TourMaG.com, 1er journal des professionnels du tourisme francophone
TourMaG.com, 1e



NDC : Quel modèle économique pour les agences ?

une équation à trop d'inconnues



6 ans après le lancement du programme NDC par IATA, une zone de flou demeure : où les agences de voyages trouveront-elles de nouveaux moyens de rémunération ?


Rédigé par le Mercredi 18 Avril 2018

© Pixabay
© Pixabay
En matière de norme NDC, le monde de l'aérien avance toujours à tâtons.

Près de 6 ans après le lancement du programme de nouveau standard par l'Association internationale du transport aérien (IATA), les compagnies aériennes progressent chacune de leur côté et implémentent au fur et à mesure la norme.

Et, alors qu'elles mettent progressivement en place, de Lufthansa à IAG en passant par Air France, des surcoûts pour les ventes de billets d'avions via GDS, pénalisant de fait les ventes via agences de voyages, le modèle économique de ces dernières se voit bouleversé. Pour l'avenir, le flou est toujours total. "Cela va prendre du temps avant que tout le monde y voit plus clair. Rien n'est finalisé", explique Cedric Lefort, "senior director solution consulting" chez BCD Travel

"Cela nous oblige à revoir complètement nos modèles économiques, tout est renversé", poursuit-il. Dès lors comment les agences pourront se rémunérer sur la vente de billets d'avions ? "Les nouveaux modèles pourraient être basés sur une facturation en fonction du profil voyageurs. Ou encore sur des volumétries particulières, voir même en facturant plus les services additionnels", analyse-t-il. Dans tous les cas, l'idée est de sortir du "transaction fee" tel qu'on le connaît.

La pression est sur les GDS

"A la base, NDC n'est qu'un nouveau standard de transmission de données (voir encadré) qui vise à moderniser la distribution des compagnies aériennes", rappelle Philippe Berland, expert en transport aérien chez Sia Partners, s'exprimant lors de la dernière conférence AmExGBT.

"Il y a bien sur un impact considérable sur l'écosystème de la chaîne de valeur, mais qui ne se résume par qu'à des considérations commerciales de surcharges GDS", précise-t-il.

"Cela remet en cause aussi les fournisseurs technologiques, dont les offres commencent à peine à se structurer". "Actuellement, la pression est bien sur les GDS", estime aussi Cedric Lefort.

Quels effets positifs ?

Toutefois, les experts du secteur tiennent à rappeler que ce changement n'amène pas que bouleversements et incertitudes.

"Le premier impact concerne bien sûr les compagnies aériennes", explique Philippe Berland. "Le contenu qu'elles proposent devient plus riche, mêlant texte, image et vidéo, incluant leurs services auxiliaires. Cela aboutit à une construction plus dynamique de l'offre, rendant possible une vraie personnalisation, des ventes à la carte".

Car c'est bien là le principal avantage de la nouvelle norme : l'offre de billets d'avions devient de plus en plus complète, riche et personnalisée, et facilite donc la vie du voyageur. Ce qui impactera aussi le voyage d'affaires. "Les entreprises auront automatiquement plus de contrôle sur leurs budgets déplacements", estime Philippe Berland.

"NDC va clairement aider l'industrie, en permettant aux consommateurs d'avoir accès à des contenus plus riches", ajoute Cedric Lefort.

"Mais la période de confusion et d'expectative autour de la norme va continuer", ajoute-t-il. "Clairement, cela ne va pas être réglé en une nuit, et la transition va se faire lentement".

A Philippe Berland de conclure : "NDC n'apporte pas une solution, ce n'est ni un produit, ni une interface utilisateur concrète. Je le rappelle : c'est un standard, dont l'avenir dépendra de la manière dont les acteurs du secteur vont se l'approprier et le déployer".

en savoir plus : nos articles sur NDC

Piqûre de rappel : NDC, qu'est ce que c'est ?

NDC, pour New Distribution Capability, est un nouveau standard technique développé depuis 2012 par l'Association internationale du transport aérien (IATA) et devant permettre aux compagnies aériennes de distribuer les contenus relatifs aux vols et aux services de manière plus enrichie à leurs distributeurs, des agences aux comparateurs de vols en passant par les TMC et les GDS.

Ces derniers voient de fait leur situation de "monopole d'intermédiation" remis en question, et la mise en place progressive de la norme NDC contribue à la mise en place de frais GDS. Après Lufthansa, le groupe IAG, ou encore Ukraine Int. Airlines, c'est au tour d'Air France de mettre en place une stratégie de surcharge tarifaire pour toutes réservations effectuées via GDS.

Lu 1754 fois

Tags : GDS, IATA, NDC
Notez



1.Posté par Gilles le 19/04/2018 08:51 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
"Car c'est bien là le principal avantage de la nouvelle norme : l'offre de billets d'avions devient de plus en plus complète, riche et personnalisée, et facilite donc la vie du voyageur. Ce qui impactera aussi le voyage d'affaires. "Les entreprises auront automatiquement plus de contrôle sur leurs budgets déplacements", estime Philippe Berland."

En quoi cela va permettre aux entreprises de mieux controler leurs budgets déplacements, elles raisonnent en terme de cout et non du service au voyageur.
Les frais ancillaires sont chassés dans les entreprises qui sont équipées d'outils de contrôles de note de frais.
Pour les restant auront-elle le choix entre un prix sans bagages et avec bagages, avec un siège proche du hublot ou des toilettes, pas vraiement sur.
Le NDC est à coup sur qu'un moyen pour les compagnies aériennes de sortir d'un modèl économique dans equel elles se sont enfermés toutes seules au fil des années sans voir arriver le modèle économique des low costs.
Pendant des années elles se sont battues entre elle à grand coup de "service" , pour au final réduire de service et tenter de garder le minimum le siège pour le confort.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.

Dans la même rubrique :
< >


PUBLICITÉ
Scheherazade KACIMI Scheherazade KACIMI
commercial@tourmag.com
+33 4 91 58 58 27
+33 6 76 50 55 75

Dernière heure

















Le groupe TourMaG.com publie également Brochuresenligne.com, 1er portail de brochures électroniques de voyages; DMCmag.com, 1er portail Destination Management Companies et TourMaGEVENTS, l'agenda des événements du tourisme.
Partenaire de Depositphotos.

TourMaG.com Légal Utiles
Emploi
Groupes / CE
La Travel Tech
Travel in France
Brochuresenligne.com
DMCmag.com TourMaGEVENTS.com
Signaler un contenu illicite
Plan du site
Contact
Publicité
La presse en parle