Situation économique
L'euro contre dollar se situe autour de 1,1440, en légère hausse sur la semaine, après avoir atteint son meilleur niveau depuis le 19 juin - Depositphotos.com, LeleMezzadri
En juin, les prix ont reculé aux États-Unis de 0,4% sur le mois, du jamais vu depuis avril 2020. Le marché a immédiatement pensé que la Fed n'augmenterait plus ses taux, et le dollar a terminé la semaine en baisse.
Mais il y a un problème : ce week-end, les tensions entre les États-Unis et l'Iran se sont aggravées, et le prix du pétrole (le Brent) est remonté au-dessus de 90 dollars, son plus haut niveau depuis mi-juin. Autrement dit, la photo prise en juin est déjà dépassée.
Ce chiffre d'inflation, publié le 14 juillet, a surpris tout le monde. L'inflation annuelle est passée de 4,2% à 3,5%, bien en dessous des 3,8% attendus. La cause principale est claire : l'énergie a chuté de 5,7% sur le mois, et l'essence de 9,7%.
Résultat, les taux d'intérêt obligataires ont fortement baissé et le dollar a atteint son plus bas niveau du mois.
Pourquoi cette baisse ? Ce chiffre reflète le mois de juin, une période plus calme grâce à un accord de cessez-le-feu signé le 17 juin entre Washington et Téhéran. Le détroit d'Ormuz avait rouvert, le pétrole avait baissé, et l'essence aussi.
Mais cette accalmie est terminée. La semaine dernière, les attaques ont repris des deux côtés. Samedi, l'Iran a frappé une importante installation pétrolière au Koweït, puis a annoncé que le cessez-le-feu n'était plus valable.
Le trafic dans le détroit d'Ormuz s'est effondré, et lundi matin le Brent est repassé au-dessus de 90 dollars, soit environ 20% de plus qu'avant le début du conflit.
Faut-il pour autant ignorer cette baisse des prix de juin ? Non, car elle ne s'explique pas uniquement par l'énergie. L'inflation sous-jacente (qui exclut l'énergie et l'alimentation) est restée stable sur le mois, et a ralenti sur un an, passant de 2,9% à 2,6%. Les services hors énergie n'ont pas augmenté, et le logement n'a progressé que de 0,1%. Une partie de cette baisse est donc réelle, et c'est ce qui a rassuré les marchés sur les taux de la Fed.
Le problème, c'est le calendrier. Le prochain chiffre d'inflation, celui de juillet (qui prendra en compte la nouvelle hausse du pétrole), ne sera publié qu'à la mi-août, donc après la réunion de la Fed prévue les 28 et 29 juillet. La banque centrale devra donc décider en se basant sur un chiffre de juin que la situation actuelle du pétrole a déjà rendu obsolète.
Le marché s'attend à ce que la Fed ne change rien à ses taux (entre 3,50% et 3,75%), mais la conférence de presse du président de la Fed, Kevin Warsh, s'annonce compliquée : difficile d'exclure une hausse de taux quand le pétrole grimpe, mais difficile aussi de la mettre en avant juste après une baisse des prix.
En résumé, cette baisse de l'inflation en juin est en partie un effet trompeur lié à la baisse temporaire du pétrole. Tant que la situation autour du détroit d'Ormuz restera tendue, l'inflation restera élevée, et il semble trop tôt pour dire que la Fed ne remontera plus ses taux.
Pour les entreprises concernées, cela veut dire que le taux de change euro/dollar va rester instable, entre recherche de valeurs refuges et anticipations sur les taux.
Dans ce contexte, mieux vaut se couvrir systématiquement contre ces variations plutôt que de parier sur une direction précise.
Mais il y a un problème : ce week-end, les tensions entre les États-Unis et l'Iran se sont aggravées, et le prix du pétrole (le Brent) est remonté au-dessus de 90 dollars, son plus haut niveau depuis mi-juin. Autrement dit, la photo prise en juin est déjà dépassée.
Ce chiffre d'inflation, publié le 14 juillet, a surpris tout le monde. L'inflation annuelle est passée de 4,2% à 3,5%, bien en dessous des 3,8% attendus. La cause principale est claire : l'énergie a chuté de 5,7% sur le mois, et l'essence de 9,7%.
Résultat, les taux d'intérêt obligataires ont fortement baissé et le dollar a atteint son plus bas niveau du mois.
Pourquoi cette baisse ? Ce chiffre reflète le mois de juin, une période plus calme grâce à un accord de cessez-le-feu signé le 17 juin entre Washington et Téhéran. Le détroit d'Ormuz avait rouvert, le pétrole avait baissé, et l'essence aussi.
Mais cette accalmie est terminée. La semaine dernière, les attaques ont repris des deux côtés. Samedi, l'Iran a frappé une importante installation pétrolière au Koweït, puis a annoncé que le cessez-le-feu n'était plus valable.
Le trafic dans le détroit d'Ormuz s'est effondré, et lundi matin le Brent est repassé au-dessus de 90 dollars, soit environ 20% de plus qu'avant le début du conflit.
Faut-il pour autant ignorer cette baisse des prix de juin ? Non, car elle ne s'explique pas uniquement par l'énergie. L'inflation sous-jacente (qui exclut l'énergie et l'alimentation) est restée stable sur le mois, et a ralenti sur un an, passant de 2,9% à 2,6%. Les services hors énergie n'ont pas augmenté, et le logement n'a progressé que de 0,1%. Une partie de cette baisse est donc réelle, et c'est ce qui a rassuré les marchés sur les taux de la Fed.
Le problème, c'est le calendrier. Le prochain chiffre d'inflation, celui de juillet (qui prendra en compte la nouvelle hausse du pétrole), ne sera publié qu'à la mi-août, donc après la réunion de la Fed prévue les 28 et 29 juillet. La banque centrale devra donc décider en se basant sur un chiffre de juin que la situation actuelle du pétrole a déjà rendu obsolète.
Le marché s'attend à ce que la Fed ne change rien à ses taux (entre 3,50% et 3,75%), mais la conférence de presse du président de la Fed, Kevin Warsh, s'annonce compliquée : difficile d'exclure une hausse de taux quand le pétrole grimpe, mais difficile aussi de la mettre en avant juste après une baisse des prix.
En résumé, cette baisse de l'inflation en juin est en partie un effet trompeur lié à la baisse temporaire du pétrole. Tant que la situation autour du détroit d'Ormuz restera tendue, l'inflation restera élevée, et il semble trop tôt pour dire que la Fed ne remontera plus ses taux.
Pour les entreprises concernées, cela veut dire que le taux de change euro/dollar va rester instable, entre recherche de valeurs refuges et anticipations sur les taux.
Dans ce contexte, mieux vaut se couvrir systématiquement contre ces variations plutôt que de parier sur une direction précise.
Taux de change : le point technique
D'un côté, les tensions géopolitiques poussent les investisseurs vers les valeurs refuges. De l'autre, les anticipations sur les taux d'intérêt jouent contre le dollar depuis la publication de l'inflation américaine.
L'euro contre dollar se situe autour de 1,1440, en légère hausse sur la semaine, après avoir atteint son meilleur niveau depuis le 19 juin. Jeudi, la Banque centrale européenne devrait garder son taux à 2,25%, mais ce qui comptera surtout, c'est ce que dira Christine Lagarde en conférence de presse.
Une hausse de taux en septembre est déjà largement attendue par les marchés, et si elle confirme cette idée, cela soutiendrait l'euro.
À l'inverse, si le pétrole continue de grimper fortement, les investisseurs privilégieront de nouveau le dollar comme valeur refuge. On s'attend à ce que la paire euro dollar évolue entre 1,1325 et 1,1555 cette semaine.
Pour le dollar canadien, la Banque du Canada a laissé son taux inchangé mercredi à 2,25%, pour la sixième fois d'affilée, avec un discours prudent. Son gouverneur, Tiff Macklem, a toutefois averti que des hausses de taux redeviendraient possibles si le prix du pétrole restait élevé durablement.
Un détail intéressant : les paris contre le dollar canadien sont au plus haut depuis fin 2024. Or, avec un pétrole au-dessus de 90 dollars, beaucoup de ces investisseurs pourraient être forcés de racheter la devise, ce qui pourrait faire baisser la paire euro contre dollar canadien.
Le yen japonais reste la devise la plus pénalisée dans le contexte actuel. Il se situe à 185,76 contre l'euro et environ 162,35 contre le dollar, proche de ses plus bas historiques. La Banque du Japon a bien relevé son taux à 1,00% en juin, mais l'écart avec les taux des autres grandes banques centrales reste énorme, et personne n'attend de nouvelle hausse avant l'automne. L'inflation japonaise de juin, publiée vendredi, permettra de voir si cette normalisation peut s'accélérer.
Le franc suisse continue de jouer son rôle stabilisateur habituel. L'euro contre le franc reste autour de 0,9230, dans la zone 0,92 à 0,93 où les analystes s'attendent à le voir évoluer dans les mois à venir.
Du côté britannique, l'euro contre livre se situe autour de 0,8502. L'inflation britannique de mercredi, attendue en baisse à 2,7%, sera déterminante pour la décision de la Banque d'Angleterre le 30 juillet, dont le taux est actuellement à 3,75%. Un chiffre d'inflation rassurant confirmerait l'idée que la banque ne bouge pas ses taux, et maintiendrait la paire dans sa fourchette actuelle.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S2 | S1 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1215 | 1,1325 | 1,1555 | 1,1670 |
| EUR/GBP | 0,8330 | 0,8415 | 0,8590 | 0,8675 |
| EUR/CHF | 0,9045 | 0,9140 | 0,9320 | 0,9415 |
| EUR/CAD | 1,5715 | 1,5875 | 1,6195 | 1,6355 |
| EUR/JPY | 182,05 | 183,90 | 187,60 | 189,45 |
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
Les annonces à suivre
Cette semaine sera marquée par deux événements principaux : la réunion de la Banque centrale européenne jeudi, et la publication vendredi des indices PMI flash, qui donnent une première photographie de l'activité économique de juillet, aux États-Unis comme en Europe.
En zone euro, si l'indice PMI des services se rapproche du seuil des 50 points (qui marque la limite entre croissance et contraction de l'activité), cela renforcerait l'idée d'une hausse des taux en septembre. À l'inverse, si l'indice rechute, ce scénario deviendrait moins probable.
L'inflation britannique, publiée mercredi, apportera un élément supplémentaire avant la décision de la Banque d'Angleterre, prévue la semaine suivante.
Enfin, il faut garder à l'esprit un point essentiel : la situation dans le Golfe reste imprévisible. N'importe quelle nuit pourrait apporter un nouvel événement majeur autour du détroit d'Ormuz, capable de rendre toutes ces statistiques secondaires du jour au lendemain.
Lire aussi : Marchés : le conflit au Moyen-Orient renforce le dollar et relance les craintes inflationnistes
En zone euro, si l'indice PMI des services se rapproche du seuil des 50 points (qui marque la limite entre croissance et contraction de l'activité), cela renforcerait l'idée d'une hausse des taux en septembre. À l'inverse, si l'indice rechute, ce scénario deviendrait moins probable.
L'inflation britannique, publiée mercredi, apportera un élément supplémentaire avant la décision de la Banque d'Angleterre, prévue la semaine suivante.
Enfin, il faut garder à l'esprit un point essentiel : la situation dans le Golfe reste imprévisible. N'importe quelle nuit pourrait apporter un nouvel événement majeur autour du détroit d'Ormuz, capable de rendre toutes ces statistiques secondaires du jour au lendemain.
Lire aussi : Marchés : le conflit au Moyen-Orient renforce le dollar et relance les craintes inflationnistes
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
| Lun. 20/07 | 03:15 | 🇨🇳 Chine | Taux préférentiels de prêt (LPR) | Statu quo attendu, soutien ciblé à l'économie |
| Lun. 20/07 | 14:30 | 🇨🇦 Canada | Inflation CPI (juin) | L'effet pétrole sur les prix, après le statu quo de la BoC |
| Mar. 21/07 | 11:00 | 🇩🇪 Allemagne | Indice ZEW (juillet) | Moral des investisseurs face au regain de tension |
| Mer. 22/07 | 08:00 | 🇬🇧 Royaume-Uni | Inflation CPI (juin) | Attendue à 2,7 % après 2,8 % — clé pour la BoE du 30/07 |
| Jeu. 23/07 | 14:15 | 🇪🇺 Zone euro | Décision BCE + conf. Lagarde (14:45) | Statu quo très largement anticipé ; tout se jouera sur septembre |
| Ven. 24/07 | 10:00 | 🇪🇺 Zone euro | PMI flash (juillet) | Services attendus vers 49,8 : premier instantané post-escalade |
| Ven. 24/07 | 15:45 | 🇺🇸 États-Unis | PMI flash (juillet) | Une activité US attendue résiliente (manufacturier ~54,5) |
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Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
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Contact : nicolas@mondialchange.com
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