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Agences de voyages : avec 14 défaillances au 3e trimestre 2021, le secteur résiste

Le point sur le bilan des défaillances d'entreprises par Altares



Durement impacté à l’été 2020, le secteur du voyage (agences de voyages, voyagistes et activités connexes) enregistre un net recul des défaillances (-48 %) au cours du 3e trimestre 2021, selon une étude du cabinet Altarès.


Rédigé par La Rédaction le Mercredi 13 Octobre 2021

Les agences de voyages, durement impactées à l’été 2020, enregistrent un très net recul des procédures (-48 %) au 3e trimestre 2021, selon Altares - DR : DepositPhotos, Andrey Popov
Les agences de voyages, durement impactées à l’été 2020, enregistrent un très net recul des procédures (-48 %) au 3e trimestre 2021, selon Altares - DR : DepositPhotos, Andrey Popov
Au cours du 3e trimestre 2021 (juillet à septembre), le cabinet Altares dénombre 14 défaillances dans le secteur du voyage, contre 25 à la même période en 2020.

Dans le détail, ce sont 11 agences de voyages, 2 voyagistes et 1 service de réservation ou activité connexe qui ont fait l'objet d’une procédure de sauvegarde, d'un redressement judiciaire ou d'une liquidation judiciaire directe auprès d’un Tribunal de Commerce ou Judiciaire.

"Les agences de voyages, qui avaient été durement impactées à l’été 2020, enregistrent un très net recul des procédures (-48 %)", commente Altares dans un communiqué.

Dans le secteur des transports et de la logistique, la baisse des défaillances est limitée (-2,1 %), tirée par les taxis (50 défaillances, -32%). En revanche, les procédures augmentent dans les transports routiers de fret interurbain (+39%) ou de proximité (+35%).

Altares a dénombré 2 défaillances pour les transports aériens de passagers et 2 pour les transports routiers réguliers de voyageurs.

C’est en hôtellerie-restauration que la baisse des défaillances est la plus forte (-46,1%). Dans le détail, le recul est de -29% pour les hôtels, -43% pour la restauration à table, -51% en restauration rapide et -54% pour les débits de boisson.

5 311 défaillances au global

Au global, sur le 3e trimestre 2021, Altares annonce 5 311 procédures collectives ouvertes, un chiffre en recul de 20,8% par rapport au 3e trimestre 2020, le volume des jugements étant deux fois inférieur au niveau d’avant Covid.

"Des signaux de fragilisation émergent pour les PME de 10 à 19 salariés qui étaient encore épargnées au 2e trimestre 2021 : elles observent une augmentation de 30% des redressements judiciaires", résume le cabinet.

"Depuis le printemps 2019, soit un an avant le début de la crise sanitaire, le nombre des défaillances d’entreprises recule chaque trimestre. Un vaccin contre la défaillance aurait-il été trouvé ? Rien n’est moins sûr", indique Thierry Millon, directeur des études Altares.

Ce 3e trimestre 2021 vient en effet nous rappeler que les règles de l’économie et des échanges commerciaux se rétablissent progressivement au rythme de la fin du "quoi qu’il en coûte". Si le volume des défaillances reste deux fois inférieur à celui de 2019, quelques activités présentent tout de même des signes de fragilité.

Leurs tensions sont exacerbées par les difficultés d’approvisionnements, de recrutement et la reprise rapide qui alourdit les besoins de fonds de roulement. Un clivage s’opère donc entre les entreprises qui terminent 2021 avec un niveau de trésorerie solide, au prix d’un endettement parfois fort, et les entreprises qui manquent déjà de cash pour financer la reprise.

Quant aux activités telles que la restauration ou le commerce, aidées plus longtemps du fait de leurs fermetures successives, elles tiennent encore et comptent sur un retour durable des consommateurs. Sur le dernier trimestre 2021, les défaillances devraient pouvoir être encore contenues sous le seuil des 10 000 avant que 2022 n’ouvre la voie à des tendances bien moins favorables.
"

De nombreux départements en alerte

Malgré des chiffres en amélioration, une vingtaine de départements se trouvent dans une situation de fragilité.

Affichant des volumes peu importants, la Corse enregistre la plus forte baisse des défaillances (-54,3%). En 2e position, on retrouve la Bretagne (- 30,3%).

Les Pays de la Loire arrivent sur la dernière marche du podium avec une baisse de 29,6% des procédures.

Dans la suite du classement, on retrouve la Normandie (-28,7%). Le département de l’Orne peine toutefois à stabiliser ses défaillances.

En Grand Est (- 27,7%) la tendance est également à la baisse même si le département de l’Aube observe un bond de 90% des défaillances.

En Occitanie, les procédures reculent de 23,9% mais ne baissent plus en Ariège, Lozère et Tarn-et-Garonne sans toutefois retrouver les niveaux de 2019.

En Île-de-France, la baisse du nombre de défaillances est également sensible : - 21,5%. Deux départements observent toutefois de fortes dégradations : la Seine-et-Marne (+12,6%) et le Val-d’Oise (+24,4%).

À peine en-dessous de la performance nationale, les régions Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes voient le nombre de défaillances diminuer de 20 %. Si dans la première région, tous les départements sont dans le vert, on observe des disparités dans la deuxième : le Rhône et la Drôme parviennent ainsi difficilement à stabiliser leurs niveaux de défaillances.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la baisse des défaillances est ralentie à -16,5% par le département des Bouches-du-Rhône où les procédures augmentent de 13,4 %.

Les régions Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val-de-Loire ferment la marche avec un recul de -10,9 % des défaillances.

En Côte-d’Or et Saône-et-Loire, le nombre de procédures se stabilise tandis qu’il grimpe rapidement dans l’Yonne qui avait pourtant connu un recul sensible des défaillances au 3e trimestre 2020.

"La fin du "quoi qu'il en coûte" n'a pas encore été sifflée"

"Le dernier trimestre 2021 sera déterminant pour de nombreuses entreprises. Elles devront se donner les moyens d’embrasser la croissance 2022 pour honorer les engagements d’emprunt et rappels de cotisations.

Pour l’heure, la fin du "quoi qu’il en coûte" n’a pas encore été sifflée. Car si les aides financières s’étiolent et si le dispositif d’activité partielle revient peu à peu à la normale, la bienveillance des organismes sociaux, elle, demeure
, conclut Thierry Millon.

En parallèle, les entreprises vont devoir composer avec l’amortissement des prêts garantis par l’État. Rappelons qu’elles sont 690 000 à avoir obtenu un PGE à la mi-septembre 2021, dont près des deux tiers ont été signés dès le début du dispositif.

Le printemps 2022 s’annonce donc extrêmement tendu pour les entreprises qui ne seraient pas en mesure d’honorer les premières échéances.

Peut-être seront-elles alors tentées de solliciter l’aide du tribunal pour restructurer le PGE dans le cadre d’une conciliation ou allonger la durée de remboursement avec un plan de sauvegarde ou de redressement.

Les TPE et « petites » PME en difficulté pourraient aussi envisager de recourir à la procédure de traitement de sortie de crise (TSC) réservée aux entreprises fortement impactées par la crise sanitaire. Cette dernière, non encore décrétée, pourrait toutefois s’avérer difficile à mettre en œuvre pour des entreprises insuffisamment préparées.
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