver vos restaurants ou vos activités. Cela doit donc être flexible. Ce n’est pas comme un voyage à forfait.

L’IA doit comprendre les avantages disponibles en réservant via un canal particulier, connaître vos programmes de fidélité afin d’arriver à la meilleure recommandation pour vous, puis réserver,
" nous confie Andy Moss.

Pour parvenir à l’assistant de voyage ultime, Mindtrip veut pousser la personnalisation, en se connectant à votre agenda personnel, mais aussi en développant la voix, afin de pouvoir faire des requêtes en discutant avec lui.

Ce n’est pas tout, car la start-up souhaite développer toujours plus d’agents, comme Mindtrip Stays, qui couvrira les hôtels et les locations de courte durée, en intégrant les programmes de fidélité, mais aussi une solution pour la location de voiture.


Lu 369 fois

Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus




































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias