Situation économique
Jeudi, la BCE devrait relever ses taux d'un quart de point, un geste quasi certain à 90%. Sauf que le contexte a changé vendredi : le PIB de la zone euro a été révisé à -0,2% au premier trimestre, sa première contraction depuis fin 2022, pendant que les créations d'emplois américaines explosaient les attentes.
L'euro a clôturé autour de 1,152, au plus bas depuis début avril. La BCE durcit donc sa politique au moment précis où la croissance européenne vacille.
Mais attention à ne pas surinterpréter ce chiffre négatif. La bascule en territoire négatif tient presque entièrement à l'Irlande, dont le PIB s'est effondré de 12% sur le trimestre en raison des distorsions comptables liées aux multinationales pharmaceutiques, sans lien avec l'économie réelle.
Hors Irlande, le tableau est très différent : l'Allemagne et l'Italie progressent de 0,3%, l'Espagne de 0,6%, seule la France recule légèrement. Ce n'est pas une récession, c'est une stagnation maquillée par un artefact statistique. Cette nuance change tout à la lecture du geste de la BCE.
L'inflation est remontée à 3,2% en mai, son plus haut depuis deux ans et demi. Mais elle est d'abord d'origine énergétique : les tensions au Moyen-Orient ont tendu le marché du pétrole, et l'Europe subit une facture importée sur laquelle elle n'a aucun levier. C'est là que réside le vrai dilemme, parce que la politique monétaire agit sur la demande, pas sur l'offre. Une hausse de taux ne fera ni reculer le prix du baril ni rouvrir le détroit d'Ormuz.
Les partisans de la prudence en tirent une conclusion logique : la facture énergétique pèse déjà sur les ménages, l'inflation devrait refluer d'elle-même. Les partisans du resserrement regardent ailleurs : l'inflation sous-jacente et les services accélèrent, ce qui suggère que les tensions débordent désormais l'énergie et pourraient gagner les salaires.
La hausse de jeudi serait avant tout une assurance contre ce scénario. La BCE n'a pas vraiment tranché entre ces deux lectures, et c'est précisément ce qui la conduit à avancer sur une ligne de crête.
Pour les entreprises exposées au change, le point essentiel est celui-ci : cette hausse de taux ne profite pas à l'euro.
La raison est simple. La Fed a cessé d'envisager de baisser ses taux, et le rapport emploi américain de mai, avec 172 000 créations de postes contre 85 000 attendues, a même conduit les marchés à anticiper une hausse outre-Atlantique d'ici la fin de l'année. Le différentiel de taux joue donc toujours en faveur du dollar, et une BCE qui monte d'un cran ne suffit pas à inverser cette dynamique.
L'euro a clôturé autour de 1,152, au plus bas depuis début avril. La BCE durcit donc sa politique au moment précis où la croissance européenne vacille.
Mais attention à ne pas surinterpréter ce chiffre négatif. La bascule en territoire négatif tient presque entièrement à l'Irlande, dont le PIB s'est effondré de 12% sur le trimestre en raison des distorsions comptables liées aux multinationales pharmaceutiques, sans lien avec l'économie réelle.
Hors Irlande, le tableau est très différent : l'Allemagne et l'Italie progressent de 0,3%, l'Espagne de 0,6%, seule la France recule légèrement. Ce n'est pas une récession, c'est une stagnation maquillée par un artefact statistique. Cette nuance change tout à la lecture du geste de la BCE.
L'inflation est remontée à 3,2% en mai, son plus haut depuis deux ans et demi. Mais elle est d'abord d'origine énergétique : les tensions au Moyen-Orient ont tendu le marché du pétrole, et l'Europe subit une facture importée sur laquelle elle n'a aucun levier. C'est là que réside le vrai dilemme, parce que la politique monétaire agit sur la demande, pas sur l'offre. Une hausse de taux ne fera ni reculer le prix du baril ni rouvrir le détroit d'Ormuz.
Les partisans de la prudence en tirent une conclusion logique : la facture énergétique pèse déjà sur les ménages, l'inflation devrait refluer d'elle-même. Les partisans du resserrement regardent ailleurs : l'inflation sous-jacente et les services accélèrent, ce qui suggère que les tensions débordent désormais l'énergie et pourraient gagner les salaires.
La hausse de jeudi serait avant tout une assurance contre ce scénario. La BCE n'a pas vraiment tranché entre ces deux lectures, et c'est précisément ce qui la conduit à avancer sur une ligne de crête.
Pour les entreprises exposées au change, le point essentiel est celui-ci : cette hausse de taux ne profite pas à l'euro.
La raison est simple. La Fed a cessé d'envisager de baisser ses taux, et le rapport emploi américain de mai, avec 172 000 créations de postes contre 85 000 attendues, a même conduit les marchés à anticiper une hausse outre-Atlantique d'ici la fin de l'année. Le différentiel de taux joue donc toujours en faveur du dollar, et une BCE qui monte d'un cran ne suffit pas à inverser cette dynamique.
Taux de change : le point technique
Ce qui se passe vraiment sous la surface est plus important que le niveau affiché. Avec une Fed que les marchés voient à nouveau resserrer et une inflation américaine attendue vers 4,2%, le différentiel de taux réels continue de favoriser le dollar.
Ajoutez une prime de risque géopolitique persistante, et vous avez les vrais moteurs de la paire. Techniquement, la zone 1,1480 est à surveiller : si elle cède, le chemin s'ouvre vers 1,1435 puis 1,1400. À court terme, l'EUR/USD devrait rester piégé entre 1,1430 et 1,1630, et l'issue dépendra moins des données brutes que du ton des banquiers centraux.
Le franc suisse continue de jouer son rôle de valeur refuge. L'EUR/CHF tient autour de 0,9170, le franc attirant les flux de prudence sans que la BNS ait besoin d'intervenir. Tant que les tensions géopolitiques persistent, il restera recherché.
Le yen est dans une situation plus inconfortable : l'EUR/JPY évolue autour de 185,0, tiraillé entre son attrait refuge habituel et un différentiel de taux qui lui reste défavorable.
Du côté des devises liées aux matières premières, le dollar canadien profite de la fermeté du pétrole, avec l'EUR/CAD qui oscille autour de 1,6160. Un point d'attention pour cette semaine : la Banque du Canada annonce sa décision sur les taux mercredi, et une surprise pourrait rebattre les cartes assez vite.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S2 | S1 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1430 | 1,1480 | 1,1570 | 1,1630 |
| EUR/GBP | 0,8540 | 0,8580 | 0,8640 | 0,8680 |
| EUR/CHF | 0,9100 | 0,9140 | 0,9210 | 0,9250 |
| EUR/CAD | 1,6050 | 1,6110 | 1,6220 | 1,6280 |
| EUR/JPY | 183,00 | 184,00 | 186,50 | 188,00 |
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
Les annonces à suivre
La semaine qui s'ouvre sera calme au début, puis nettement plus agitée à partir de mercredi. Trois rendez-vous vont structurer les marchés.
Mercredi concentre l'essentiel. L'inflation américaine sera le juge de paix : un chiffre au-dessus du consensus de 4,2% confirmerait qu'une Fed contrainte de resserrer à nouveau, ce qui pèserait sur l'euro avant même que la BCE n'entre en scène. La Banque du Canada publie sa décision le même jour, avec un potentiel de surprise sur le dollar canadien.
Jeudi, le marché ne réagira pas à la hausse de taux de la BCE, déjà intégralement intégrée dans les cours. Tout se jouera lors de la conférence de presse de Lagarde. La vraie question est simple : valide-t-elle une seconde hausse en septembre, ou ménage-t-elle une porte de sortie face au ralentissement ?
Le ton utilisé suffira à bouger l'euro, dans un sens ou dans l'autre. Les prix à la production américains (PPI) publiés le même jour ajouteront de la matière à digérer.
Vendredi, l'inflation allemande et l'indice de confiance du Michigan compléteront un tableau particulièrement dense, avec un potentiel d'aftershock si les surprises se sont accumulées en cours de semaine.
Mercredi concentre l'essentiel. L'inflation américaine sera le juge de paix : un chiffre au-dessus du consensus de 4,2% confirmerait qu'une Fed contrainte de resserrer à nouveau, ce qui pèserait sur l'euro avant même que la BCE n'entre en scène. La Banque du Canada publie sa décision le même jour, avec un potentiel de surprise sur le dollar canadien.
Jeudi, le marché ne réagira pas à la hausse de taux de la BCE, déjà intégralement intégrée dans les cours. Tout se jouera lors de la conférence de presse de Lagarde. La vraie question est simple : valide-t-elle une seconde hausse en septembre, ou ménage-t-elle une porte de sortie face au ralentissement ?
Le ton utilisé suffira à bouger l'euro, dans un sens ou dans l'autre. Les prix à la production américains (PPI) publiés le même jour ajouteront de la matière à digérer.
Vendredi, l'inflation allemande et l'indice de confiance du Michigan compléteront un tableau particulièrement dense, avec un potentiel d'aftershock si les surprises se sont accumulées en cours de semaine.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
| Mer. 10/06 | 03:30 | 🇨🇳 Chine | Inflation (CPI) | Premier signal pour les marchés asiatiques |
| Mer. 10/06 | 14:30 | 🇺🇸 États-Unis | Inflation (CPI) | Consensus ~4,2% (préc. +3,8%) - événement clé |
| Mer. 10/06 | 16:00 | 🇨🇦 Canada | Décision de taux BoC | Impact direct sur l'EUR/CAD |
| Jeu. 11/06 | 14:15 | 🇪🇺 Zone euro | Décision de taux BCE | Hausse de 25 pb attendue (dépôt à 2,25%) |
| Jeu. 11/06 | 14:30 | 🇺🇸 États-Unis | Prix à la production (PPI) | Confirme ou non la pression inflationniste |
| Jeu. 11/06 | 14:45 | 🇪🇺 Zone euro | Conférence de presse Lagarde | Le ton fera la tendance de l'euro |
| Ven. 12/06 | 08:00 | 🇩🇪 Allemagne | Inflation (CPI final) | Confirmation du chiffre zone euro |
| Ven. 12/06 | 16:00 | 🇺🇸 États-Unis | Confiance Michigan (prélim.) | Baromètre du moral des ménages US |
Les informations présentées sur cette publication vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.
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Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
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Contact : nicolas@mondialchange.com
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