Gjirokastra et Berat : deux trésors UNESCO que l’Europe n’a pas encore découverts
Përmet, les gorges de Nivica, la vallée de Zagori : l’Albanie que personne ne voit
Entre les villes classées et le littoral, il existe une Albanie que très peu de voyageurs prennent le temps d’explorer. La région de Përmet et ses environs — vallée de Zagori, gorges de Lengarica, canyon de Nivica — est sans doute la partie la plus intacte du pays.
Përmet est une petite ville posée sur la Vjosa, l’un des derniers grands fleuves sauvages d’Europe, protégé récemment en parc national. La Vjosa coule librement depuis sa source grecque jusqu’à l’Adriatique, sans un seul barrage sur son parcours. Ses eaux sont d’une clarté inattendue.
Autour de la ville, les sentiers de la vallée de Zagori traversent des hêtraies anciennes, des villages quasi déserts perchés à 800 mètres, des prairies où les bergers travaillent selon des méthodes ancestrales. La randonnée de Sheper vers Përmet, avec 1 200 mètres de dénivelé négatif, est parmi les plus belles que nous recommandons.
Les gorges de Nivica
Au fond d’un canyon creusé à la limite du parc national de Butrint, les gorges de Nivica font partie de ces endroits dont on comprend mal comment ils sont restés aussi confidentiels. Les parois de calcaire plongent dans une rivière turquoise ; les corridors de roche semblent taillés sur mesure. Au printemps, le courant est puissant et spectaculaire. En été, des vasques naturelles se forment dans les creux.
Le nombre de visiteurs reste faible. C’est précisément ce qui vaut le détour.
✦ Le regard de notre équipe Arrivez en début de matinée pour profiter de la lumière rasante sur les parois et pour avoir de fortes chances d’être seul. En avril ou mai, les gorges sont à leur plus spectaculaire : courant vif, végétation explosive, couleurs changeantes selon l’heure.
Le lac de Prespa, aux confins de trois pays
À l’extrémité est du territoire, là où l’Albanie, la Grèce et la Macédoine du Nord se rejoignent, le lac de Prespa étend ses eaux sur un paysage d’une autre époque. Inscrit au patrimoine UNESCO dans sa dimension transfrontalière, le site abrite une église troglodyte taillée dans la roche, décorée de fresques remarquables, accessible au bout d’une marche facile. Vue sur l’île de Golem Grad, sur les montagnes lointaines, sur un lac que presque aucun circuit touristique ne mentionne.
Les pêcheurs locaux travaillent selon des techniques transmises de génération en génération. La région est classée en réserve naturelle. Peu d’endroits en Europe sont aussi silencieux.
À l’extrémité est du territoire, là où l’Albanie, la Grèce et la Macédoine du Nord se rejoignent, le lac de Prespa étend ses eaux sur un paysage d’une autre époque. Inscrit au patrimoine UNESCO dans sa dimension transfrontalière, le site abrite une église troglodyte taillée dans la roche, décorée de fresques remarquables, accessible au bout d’une marche facile. Vue sur l’île de Golem Grad, sur les montagnes lointaines, sur un lac que presque aucun circuit touristique ne mentionne.
Les pêcheurs locaux travaillent selon des techniques transmises de génération en génération. La région est classée en réserve naturelle. Peu d’endroits en Europe sont aussi silencieux.
La besa : l’hospitalité comme engagement moral
Les voyageurs qui reviennent d’Albanie parlent presque tous de la même chose — et ce n’est pas toujours ce qu’ils avaient imaginé avant de partir.
L’hospitalité albanaise.
Ce n’est pas un mécanisme touristique. C’est la besa : un principe moral ancien, inscrit dans le code du Kanun qui a régi la société albanaise pendant des siècles. La besa signifie tenir sa parole, mais dans son sens concret elle implique ceci : accueillir un étranger sous son toit est un devoir sacré. Lui refuser l’hospitalité serait une honte. Lui faire du tort, une faute impardonnable.
Concrètement, cela se traduit par des gestes qui déroutent les voyageurs européens : un inconnu qui vous arrête dans une ruelle pour vous offrir un café, une famille de montagne qui vous invite à déjeuner alors que vous demandiez juste votre chemin, un vieil homme dans un bazar qui consacre vingt minutes à vous raconter l’histoire de sa ville, sans rien à vendre ni à promouvoir.
L’hospitalité albanaise.
Ce n’est pas un mécanisme touristique. C’est la besa : un principe moral ancien, inscrit dans le code du Kanun qui a régi la société albanaise pendant des siècles. La besa signifie tenir sa parole, mais dans son sens concret elle implique ceci : accueillir un étranger sous son toit est un devoir sacré. Lui refuser l’hospitalité serait une honte. Lui faire du tort, une faute impardonnable.
Concrètement, cela se traduit par des gestes qui déroutent les voyageurs européens : un inconnu qui vous arrête dans une ruelle pour vous offrir un café, une famille de montagne qui vous invite à déjeuner alors que vous demandiez juste votre chemin, un vieil homme dans un bazar qui consacre vingt minutes à vous raconter l’histoire de sa ville, sans rien à vendre ni à promouvoir.
✦ Le regard de notre équipe Acceptez toujours. C’est la règle fondamentale. Décliner un café, un raki ou une invitation à s’asseoir peut être vécu comme un affront, non par hostilité, mais par incompréhension. Jouer le jeu de la besa implique d’accepter de ralentir, de s’asseoir sans raison, d’écouter sans urgence. C’est souvent là que le voyage commence vraiment.
Trois questions à l’équipe Breathe in Travel
- 01. En quoi un voyage en Albanie modifie-t-il la perception de l’Europe ?
L’Albanie détruit un mythe : celui que le continent européen a été intégralement exploré, uniformisé, mis en carte. On arrive dans la vallée du Drinos un matin de brume, on voit Gjirokastra se découper sur ses falaises, et quelque chose bascule. Ce n’est pas une reconstitution historique ni une mise en scène pour touristes. C’est une ville habituelle, habitée, qui a choisi de rester elle-même. Nos voyageurs rentrent avec un sentiment peu fréquent dans le voyage contemporain : celui d’avoir réellement découvert quelque chose.
- 02. Quelles expériences locales laissent les traces les plus durables ?
Trois moments reviennent systématiquement. D’abord, le dîner chez une famille de Përmet — du fromage fait maison, du vin local, un agneau de la ferme voisine. Pas un restaurant, une table. Ensuite, la visite de la Maison Skënduli à Gjirokastra, où le propriétaire, neuvième génération, ouvre lui-même les portes et raconte chaque détail comme si c’était la première fois. Enfin, une baignade dans la Vjosa, le seul fleuve sauvage d’Europe, dans une eau d’une pureté qui semble improbable. Ces expériences ne se réservent pas sur une application. Elles se trouvent parce qu’on est au bon endroit, avec les bonnes personnes.
- 03. Où conseilleriez-vous d’aller pour sortir des circuits habituels ?
Trois zones que nous défendons depuis le début. La région de Përmet : la Vjosa, les gorges de Lengarica, la vallée de Zagori avec ses villages de montagne quasi déserts. Les environs de Nivica ensuite : un canyon encore confidentiel, des vasques naturelles au fond des gorges, une lumière saisissante sur les falaises. Et le lac de Prespa enfin, aux frontières de trois pays, réserve naturelle avec une église troglodyte aux fresques byzantines. Dans ces trois endroits, on croise des bergers, des pêcheurs, et de temps à autre un voyageur qui a eu la même idée. Pas de foule.
L’Albanie s’ouvre — mais pas comme ses voisines
Les indicateurs touristiques le confirment : les arrivées ont fortement progressé ces dernières années, Tirana apparaît dans les classements des « capitales à ne pas manquer », la Riviera albanaise a quitté le statut de secret bien gardé. Le pays s’ouvre, c’est indiscutable.
Mais « grand public » ne recouvre pas ici la même réalité qu’en Grèce ou en Croatie. Pas de files devant les sites de Gjirokastra, pas de plages saturées dès le matin, pas de village de carte postale envahi en saison. La géographie protège encore : les routes de montagne découragent les autocars, les plus belles plages nécessitent marche ou bateau, et l’intérieur des terres reste largement inconnu des circuits internationaux.
Ce qui évolue en revanche, c’est l’infrastructure. Les hébergements se sont améliorés, les tables de Berat et Përmet atteignent un niveau qui surprend, les liaisons aériennes depuis l’Europe de l’Ouest se multiplient. L’Albanie se professionnalise sans encore se standardiser. C’est exactement cette fenêtre qui est intéressante : profondeur historique, paysages de premier plan, hospitalité authentique, gastronomie méconnue — sans les prix ni la foule que tout cela implique habituellement. Ce type de combinaison ne dure jamais très longtemps.
Mais « grand public » ne recouvre pas ici la même réalité qu’en Grèce ou en Croatie. Pas de files devant les sites de Gjirokastra, pas de plages saturées dès le matin, pas de village de carte postale envahi en saison. La géographie protège encore : les routes de montagne découragent les autocars, les plus belles plages nécessitent marche ou bateau, et l’intérieur des terres reste largement inconnu des circuits internationaux.
Ce qui évolue en revanche, c’est l’infrastructure. Les hébergements se sont améliorés, les tables de Berat et Përmet atteignent un niveau qui surprend, les liaisons aériennes depuis l’Europe de l’Ouest se multiplient. L’Albanie se professionnalise sans encore se standardiser. C’est exactement cette fenêtre qui est intéressante : profondeur historique, paysages de premier plan, hospitalité authentique, gastronomie méconnue — sans les prix ni la foule que tout cela implique habituellement. Ce type de combinaison ne dure jamais très longtemps.
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