La Coupe du monde de rugby 2027 va concentrer l'attention du marché français sur l'Australie. L'occasion, pour le sur-mesure premium français, de démontrer ce que l'humain peut encore apporter face à un événement de masse - Photo : Sébastien Cros, WeTravelAustralia™
Sur le marché français, les réceptifs spécialisés sur l'Australie composent un paysage diversifié, avec des positionnements complémentaires.
Across Australia, structure historique fondée à Sydney et passée sous la propriété du groupe canadien Goway en 2023, est aujourd'hui dirigée par John Feenaghty, Managing Director.
JCM Destination Australia, fondé en 1998 par Jean-Christophe Merlant et présent à Sydney, Cairns et Auckland, s'est repositionné sur le segment MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Events) et les opérations de groupe, avec une équipe multilingue francophone.
Terra Australia, structure plus récente, se positionne sur le sur-mesure premium en volume mesuré, exclusivement B2B francophone.
AOT Inbound est représenté en France par Gary Paterson, General Manager Global Sales and Marketing, et Pan Pacific Travel par Sandra Feustel.
Parmi cette diversité d'approches, Terra Australia incarne une posture singulière : refuser le volume pour préserver la flexibilité, miser sur la relation humaine longue avec les partenaires australiens, et défendre un sur-mesure premium ancré dans la reconnaissance terrain.
Une approche qui mérite un focus, à l'heure où l'intelligence artificielle redessine les chaînes de production du tourisme.
Across Australia, structure historique fondée à Sydney et passée sous la propriété du groupe canadien Goway en 2023, est aujourd'hui dirigée par John Feenaghty, Managing Director.
JCM Destination Australia, fondé en 1998 par Jean-Christophe Merlant et présent à Sydney, Cairns et Auckland, s'est repositionné sur le segment MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Events) et les opérations de groupe, avec une équipe multilingue francophone.
Terra Australia, structure plus récente, se positionne sur le sur-mesure premium en volume mesuré, exclusivement B2B francophone.
AOT Inbound est représenté en France par Gary Paterson, General Manager Global Sales and Marketing, et Pan Pacific Travel par Sandra Feustel.
Parmi cette diversité d'approches, Terra Australia incarne une posture singulière : refuser le volume pour préserver la flexibilité, miser sur la relation humaine longue avec les partenaires australiens, et défendre un sur-mesure premium ancré dans la reconnaissance terrain.
Une approche qui mérite un focus, à l'heure où l'intelligence artificielle redessine les chaînes de production du tourisme.
Le sur-mesure premium n'est pas ce qu'on croit
Le sur-mesure premium australien se concentre sur l'expérience - Photo : Sébastien Cros, WeTravelAustralia™
"Pour moi, le FIT premium, c'est ce qui se concentre sur l'expérience, pas simplement les hébergements cinq étoiles", pose Alexandre El-Habouz, responsable France de Terra Australia.
"Quand on revient d'un voyage, on ne se rappelle pas de là où on a dormi. On se rappelle des moments, des instants, des énergies qu'on a pu percevoir."
Le sur-mesure premium n'est donc pas, pour Terra, une question de catégorie d'hébergement, mais une posture stratégique : mettre l'humain au cœur du voyage, et concevoir chaque itinéraire comme une réponse précise à un profil singulier. "Ce que l'on cherche pour nos clients, c'est qu'ils reviennent avec des expériences qui les ont fait évoluer dans leur manière de voyager", complète Christophe Napierai, cofondateur de Terra Australia. "Tu rentres de ton voyage un peu différemment."
Le modèle Terra et sa singularité
Les deux dirigeants de Terra Australia, Christophe Napierai et Alexandre El-Habouz, sur le terrain - Photo : Sébastien Cros, WeTravelAustralia™
Terra Australia revendique une posture singulière sur le marché français : petite structure assumée, 100% B2B francophone, équipe répartie entre la France et l'Australie pour assurer une proximité avec les agences partenaires. "Notre taille, c'est notre force", explique Alexandre El-Habouz.
"On ne peut pas promettre du volume à un partenaire australien. Donc on est obligé de créer une relation avec lui. Cette flexibilité nous permet de travailler avec des prestataires que d'autres réceptifs ne peuvent pas proposer, parfois parce qu'ils sont trop petits, parfois parce qu'ils ne veulent pas du modèle inbound classique."
L'exemple : un hôtelier des Pinnacles qui refusait les grands réceptifs faute de paiements rapides. "Nous, on paye immédiatement. C'est cette flexibilité qui nous permet de travailler avec des très petites structures."
Cette philosophie se traduit côté distribution par un ciblage assumé : Terra travaille en priorité avec le réseau Selectour, et avec des structures plus confidentielles comme Les Ateliers du Voyage, Continents Insolites ou Amplitudes. "Nous allons plutôt nous concentrer sur des petites agences qui ont une très forte relation avec leurs clients, une clientèle très fidèle.
Notre position, ce n'est pas de faire du volume pour faire du volume. Nous aimons proposer des beaux voyages, l'Australie telle qu'on l'aime."
Lire aussi : Comment se vend vraiment l'Australie en 2026 ?
"On ne peut pas promettre du volume à un partenaire australien. Donc on est obligé de créer une relation avec lui. Cette flexibilité nous permet de travailler avec des prestataires que d'autres réceptifs ne peuvent pas proposer, parfois parce qu'ils sont trop petits, parfois parce qu'ils ne veulent pas du modèle inbound classique."
L'exemple : un hôtelier des Pinnacles qui refusait les grands réceptifs faute de paiements rapides. "Nous, on paye immédiatement. C'est cette flexibilité qui nous permet de travailler avec des très petites structures."
Cette philosophie se traduit côté distribution par un ciblage assumé : Terra travaille en priorité avec le réseau Selectour, et avec des structures plus confidentielles comme Les Ateliers du Voyage, Continents Insolites ou Amplitudes. "Nous allons plutôt nous concentrer sur des petites agences qui ont une très forte relation avec leurs clients, une clientèle très fidèle.
Notre position, ce n'est pas de faire du volume pour faire du volume. Nous aimons proposer des beaux voyages, l'Australie telle qu'on l'aime."
Lire aussi : Comment se vend vraiment l'Australie en 2026 ?
La méthode de sélection terrain
Côté méthode, c'est Christophe Napierai qui détaille le travail invisible derrière chaque programme. "La première chose, c'est que tout découle de nos reconnaissances terrain.
On passe tous les ans du temps en Australie pour découvrir de nouveaux prestataires, de nouveaux hôtels, des nouvelles expériences. On investit beaucoup dans le terrain."
L'Australian Tourism Exchange (ATE), grand rendez-vous annuel B2B du tourisme australien, complète ce dispositif. "L'ATE permet de créer du lien, de maintenir des relations humaines, et pas juste des échanges de mails de booking."
L'édition 2026 à Adelaide, en mai dernier, a permis à Terra de multiplier les rendez-vous fournisseurs sur quatre jours intenses.
Autre filtre essentiel : la dimension éco-responsable. "Nous demandons à tous nos prestataires de respecter une charte éco-responsable." Une posture qui résonne directement avec la stratégie Green is Our Gold récemment lancée par Tourism Australia. "Nous sommes complètement alignés. Notre objectif, c'est que les voyageurs restent plus longtemps en Australie, qu'ils ne soient pas dans le rush. Le temps, c'est ce qu'il y a de plus important."
On passe tous les ans du temps en Australie pour découvrir de nouveaux prestataires, de nouveaux hôtels, des nouvelles expériences. On investit beaucoup dans le terrain."
L'Australian Tourism Exchange (ATE), grand rendez-vous annuel B2B du tourisme australien, complète ce dispositif. "L'ATE permet de créer du lien, de maintenir des relations humaines, et pas juste des échanges de mails de booking."
L'édition 2026 à Adelaide, en mai dernier, a permis à Terra de multiplier les rendez-vous fournisseurs sur quatre jours intenses.
Autre filtre essentiel : la dimension éco-responsable. "Nous demandons à tous nos prestataires de respecter une charte éco-responsable." Une posture qui résonne directement avec la stratégie Green is Our Gold récemment lancée par Tourism Australia. "Nous sommes complètement alignés. Notre objectif, c'est que les voyageurs restent plus longtemps en Australie, qu'ils ne soient pas dans le rush. Le temps, c'est ce qu'il y a de plus important."
Conseil aérien et accompagnement agences
Au-delà des prestations terrestres, Terra Australia assume un rôle de conseil aérien stratégique. "Nous avons face à nous des agences expertes de leur métier, mais qui ne connaissent pas spécialement cette région du monde", explique Alexandre El-Habouz.
"Au niveau de l'aérien, nous apportons notre expertise et nos relations historiques avec certains transporteurs."
Deux compagnies dominent les recommandations de Terra : Qantas et Cathay Pacific, avec une mention pour Qatar Airways, Singapore Airlines et Emirates selon les profils. "Qantas a mis en place ses vols depuis Paris, Londres et Rome vers Perth, avec un système qui permet de rayonner partout en Australie via Singapour", précise Alexandre El-Habouz.
Le bénéfice concret : un système de pass qui, lorsque le vol international est acheté chez l'une de ces compagnies, ouvre des tarifs et conditions préférentielles sur les vols domestiques. "Cela permet aux clients d'aller partout en Australie et de concentrer la majorité du budget sur les prestations terrestres."
Côté accompagnement, Terra organise chaque année des sessions de formation, en présentiel comme en distanciel. "Ce qui est important, c'est d'avoir un bon échange avec l'agent pour bien comprendre quel est le client qui va venir en Australie, quel est son profil", précise Christophe Napierai. "Chaque voyageur est différent. C'est cette compréhension fine qui fait ensuite la qualité du sur-mesure."
"Au niveau de l'aérien, nous apportons notre expertise et nos relations historiques avec certains transporteurs."
Deux compagnies dominent les recommandations de Terra : Qantas et Cathay Pacific, avec une mention pour Qatar Airways, Singapore Airlines et Emirates selon les profils. "Qantas a mis en place ses vols depuis Paris, Londres et Rome vers Perth, avec un système qui permet de rayonner partout en Australie via Singapour", précise Alexandre El-Habouz.
Le bénéfice concret : un système de pass qui, lorsque le vol international est acheté chez l'une de ces compagnies, ouvre des tarifs et conditions préférentielles sur les vols domestiques. "Cela permet aux clients d'aller partout en Australie et de concentrer la majorité du budget sur les prestations terrestres."
Côté accompagnement, Terra organise chaque année des sessions de formation, en présentiel comme en distanciel. "Ce qui est important, c'est d'avoir un bon échange avec l'agent pour bien comprendre quel est le client qui va venir en Australie, quel est son profil", précise Christophe Napierai. "Chaque voyageur est différent. C'est cette compréhension fine qui fait ensuite la qualité du sur-mesure."
L'IA dans le sur-mesure : la frontière humaine
Enfin, la question qui agite désormais tout le secteur : quelle place pour l'intelligence artificielle dans le sur-mesure premium ?
Christophe Napierai assume une position claire. "Aujourd'hui, je pense que c'est obligatoire d'utiliser l'IA. Tout ce qui permet d'éviter des tâches répétitives et de les faire beaucoup plus vite qu'auparavant, c'est quelque chose qu'on intègre dans tous nos process."
Mais le dirigeant pose immédiatement la limite. "Ça ne remplace pas la connaissance terrain. Ça ne remplace pas l'humain."
Une posture qui pourrait devenir un argument différenciant fort pour le sur-mesure premium dans les années à venir.
À mesure que l'IA structure les chaînes de production des grands tour-opérateurs, la valeur d'un conseil humain, fondé sur la reconnaissance terrain et la relation longue avec les prestataires, pourrait devenir le luxe absolu.
Christophe Napierai assume une position claire. "Aujourd'hui, je pense que c'est obligatoire d'utiliser l'IA. Tout ce qui permet d'éviter des tâches répétitives et de les faire beaucoup plus vite qu'auparavant, c'est quelque chose qu'on intègre dans tous nos process."
Mais le dirigeant pose immédiatement la limite. "Ça ne remplace pas la connaissance terrain. Ça ne remplace pas l'humain."
Une posture qui pourrait devenir un argument différenciant fort pour le sur-mesure premium dans les années à venir.
À mesure que l'IA structure les chaînes de production des grands tour-opérateurs, la valeur d'un conseil humain, fondé sur la reconnaissance terrain et la relation longue avec les prestataires, pourrait devenir le luxe absolu.
Autres articles
-
Western Australia : l'autre grand voyage entre océan et Golden Outback [ABO]
-
Routing aérien vers l'Australie : la fin d'une certaine insouciance [ABO]
-
Comment se vend vraiment l'Australie en 2026 ? [ABO]
-
"Green is Our Gold" : en Australie, la durabilité devient un argument touristique majeur [ABO]
-
Australie : une nouvelle stratégie qui vise les voyageurs français
À horizon 2027, la Coupe du monde de rugby va concentrer l'attention du marché français sur l'Australie. "Ça va être un événement d'ampleur", anticipe Christophe Napierai. "Nous avons des accords pour avoir la possibilité de revendre des places, donc nous sommes prêts."
L'occasion, pour le sur-mesure premium français, de démontrer ce que l'humain peut encore apporter face à un événement de masse. Et de préparer dès maintenant la prochaine saison aérienne, dans un paysage de routings en pleine recomposition.
L'occasion, pour le sur-mesure premium français, de démontrer ce que l'humain peut encore apporter face à un événement de masse. Et de préparer dès maintenant la prochaine saison aérienne, dans un paysage de routings en pleine recomposition.
Sébastien Cros
Sébastien Cros est journaliste indépendant et photographe basé en Australie, fondateur de WeTravelAustralia™.
Après vingt-cinq ans dans l'industrie touristique australienne, notamment comme Managing Director d'Across Australia (groupe Goway), il consacre désormais son écriture à des récits éditoriaux dédiés à la destination, à la croisée du storytelling, de la photographie et du regard de terrain.
Après vingt-cinq ans dans l'industrie touristique australienne, notamment comme Managing Director d'Across Australia (groupe Goway), il consacre désormais son écriture à des récits éditoriaux dédiés à la destination, à la croisée du storytelling, de la photographie et du regard de terrain.








Clubs de vacances











