Quid de la garantie financiĂšre pour les abonnements et cagnottes voyages ?Depositphotos.com Auteur rfaizal707
TourMaG - La faillite de My Little Trip met en lumiĂšre le champ dâapplication strict de la garantie financiĂšre. Lâentreprise qui Ă©tait immatriculĂ©e fonctionnait avec un systĂšme dâabonnement mensuel, et lâon comprend que selon les cas, certains clients ne pourront pas bĂ©nĂ©ficier de la protection contre lâinsolvabilitĂ©. Pouvez-vous nous rappeler les rĂšgles ?
Emmanuelle LLOP : La couverture du garant financier est relativement simple dans les textes. Elle concerne les fonds reçus par lâopĂ©rateur immatriculĂ©e « au titre des engagements contractĂ©s Ă lâĂ©gard du voyageur » ou encore « au titre des forfaits touristiques » (Ă©galement pour les prestations isolĂ©es comme lâhĂ©bergement et la location auto, Ă lâexclusion du transport aĂ©rien).
Que la garantie soit exercĂ©e en deniers (remboursement en numĂ©raire), ou en services comme le propose lâAPST, on comprend donc quâun contrat de voyage doit avoir Ă©tĂ© conclu par le voyageur et des services de voyage prĂ©vus Ă ce contrat.
En effet, dans le cas de My Little Trip, qui repose sur un abonnement mensuel sans affectation des sommes Ă un contrat et Ă un voyage prĂ©cis, la question se pose sĂ©rieusement de la garantie des Ă©chĂ©ances versĂ©es mais non-affectĂ©es. Ă mon avis, seule une dĂ©claration de crĂ©ance auprĂšs du liquidateur est possible, en espĂ©rant que les clients disposent dâun accord avec lâagence qui dĂ©taille le sort des mensualitĂ©s.
TourMaG - - Est-ce la facture qui fait foi, un contrat ou un simple mail qui peut justifier que les fonds étaient affectés à un voyage à forfait ou à une prestation couverte par la garantie ?
Emmanuelle LLOP : Si lâagence aujourdâhui en dĂ©faillance a fait correctement son travail, tous les voyages vendus ont dĂ» faire lâobjet dâun contrat dans le respect des conditions du Code du Tourisme : je doute que le garant financier se contente dâun simple mail ou dâune facture si ces documents ne comportent pas toutes les rubriques lĂ©gales.
Emmanuelle LLOP : La couverture du garant financier est relativement simple dans les textes. Elle concerne les fonds reçus par lâopĂ©rateur immatriculĂ©e « au titre des engagements contractĂ©s Ă lâĂ©gard du voyageur » ou encore « au titre des forfaits touristiques » (Ă©galement pour les prestations isolĂ©es comme lâhĂ©bergement et la location auto, Ă lâexclusion du transport aĂ©rien).
Que la garantie soit exercĂ©e en deniers (remboursement en numĂ©raire), ou en services comme le propose lâAPST, on comprend donc quâun contrat de voyage doit avoir Ă©tĂ© conclu par le voyageur et des services de voyage prĂ©vus Ă ce contrat.
En effet, dans le cas de My Little Trip, qui repose sur un abonnement mensuel sans affectation des sommes Ă un contrat et Ă un voyage prĂ©cis, la question se pose sĂ©rieusement de la garantie des Ă©chĂ©ances versĂ©es mais non-affectĂ©es. Ă mon avis, seule une dĂ©claration de crĂ©ance auprĂšs du liquidateur est possible, en espĂ©rant que les clients disposent dâun accord avec lâagence qui dĂ©taille le sort des mensualitĂ©s.
TourMaG - - Est-ce la facture qui fait foi, un contrat ou un simple mail qui peut justifier que les fonds étaient affectés à un voyage à forfait ou à une prestation couverte par la garantie ?
Emmanuelle LLOP : Si lâagence aujourdâhui en dĂ©faillance a fait correctement son travail, tous les voyages vendus ont dĂ» faire lâobjet dâun contrat dans le respect des conditions du Code du Tourisme : je doute que le garant financier se contente dâun simple mail ou dâune facture si ces documents ne comportent pas toutes les rubriques lĂ©gales.
Abonnement, cagnotte voyage : quelles sont les rĂšgles ?
Emmanuelle LLOP : Le cas des cagnottes, ou des listes est un peu diffĂ©rent car ce sont des tiers donateurs qui abondent un « compte » : il nây a en gĂ©nĂ©ral pas de contrat de voyage avant que les bĂ©nĂ©ficiaires fassent leur choix. Un peu comme les bons ou coffrets cadeaux qui nâont pas encore Ă©tĂ© actionnĂ©s par le bĂ©nĂ©ficiaire par exemple : le Code du Tourisme ne sâapplique dâailleurs pas dans son ensemble aux vendeurs de ces bons ou coffrets.
Si lâopĂ©rateur (vendeur) est dĂ©faillant, les donateurs aux listes ou les acquĂ©reurs des coffrets devront Ă mon sens dĂ©clarer leur crĂ©ance au liquidateur mais je ne pense pas que le garant financier soit engagĂ©.
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TourMaG - Dans le cas de My Little Trip, lâopĂ©rateur Ă©tait en rĂšgle mais les clients ne sont pas pour autant protĂ©gĂ©s⊠Les modĂšles Ă©conomiques Ă©voluent pas forcĂ©ment la rĂšglementation...
Emmanuelle LLOP : Finalement, My Little Trip Ă©tait en rĂšgle pour vendre des voyages mais son modĂšle dâabonnement â qui est un entre-deux - ne correspond Ă rien de prĂ©vu par la loi.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sociĂ©tĂ© Ă©volue plus vite que la lĂ©gislation, et cela ne vaut pas que pour le tourisme. Cela est dâautant plus vrai lorsque la rĂ©glementation est imposĂ©e par lâUnion EuropĂ©enne : rappelez-vous, il a fallu 25 ans pour modifier la premiĂšre Directive sur les Voyages Ă forfait (1990 â 2015).
Câest la raison pour laquelle de nouveaux mĂ©tiers pas vraiment rĂšglementĂ©s se glissent dans les interstices laissĂ©s par une rĂšglementation dĂ©jĂ obsolĂšte lorsquâelle est adoptĂ©e.
Les trous dans la raquette sont dâautant plus visibles en droit du tourisme que la rĂ©glementation de base est effectivement trĂšs stricte Ă lâĂ©gard des opĂ©rateurs immatriculĂ©s mais ne prĂ©voit pas les modĂšles Ă©conomiques innovants plutĂŽt Ă©loignĂ©s des modĂšles classiques qui ne cessent dâapparaĂźtre.
Emmanuelle LLOP : Finalement, My Little Trip Ă©tait en rĂšgle pour vendre des voyages mais son modĂšle dâabonnement â qui est un entre-deux - ne correspond Ă rien de prĂ©vu par la loi.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sociĂ©tĂ© Ă©volue plus vite que la lĂ©gislation, et cela ne vaut pas que pour le tourisme. Cela est dâautant plus vrai lorsque la rĂ©glementation est imposĂ©e par lâUnion EuropĂ©enne : rappelez-vous, il a fallu 25 ans pour modifier la premiĂšre Directive sur les Voyages Ă forfait (1990 â 2015).
Câest la raison pour laquelle de nouveaux mĂ©tiers pas vraiment rĂšglementĂ©s se glissent dans les interstices laissĂ©s par une rĂšglementation dĂ©jĂ obsolĂšte lorsquâelle est adoptĂ©e.
Les trous dans la raquette sont dâautant plus visibles en droit du tourisme que la rĂ©glementation de base est effectivement trĂšs stricte Ă lâĂ©gard des opĂ©rateurs immatriculĂ©s mais ne prĂ©voit pas les modĂšles Ă©conomiques innovants plutĂŽt Ă©loignĂ©s des modĂšles classiques qui ne cessent dâapparaĂźtre.







Publié par CĂ©line Eymery 
















