Depuis le 28 février 2026 et l'éclatement du conflit en Iran, l'offre disponible pour les voyageurs français à destination de l'Australie est chamboulée - DepositPhotos.com, lewistse
Le 28 février 2026 restera dans les annales aériennes. Les frappes en Iran et la fermeture consécutive des espaces aériens iraniens, irakiens et d'une large partie du Golfe Persique ont paralysé les trois poumons régionaux du transport long-courrier : Dubaï, Doha et Abou Dhabi.
Pour la destination Australie, l'onde de choc s'est traduite par une décision majeure de Qantas. Le 27 mars 2026, la compagnie a reconfiguré son service Paris-Perth : le vol est désormais opéré via une escale à Singapour, configuration qui permet d'augmenter sa capacité d'environ 60 passagers par vol.
« La suspension est présentée comme permettant d'augmenter la capacité », analyse Eric Didier, ancien directeur de Qatar Airways France. « Argument techniquement exact, mais communication sur une décision contrainte. »
La reconfiguration est annoncée jusqu'en octobre 2026.
Côté tour-opérateur, l'adaptation se fait dans la continuité. « La compagnie a remplacé le vol direct par un itinéraire Paris-Singapour-Sydney que nous utilisons aujourd'hui en reprotection », explique Bruce Parlier, en charge des achats et du partenariat aérien chez Asia Voyages.
« Être partenaire, c'est savoir être présent dans les bons moments, mais aussi dans les périodes plus complexes. Qantas met tout en oeuvre pour nous accompagner, et nous avons adapté certains programmes afin de maintenir la meilleure qualité d'expérience possible pour nos clients. »
Pour la destination Australie, l'onde de choc s'est traduite par une décision majeure de Qantas. Le 27 mars 2026, la compagnie a reconfiguré son service Paris-Perth : le vol est désormais opéré via une escale à Singapour, configuration qui permet d'augmenter sa capacité d'environ 60 passagers par vol.
« La suspension est présentée comme permettant d'augmenter la capacité », analyse Eric Didier, ancien directeur de Qatar Airways France. « Argument techniquement exact, mais communication sur une décision contrainte. »
La reconfiguration est annoncée jusqu'en octobre 2026.
Côté tour-opérateur, l'adaptation se fait dans la continuité. « La compagnie a remplacé le vol direct par un itinéraire Paris-Singapour-Sydney que nous utilisons aujourd'hui en reprotection », explique Bruce Parlier, en charge des achats et du partenariat aérien chez Asia Voyages.
« Être partenaire, c'est savoir être présent dans les bons moments, mais aussi dans les périodes plus complexes. Qantas met tout en oeuvre pour nous accompagner, et nous avons adapté certains programmes afin de maintenir la meilleure qualité d'expérience possible pour nos clients. »
Le rebattement des hubs et la position de Singapore Airlines
Pour autant, les hubs du Golfe restent des plateformes essentielles. « Dubaï et Doha demeureront des plateformes majeures avec plus de 30% du marché Europe-Australie. Emirates et Qatar Airways conservent des atouts considérables : largeur du réseau européen, profondeur de l'offre vers l'Australie, puissance commerciale », poursuit Eric Didier.
La dépendance excessive à ces deux hubs devient toutefois plus difficile à défendre pour les voyages événementiels et les groupes importants.
Sur cette période, Singapore Airlines apparaît bien positionnée. « SQ apparaît comme le principal bénéficiaire. Elle combine un hub hors zone de conflit, une excellente image de fiabilité, un produit reconnu et un réseau australien très solide », analyse Eric Didier. La contrepartie : « une capacité sous pression depuis mars et des tarifs business en hausse significative. »
La stratégie d'achat Asia Voyages : FIT et séries
Bruce Parlier (Asia Voyages) : "La Coupe du monde représente une formidable opportunité de communication pour le pays, mais beaucoup moins pour les tour-opérateurs" - Photo : Bruce Parlier
Côté achat tour-opérateur, Bruce Parlier expose une stratégie construite autour de deux logiques distinctes. « La stratégie d'achat diffère selon qu'il s'agisse du FIT (voyageurs individuels) ou des séries. Concernant les séries, nous nous appuyons sur notre partenariat historique avec Qantas et sa formidable équipe française, avec laquelle nous partageons des allotements aériens. »
Sur le FIT, le panorama s'élargit. « Asia Voyages travaille également avec Qantas, mais aussi avec de nombreux partenaires du Golfe et asiatiques.
L'Australie représentant un long périple, nous cherchons à proposer des stopovers entre les vols, permettant à nos clients de découvrir deux destinations au cours d'un même voyage. »
Le critère opérationnel décisif tient à un point souvent sous-estimé en France : « L'Australie étant un territoire très vaste, il est essentiel de pouvoir bénéficier d'accords sur les vols domestiques. Nous avons développé des partenariats avec Emirates, Cathay Pacific, Qatar Airways, Singapore Airlines et plus récemment Malaysia Airlines. »
Bruce Parlier observe également l'émergence de nouveaux partenariats structurants : Qatar Airways avec Virgin Australia, Malaysia Airlines aux côtés de Qantas via oneworld, et une montée en puissance des compagnies chinoises et de Turkish Airlines. « Nous ne pouvons toutefois pas encore exploiter pleinement ces opportunités, faute d'accords suffisants sur les vols domestiques. »
Néanmoins, malgré le contexte, la connectivité Europe-Australie « évolue dans le bon sens et continue de s'améliorer ».
Côté marché, Tourism Australia France maintient une posture proactive. « Nous allons surtout investir sur les campagnes de conversion avec les compagnies aériennes et les comparateurs comme Kayak et Skyscanner », précise Lucie Bottero, Country Manager Tourism Australia France.
Sur le terrain, des formations agents continuent d'être organisées en partenariat avec les transporteurs, notamment Qantas et Qatar Airways.
Sur le FIT, le panorama s'élargit. « Asia Voyages travaille également avec Qantas, mais aussi avec de nombreux partenaires du Golfe et asiatiques.
L'Australie représentant un long périple, nous cherchons à proposer des stopovers entre les vols, permettant à nos clients de découvrir deux destinations au cours d'un même voyage. »
Le critère opérationnel décisif tient à un point souvent sous-estimé en France : « L'Australie étant un territoire très vaste, il est essentiel de pouvoir bénéficier d'accords sur les vols domestiques. Nous avons développé des partenariats avec Emirates, Cathay Pacific, Qatar Airways, Singapore Airlines et plus récemment Malaysia Airlines. »
Bruce Parlier observe également l'émergence de nouveaux partenariats structurants : Qatar Airways avec Virgin Australia, Malaysia Airlines aux côtés de Qantas via oneworld, et une montée en puissance des compagnies chinoises et de Turkish Airlines. « Nous ne pouvons toutefois pas encore exploiter pleinement ces opportunités, faute d'accords suffisants sur les vols domestiques. »
Néanmoins, malgré le contexte, la connectivité Europe-Australie « évolue dans le bon sens et continue de s'améliorer ».
Côté marché, Tourism Australia France maintient une posture proactive. « Nous allons surtout investir sur les campagnes de conversion avec les compagnies aériennes et les comparateurs comme Kayak et Skyscanner », précise Lucie Bottero, Country Manager Tourism Australia France.
Sur le terrain, des formations agents continuent d'être organisées en partenariat avec les transporteurs, notamment Qantas et Qatar Airways.
Coupe du monde de rugby 2027 : une forte tension sur les prix
Sur le moyen terme, le Projet Sunrise de Qantas redessine progressivement le tableau, malgré un calendrier qui s'allonge.
Annoncée le 25 mai 2026, la livraison du premier Airbus A350-1000ULR a été repoussée à avril 2027, en raison de difficultés persistantes dans la chaîne d'approvisionnement.
Les vols commerciaux sans escale Sydney-Londres et Sydney-New York, un temps espérés pour le premier semestre 2027, ne devraient pas démarrer avant la seconde moitié de l'année, Qantas ayant besoin de trois appareils livrés pour opérer une rotation quotidienne.
Premier signal concret le 2 juin 2026: le MSN 707, premier A350-1000ULR destiné à Qantas, a réalisé son vol inaugural depuis Toulouse, ouvrant une campagne d'essais de deux mois avant son retrofit aux spécifications commerciales de la compagnie. Le deuxième appareil, désormais en phase finale d'assemblage, sera le premier livré à Qantas en avril 2027.
« Paris n'est pas dans le scope direct », précise Eric Didier, « mais le gain de quatre heures sur Sydney-Londres reconstruit un corridor CDG-LHR-SYD compétitif. »
Quant à la Coupe du monde de rugby 2027, Bruce Parlier tempère l'enthousiasme général. « La Coupe du monde représente une formidable opportunité de communication pour le pays, mais beaucoup moins pour les tour-opérateurs.
Nous observons déjà des périodes de blackout et de fortes difficultés pour trouver du stock, aussi bien sur l'aérien que sur l'hôtellerie. Cela entraîne une forte tension sur les prix. Néanmoins, cet événement constituera un formidable tremplin pour les années suivantes. »
Annoncée le 25 mai 2026, la livraison du premier Airbus A350-1000ULR a été repoussée à avril 2027, en raison de difficultés persistantes dans la chaîne d'approvisionnement.
Les vols commerciaux sans escale Sydney-Londres et Sydney-New York, un temps espérés pour le premier semestre 2027, ne devraient pas démarrer avant la seconde moitié de l'année, Qantas ayant besoin de trois appareils livrés pour opérer une rotation quotidienne.
Premier signal concret le 2 juin 2026: le MSN 707, premier A350-1000ULR destiné à Qantas, a réalisé son vol inaugural depuis Toulouse, ouvrant une campagne d'essais de deux mois avant son retrofit aux spécifications commerciales de la compagnie. Le deuxième appareil, désormais en phase finale d'assemblage, sera le premier livré à Qantas en avril 2027.
« Paris n'est pas dans le scope direct », précise Eric Didier, « mais le gain de quatre heures sur Sydney-Londres reconstruit un corridor CDG-LHR-SYD compétitif. »
Quant à la Coupe du monde de rugby 2027, Bruce Parlier tempère l'enthousiasme général. « La Coupe du monde représente une formidable opportunité de communication pour le pays, mais beaucoup moins pour les tour-opérateurs.
Nous observons déjà des périodes de blackout et de fortes difficultés pour trouver du stock, aussi bien sur l'aérien que sur l'hôtellerie. Cela entraîne une forte tension sur les prix. Néanmoins, cet événement constituera un formidable tremplin pour les années suivantes. »
Trois conseils opérationnels se dégagent pour les agences françaises :
- anticiper au maximum : « L'anticipation reste la clé pour obtenir les meilleures offres tarifaires, mais aussi pour bénéficier des routings les plus adaptés » ;
- s'appuyer sur un partenaire tour-opérateur expert capable d'accompagner la construction d'itinéraires différenciants ;
- participer aux workshops organisés par les tour-opérateurs et Tourism Australia, « pour rencontrer les partenaires, découvrir les nouveautés produit et renforcer sa connaissance terrain ».
- anticiper au maximum : « L'anticipation reste la clé pour obtenir les meilleures offres tarifaires, mais aussi pour bénéficier des routings les plus adaptés » ;
- s'appuyer sur un partenaire tour-opérateur expert capable d'accompagner la construction d'itinéraires différenciants ;
- participer aux workshops organisés par les tour-opérateurs et Tourism Australia, « pour rencontrer les partenaires, découvrir les nouveautés produit et renforcer sa connaissance terrain ».
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Eric Didier complète sur la stratégie aérienne : « À horizon de la Coupe du Monde de Rugby (RWC) 2027, sécuriser 60 à 70% du stock auprès des partenaires principaux dès maintenant, tout en conservant 30 à 40% pour les opportunités tarifaires. Et surtout, ne pas négliger les retours du 14 au 16 novembre 2027, souvent plus critiques que les allers sur un événement sportif. »
Le tableau dressé début juin 2026 reste, par nature, évolutif. « La fin du conflit peut rapidement rendre caduque tout ce que je viens de décrire », prévient Eric Didier. « Le rapport qualité-prix des compagnies du Golfe est tellement puissant qu'en cas d'accalmie géopolitique, le vent peut vite retourner dans leur intérêt. »
Une leçon peut toutefois être retenue de cette période singulière : « Nous ne sommes pas face à la fin de l'aviation, mais face à la fin d'une certaine insouciance. »
Aux agences françaises d'en tirer les conséquences opérationnelles dès maintenant.
Le tableau dressé début juin 2026 reste, par nature, évolutif. « La fin du conflit peut rapidement rendre caduque tout ce que je viens de décrire », prévient Eric Didier. « Le rapport qualité-prix des compagnies du Golfe est tellement puissant qu'en cas d'accalmie géopolitique, le vent peut vite retourner dans leur intérêt. »
Une leçon peut toutefois être retenue de cette période singulière : « Nous ne sommes pas face à la fin de l'aviation, mais face à la fin d'une certaine insouciance. »
Aux agences françaises d'en tirer les conséquences opérationnelles dès maintenant.
Sébastien Cros
Sébastien Cros est journaliste indépendant et photographe basé en Australie, fondateur de WeTravelAustralia™.
Après vingt-cinq ans dans l'industrie touristique australienne, notamment comme Managing Director d'Across Australia (groupe Goway), il consacre désormais son écriture à des récits éditoriaux dédiés à la destination, à la croisée du storytelling, de la photographie et du regard de terrain.
Après vingt-cinq ans dans l'industrie touristique australienne, notamment comme Managing Director d'Across Australia (groupe Goway), il consacre désormais son écriture à des récits éditoriaux dédiés à la destination, à la croisée du storytelling, de la photographie et du regard de terrain.







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