Béatrix Renaut, Responsable sûreté chez International SOS détaille les conséquences concrètes pour les voyageurs et les organisations de l'opération américaine au Venezuela. - Photo Int. SOS
TourMaG - Après l'intervention américaine au Venezuela et l'enlèvement du Président Nicolas Maduro le 3 janvier dernier quelle est la situation dans le pays ?
Béatrix Renaut : Nous observons actuellement dans le pays - pour reprendre un oxymore - une forme de calme tendu sur le terrain.
Ce qui est notable, c’est l’absence de grandes manifestations, qu’elles viennent de l’opposition ou des soutiens du président Maduro. Aucune nouvelle action militaire américaine n’a été signalée sur le territoire vénézuélien depuis le 3 janvier et l’hypothèse d’une telle intervention reste, dans le contexte actuel, peu probable, du moins à court terme.
Pour autant, la situation demeure extrêmement fragile et susceptible de changer rapidement. Paradoxalement, le plus surprenant, c’est peut-être que rien de majeur ne se soit produit jusqu’à présent : le pays reste relativement calme.
Béatrix Renaut : Nous observons actuellement dans le pays - pour reprendre un oxymore - une forme de calme tendu sur le terrain.
Ce qui est notable, c’est l’absence de grandes manifestations, qu’elles viennent de l’opposition ou des soutiens du président Maduro. Aucune nouvelle action militaire américaine n’a été signalée sur le territoire vénézuélien depuis le 3 janvier et l’hypothèse d’une telle intervention reste, dans le contexte actuel, peu probable, du moins à court terme.
Pour autant, la situation demeure extrêmement fragile et susceptible de changer rapidement. Paradoxalement, le plus surprenant, c’est peut-être que rien de majeur ne se soit produit jusqu’à présent : le pays reste relativement calme.
Venezuela : "le 31 octobre nous avons revu nos recommandations concernant le niveau d'évacuation"
Béatrix Renaut : Chez International SOS, nous considérons depuis longtemps le Venezuela comme un pays à risque élevé, en raison de menaces structurelles liées à la criminalité organisée, aux groupes armés, au contexte politique et socio-économique, ainsi qu’aux sanctions et à l’environnement réglementaire.
Structurellement, le Venezuela évoluait déjà depuis longtemps dans un environnement opérationnel complexe. Autrement dit, indépendamment des récents événements, il s’agissait déjà d’un contexte où il était très difficile d’opérer.
De nombreuses entreprises étrangères avaient quitté le pays au fil de plusieurs vagues de départ, et celles qui y sont encore présentes, comme certaines entreprises chinoises, se sont préparées à des scénarios extrêmes. Nous les avons d’ailleurs accompagnées dans la mise en place de plans de contingence.
Il y a eu, bien sûr, un effet de surprise face à la situation actuelle, mais quelque part les organisations encore présentes sur le terrain avaient eu le temps et les moyens de s’y préparer.
Par ailleurs, nos équipes, notamment basées à Mexico et à Philadelphie, suivent de très près l’évolution de la région. Nous disposons d’un pôle d’analyse spécifiquement dédié au Venezuela et, plus largement, à la zone caraïbe.
Ces pays font déjà l’objet d’un suivi attentif. Pour mémoire, à la fin de l’été, des navires militaires, avaient été prépositionnés dans la mer des Caraïbes, à moins de 200 kilomètres des côtes caribéennes.
Face à cette tension accrue, nous avions décidé de réviser nos recommandations concernant le niveau d’évacuation. Le 31 octobre dernier, nous sommes ainsi passés au niveau maximal, qui consiste à recommander l’évacuation de l’ensemble du personnel présent sur le territoire vénézuélien.
Pour les personnes restées encore sur place, nous avons plutôt aidé à définir des solutions leur permettant de se confiner, avec suffisamment de vivres, d’eau, etc., en limitant au maximum les déplacements. Dans la continuité de cette recommandation, nous conseillons également de suspendre tous les déplacements vers le Venezuela, en raison de la menace d’opération militaire qui persiste et du risque de dégradation soudaine.
Suspension sans préavis des liaisons aériennes : "le risque demeure"
TourMaG - En raison de l'intervention américaine le 3 janvier dernier, le trafic des vols commerciaux a été stoppé. Ce type de situation pourrait-elle se reproduire ?
Béatrix Renaut : Effectivement dans la foulée de ce qui s'est passé le 3 janvier, les liaisons commerciales aériennes dans la zone Caraïbes Sud ont été suspendues. Nous avons eu énormément de demandes d'information et d'assistance pour aider des personnes qui étaient notamment en vacances.
Il existe, pour l’ensemble de la région caribéenne, un risque qui demeure tout à fait plausible : celui d’une suspension sans préavis des liaisons aériennes commerciales, si de nouvelles opérations militaires devaient être engagées. C’est précisément le message de mise en garde adressé à nos clients : être conscients de cette éventualité et conserver une certaine flexibilité dans leurs itinéraires comme dans leurs projets de déplacement.
TourMaG - Mis à part cette mise en garde, avez-vous revu à la hausse les risques de cette zone Caraïbe Sud ?
Béatrix Renaut : Nous n'avons pas revu à la hausse les risques de ces territoires que ce soit Aruba, Bonaire ou même Guyana, voisin du Venezuela, ou encore la Colombie.
Les conseils de voyage à destination de ces territoires n'ont pas changé non plus. Les territoires néerlandais sont pour nous des territoires à risque faible.
Pour Guyana et la Colombie, la situation est un peu plus compliquée. Encore une fois il s'agit d'un contexte structurel qui n'est pas en lien avec ce qui s'est passé chez le pays voisin. Les mesures de sûreté personnelle classiques que l'on préconise dans le cas d'un déplacement dans ces deux territoires restent d'actualité.
TourMaG - Est ce que l'intervention américaine pourrait déstabiliser les groupes criminels liés au narco trafic et entraîner des incidents dans ces zones ?
Béatrix Renaut : Il est probable que ce soit exacerbé par le changement de leadership, le flou qui règne mais dans quelle mesure, ça je ne peux pas vous dire. A ce stade il n'y pas a de vraie évolution, ni de dégradation de l'environnement sécuritaire en Colombie.
Et les zones frontalières entre la Colombie et le Venezuela étaient déjà en rouge. Les frontières sont poreuses, il y a de la corruption et des groupes criminels liés au narcotrafic, cela n'est pas nouveau.
Béatrix Renaut : Effectivement dans la foulée de ce qui s'est passé le 3 janvier, les liaisons commerciales aériennes dans la zone Caraïbes Sud ont été suspendues. Nous avons eu énormément de demandes d'information et d'assistance pour aider des personnes qui étaient notamment en vacances.
Il existe, pour l’ensemble de la région caribéenne, un risque qui demeure tout à fait plausible : celui d’une suspension sans préavis des liaisons aériennes commerciales, si de nouvelles opérations militaires devaient être engagées. C’est précisément le message de mise en garde adressé à nos clients : être conscients de cette éventualité et conserver une certaine flexibilité dans leurs itinéraires comme dans leurs projets de déplacement.
TourMaG - Mis à part cette mise en garde, avez-vous revu à la hausse les risques de cette zone Caraïbe Sud ?
Béatrix Renaut : Nous n'avons pas revu à la hausse les risques de ces territoires que ce soit Aruba, Bonaire ou même Guyana, voisin du Venezuela, ou encore la Colombie.
Les conseils de voyage à destination de ces territoires n'ont pas changé non plus. Les territoires néerlandais sont pour nous des territoires à risque faible.
Pour Guyana et la Colombie, la situation est un peu plus compliquée. Encore une fois il s'agit d'un contexte structurel qui n'est pas en lien avec ce qui s'est passé chez le pays voisin. Les mesures de sûreté personnelle classiques que l'on préconise dans le cas d'un déplacement dans ces deux territoires restent d'actualité.
TourMaG - Est ce que l'intervention américaine pourrait déstabiliser les groupes criminels liés au narco trafic et entraîner des incidents dans ces zones ?
Béatrix Renaut : Il est probable que ce soit exacerbé par le changement de leadership, le flou qui règne mais dans quelle mesure, ça je ne peux pas vous dire. A ce stade il n'y pas a de vraie évolution, ni de dégradation de l'environnement sécuritaire en Colombie.
Et les zones frontalières entre la Colombie et le Venezuela étaient déjà en rouge. Les frontières sont poreuses, il y a de la corruption et des groupes criminels liés au narcotrafic, cela n'est pas nouveau.
Une action militaire directe des États-Unis en Colombie demeure très improbable
TourMaG - La Colombie est aussi dans le radar de Donald Trump, une intervention américaine est-elle totalement à exclure ?
Béatrix Renaut : À ce stade, une action militaire directe des États-Unis en Colombie demeure très improbable. Les situations en Colombie et au Venezuela sont différentes et Washington dispose en Colombie d’autres leviers, comme la coopération policière, la coopération diplomatique, le renseignement...
Il faut aussi garder en tête la tenue des élections en mai-juin en Colombie. En fin de mandat, le président Gustavo Petro a tout intérêt à éviter toute escalade.
Nous avons en revanche observé mercredi 7 janvier des manifestations qui ont été assez largement suivies, avec des dizaines de milliers de personnes mobilisées à l’appel de Gustavo Petro. Ces manifestants protestaient contre l’atteinte à la souveraineté des peuples et contre ce qui s’est passé au Venezuela.
TourMaG - Nous avons évoqué la Colombie, la zone Sud des Caraïbes, quid de Cuba, des Bahamas et des Antilles françaises ?
Béatrix Renaut : Pour l’instant, la situation n’a, honnêtement, pas évolué. En revanche, nous recevons énormément de demandes de nos clients qui s’interrogent, par exemple pour savoir s’ils peuvent maintenir un déplacement ou un événement, comme c’est le cas pour les Bahamas, ou encore pour la Guadeloupe et la Martinique.
Nous n’avons pas modifié notre évaluation du niveau de risque ni nos recommandations aux voyageurs sur ces destinations.
Béatrix Renaut : À ce stade, une action militaire directe des États-Unis en Colombie demeure très improbable. Les situations en Colombie et au Venezuela sont différentes et Washington dispose en Colombie d’autres leviers, comme la coopération policière, la coopération diplomatique, le renseignement...
Il faut aussi garder en tête la tenue des élections en mai-juin en Colombie. En fin de mandat, le président Gustavo Petro a tout intérêt à éviter toute escalade.
Nous avons en revanche observé mercredi 7 janvier des manifestations qui ont été assez largement suivies, avec des dizaines de milliers de personnes mobilisées à l’appel de Gustavo Petro. Ces manifestants protestaient contre l’atteinte à la souveraineté des peuples et contre ce qui s’est passé au Venezuela.
TourMaG - Nous avons évoqué la Colombie, la zone Sud des Caraïbes, quid de Cuba, des Bahamas et des Antilles françaises ?
Béatrix Renaut : Pour l’instant, la situation n’a, honnêtement, pas évolué. En revanche, nous recevons énormément de demandes de nos clients qui s’interrogent, par exemple pour savoir s’ils peuvent maintenir un déplacement ou un événement, comme c’est le cas pour les Bahamas, ou encore pour la Guadeloupe et la Martinique.
Nous n’avons pas modifié notre évaluation du niveau de risque ni nos recommandations aux voyageurs sur ces destinations.
TourMaG - Et sur l'Amérique Latine ?
Béatrix Renaut : C'est la même position, nous n'avons pas bougé le curseur.
De façon générale, en Amérique latine, les enjeux sécuritaires restent importants, notamment en matière de criminalité et de criminalité violente. Il faut aussi intégrer à l’équation plusieurs échéances électorales et des problématiques socio-économiques, ce qui fait que l’on y trouve des pays classés à risque faible, modéré ou élevé, et, au sein même de pays à risque modéré comme le Brésil, des zones considérées à risque élevé.
Cela signifie que, dès qu’on prépare un déplacement, qu’il soit personnel ou professionnel, il est essentiel de se renseigner sur la destination : risques de sûreté, risques sanitaires, et mesures concrètes à mettre en place pour réduire son exposition. Cela commence par des réflexes simples : limiter les objets ostentatoires et de valeur sur soi, éviter les déplacements à pied une fois la nuit tombée, et respecter ces règles de base, faute de quoi les problèmes peuvent survenir plus facilement.
TourMaG - Le Groenland est aussi dans le viseur du gouvernement américain...
Béatrix Renaut : Chez nous, le Groenland est classé au niveau de risque le plus bas sur notre échelle à cinq paliers : insignifiant, faible, modéré, élevé, extrême. Il reste donc au niveau 1, sans évolution récente.
Nous n’avons par ailleurs reçu aucune sollicitation de la part de nos clients concernant le Groenland : aucun expatrié ni voyageur déclaré, ce qui fait que nous n’avons pas eu, concrètement, à conseiller ou assister des personnes sur ce territoire. Le Groenland demeure surtout un sujet de suivi géopolitique et stratégique, mais il entre très peu dans les préoccupations des voyageurs, qui sont, de fait, rarement concernés par cette destination.
Béatrix Renaut : C'est la même position, nous n'avons pas bougé le curseur.
De façon générale, en Amérique latine, les enjeux sécuritaires restent importants, notamment en matière de criminalité et de criminalité violente. Il faut aussi intégrer à l’équation plusieurs échéances électorales et des problématiques socio-économiques, ce qui fait que l’on y trouve des pays classés à risque faible, modéré ou élevé, et, au sein même de pays à risque modéré comme le Brésil, des zones considérées à risque élevé.
Cela signifie que, dès qu’on prépare un déplacement, qu’il soit personnel ou professionnel, il est essentiel de se renseigner sur la destination : risques de sûreté, risques sanitaires, et mesures concrètes à mettre en place pour réduire son exposition. Cela commence par des réflexes simples : limiter les objets ostentatoires et de valeur sur soi, éviter les déplacements à pied une fois la nuit tombée, et respecter ces règles de base, faute de quoi les problèmes peuvent survenir plus facilement.
TourMaG - Le Groenland est aussi dans le viseur du gouvernement américain...
Béatrix Renaut : Chez nous, le Groenland est classé au niveau de risque le plus bas sur notre échelle à cinq paliers : insignifiant, faible, modéré, élevé, extrême. Il reste donc au niveau 1, sans évolution récente.
Nous n’avons par ailleurs reçu aucune sollicitation de la part de nos clients concernant le Groenland : aucun expatrié ni voyageur déclaré, ce qui fait que nous n’avons pas eu, concrètement, à conseiller ou assister des personnes sur ce territoire. Le Groenland demeure surtout un sujet de suivi géopolitique et stratégique, mais il entre très peu dans les préoccupations des voyageurs, qui sont, de fait, rarement concernés par cette destination.
Ce qui inquiète c'est la rapidité avec laquelle la situation peut se détériorer
TourMaG - Quelle est la perception globale d'International SOS du contexte mondial ?
Béatrix Renaut : Nous sommes en train de finaliser notre analyse prospective des risques sécuritaires pour 2026 et les premiers résultats du sondage associé sont particulièrement révélateurs. Pour la première fois depuis que nous réalisons cet exercice, le risque géopolitique est identifié comme le risque numéro un par les répondants, devant la cybercriminalité.
Ce sondage agrège les réponses de responsables sûreté, de responsables santé, de dirigeants d’entreprise et de risk managers, ce qui lui donne une vision assez transversale. Parmi eux, 64% indiquent avoir constaté une augmentation des risques au cours des 12 derniers mois et s’attendent à ce que cette tendance se poursuive en 2026, ce qui est pleinement cohérent avec ce qui a été observé au cours des cinq dernières années, où la perception d’une montée des risques se confirme année après année.
Ce qui ressort très nettement du sondage cette année, c’est la vitesse à laquelle surviennent les changements et les dégradations, qu’elles soient sécuritaires ou géopolitiques. Autrement dit, ce n’est pas seulement le niveau de risque qui inquiète, mais aussi la rapidité avec laquelle la situation peut se détériorer.
Béatrix Renaut : Nous sommes en train de finaliser notre analyse prospective des risques sécuritaires pour 2026 et les premiers résultats du sondage associé sont particulièrement révélateurs. Pour la première fois depuis que nous réalisons cet exercice, le risque géopolitique est identifié comme le risque numéro un par les répondants, devant la cybercriminalité.
Ce sondage agrège les réponses de responsables sûreté, de responsables santé, de dirigeants d’entreprise et de risk managers, ce qui lui donne une vision assez transversale. Parmi eux, 64% indiquent avoir constaté une augmentation des risques au cours des 12 derniers mois et s’attendent à ce que cette tendance se poursuive en 2026, ce qui est pleinement cohérent avec ce qui a été observé au cours des cinq dernières années, où la perception d’une montée des risques se confirme année après année.
Ce qui ressort très nettement du sondage cette année, c’est la vitesse à laquelle surviennent les changements et les dégradations, qu’elles soient sécuritaires ou géopolitiques. Autrement dit, ce n’est pas seulement le niveau de risque qui inquiète, mais aussi la rapidité avec laquelle la situation peut se détériorer.
Intégrer pleinement le risque géopolitique au niveau stratégique des entreprises
TourMaG - Cette accélération, est ce l'effet Donald Trump ?
Béatrix Renaut : Il y contribue. C'est une rupture de certains tabous, des atteintes plus fréquentes au droit international et un délitement des alliances, qui ont fortement contribué à cette situation. Tout un paysage géopolitique est ainsi en train de se transformer, en se fragmentant et en se recomposant, avec des sphères d’influence qui évoluent et des crises qui se superposent.
C'est un tout. Avec des figures comme Trump, comme Poutine, comme Noboa en Équateur et d'autres... nous sommes dans un contexte où c'est la loi du plus fort.
TourMaG - Ce risque géopolitique est-il pris en compte au sein des entreprises ?
Béatrix Renaut : On perçoit clairement, au sein des organisations, un besoin croissant d’intégrer pleinement le risque géopolitique au niveau stratégique, même si cette démarche est encore loin d’être généralisée.
Lorsqu’une entreprise parvient à bien cartographier ces risques, à anticiper et à impliquer son comité exécutif dans ces réflexions, certaines situations peuvent même se transformer en avantages compétitifs.
C’est un sujet sur lequel l’appétence progresse nettement, et la tendance va vers une prise en compte de plus en plus structurée et approfondie de ces enjeux géopolitiques dans la gouvernance des risques.
Béatrix Renaut : Il y contribue. C'est une rupture de certains tabous, des atteintes plus fréquentes au droit international et un délitement des alliances, qui ont fortement contribué à cette situation. Tout un paysage géopolitique est ainsi en train de se transformer, en se fragmentant et en se recomposant, avec des sphères d’influence qui évoluent et des crises qui se superposent.
C'est un tout. Avec des figures comme Trump, comme Poutine, comme Noboa en Équateur et d'autres... nous sommes dans un contexte où c'est la loi du plus fort.
TourMaG - Ce risque géopolitique est-il pris en compte au sein des entreprises ?
Béatrix Renaut : On perçoit clairement, au sein des organisations, un besoin croissant d’intégrer pleinement le risque géopolitique au niveau stratégique, même si cette démarche est encore loin d’être généralisée.
Lorsqu’une entreprise parvient à bien cartographier ces risques, à anticiper et à impliquer son comité exécutif dans ces réflexions, certaines situations peuvent même se transformer en avantages compétitifs.
C’est un sujet sur lequel l’appétence progresse nettement, et la tendance va vers une prise en compte de plus en plus structurée et approfondie de ces enjeux géopolitiques dans la gouvernance des risques.
TourMaG - Enfin dernière question, sur les Etats-Unis, avez-vous constaté un changement au niveau des déplacements professionnels ?
Béatrix Renaut : C'est une question qui revient souvent. Un décret a appelé à une vigilance maximale aux frontières. Concrètement, les agents de la Customs and Border Protection appliquent désormais des consignes de vigilance accrue : après un premier contrôle d’identité, les voyageurs peuvent être soumis à un second filtrage, avec plus de questions sur le motif du séjour, ainsi qu’à la fouille de leurs appareils électroniques (smartphone, ordinateur, tablette).
Ces pratiques sont légales aux États-Unis et exposent aussi bien nos clients que nos propres équipes, ce qui conduit à recommander aux voyageurs de se montrer prudents quant aux contenus accessibles sur leurs appareils, en particulier tout ce qui peut être perçu comme hostile aux États-Unis, à leurs dirigeants ou favorable à des États ou organisations considérés comme adversaires ou terroristes.
Même avec un visa ou une ESTA valide, l’entrée sur le territoire reste à la discrétion des autorités : on peut donc être retenu, interrogé, voire refoulé au point d’entrée. Dans ce contexte, il est essentiel de se coordonner avec son service IT et, selon la sensibilité de son secteur, d’envisager de voyager avec un ordinateur « vierge » ou ne contenant que les documents non confidentiels nécessaires à la mission.
Béatrix Renaut : C'est une question qui revient souvent. Un décret a appelé à une vigilance maximale aux frontières. Concrètement, les agents de la Customs and Border Protection appliquent désormais des consignes de vigilance accrue : après un premier contrôle d’identité, les voyageurs peuvent être soumis à un second filtrage, avec plus de questions sur le motif du séjour, ainsi qu’à la fouille de leurs appareils électroniques (smartphone, ordinateur, tablette).
Ces pratiques sont légales aux États-Unis et exposent aussi bien nos clients que nos propres équipes, ce qui conduit à recommander aux voyageurs de se montrer prudents quant aux contenus accessibles sur leurs appareils, en particulier tout ce qui peut être perçu comme hostile aux États-Unis, à leurs dirigeants ou favorable à des États ou organisations considérés comme adversaires ou terroristes.
Même avec un visa ou une ESTA valide, l’entrée sur le territoire reste à la discrétion des autorités : on peut donc être retenu, interrogé, voire refoulé au point d’entrée. Dans ce contexte, il est essentiel de se coordonner avec son service IT et, selon la sensibilité de son secteur, d’envisager de voyager avec un ordinateur « vierge » ou ne contenant que les documents non confidentiels nécessaires à la mission.
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Alerte maximale et évacuation : International SOS maintient sa recommandation d'évacuation totale du personnel au Venezuela (niveau maximal depuis le 31 octobre). Pour ceux restés sur place, le confinement est préconisé. Les voyages vers le pays doivent être suspendus.
Risque sur les liaisons aériennes : Le trafic commercial a été stoppé après l'intervention du 3 janvier. Un risque persistant de suspension des vols sans préavis plane sur toute la zone en cas de nouvelles tensions militaires. La flexibilité est impérative pour les voyageurs dans la région.
Stabilité des pays voisins : Les niveaux de risque n'ont pas été augmentés pour l'Amérique latine, la Colombie, le Guyana, ou les Antilles.
La géopolitique préoccupation majeure : L'analyse d'International SOS pour 2026 marque un tournant dans la gestion des risques en entreprise. Pour la première fois, le risque géopolitique détrône la cybercriminalité en tant que préoccupation majeure. Ce qui est marquant, c'est la vitesse avec laquelle les changements s'opèrent.
Alerte maximale et évacuation : International SOS maintient sa recommandation d'évacuation totale du personnel au Venezuela (niveau maximal depuis le 31 octobre). Pour ceux restés sur place, le confinement est préconisé. Les voyages vers le pays doivent être suspendus.
Risque sur les liaisons aériennes : Le trafic commercial a été stoppé après l'intervention du 3 janvier. Un risque persistant de suspension des vols sans préavis plane sur toute la zone en cas de nouvelles tensions militaires. La flexibilité est impérative pour les voyageurs dans la région.
Stabilité des pays voisins : Les niveaux de risque n'ont pas été augmentés pour l'Amérique latine, la Colombie, le Guyana, ou les Antilles.
La géopolitique préoccupation majeure : L'analyse d'International SOS pour 2026 marque un tournant dans la gestion des risques en entreprise. Pour la première fois, le risque géopolitique détrône la cybercriminalité en tant que préoccupation majeure. Ce qui est marquant, c'est la vitesse avec laquelle les changements s'opèrent.







Publié par Céline Eymery 















