La France a mis en place une stratégie à deux lames pour se débarrasser du surtourisme - Crédit photo : Depositphotos @UlyssePixel
Pour avoir un journal réussi, il est devenu indispensable de titrer sur le surtourisme.
Inlassablement, l'ensemble des mĂ©dias traite ce phĂ©nomĂšne, devenu une sorte bĂȘte du GĂ©vaudan des temps modernes.
AprĂšs avoir contaminĂ© Annecy, Biarritz, Marseille, le virus a touchĂ© BrĂ©hat, la Meurthe-et-Moselle et le lac de Pierre-PercĂ©e, l'Alsace, Concarneau ou mĂȘme les Alpes en Ă©tĂ©.
Il faut en finir, exterminer un nuisible quitte Ă friser le ridicule (qui ne tue plus), allant jusqu'Ă disposer un mug ou une boule Ă neige dans une tapette, pour lui briser la nuque comme Ă Nice.
La France est abandonnĂ©e Ă elle-mĂȘme, trop remplie qu'elle est de Français et de voyageurs Ă©trangers en vacances.
Loin de moi l'idée de nier l'enfer vécu par les habitants d'Etretat, ou encore les visites décevantes de Saint-Malo, alors que des hordes de barbares en provenance de contrées lointaines se ruent pour dévaliser les boutiques de souvenirs et saccager les terrasses des restaurants à coup de carte bleue... mais il faut savoir raison garder.
Fort heureusement, notre beau pays a trouvé la parade, une stratégie bien huilée pour régler le problÚme et rendre au Mont-Saint-Michel sa tranquillité monacale.
Inlassablement, l'ensemble des mĂ©dias traite ce phĂ©nomĂšne, devenu une sorte bĂȘte du GĂ©vaudan des temps modernes.
AprĂšs avoir contaminĂ© Annecy, Biarritz, Marseille, le virus a touchĂ© BrĂ©hat, la Meurthe-et-Moselle et le lac de Pierre-PercĂ©e, l'Alsace, Concarneau ou mĂȘme les Alpes en Ă©tĂ©.
Il faut en finir, exterminer un nuisible quitte Ă friser le ridicule (qui ne tue plus), allant jusqu'Ă disposer un mug ou une boule Ă neige dans une tapette, pour lui briser la nuque comme Ă Nice.
La France est abandonnĂ©e Ă elle-mĂȘme, trop remplie qu'elle est de Français et de voyageurs Ă©trangers en vacances.
Loin de moi l'idée de nier l'enfer vécu par les habitants d'Etretat, ou encore les visites décevantes de Saint-Malo, alors que des hordes de barbares en provenance de contrées lointaines se ruent pour dévaliser les boutiques de souvenirs et saccager les terrasses des restaurants à coup de carte bleue... mais il faut savoir raison garder.
Fort heureusement, notre beau pays a trouvé la parade, une stratégie bien huilée pour régler le problÚme et rendre au Mont-Saint-Michel sa tranquillité monacale.
La France ce pays plein de voyageurs... Français !
A longueur d'année, nous travaillons plus ou moins pour pouvoir nous offrir un moment de déconnexion durant l'été, pour oublier notre quotidien, nos problÚmes et les inlassables week-ends gùchés par les défaites de notre club de foot préféré.
Sauf qu'Ă l'approche des vacances, alors que le monoĂŻ commence Ă embaumer les rues et les places, nous ressortons les reportages et les "enquĂȘtes" sur le surtourisme.
Qui sont ces "horsains" qui veulent nous empĂȘcher de profiter de notre sas de dĂ©compression annuel ?
Rappelons que la dépense touristique dépend majoritairement de "la clientÚle résidente (française, ndlr)" puisque seulement un tiers des nuitées sont réalisées par des personnes venues de l'extérieur de nos frontiÚres (Tableaux de l'économie française de l'Insee de 2019).
Qu'en conclure ? Que les Français ne veulent plus des Français. Nous sommes nos propres nuisibles.
Imaginez que tous les Français partent en vacances ? Que diraient alors ces mĂȘmes mĂ©dias ?
Il est lĂ tout le problĂšme. Dans notre pays oĂč le mot "Ă©galitĂ©" figure sur toutes les façades des mairies, nous ne sommes pas Ă©gaux face au dĂ©part en vacances et, visiblement, tant mieux (?).
D'aprÚs une étude réalisée par Younited,b[ 47,2% des Français interrogés ne partiront pas en vacances cet été, principalement par manque de moyens.
Un taux qui se dégrade ou au mieux stagne depuis le début des années 2000, selon le Crédoc.
L'Inflation pour réduire drastiquement les flux touristiques...
Didier Arino me disait, il y a quelques jours, que les réservations sont en repli par rapport à 2022.
"Une partie de la clientÚle, environ 7 millions de Français, a renoncé pour l'instant, à réserver, car les prix sont trop élevés au regard de leur budget," expliquait le directeur général de Protourisme.
Une nouvelle qui devrait donc ravir les suiveurs du surtourisme et les habitants de certains lieux. Le départ en vacances devient de plus en plus une activité réservée à une élite, comme à ses débuts.
D'autant que nos confrÚres ont tendance à mélanger "le moche" tourisme de masse, avec ces bùtiments en béton et ses beignets sur la plage, avec la foule du surtourisme.
"Ce qui me dérange dans l'idée du bashing que connait notre industrie c'est que nous confondons le surtourisme et le tourisme de masse. Dans le tourisme de masse, il y a le tourisme populaire. Voulons-nous que ces classes défavorisées ne partent pas en vacances ?
Et laisser cette activité aux seules catégories aisées de la population française ?" questionnait la semaine derniÚre Vincent Garel, le président du CRTL Occitanie.
La question elle est "vite répondue", comme dirait l'autre. Ainsi, pour réduire les externalités négatives du tourisme, les prix sont augmentés jusqu'à l'indécence et privent de départ une part significative de la population.
Toujours dans cette mĂȘme logique, Greenpeace a soulevĂ© un liĂšvre ou plutĂŽt un rail.
"Une partie de la clientÚle, environ 7 millions de Français, a renoncé pour l'instant, à réserver, car les prix sont trop élevés au regard de leur budget," expliquait le directeur général de Protourisme.
Une nouvelle qui devrait donc ravir les suiveurs du surtourisme et les habitants de certains lieux. Le départ en vacances devient de plus en plus une activité réservée à une élite, comme à ses débuts.
D'autant que nos confrÚres ont tendance à mélanger "le moche" tourisme de masse, avec ces bùtiments en béton et ses beignets sur la plage, avec la foule du surtourisme.
"Ce qui me dérange dans l'idée du bashing que connait notre industrie c'est que nous confondons le surtourisme et le tourisme de masse. Dans le tourisme de masse, il y a le tourisme populaire. Voulons-nous que ces classes défavorisées ne partent pas en vacances ?
Et laisser cette activité aux seules catégories aisées de la population française ?" questionnait la semaine derniÚre Vincent Garel, le président du CRTL Occitanie.
La question elle est "vite répondue", comme dirait l'autre. Ainsi, pour réduire les externalités négatives du tourisme, les prix sont augmentés jusqu'à l'indécence et privent de départ une part significative de la population.
Toujours dans cette mĂȘme logique, Greenpeace a soulevĂ© un liĂšvre ou plutĂŽt un rail.
...La SNCF pour obliger les Français à partir à l'étranger !
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LâactivitĂ© touristique se concentre toujours davantage en France [ABO]
Dans notre pays qui s'ultralibéralise, nous avons trouvé la potion magique pour faire baisser le prix des billets de train : la concurrence.
Je suis mauvaise langue car l'objectif était surtout de réduire le poids de la dette de la SNCF qui pÚse toujours plus lourd sur les épaules des Français.
La libéralisation du rail et la transformation de l'entreprise en société anonyme pousse de fait l'Etat major du fleuron ferroviaire hexagonal à tendre vers la rentabilité.
"Le Groupe devient une entreprise Ă part entiĂšre, pour reprendre lâexpression de son ancien patron Guillaume Pepy. Il devra notamment gĂ©rer ses investissements, Ă©viter les pertes, maĂźtriser sa dette, et est -en thĂ©orie du moins- susceptible de faire faillite," expliquait le DauphinĂ© LibĂ©rĂ©.
Outre la réforme du régime spécial des cheminots, l'Etat a exigé des coupes dans les dépenses et exigé la rentabilité, afin de la rendre plus compétitive face à une "concurrence féroce" qui n'attend que l'ouverture pour se précipiter sur les lignes sillonnant notre pays.
Une bonne chose donc en apparence pour les contribuables mais aux effets pervers pour les... usagers et voyageurs.
Dans une analyse comparative du prix des billets dâavion et de train en Europe, Greenpeace rĂ©vĂšle le double tranchant de notre stratĂ©gie nationale pour Ă©liminer ce nuisible.
"Au lieu d'adopter une approche responsable, les institutions européennes et les gouvernements continuent de subventionner le changement climatique en faisant des cadeaux aux compagnies aériennes et aux aéroports, tout en fermant des gares et des lignes ferroviaires.
Pourquoi payer 322 ⏠pour relier Paris Ă Valence (Espagne) en train quand le mĂȘme trajet en avion coĂ»te 25,99 ⏠? " relĂšve l'organisation non gouvernementale.
C'est bien tout le problĂšme : En France, le train est 2,6 fois plus cher que l'avion (sur les routes analysĂ©es), notre pays arrivant mĂȘme sur le podium des plus mauvais Ă©lĂšves europĂ©ens. Rien que ça.
Une mĂ©daille de bronze dont nous pouvons ĂȘtre fiers.
Le deuxiÚme revers de la médaille c'est qu'en rendant le train inaccessible, on pousse les Français à partir en vacances à l'étranger ou à prendre leur voiture (pour ceux qui le peuvent) en France. Cqfd !
Je suis mauvaise langue car l'objectif était surtout de réduire le poids de la dette de la SNCF qui pÚse toujours plus lourd sur les épaules des Français.
La libéralisation du rail et la transformation de l'entreprise en société anonyme pousse de fait l'Etat major du fleuron ferroviaire hexagonal à tendre vers la rentabilité.
"Le Groupe devient une entreprise Ă part entiĂšre, pour reprendre lâexpression de son ancien patron Guillaume Pepy. Il devra notamment gĂ©rer ses investissements, Ă©viter les pertes, maĂźtriser sa dette, et est -en thĂ©orie du moins- susceptible de faire faillite," expliquait le DauphinĂ© LibĂ©rĂ©.
Outre la réforme du régime spécial des cheminots, l'Etat a exigé des coupes dans les dépenses et exigé la rentabilité, afin de la rendre plus compétitive face à une "concurrence féroce" qui n'attend que l'ouverture pour se précipiter sur les lignes sillonnant notre pays.
Une bonne chose donc en apparence pour les contribuables mais aux effets pervers pour les... usagers et voyageurs.
Dans une analyse comparative du prix des billets dâavion et de train en Europe, Greenpeace rĂ©vĂšle le double tranchant de notre stratĂ©gie nationale pour Ă©liminer ce nuisible.
"Au lieu d'adopter une approche responsable, les institutions européennes et les gouvernements continuent de subventionner le changement climatique en faisant des cadeaux aux compagnies aériennes et aux aéroports, tout en fermant des gares et des lignes ferroviaires.
Pourquoi payer 322 ⏠pour relier Paris Ă Valence (Espagne) en train quand le mĂȘme trajet en avion coĂ»te 25,99 ⏠? " relĂšve l'organisation non gouvernementale.
C'est bien tout le problĂšme : En France, le train est 2,6 fois plus cher que l'avion (sur les routes analysĂ©es), notre pays arrivant mĂȘme sur le podium des plus mauvais Ă©lĂšves europĂ©ens. Rien que ça.
Une mĂ©daille de bronze dont nous pouvons ĂȘtre fiers.
Le deuxiÚme revers de la médaille c'est qu'en rendant le train inaccessible, on pousse les Français à partir en vacances à l'étranger ou à prendre leur voiture (pour ceux qui le peuvent) en France. Cqfd !






Publié par Romain Pommier
















