TourMaG - Vous êtes la fondatrice d’Anglais in France, mais avant cela vous étiez enseignante. Quel a été votre parcours ?
Jennifer Laur : Le parcours est assez simple. J’ai une licence d’anglais et civilisation, puis j’ai travaillé comme enseignante, à la fois à l’Éducation nationale et au ministère de l’Agriculture. Ensuite, cela a débouché sur la création d’Anglais in France en 2008.
TourMaG - Comment est née l’idée de créer cette agence ?
Jennifer Laur : Avec ma famille, nous étions famille d’accueil pour des jeunes Anglaises venant d’un collège du pays de Galles. J’aimais beaucoup recevoir ces jeunes filles à la maison et je trouvais ce métier très intéressant.
Ma mère était en contact avec une personne qui avait créé une agence à Versailles et je trouvais déjà ce secteur intéressant. Puis, avec le développement d’Internet, je me suis dit que c’était le bon moment pour passer à l’action.
TourMaG - À quel moment vous êtes-vous dit qu’il existait un véritable marché ?
Jennifer Laur : En bonne ex-fonctionnaire, je ne raisonnais pas vraiment en termes de marché. J’ai surtout pensé à me faire plaisir et à faire plaisir aux personnes qui voulaient apprendre l’anglais autrement.
Je voulais aussi permettre aux anglophones, majoritairement britanniques, installés dans nos campagnes de partager leur culture et leur nouvelle vie en France avec les habitants de leur pays d’accueil.
Jennifer Laur : Le parcours est assez simple. J’ai une licence d’anglais et civilisation, puis j’ai travaillé comme enseignante, à la fois à l’Éducation nationale et au ministère de l’Agriculture. Ensuite, cela a débouché sur la création d’Anglais in France en 2008.
TourMaG - Comment est née l’idée de créer cette agence ?
Jennifer Laur : Avec ma famille, nous étions famille d’accueil pour des jeunes Anglaises venant d’un collège du pays de Galles. J’aimais beaucoup recevoir ces jeunes filles à la maison et je trouvais ce métier très intéressant.
Ma mère était en contact avec une personne qui avait créé une agence à Versailles et je trouvais déjà ce secteur intéressant. Puis, avec le développement d’Internet, je me suis dit que c’était le bon moment pour passer à l’action.
TourMaG - À quel moment vous êtes-vous dit qu’il existait un véritable marché ?
Jennifer Laur : En bonne ex-fonctionnaire, je ne raisonnais pas vraiment en termes de marché. J’ai surtout pensé à me faire plaisir et à faire plaisir aux personnes qui voulaient apprendre l’anglais autrement.
Je voulais aussi permettre aux anglophones, majoritairement britanniques, installés dans nos campagnes de partager leur culture et leur nouvelle vie en France avec les habitants de leur pays d’accueil.
Nous avons lancé un stage de seconde appelé "Bridge'nWork"
TourMaG - Votre concept est atypique : du 100 % anglais… mais en France. Comment fonctionne-t-il ?
Jennifer Laur : L’idée de départ était de permettre à des Français d’entrer en relation avec des Britanniques installés en France, qui possèdent un diplôme pour enseigner leur langue. En tant qu’enseignante, cet aspect pédagogique me semblait essentiel.
L’objectif est de vivre “à l’anglaise” sans traverser la Manche. Ces familles britanniques comprennent aussi très bien les différences culturelles puisqu’elles sont elles-mêmes immigrées en France. Elles savent à quel point certaines situations peuvent être compliquées quand on ne maîtrise pas totalement la langue ou les codes culturels.
TourMaG - Vous vous adressez aussi bien aux jeunes qu’aux adultes ?
Jennifer Laur : Oui, tout à fait. Les séjours commencent à partir de 12 ans et vont jusqu’à 80 ans, en passant par les étudiants et les professionnels.
TourMaG - Apprend-on aussi bien l’anglais en France qu’à l’étranger ?
Jennifer Laur : Ce n’est pas forcément la même démarche. Les personnes qui choisissent nos séjours recherchent souvent quelque chose de très cocooning. On voit de plus en plus de jeunes qui refusent de partir à l’étranger pour un premier séjour et qui préfèrent rester relativement proches de chez eux.
Ils ont besoin de se sentir rassurés, de savoir qu’ils ne sont qu’à quelques centaines de kilomètres de leur domicile et qu’ils seront pris en charge toute la semaine au sein d’une famille. Il n’y a pas de transports à gérer, tout se passe dans un cadre familial.
TourMaG - Quelles nouveautés lancez-vous cette année ?
Jennifer Laur : Nous avons lancé un stage de seconde appelé "Bridge'nWork". Il permet à des lycéens de venir dans notre agence à Vazerac, dans le Tarn-et-Garonne, afin de pratiquer l’anglais professionnel.
Ils rencontrent des partenaires britanniques avec lesquels nous travaillons quotidiennement et découvrent la manière dont des Britanniques développent leur activité en France : les difficultés administratives, la barrière de la langue, mais aussi toute la culture associative très anglo-saxonne.
Par exemple, nous avons des librairies associatives 100 % anglaises ou encore des associations de protection des chats errants. Tout ce tissu associatif autour des animaux est très développé au Royaume-Uni et représente aussi un apport culturel intéressant.
Jennifer Laur : L’idée de départ était de permettre à des Français d’entrer en relation avec des Britanniques installés en France, qui possèdent un diplôme pour enseigner leur langue. En tant qu’enseignante, cet aspect pédagogique me semblait essentiel.
L’objectif est de vivre “à l’anglaise” sans traverser la Manche. Ces familles britanniques comprennent aussi très bien les différences culturelles puisqu’elles sont elles-mêmes immigrées en France. Elles savent à quel point certaines situations peuvent être compliquées quand on ne maîtrise pas totalement la langue ou les codes culturels.
TourMaG - Vous vous adressez aussi bien aux jeunes qu’aux adultes ?
Jennifer Laur : Oui, tout à fait. Les séjours commencent à partir de 12 ans et vont jusqu’à 80 ans, en passant par les étudiants et les professionnels.
TourMaG - Apprend-on aussi bien l’anglais en France qu’à l’étranger ?
Jennifer Laur : Ce n’est pas forcément la même démarche. Les personnes qui choisissent nos séjours recherchent souvent quelque chose de très cocooning. On voit de plus en plus de jeunes qui refusent de partir à l’étranger pour un premier séjour et qui préfèrent rester relativement proches de chez eux.
Ils ont besoin de se sentir rassurés, de savoir qu’ils ne sont qu’à quelques centaines de kilomètres de leur domicile et qu’ils seront pris en charge toute la semaine au sein d’une famille. Il n’y a pas de transports à gérer, tout se passe dans un cadre familial.
TourMaG - Quelles nouveautés lancez-vous cette année ?
Jennifer Laur : Nous avons lancé un stage de seconde appelé "Bridge'nWork". Il permet à des lycéens de venir dans notre agence à Vazerac, dans le Tarn-et-Garonne, afin de pratiquer l’anglais professionnel.
Ils rencontrent des partenaires britanniques avec lesquels nous travaillons quotidiennement et découvrent la manière dont des Britanniques développent leur activité en France : les difficultés administratives, la barrière de la langue, mais aussi toute la culture associative très anglo-saxonne.
Par exemple, nous avons des librairies associatives 100 % anglaises ou encore des associations de protection des chats errants. Tout ce tissu associatif autour des animaux est très développé au Royaume-Uni et représente aussi un apport culturel intéressant.
Des summer camp pour les plus jeunes
TourMaG - Et pour les plus jeunes ?
Jennifer Laur : Nous avons également créé un mini summer camp à Vazerac, avec seulement six jeunes maximum accueillis et une animatrice native anglophone.
Il y a toujours de l’équitation, des sorties en anglais et un environnement très rural et familial. C’est pensé pour des jeunes qui ne se sentent pas encore prêts à partir seuls en immersion familiale classique et qui veulent une première étape avant un séjour plus intensif.
TourMaG - Les formations CPF sont désormais plafonnées à 1 500 euros. Est-ce un frein pour vous ?
Jennifer Laur : Oui, clairement. Cela oblige les personnes à financer une partie plus importante de leur formation elles-mêmes. Nous pouvons proposer des formations plus courtes, mais c’est dommage car une semaine complète donnait de très bons résultats.
Nous sommes déjà avantagés par le fait de proposer des immersions en France. Les formateurs doivent avoir un numéro d’activité et être basés en France. S’ils ne sont pas auto-entrepreneurs ou micro-entrepreneurs, ils doivent disposer de la certification Qualiopi, ce qui est très compliqué pour des écoles de langue situées à l’étranger.
TourMaG - Le fait de proposer des séjours en France vous protège-t-il davantage du contexte géopolitique actuel ?
Jennifer Laur : Oui, sans aucun doute. Nous n’avons pas ressenti de baisse de la demande, au contraire. Nous pensons même que celle-ci pourrait augmenter cette année.
Nos clients recherchent quelque chose de très précis. Le marché est devenu mature : les gens savent exactement ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas. Généralement, lorsqu’ils nous contactent, ils réservent un séjour.
TourMaG - Pourtant, le marché du séjour linguistique souffre depuis le Covid…
Jennifer Laur : Oui, le secteur souffre globalement, mais cela dépend aussi beaucoup des destinations et des types de séjours proposés.
Nous sommes dans une période de transformation. Les jeunes veulent peut-être autre chose aujourd’hui et il faut réinventer le séjour linguistique de demain.
TourMaG - Comment imaginez-vous justement le séjour linguistique dans dix ans ?
Jennifer Laur : Très honnêtement, je ne le vois pas. Nous en parlons beaucoup avec mes confrères de UNOSEL et c’est compliqué de se projeter.
Tout évolue très vite, comme pour les agences de voyage ou les tour-opérateurs. Il faut rester attentif aux évolutions du marché et essayer de sentir d’où vient le vent. Aujourd’hui, il est difficile de se projeter à dix ans.
TourMaG - Et votre entreprise, comment la voyez-vous évoluer ?
Jennifer Laur : Nous nous voyons rester à deux. Nous n’avons pas l’ambition de développer l’agence outre mesure.
L’idée est avant tout de continuer à nous faire plaisir et à satisfaire nos clients. Nous aimons développer de nouveaux produits pour nous adapter au marché, mais nous souhaitons rester en France, notamment pour conserver cette proximité avec les familles d’accueil que nous rencontrons personnellement tous les deux ans.
La qualité humaine et le sur-mesure restent essentiels pour nous.
TourMaG - Vos clients sont-ils fidèles ?
Jennifer Laur : Oui, énormément. Nous accueillons aujourd’hui les petits frères, les petites sœurs, les cousins ou les cousines d’anciens participants.
Les familles nous trouvent principalement via Google et désormais aussi via l’IA. Mais surtout, les gens ont envie de parler directement aux dirigeants. Ils recherchent ce contact humain.
Nous leur expliquons simplement ce que nous faisons et, s’ils adhèrent au concept, ils réservent un séjour.
Jennifer Laur : Nous avons également créé un mini summer camp à Vazerac, avec seulement six jeunes maximum accueillis et une animatrice native anglophone.
Il y a toujours de l’équitation, des sorties en anglais et un environnement très rural et familial. C’est pensé pour des jeunes qui ne se sentent pas encore prêts à partir seuls en immersion familiale classique et qui veulent une première étape avant un séjour plus intensif.
TourMaG - Les formations CPF sont désormais plafonnées à 1 500 euros. Est-ce un frein pour vous ?
Jennifer Laur : Oui, clairement. Cela oblige les personnes à financer une partie plus importante de leur formation elles-mêmes. Nous pouvons proposer des formations plus courtes, mais c’est dommage car une semaine complète donnait de très bons résultats.
Nous sommes déjà avantagés par le fait de proposer des immersions en France. Les formateurs doivent avoir un numéro d’activité et être basés en France. S’ils ne sont pas auto-entrepreneurs ou micro-entrepreneurs, ils doivent disposer de la certification Qualiopi, ce qui est très compliqué pour des écoles de langue situées à l’étranger.
TourMaG - Le fait de proposer des séjours en France vous protège-t-il davantage du contexte géopolitique actuel ?
Jennifer Laur : Oui, sans aucun doute. Nous n’avons pas ressenti de baisse de la demande, au contraire. Nous pensons même que celle-ci pourrait augmenter cette année.
Nos clients recherchent quelque chose de très précis. Le marché est devenu mature : les gens savent exactement ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas. Généralement, lorsqu’ils nous contactent, ils réservent un séjour.
TourMaG - Pourtant, le marché du séjour linguistique souffre depuis le Covid…
Jennifer Laur : Oui, le secteur souffre globalement, mais cela dépend aussi beaucoup des destinations et des types de séjours proposés.
Nous sommes dans une période de transformation. Les jeunes veulent peut-être autre chose aujourd’hui et il faut réinventer le séjour linguistique de demain.
TourMaG - Comment imaginez-vous justement le séjour linguistique dans dix ans ?
Jennifer Laur : Très honnêtement, je ne le vois pas. Nous en parlons beaucoup avec mes confrères de UNOSEL et c’est compliqué de se projeter.
Tout évolue très vite, comme pour les agences de voyage ou les tour-opérateurs. Il faut rester attentif aux évolutions du marché et essayer de sentir d’où vient le vent. Aujourd’hui, il est difficile de se projeter à dix ans.
TourMaG - Et votre entreprise, comment la voyez-vous évoluer ?
Jennifer Laur : Nous nous voyons rester à deux. Nous n’avons pas l’ambition de développer l’agence outre mesure.
L’idée est avant tout de continuer à nous faire plaisir et à satisfaire nos clients. Nous aimons développer de nouveaux produits pour nous adapter au marché, mais nous souhaitons rester en France, notamment pour conserver cette proximité avec les familles d’accueil que nous rencontrons personnellement tous les deux ans.
La qualité humaine et le sur-mesure restent essentiels pour nous.
TourMaG - Vos clients sont-ils fidèles ?
Jennifer Laur : Oui, énormément. Nous accueillons aujourd’hui les petits frères, les petites sœurs, les cousins ou les cousines d’anciens participants.
Les familles nous trouvent principalement via Google et désormais aussi via l’IA. Mais surtout, les gens ont envie de parler directement aux dirigeants. Ils recherchent ce contact humain.
Nous leur expliquons simplement ce que nous faisons et, s’ils adhèrent au concept, ils réservent un séjour.
















