"Ce n'est pas un ras-le-bol, c'est une inquiétude considérable" que les patrons expriment selon Arnaud Vaissié (International SOS) - Déspositphotos @Elnur_
Ils sont rares, les patrons d'entreprises du tourisme à avoir fait le déplacement sous le soleil de plomb d'Aix-en-Provence.
À l'occasion des 26es Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, organisées par le Cercle des économistes, une édition placée sous le signe de la jeunesse, de l'espoir, mais aussi de l'incertitude, qu'elle soit économique ou sociétale, l'intervention d'Arnaud Vaissié, cofondateur et président d’International SOS a notamment retenu notre attention.
Ce dernier avait non seulement fait le déplacement, mais b[il participait également à un débat consacré à un thème cher aux entrepreneurs français, "finances publiques, un équilibre introuvable".
Dans la capitale économique de la Provence, le dirigeant est venu étrenner l’une de ses autres casquettes, celle de président du collectif "Trop, c’est trop", né à la fin de l’année 2025.
"C’est un groupe de chefs d’entreprise dirigé par Éric Maumy, président d’APRIL, Marie-Christine Coisne-Roquette, présidente non exécutive de Sonepar, moi-même et quelques autres personnalités.
Notre objectif est de publier régulièrement des contributions et de prendre part aux débats.
Nous souhaitons intervenir en permanence sur les non-sens économiques qui prolifèrent dans le débat public français. Ils sont extrêmement dangereux, car ils remettent continuellement en cause deux règles fondamentales, l’équilibre des comptes et la compétitivité des entreprises," déplore le dirigeant, que nous avons rencontré entre deux débats.
À l'occasion des 26es Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, organisées par le Cercle des économistes, une édition placée sous le signe de la jeunesse, de l'espoir, mais aussi de l'incertitude, qu'elle soit économique ou sociétale, l'intervention d'Arnaud Vaissié, cofondateur et président d’International SOS a notamment retenu notre attention.
Ce dernier avait non seulement fait le déplacement, mais b[il participait également à un débat consacré à un thème cher aux entrepreneurs français, "finances publiques, un équilibre introuvable".
Dans la capitale économique de la Provence, le dirigeant est venu étrenner l’une de ses autres casquettes, celle de président du collectif "Trop, c’est trop", né à la fin de l’année 2025.
"C’est un groupe de chefs d’entreprise dirigé par Éric Maumy, président d’APRIL, Marie-Christine Coisne-Roquette, présidente non exécutive de Sonepar, moi-même et quelques autres personnalités.
Notre objectif est de publier régulièrement des contributions et de prendre part aux débats.
Nous souhaitons intervenir en permanence sur les non-sens économiques qui prolifèrent dans le débat public français. Ils sont extrêmement dangereux, car ils remettent continuellement en cause deux règles fondamentales, l’équilibre des comptes et la compétitivité des entreprises," déplore le dirigeant, que nous avons rencontré entre deux débats.
"En cas de crise, nous sommes le pays le plus exposé de la zone euro"
Vous l’aurez compris, à Aix-en-Provence, les débats sont plutôt orientés vers une ligne très libérale. C’est dans ce cadre que nous avons suivi celui consacré aux finances publiques françaises.
Il est rare de trouver, hormis Thomas Porcher et quelques économistes situés à gauche de l’échiquier politique, des personnes peu inquiètes de la trajectoire prise par le budget de notre pays.
La dette tricolore ne cesse de s’enfoncer dans les abîmes et les faibles marges de manœuvre de l’actuel gouvernement ne devraient rien y changer.
"J’aurais aimé vous annoncer de bonnes nouvelles, mais, quand j’ai regardé hier soir l’évolution des taux d’intérêt à dix ans de la dette française, je n’ai rien vu de bien réjouissant.
Le taux auquel nous empruntons s’élève à 3,67 %, soit huit points de base au-dessus de celui de l’Espagne et quarante points au-dessus de celui du Portugal. Nous empruntons également à des taux supérieurs à ceux de la Grèce et de la Belgique.
Si une crise économique survient, nous sommes le pays le plus exposé de la zone euro. La pente est très mauvaise, puisque nous empruntons à plus de 3,5 %, alors que nos capacités de remboursement sont plutôt évaluées à 2 %", introduit Alain Trannoy, directeur d’études à l’EHESS et membre du Cercle des économistes.
Cette dette, qui représentait plus de 3 400 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, devrait continuer à croître et devenir l’un des principaux sujets économiques , sinon le principal, de l’élection présidentielle de 2027.
Certains l’ont bien compris, à commencer par un candidat présent dans les allées du parc Jourdan, Édouard Philippe, dont Christelle Morançais s’est faite la porte-parole.
"Il faut dire la vérité, donner du sens et avoir du courage. En 2007, un Premier ministre disait qu’il était à la tête d’un pays en faillite, mais rien n’a été fait depuis.
Il faut de l’action. Arrêtons les livres blancs, les rapports, etc. La réponse est simple. Il faut instaurer la règle d’or, donc interdire les déficits budgétaires, mais surtout l’inscrire dans la Constitution.
Cela va placer les responsables politiques face à leurs responsabilités", imagine la présidente du conseil régional des Pays de la Loire.
Il est rare de trouver, hormis Thomas Porcher et quelques économistes situés à gauche de l’échiquier politique, des personnes peu inquiètes de la trajectoire prise par le budget de notre pays.
La dette tricolore ne cesse de s’enfoncer dans les abîmes et les faibles marges de manœuvre de l’actuel gouvernement ne devraient rien y changer.
"J’aurais aimé vous annoncer de bonnes nouvelles, mais, quand j’ai regardé hier soir l’évolution des taux d’intérêt à dix ans de la dette française, je n’ai rien vu de bien réjouissant.
Le taux auquel nous empruntons s’élève à 3,67 %, soit huit points de base au-dessus de celui de l’Espagne et quarante points au-dessus de celui du Portugal. Nous empruntons également à des taux supérieurs à ceux de la Grèce et de la Belgique.
Si une crise économique survient, nous sommes le pays le plus exposé de la zone euro. La pente est très mauvaise, puisque nous empruntons à plus de 3,5 %, alors que nos capacités de remboursement sont plutôt évaluées à 2 %", introduit Alain Trannoy, directeur d’études à l’EHESS et membre du Cercle des économistes.
Cette dette, qui représentait plus de 3 400 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, devrait continuer à croître et devenir l’un des principaux sujets économiques , sinon le principal, de l’élection présidentielle de 2027.
Certains l’ont bien compris, à commencer par un candidat présent dans les allées du parc Jourdan, Édouard Philippe, dont Christelle Morançais s’est faite la porte-parole.
"Il faut dire la vérité, donner du sens et avoir du courage. En 2007, un Premier ministre disait qu’il était à la tête d’un pays en faillite, mais rien n’a été fait depuis.
Il faut de l’action. Arrêtons les livres blancs, les rapports, etc. La réponse est simple. Il faut instaurer la règle d’or, donc interdire les déficits budgétaires, mais surtout l’inscrire dans la Constitution.
Cela va placer les responsables politiques face à leurs responsabilités", imagine la présidente du conseil régional des Pays de la Loire.
"Il va falloir faire des choix difficiles", selon Moody’s
Arnaud Vaissié (en chemise blanche) a exprimé "une inquiétude considérable face au sentiment que le monde politique ne se rend pas compte que les entreprises courent désormais un risque énorme" - RP
Une proposition éludée par Arnaud Vaissié, qui ne pense pas qu’une telle mesure serait suffisante ni positive. Selon lui, elle risquerait surtout d’alourdir le débat et l’action gouvernementale.
D’ailleurs, cela fait plus de cinquante ans qu’aucun budget à l’équilibre n’a été présenté par un exécutif tricolore. Pour Moody’s, la situation, sans être grave, est loin d’être confortable.
"La note de la France est représentative de celle de pays qui peuvent être confrontés à des défis de taille, comme c'est le cas pour le Royaume-Uni, Taïwan ou l’Arabie saoudite.
Malgré tout, ils disposent d’atouts structurels.
La France possède une économie riche et diversifiée, une démographie favorable, une gestion saine de la dette et des institutions publiques de grande qualité.
Elle doit toutefois relever plusieurs défis, à savoir le niveau élevé de sa dette et la polarisation de sa vie politique.
Nous prévoyons que les indicateurs de charge de la dette continueront à se dégrader au cours des cinq prochaines années. La croissance sera déterminante, car elle peut inverser l’effet boule de neige. Les perspectives sont négatives.
L’argent ne tombe pas du ciel. Il va falloir faire des choix difficiles," dépeint Sarah Carlson, vice-présidente chez Moody’s.
L’effet boule de neige se produit lorsque la dette publique augmente en proportion du PIB, non seulement à cause des dépenses, mais aussi des taux d’intérêt.
Lorsque ceux-ci sont supérieurs à la croissance économique, ils font grossir le boulet que traîne un pays. Si cela s’est déjà produit par le passé en France, la situation est désormais plus critique.
D’ailleurs, cela fait plus de cinquante ans qu’aucun budget à l’équilibre n’a été présenté par un exécutif tricolore. Pour Moody’s, la situation, sans être grave, est loin d’être confortable.
"La note de la France est représentative de celle de pays qui peuvent être confrontés à des défis de taille, comme c'est le cas pour le Royaume-Uni, Taïwan ou l’Arabie saoudite.
Malgré tout, ils disposent d’atouts structurels.
La France possède une économie riche et diversifiée, une démographie favorable, une gestion saine de la dette et des institutions publiques de grande qualité.
Elle doit toutefois relever plusieurs défis, à savoir le niveau élevé de sa dette et la polarisation de sa vie politique.
Nous prévoyons que les indicateurs de charge de la dette continueront à se dégrader au cours des cinq prochaines années. La croissance sera déterminante, car elle peut inverser l’effet boule de neige. Les perspectives sont négatives.
L’argent ne tombe pas du ciel. Il va falloir faire des choix difficiles," dépeint Sarah Carlson, vice-présidente chez Moody’s.
L’effet boule de neige se produit lorsque la dette publique augmente en proportion du PIB, non seulement à cause des dépenses, mais aussi des taux d’intérêt.
Lorsque ceux-ci sont supérieurs à la croissance économique, ils font grossir le boulet que traîne un pays. Si cela s’est déjà produit par le passé en France, la situation est désormais plus critique.
"Ce n'est pas un ras-le-bol, c'est une inquiétude considérable" des patrons
Pour l’ensemble des participants, plusieurs leviers peuvent être actionnés afin de ne pas connaître la situation qu’ont traversée la Grèce ou le Portugal au début du XXIe siècle.
"iLa facilité, dans pareille situation, consiste à réduire les investissements, alors que le choix devrait être de faire des efforts sur le fonctionnement de l’État, en diminuant les subventions, quelles qu’elles soient.
Dans la région des Pays de la Loire, nous avons gagné deux années de capacité de financement en réduisant les dépenses de 100 millions d’euros sur un budget de 2 milliards]i", poursuit Christelle Morançais.
A lire : Laurent Abitbol : après le businessman, l'homme politique ?
Et dans une France sclérosée par la peur de l’autre, de l’avenir, des retraites, du chômage ou de l’IA, pas sûr que les débats aient soulagé les consciences, du moins celles des salariés et des petites mains qui composent le pays.
Il a bien sûr été question des largesses de l’État vis-à-vis des entreprises, car il serait injuste de demander des efforts aux Français sans que tout le monde y contribue.
Les dirigeants se sont montrés favorables à cette idée, tout en demandant en retour une libéralisation de l’investissement et un salaire net qui se rapproche du brut. De quoi faire quelque peu sourire l’un des invités qui a reçu un accueil de star, à savoir Sébastien Lecornu.
"Le paradoxe, c’est que notre État fonctionne quand la mer est agitée. Il fonctionne bien en période de crise et redevient particulièrement rigide lorsque la mer est calme.
Et c’est cela, le défi de la réforme de l’État.
Parce que l’on voit bien que notre actualité est étatique. La pandémie, c’est l’État. La guerre, c’est l’État. Les politiques énergétiques relèvent en partie, mais pas totalement, de l’État.
Je veux que vous soyez tous convaincus, et je le dis à dessein, y compris au regard des polémiques des semaines précédentes, que nous sommes dans un pays où l’État tient.
Nous sommes dans un pays où les fonctionnaires et les militaires font le travail", a tenu à rassurer et à recadrer le Premier ministre.
Une manière de dire que, bien sûr, il faut moins de lourdeur administrative, moins de règles contraignantes et moins de charges… mais sans oublier que, dans cette période de permacrise, l’État reste en première ligne. La guerre en Iran est venue nous le rappeler.
Les professionnels du tourisme ont frappé à de nombreuses reprises aux portes des ministères afin d’obtenir des aides. Elles sont finalement arrivées une fois la reprise des réservations actée.
L’actuel gouvernement avait pour consigne de ne pas "reproduire les mêmes erreurs", selon les propres mots du locataire de Matignon, que lors des printemps 2021 et 2022, lorsque l’État avait débloqué 72 milliards d’euros pour compenser la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine.
"iLa facilité, dans pareille situation, consiste à réduire les investissements, alors que le choix devrait être de faire des efforts sur le fonctionnement de l’État, en diminuant les subventions, quelles qu’elles soient.
Dans la région des Pays de la Loire, nous avons gagné deux années de capacité de financement en réduisant les dépenses de 100 millions d’euros sur un budget de 2 milliards]i", poursuit Christelle Morançais.
A lire : Laurent Abitbol : après le businessman, l'homme politique ?
Et dans une France sclérosée par la peur de l’autre, de l’avenir, des retraites, du chômage ou de l’IA, pas sûr que les débats aient soulagé les consciences, du moins celles des salariés et des petites mains qui composent le pays.
Il a bien sûr été question des largesses de l’État vis-à-vis des entreprises, car il serait injuste de demander des efforts aux Français sans que tout le monde y contribue.
Les dirigeants se sont montrés favorables à cette idée, tout en demandant en retour une libéralisation de l’investissement et un salaire net qui se rapproche du brut. De quoi faire quelque peu sourire l’un des invités qui a reçu un accueil de star, à savoir Sébastien Lecornu.
"Le paradoxe, c’est que notre État fonctionne quand la mer est agitée. Il fonctionne bien en période de crise et redevient particulièrement rigide lorsque la mer est calme.
Et c’est cela, le défi de la réforme de l’État.
Parce que l’on voit bien que notre actualité est étatique. La pandémie, c’est l’État. La guerre, c’est l’État. Les politiques énergétiques relèvent en partie, mais pas totalement, de l’État.
Je veux que vous soyez tous convaincus, et je le dis à dessein, y compris au regard des polémiques des semaines précédentes, que nous sommes dans un pays où l’État tient.
Nous sommes dans un pays où les fonctionnaires et les militaires font le travail", a tenu à rassurer et à recadrer le Premier ministre.
Une manière de dire que, bien sûr, il faut moins de lourdeur administrative, moins de règles contraignantes et moins de charges… mais sans oublier que, dans cette période de permacrise, l’État reste en première ligne. La guerre en Iran est venue nous le rappeler.
Les professionnels du tourisme ont frappé à de nombreuses reprises aux portes des ministères afin d’obtenir des aides. Elles sont finalement arrivées une fois la reprise des réservations actée.
L’actuel gouvernement avait pour consigne de ne pas "reproduire les mêmes erreurs", selon les propres mots du locataire de Matignon, que lors des printemps 2021 et 2022, lorsque l’État avait débloqué 72 milliards d’euros pour compenser la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine.
"Un sentiment profond d’inégalité dans la répartition de la richesse", selon Lecornu
Autres articles
-
Aix-en-Provence : le Grand Hôtel Roi René dévoile sa rénovation
-
Aix-en-Provence : coup d'envoi du DITEX 2026 !
-
International SOS : rien n'indique la résolution du conflit à court terme [ABO]
-
Voyage : après l’opération des États-Unis au Venezuela, quels risques dans la région ? [ABO]
-
TSBA, croisiéristes, chèques-vacances... les amendements qui peuvent changer le PLF 26 ! [ABO]
"Le patriotisme est un antidote au virus qui est en train de se répandre dans le pays et qui nous monte les uns contre les autres" selon Sébastien Lecornu - RP
L’industrie touristique a bien ressenti cet ordre de marche et le constatera dans ses comptes à la fin d’une année 2026 qui s’annonce mauvaise pour de nombreuses entreprises.
Et même si le débat semble plus apaisé entre le patronat et Sébastien Lecornu, après un automne tendu et des discussions difficiles entre le Premier ministre et Éric Maumy, le président d’APRIL, en raison de "la crise politique et quasi budgétaire", le collectif "Trop, c’est trop" poursuit ses débats.
"Ce n’est pas un ras-le-bol.
C’est une inquiétude considérable face au sentiment que le monde politique ne se rend pas compte que les entreprises courent désormais un risque énorme.
Celles qui sont en bonne santé investissent à l’étranger et celles qui ne le sont pas disparaissent.
Nous voulons peser sur le prochain PLFSS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) et sur l’élection présidentielle à venir. Nous souhaitons un environnement favorable aux entreprises, comme c’est le cas en Suisse, où le ministre des Finances s’interroge, pour chaque mesure, sur ses effets pour le secteur privé", nous confie Arnaud Vaissié, président du collectif.
La première note de ce mouvement, désormais devenu un think tank, a porté sur la taxe Zucman, qui consistait à instaurer un taux minimal d’imposition pour les plus grandes fortunes du pays.
Elle devait concerner les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Une proposition rejetée par l’Assemblée nationale et vilipendée par "Trop, c’est trop".
"Cette affaire de la taxe Zucman est venue révéler qu’il existait un sentiment profond d’inégalité dans la répartition de la richesse dans le pays. Que vous soyez d’accord ou non n’est pas le sujet.
Et ce sujet, il faut bien le saisir et le traiter.
La question de la mobilisation de l’argent, là où il se trouve, mais sans passer par une fiscalité bête, avec peut-être encore un peu de gaullisme dans la manière de traiter le sujet, constitue un antidote.
Le patriotisme est un antidote au virus qui est en train de se répandre dans le pays et qui nous monte les uns contre les autres", a tenu à rappeler Sébastien Lecornu.
Un Premier ministre qui a donné des gages à son auditoire, en se présentant comme un dirigeant politique qui n’est pas totalement déconnecté des grands enjeux de notre époque et de l’urgence d’agir sur les plans économique et militaire. Un peu moins sur les sujets environnementaux, mais ce n’était sans doute pas le lieu ou celui pour en parler.
D’ailleurs, le maître de ce débat, Philippe Aghion, économiste a affirmé avoir vu en Sébastien Lecornu "un président".
Le dernier prix Nobel d’économie en date avait rappelé en préambule que "l’on veut avoir envie, on veut avoir de l’espoir, on veut ressentir de l’excitation. Nous sommes dans un moment gaullien, où nous devons assister à un retour de la République et, en même temps, à celui d’une France qui émerveille le monde".
Ce n’est pas spécialement le chemin emprunté pour le moment, mais ces débats démontrent une chose. On ne réenchantera ni l’avenir ni la France en démantelant notre système social et en faisant peser sur la seule classe moyenne et un peu moins moyenne, le poids des efforts à consentir, ni même en focalisant le débat uniquement sur la réduction du déficit.
Nous risquons ainsi de laisser les populistes s’accaparer le récit collectif. Alors oui, nous nous sommes éloignés de l’actualité touristique pure, mais comme gouverner une entreprise, c'est prévoir, nous vous donnons modestement, les clés pour anticiper l'avenir.
Et même si le débat semble plus apaisé entre le patronat et Sébastien Lecornu, après un automne tendu et des discussions difficiles entre le Premier ministre et Éric Maumy, le président d’APRIL, en raison de "la crise politique et quasi budgétaire", le collectif "Trop, c’est trop" poursuit ses débats.
"Ce n’est pas un ras-le-bol.
C’est une inquiétude considérable face au sentiment que le monde politique ne se rend pas compte que les entreprises courent désormais un risque énorme.
Celles qui sont en bonne santé investissent à l’étranger et celles qui ne le sont pas disparaissent.
Nous voulons peser sur le prochain PLFSS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) et sur l’élection présidentielle à venir. Nous souhaitons un environnement favorable aux entreprises, comme c’est le cas en Suisse, où le ministre des Finances s’interroge, pour chaque mesure, sur ses effets pour le secteur privé", nous confie Arnaud Vaissié, président du collectif.
La première note de ce mouvement, désormais devenu un think tank, a porté sur la taxe Zucman, qui consistait à instaurer un taux minimal d’imposition pour les plus grandes fortunes du pays.
Elle devait concerner les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Une proposition rejetée par l’Assemblée nationale et vilipendée par "Trop, c’est trop".
"Cette affaire de la taxe Zucman est venue révéler qu’il existait un sentiment profond d’inégalité dans la répartition de la richesse dans le pays. Que vous soyez d’accord ou non n’est pas le sujet.
Et ce sujet, il faut bien le saisir et le traiter.
La question de la mobilisation de l’argent, là où il se trouve, mais sans passer par une fiscalité bête, avec peut-être encore un peu de gaullisme dans la manière de traiter le sujet, constitue un antidote.
Le patriotisme est un antidote au virus qui est en train de se répandre dans le pays et qui nous monte les uns contre les autres", a tenu à rappeler Sébastien Lecornu.
Un Premier ministre qui a donné des gages à son auditoire, en se présentant comme un dirigeant politique qui n’est pas totalement déconnecté des grands enjeux de notre époque et de l’urgence d’agir sur les plans économique et militaire. Un peu moins sur les sujets environnementaux, mais ce n’était sans doute pas le lieu ou celui pour en parler.
D’ailleurs, le maître de ce débat, Philippe Aghion, économiste a affirmé avoir vu en Sébastien Lecornu "un président".
Le dernier prix Nobel d’économie en date avait rappelé en préambule que "l’on veut avoir envie, on veut avoir de l’espoir, on veut ressentir de l’excitation. Nous sommes dans un moment gaullien, où nous devons assister à un retour de la République et, en même temps, à celui d’une France qui émerveille le monde".
Ce n’est pas spécialement le chemin emprunté pour le moment, mais ces débats démontrent une chose. On ne réenchantera ni l’avenir ni la France en démantelant notre système social et en faisant peser sur la seule classe moyenne et un peu moins moyenne, le poids des efforts à consentir, ni même en focalisant le débat uniquement sur la réduction du déficit.
Nous risquons ainsi de laisser les populistes s’accaparer le récit collectif. Alors oui, nous nous sommes éloignés de l’actualité touristique pure, mais comme gouverner une entreprise, c'est prévoir, nous vous donnons modestement, les clés pour anticiper l'avenir.






Publié par Romain Pommier 












