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Comment les croisières fluviales s’adaptent aux fleuves à sec

Des niveaux d'eau particulièrement bas


Le Danube, le Rhin et plusieurs canaux français subissent cet été des niveaux d'eau particulièrement bas. Si les annulations restent limitées, les itinéraires ne sont pas toujours assurés comme prévu. Changements de navire, transferts en autocar, nuits d'hôtel : les compagnies multiplient les solutions. En France, 97,5% du grand gabarit reste opérationnel, mais seulement 71,5% du petit gabarit, selon VNF.


Rédigé par le Jeudi 27 Août 2026 à 07:34

Le Danube est tombé cet été à son plus bas niveau jamais enregistré - DepositPhotos.com, Mario Kprn
Le Danube est tombé cet été à son plus bas niveau jamais enregistré - DepositPhotos.com, Mario Kprn
La sécheresse qui frappe une partie de l'Europe a sérieusement compliqué cet été la saison du tourisme fluvial.

Du Danube au Rhin, en passant par le Main et plusieurs canaux français, les faibles niveaux d'eau rendent certains tronçons difficiles, voire impossibles à naviguer.

Pour autant, les compagnies évitent autant que possible les annulations. Elles ont développé toute une panoplie de solutions : changement de bateau, itinéraire inversé, escales déplacées, nuits à l'hôtel ou transferts en autocar.

Une capacité d'adaptation qui permet de sauver les départs, mais qui peut aussi sensiblement modifier le voyage acheté par le client.

VNF : le petit gabarit beaucoup plus touché

En France, Voies navigables de France (VNF) veut éviter toute généralisation.

Dans un point publié le 13 août, l'établissement souligne que 97,5% du réseau à grand gabarit reste opérationnel malgré la sécheresse.

La situation est nettement différente sur le petit gabarit, particulièrement important pour le tourisme fluvial : 71,5% seulement du réseau reste opérationnel.

Cette différence concerne directement les activités de plaisance, la location de bateaux sans permis ou encore certaines péniches-hôtels.

La situation s'est dégradée au fil de l'été. Au 15 août, les barrages-réservoirs suivis par VNF n'affichaient plus qu'un taux de remplissage moyen de 35%, contre 42% au début du mois et 58% en moyenne sur les dix dernières années à la même date.

Le canal de Bourgogne et le canal latéral à la Loire ont notamment été fermés à la navigation dans le cadre des restrictions affectant les liaisons Nord-Sud. D'autres incidents ont été signalés sur le canal entre Champagne et Bourgogne, l'Yonne, la Seille ou encore le canal des Ardennes.

Sollicité, Riverly nous a indiqué ne pas vouloir prendre la parole sur ce sujet.

La technique du "ship swap"

Les difficultés françaises s'inscrivent dans un phénomène beaucoup plus large.

AmaWaterways décrit un été « exceptionnellement sec » en Europe. Selon la compagnie, le Danube en Roumanie est descendu à son niveau le plus bas depuis environ trente ans, tandis que le Rhin, le Main et le haut Danube évoluent sous leurs niveaux saisonniers.

Lorsque certains seuils sont franchis, les bateaux ne peuvent plus naviguer en sécurité.

Viking a confirmé également des niveaux exceptionnellement bas sur certaines parties du Rhin et du Danube et prévenu que plusieurs de ses itinéraires peuvent être modifiés.

Pour éviter l'annulation, les compagnies ont développé une technique désormais bien rodée : le « ship swap ».

AmaWaterways positionne deux bateaux sur le même fleuve, de part et d'autre du secteur devenu impraticable. Pendant une excursion terrestre, les passagers passent d'un navire à l'autre. À leur arrivée, leurs bagages les attendent dans une cabine correspondante. Le tronçon infranchissable est ainsi contourné sans interrompre le voyage.

Viking applique une stratégie comparable grâce à des sisterships identiques naviguant en sens opposé. Les passagers peuvent changer de bateau tout en retrouvant la même catégorie de cabine de l'autre côté de la zone affectée.

Cette organisation suppose toutefois de disposer d'une flotte suffisamment importante et de bateaux positionnés au bon endroit.

AmaWaterways revendique zéro annulation

Lorsque le changement de bateau ne suffit pas, les opérateurs vont plus loin.

AmaWaterways explique pouvoir inverser le sens d'une croisière, ajouter une nuit dans une ville, organiser un trajet en autocar vers une escale inaccessible ou même reconstruire entièrement l'itinéraire.

La compagnie revendique ainsi n'avoir annulé aucun départ cet été en raison des faibles niveaux d'eau.

Plutôt que supprimer un voyage lorsque le fleuve devient impraticable, il s'agit désormais de préserver autant que possible le programme touristique autour de la navigation. Quitte à faire une partie du trajet par la route.

Quand la croisière se poursuit sur la route

À Budapest, certains bateaux ont dû s'arrêter à Komárom, à environ 120 kilomètres de la capitale hongroise, obligeant leurs passagers à poursuivre par la route.

En Bulgarie, près de Vidin, 186 touristes ont dû être évacués d'un bateau qui s'était retrouvé échoué.

En Espagne, El País a relaté le cas de 120 voyageurs partis pour une croisière sur le Danube. Face aux difficultés de navigation, une partie importante du programme devait finalement être réalisée par la route. Les passagers estimaient devoir parcourir près de 1 500 kilomètres en autocar.

CroisiEurope met en avant le faible tirant d'eau de sa flotte

Les compagnies ne sont pas toutes affectées de la même manière.

CroisiEurope indiquait début août aux Dernières nouvelles d'Alsace avoir dû procéder à trois annulations, tout en maintenant la très grande majorité de ses départs.

La compagnie alsacienne mettait notamment en avant le faible tirant d'eau de ses bateaux, qui permet de continuer à naviguer lorsque les conditions deviennent difficiles.

Enfin, si les pluies récentes ont amélioré la situation sur certains secteurs du Danube et du Rhin, notamment sur le haut Danube, les compagnies restent donc prudentes pour les prochains départs.

Saga River Cruises continue également de prévoir des itinéraires alternatifs sur les voies navigables néerlandaises, le Main ou les portions navigables du Danube. Avec une promesse adressée à ses clients : ne pas transformer leur croisière en circuit en autocar et maintenir la navigation du bateau.


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