Situation économique
Taux de change : le dollar vacille, l'euro reprend de la hauteur - Depositphotos.com Auteur LeleMezzadri
Le rapport sur l'emploi américain de juin a déçu : seulement 57 000 postes créés, soit environ deux fois moins que prévu (le consensus tablait sur 110 000 à 170 000, après 172 000 en mai).
Le taux de chômage baisse certes à 4,2%, mais uniquement parce que des personnes quittent le marché du travail, pas parce que les embauches repartent. Résultat immédiat : le dollar a reculé sur toutes les paires et l'euro est remonté au-dessus de 1,14, après avoir touché ses plus bas d'un an.
Ce chiffre tombe mal pour le scénario qui dominait jusqu'ici. Le dollar profitait en effet de la fermeté de la Fed : le 17 juin, Kevin Warsh avait maintenu les taux à 3,50-3,75%, abandonné tout biais accommodant et laissé entendre qu'une hausse était plus probable qu'une baisse en 2026, en s'appuyant justement sur un marché du travail solide. Le rapport de juin vient fragiliser cet argument.
Il faut néanmoins garder la tête froide. Un mois isolé ne fait pas une tendance, ces chiffres sont volatils et souvent révisés (ceux de mai l'ont d'ailleurs été à la hausse). Et il s'agit d'un ralentissement des embauches, pas d'une montée du chômage, ce qui n'est pas la même chose.
Surtout, l'inflation américaine reste élevée (4,2% sur un an en mai, 2,9% pour l'inflation sous-jacente, avec des salaires en hausse d'environ 3,5%), et Warsh se dit guidé par les données. Rien ne garantit donc qu'un seul chiffre décevant suffise à changer sa ligne. Le compte-rendu du FOMC, attendu le 8 juillet, donnera un premier élément de réponse.
Côté européen, attention au raccourci : la BCE n'a pas assoupli sa politique, elle a même relevé son taux de dépôt à 2,25% le 11 juin, une première pour une grande banque centrale du G7 depuis le conflit iranien. Ce qui change, c'est le ton.
L'inflation de la zone euro est retombée à 2,8% en juin (2,4% pour le cœur), en dessous des attentes, et Christine Lagarde a jugé à Sintra que les risques s'étaient atténués. Le marché n'anticipe plus qu'une seule hausse supplémentaire au lieu de deux. La BCE resserre donc toujours, mais avec moins d'appétit.
Au final, le repli du dollar est réel mais fragile, et il tient autant à la faiblesse du billet vert qu'à la vigueur propre de l'euro. La suite dépendra des minutes du FOMC le 8 juillet et de l'inflation américaine du 14. Si le ralentissement de l'emploi se confirme, l'EUR/USD pourrait viser 1,16-1,17 cet été. Si la Fed reste ferme et l'inflation proche de 4%, un retour vers 1,13 est tout aussi plausible.
Le taux de chômage baisse certes à 4,2%, mais uniquement parce que des personnes quittent le marché du travail, pas parce que les embauches repartent. Résultat immédiat : le dollar a reculé sur toutes les paires et l'euro est remonté au-dessus de 1,14, après avoir touché ses plus bas d'un an.
Ce chiffre tombe mal pour le scénario qui dominait jusqu'ici. Le dollar profitait en effet de la fermeté de la Fed : le 17 juin, Kevin Warsh avait maintenu les taux à 3,50-3,75%, abandonné tout biais accommodant et laissé entendre qu'une hausse était plus probable qu'une baisse en 2026, en s'appuyant justement sur un marché du travail solide. Le rapport de juin vient fragiliser cet argument.
Il faut néanmoins garder la tête froide. Un mois isolé ne fait pas une tendance, ces chiffres sont volatils et souvent révisés (ceux de mai l'ont d'ailleurs été à la hausse). Et il s'agit d'un ralentissement des embauches, pas d'une montée du chômage, ce qui n'est pas la même chose.
Surtout, l'inflation américaine reste élevée (4,2% sur un an en mai, 2,9% pour l'inflation sous-jacente, avec des salaires en hausse d'environ 3,5%), et Warsh se dit guidé par les données. Rien ne garantit donc qu'un seul chiffre décevant suffise à changer sa ligne. Le compte-rendu du FOMC, attendu le 8 juillet, donnera un premier élément de réponse.
Côté européen, attention au raccourci : la BCE n'a pas assoupli sa politique, elle a même relevé son taux de dépôt à 2,25% le 11 juin, une première pour une grande banque centrale du G7 depuis le conflit iranien. Ce qui change, c'est le ton.
L'inflation de la zone euro est retombée à 2,8% en juin (2,4% pour le cœur), en dessous des attentes, et Christine Lagarde a jugé à Sintra que les risques s'étaient atténués. Le marché n'anticipe plus qu'une seule hausse supplémentaire au lieu de deux. La BCE resserre donc toujours, mais avec moins d'appétit.
Au final, le repli du dollar est réel mais fragile, et il tient autant à la faiblesse du billet vert qu'à la vigueur propre de l'euro. La suite dépendra des minutes du FOMC le 8 juillet et de l'inflation américaine du 14. Si le ralentissement de l'emploi se confirme, l'EUR/USD pourrait viser 1,16-1,17 cet été. Si la Fed reste ferme et l'inflation proche de 4%, un retour vers 1,13 est tout aussi plausible.
Taux de change : le point technique
Face au franc suisse, la paire évolue sans direction claire autour de 0,92. Le franc reste ferme, fidèle à son rôle de valeur refuge et soutenu par une BNS prudente. Tout regain de nervosité, qu'il vienne de la géopolitique ou de minutes du FOMC plus dures que prévu, jouerait mécaniquement en sa faveur.
Le yen, lui, reste structurellement faible malgré la lente normalisation de la Banque du Japon. Un dollar plus mou lui offre un peu d'air, mais l'EUR/JPY campe près de ses sommets, et aucun retournement n'est en vue tant que l'écart de taux réels restera aussi défavorable à la devise japonaise.
Le dollar canadien suit le pétrole, et le Brent stagne autour de 72 dollars le baril, au plus bas depuis fin février. Sans nouvelle impulsion sur le brut, l'EUR/CAD devrait rester dans sa fourchette, avec un léger biais baissier si le CAD profite d'un dollar américain affaibli.
Quant à la livre, elle tient bon face à un euro fragilisé par sa propre désinflation. La paire EUR/GBP reste basse, dans l'attente d'une Banque d'Angleterre qui n'a pas encore tranché sur la suite de sa politique.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S2 | S1 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1320 | 1,1385 | 1,1520 | 1,1590 |
| EUR/GBP | 0,8510 | 0,8550 | 0,8630 | 0,8670 |
| EUR/CHF | 0,9120 | 0,9160 | 0,9245 | 0,9290 |
| EUR/CAD | 1,6080 | 1,6150 | 1,6285 | 1,6360 |
| EUR/JPY | 183,00 | 183,90 | 185,80 | 186,90 |
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
Les annonces à suivre
La semaine s'annonce plus calme côté grands rendez-vous : ni réunion de la Fed (la prochaine décision tombera les 28-29 juillet), ni réunion de la BCE. L'événement clé sera le compte-rendu du FOMC, publié mercredi 8 juillet.
Le marché y cherchera de quoi mesurer la solidité du virage « hausse possible » de la Fed, à la lumière du choc sur l'emploi. Le compte-rendu de la BCE et les chiffres d'inflation chinoise viendront compléter le tableau, avant le rendez-vous suivant : l'inflation américaine de juin, attendue le 14 juillet.
Le marché y cherchera de quoi mesurer la solidité du virage « hausse possible » de la Fed, à la lumière du choc sur l'emploi. Le compte-rendu de la BCE et les chiffres d'inflation chinoise viendront compléter le tableau, avant le rendez-vous suivant : l'inflation américaine de juin, attendue le 14 juillet.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
| Lun. 06/07 | 16:00 | 🇺🇸 États-Unis | ISM services (juin) | Vigueur du secteur dominant de l'économie US |
| Mar. 07/07 | 08:00 | 🇩🇪 Allemagne | Production industrielle (mai) | Santé de l'industrie allemande |
| Mer. 08/07 | 08:00 | 🇩🇪 Allemagne | Balance commerciale (mai) | Exportations sous un euro plus faible |
| Mer. 08/07 | 20:00 | 🇺🇸 États-Unis | Minutes du FOMC (16-17 juin) | Fermeté réelle du comité après le rapport emploi |
| Jeu. 09/07 | 03:30 | 🇨🇳 Chine | Inflation CPI / PPI (juin) | Baromètre de la demande mondiale |
| Jeu. 09/07 | 14:30 | 🇺🇸 États-Unis | Inscriptions chômage (hebdo) | L'emploi confirme-t-il son ralentissement ? |
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Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
www.mondialchange.com
Contact : nicolas@mondialchange.com
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