Sécuriser ses chambres, notamment sur le Bassin Méditerranéen est un véritable enjeu pour les tour-opérateurs face à une concurrence accrue - Image générée par IA TourMaG
Dans un marché désormais extrêmement concurrentiel, la sécurisation des chambres s’impose comme un enjeu central, à la croisée des engagements financiers, des relations hôtelières et des choix aériens.
« Tous les tours opérateurs se sont lancés dans le concept de club, car il apporte une réelle valeur ajoutée par rapport à la simple revente de produits hôteliers banalisés.
Le club permet d’apporter une identité, un savoir-faire, une âme et une marque », analyse Patrice Caradec, président du SETO et professionnel du tourisme (ex Transat et Alpitour France).
« Tous les tours opérateurs se sont lancés dans le concept de club, car il apporte une réelle valeur ajoutée par rapport à la simple revente de produits hôteliers banalisés.
Le club permet d’apporter une identité, un savoir-faire, une âme et une marque », analyse Patrice Caradec, président du SETO et professionnel du tourisme (ex Transat et Alpitour France).
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Une concurrence accrue, portée par les marchés européens
La pression ne vient plus seulement du marché domestique. Les marchés européens, notamment plébiscitent le concept.
« Des marchés comme la Pologne, la République tchèque, l’Allemagne ou le Royaume-Uni sont très friands du tout inclus animé, avec structures pour enfants. Une véritable bataille s’opère pour s’approprier "les meilleures places au soleil" », confirme Patrice Caradec.
Dans ce contexte, les voyagistes français doivent composer avec des concurrents souvent mieux capitalisés. « Les tour-opérateurs français ne disposent pas toujours des mêmes moyens financiers que leurs concurrents européens.
Pour sécuriser des chambres de qualité, il faut s’engager financièrement en amont et payer les allotements à l’avance », poursuit-il.
Ce déséquilibre est renforcé par les modes de paiement. En B2B, les opérateurs français sont fréquemment réglés après le départ, voire après le retour des clients, alors que sur d’autres marchés européens, les clients paient dès la réservation, générant une trésorerie immédiate.
À cela s’ajoute une autre spécificité hexagonale : le poids du last minute, peu compatible avec la logique d’anticipation exigée par les hôteliers internationaux. « Sans engagement financier fort, les opérateurs s’exposent aux stop-sales et perdent l’accès aux chambres », souligne Patrice Caradec.
« Des marchés comme la Pologne, la République tchèque, l’Allemagne ou le Royaume-Uni sont très friands du tout inclus animé, avec structures pour enfants. Une véritable bataille s’opère pour s’approprier "les meilleures places au soleil" », confirme Patrice Caradec.
Dans ce contexte, les voyagistes français doivent composer avec des concurrents souvent mieux capitalisés. « Les tour-opérateurs français ne disposent pas toujours des mêmes moyens financiers que leurs concurrents européens.
Pour sécuriser des chambres de qualité, il faut s’engager financièrement en amont et payer les allotements à l’avance », poursuit-il.
Ce déséquilibre est renforcé par les modes de paiement. En B2B, les opérateurs français sont fréquemment réglés après le départ, voire après le retour des clients, alors que sur d’autres marchés européens, les clients paient dès la réservation, générant une trésorerie immédiate.
À cela s’ajoute une autre spécificité hexagonale : le poids du last minute, peu compatible avec la logique d’anticipation exigée par les hôteliers internationaux. « Sans engagement financier fort, les opérateurs s’exposent aux stop-sales et perdent l’accès aux chambres », souligne Patrice Caradec.
La fin de l’hôtel en exclusivité : l’ère des contingents flexibles
Autre évolution structurante : la quasi-disparition des hôtels exploités en intégralité par un seul tour-opérateur. Les hôteliers, soucieux de sécuriser leur remplissage et de diversifier leurs marchés, privilégient désormais une répartition des stocks entre plusieurs partenaires.
Face à cette mutation, les tour-opérateurs ont adapté leur modèle en développant des concepts club intégrés au sein de resorts, avec leurs propres équipes d’animation et programmes dédiés, sans occuper l’intégralité de l’établissement.
Cette logique de contingents s’impose désormais comme la norme opérationnelle.
« Nous n'avons aucun hôtel en intégralité. On travaille uniquement en contingents de chambres. Aujourd’hui, l’hôtelier ne veut plus mettre tous ses œufs dans le même panier. Et puis, nous ne sommes pas en capacité de remplir un hôtel de 300 chambres toutes les semaines.
En fonction de la destination et de la saisonnalité, nous prenons entre 40 et 90 chambres. C'est sur les ailes de saison que nous en prenons le plus, pour correspondre à notre offre aérienne, basée avec des départs régionaux d'aéroports secondaires », explique Olivier Velter, qui quand nous avons rédigé l'article était directeur commercial de Top of Travel, qui proposera 12 clubs à l’été 2026.
Face à cette mutation, les tour-opérateurs ont adapté leur modèle en développant des concepts club intégrés au sein de resorts, avec leurs propres équipes d’animation et programmes dédiés, sans occuper l’intégralité de l’établissement.
Cette logique de contingents s’impose désormais comme la norme opérationnelle.
« Nous n'avons aucun hôtel en intégralité. On travaille uniquement en contingents de chambres. Aujourd’hui, l’hôtelier ne veut plus mettre tous ses œufs dans le même panier. Et puis, nous ne sommes pas en capacité de remplir un hôtel de 300 chambres toutes les semaines.
En fonction de la destination et de la saisonnalité, nous prenons entre 40 et 90 chambres. C'est sur les ailes de saison que nous en prenons le plus, pour correspondre à notre offre aérienne, basée avec des départs régionaux d'aéroports secondaires », explique Olivier Velter, qui quand nous avons rédigé l'article était directeur commercial de Top of Travel, qui proposera 12 clubs à l’été 2026.
Engagement financier et relation hôtelière : des leviers décisifs
Dans un environnement concurrentiel, la sécurisation des capacités repose avant tout sur une relation de long terme avec les partenaires hôteliers. Les opérateurs s’appuient sur des engagements financiers solides, des partenariats historiques et une confiance mutuelle pour nourrir la régularité des volumes et la qualité du travail mené.
Cette fidélité constitue un avantage stratégique. « Un partenaire présent toute l'année sera privilégié parce que l'hôtelier préfèrera travailler avec lui, plutôt qu'un tour opérateur qui veut des chambres de mai à août », explique Raouf Ben Slimane, CEO et cofondateur de Thalasso N°1-Ôvoyages.
« Ça veut aussi dire que quand on va monter en puissance et qu'on va dépasser notre contingent, il va aussi l'accepter. Ça nous donne de la souplesse dans la gestion sur l'année », précise-t-il.
En contrepartie de ces engagements financiers importants, les tour-opérateurs peuvent également bénéficier d’une exclusivité sur leur marché.
Cette fidélité constitue un avantage stratégique. « Un partenaire présent toute l'année sera privilégié parce que l'hôtelier préfèrera travailler avec lui, plutôt qu'un tour opérateur qui veut des chambres de mai à août », explique Raouf Ben Slimane, CEO et cofondateur de Thalasso N°1-Ôvoyages.
« Ça veut aussi dire que quand on va monter en puissance et qu'on va dépasser notre contingent, il va aussi l'accepter. Ça nous donne de la souplesse dans la gestion sur l'année », précise-t-il.
En contrepartie de ces engagements financiers importants, les tour-opérateurs peuvent également bénéficier d’une exclusivité sur leur marché.
L’aérien, levier de sécurisation des clubs
Sécuriser des chambres ne suffit pas : encore faut-il être en mesure de les remplir. Certains acteurs maintiennent ainsi des stratégies d’affrètement ou de block seats afin d'être en cohérence avec leurs engagements hôteliers.
« L’affrètement, c’est notre modèle. Aujourd’hui, plus de 70% de nos clients partent de province, avec nos vols baladeurs, on est différenciants sur le marché, avec des départs d’une trentaine d’aéroports secondaires », explique Olivier Velter.
Ce pilotage fin entre contingents hôteliers et programmation aérienne permet d’adapter l’offre à la demande réelle tout en limitant le risque financier.
« L’aérien occupe une place centrale dans l'offre club. Il conditionne à la fois l'accessibilité des destinations, la compétitivité tarifaire et la qualité globale de l'expérience client.
Dans un produit club, l'aérien n'est pas un simple élément logistique : il fait pleinement partie de la promesse de voyage », explique Selatt Erdogan, directeur commercial de Mondial Tourisme.
Pour autant, l’engagement aérien reste complexe. Il impose souvent des jours fixes d’arrivée et de départ, historiquement alignés sur des séjours de 7 nuits, alors que le club contemporain se vend de plus en plus sur des durées flexibles.
« L'aérien est un vrai sujet. Chez TUI, les engagements aériens nous permettent d'optimiser l'expérience client en proposant des solutions qui correspondent au plus près aux attentes de nos clients avec un tarif le plus attractif possible.
En parallèle, on avons également une offre flexible pour répondre à la tendance de personnalisation. C'est important de conserver ce modèle hybride », confirme Stéphanie Bothéreau, responsable développement clubs & qualité chez TUI France.
« L’affrètement, c’est notre modèle. Aujourd’hui, plus de 70% de nos clients partent de province, avec nos vols baladeurs, on est différenciants sur le marché, avec des départs d’une trentaine d’aéroports secondaires », explique Olivier Velter.
Ce pilotage fin entre contingents hôteliers et programmation aérienne permet d’adapter l’offre à la demande réelle tout en limitant le risque financier.
« L’aérien occupe une place centrale dans l'offre club. Il conditionne à la fois l'accessibilité des destinations, la compétitivité tarifaire et la qualité globale de l'expérience client.
Dans un produit club, l'aérien n'est pas un simple élément logistique : il fait pleinement partie de la promesse de voyage », explique Selatt Erdogan, directeur commercial de Mondial Tourisme.
Pour autant, l’engagement aérien reste complexe. Il impose souvent des jours fixes d’arrivée et de départ, historiquement alignés sur des séjours de 7 nuits, alors que le club contemporain se vend de plus en plus sur des durées flexibles.
« L'aérien est un vrai sujet. Chez TUI, les engagements aériens nous permettent d'optimiser l'expérience client en proposant des solutions qui correspondent au plus près aux attentes de nos clients avec un tarif le plus attractif possible.
En parallèle, on avons également une offre flexible pour répondre à la tendance de personnalisation. C'est important de conserver ce modèle hybride », confirme Stéphanie Bothéreau, responsable développement clubs & qualité chez TUI France.
S’appuyer sur les vols réguliers pour gagner en flexibilité
Face aux contraintes de l’affrètement, certains groupes privilégient une approche plus souple, fondée sur les vols commerciaux réguliers. Pour Philippe Sangouard, directeur du développement du groupe NG Travel, l’aérien structure même la logique d’implantation des clubs : « C’est l’offre aérienne qui nous permet d’ouvrir un club, et non l’inverse. »
Pour NG Travel, cette stratégie permet de limiter les engagements aériens, soit environ 30% de la capacité globale, principalement en haute saison.
Au final, la sécurisation des chambres repose sur un équilibre entre engagement financier, relations hôtelières durables et cohérence avec la programmation aérienne.
Une chose est sûre, l’accès aux stocks hôteliers, plus que jamais, conditionne la compétitivité des tour-opérateurs français sur le marché du tout inclus.
Pour NG Travel, cette stratégie permet de limiter les engagements aériens, soit environ 30% de la capacité globale, principalement en haute saison.
Au final, la sécurisation des chambres repose sur un équilibre entre engagement financier, relations hôtelières durables et cohérence avec la programmation aérienne.
Une chose est sûre, l’accès aux stocks hôteliers, plus que jamais, conditionne la compétitivité des tour-opérateurs français sur le marché du tout inclus.
Retrouvez l'intégralité de notre dossier spécial Clubs de vacances en cliquant sur ce lien.
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Publié par Caroline Lelievre 


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