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Un Monde Bleu, l’interface entre les compagnies fluviales et les escales françaises

L'éclairage de Loïck Andamaye, directeur produits et développements d'Un Monde Bleu


Depuis trente ans, l'agence réceptive Un Monde Bleu accompagne les tour-opérateurs fluviaux dans l'organisation de leurs programmes en France. Un rôle qui ne se limite plus à la logistique : la structure conseille désormais ses clients sur les excursions, imagine de nouveaux produits et sert d'interface avec les territoires.


Rédigé par le Jeudi 16 Juillet 2026 à 07:41

Lyon est l'une des principales escales des croisières fluviales françaises. Un Monde Bleu y organise les excursions et coordonne les prestations terrestres pour le compte de tour-opérateurs internationaux - DepositPhotos.com, Panther Media Seller
Lyon est l'une des principales escales des croisières fluviales françaises. Un Monde Bleu y organise les excursions et coordonne les prestations terrestres pour le compte de tour-opérateurs internationaux - DepositPhotos.com, Panther Media Seller
Pour le passager, tout paraît simple. Le bateau accoste, un autocar attend sur le quai et, quelques minutes plus tard, le groupe prend la direction d'un domaine viticole, d'un village ou d'un grand site touristique.

Derrière cette apparente fluidité se cache pourtant une organisation complexe.

Guides, transporteurs, restaurateurs, musées, domaines viticoles, hôtels : une croisière fluviale mobilise à chaque escale de nombreux prestataires.

C'est précisément le rôle d'une agence réceptive comme Un Monde Bleu, qui fête cette année ses trente ans. Son métier : prendre en charge toute la partie terrestre des programmes proposés en France par ses clients, principalement des tour-opérateurs étrangers.

« Nous pouvons nous occuper de toute la gestion touristique à partir du moment où le client pose le pied sur le territoire français », résume Loïck Andamaye, directeur produits et développements du DMC.


De l'aéroport jusqu'au bateau

L'histoire de l'agence est intimement liée au développement de la croisière fluviale en France.

À ses débuts, sous le nom de Route Marine, la structure accompagnait les premières opérations d'un armateur germanophone venu positionner un bateau sur le Rhône.

Son rôle consistait déjà à organiser la partie terrestre : excursions, transport, recherche de sites de visite ou de domaines viticoles susceptibles d'accueillir les passagers.

Trente ans plus tard, le principe reste le même, mais le périmètre s'est considérablement élargi. L'agence intervient aujourd'hui sur les différents bassins fluviaux français et peut également organiser les séjours précédant ou suivant la croisière. Paris, Genève, la Champagne, la Bretagne ou la Côte d'Azur peuvent ainsi être intégrés à des programmes de plusieurs jours.

Pour une croisière sur le Rhône, par exemple, les passagers américains peuvent commencer leur voyage par trois jours à Paris. Un Monde Bleu organise alors l'accueil à l'aéroport, les transferts, l'hôtel et les excursions, avant d'acheminer le groupe vers Lyon en TGV.

L'agence peut même prendre en charge séparément les bagages jusqu'au navire et organiser une activité entre l'arrivée du train et l'heure d'embarquement.

Un interlocuteur unique pour les tour-opérateurs étrangers

Loïck Andamaye, directeur Produits et Développements d'Un Monde Bleu - Photo : UMB
Loïck Andamaye, directeur Produits et Développements d'Un Monde Bleu - Photo : UMB
Une fois la croisière commencée, elle est en mesure d'orchestrer les excursions à chaque escale, mais également certaines animations à bord : démonstrations, spectacles ou interventions d'artistes locaux.

Pour les tour-opérateurs, l'intérêt est de disposer d'un interlocuteur unique capable d'organiser les prestations sur l'ensemble du territoire français.

Cette position fait également de l'agence une porte d'entrée pour les acteurs locaux souhaitant travailler avec la croisière fluviale.

« Une petite cave du Beaujolais peut difficilement entrer directement en contact avec une grande compagnie internationale. Son message risque de se perdre. Notre rôle est justement de faire l'interface entre le local et le tour-opérateur », explique Loïck Andamaye.

Encore faut-il pouvoir répondre aux contraintes de l'accueil des groupes. Capacité, sanitaires, horaires d'ouverture, accessibilité des autocars ou capacité à réagir à une modification d'itinéraire : l'agence accompagne également les prestataires dans leur adaptation aux exigences de cette clientèle.

Le conseil prend une place croissante

Car les imprévus font partie du quotidien. Une écluse en panne ou une modification de navigation peut décaler une escale de plusieurs jours. Le tour-opérateur prévient alors son agence réceptive, qui réorganise l'ensemble de la chaîne : guides, autocars, restaurants et sites de visite.

Le métier évolue cependant. Pendant longtemps, les compagnies demandaient essentiellement des excursions classiques : visite de Lyon, découverte du Beaujolais ou grands incontournables parisiens. La concurrence entre les opérateurs et la volonté de rajeunir la clientèle changent désormais la donne.

« Les compagnies nous demandent davantage de produits actifs, des excursions à vélo ou des randonnées. Certaines réfléchissent aussi aux croisières familiales », souligne Loïck Andamaye.

Cette évolution a conduit Un Monde Bleu à créer un département Produits et Développements. Son travail commence désormais très en amont de l'exploitation. L'agence travaille déjà sur des programmes pour 2028.

Elle doit aussi éviter que les compagnies, pourtant concurrentes, ne proposent toutes les mêmes visites au même moment.

Lorsqu'une dizaine de bateaux sont présents simultanément dans une destination, il faut répartir les départs des autocars, décaler les horaires et diversifier les excursions. Une manière de préserver l'expérience des passagers, mais aussi de limiter la pression sur les territoires et leurs habitants.

Lire aussi : Responsable d'escale fluviale : ce métier de l'ombre qui fait toute la différence

Faut-il toujours visiter Versailles ?

Le rôle de conseil consiste aussi, parfois, à remettre en cause les choix les plus évidents. Versailles, le Louvre ou la tour Eiffel constituent des arguments commerciaux puissants dans une brochure. Mais les difficultés de réservation et la fréquentation peuvent dégrader l'expérience une fois sur place.

« Notre rôle est aussi de dire au client : attention, Versailles est très important d'un point de vue marketing, mais est-ce vraiment le meilleur produit pour vos passagers ? Nous pouvons parfois proposer une alternative, comme le château de Chantilly, avec une expérience plus satisfaisante », explique le directeur Produits et Développements.

Cette connaissance du terrain devient d'autant plus stratégique que les passagers sont très fidèles à leur compagnie. Selon Loïck Andamaye, certains opérateurs comptent 60 à 70% de clients récurrents.

Impossible, dans ces conditions, de leur proposer éternellement la même excursion. Les itinéraires doivent conserver quelques incontournables tout en renouvelant régulièrement une partie de l'offre.

Climat, nouvelles destinations et saisons plus longues

Les évolutions climatiques entrent également dans la conception des futurs programmes.

Les épisodes de forte chaleur compliquent certaines excursions en Provence pour une clientèle encore largement senior. À l'inverse, les risques de crue à l'automne peuvent conduire à privilégier certains itinéraires plutôt que d'autres.

« Nous réfléchissons déjà avec nos clients aux programmes de 2028. Avec les épisodes de canicule, faut-il aller davantage sur la Saône à certaines périodes plutôt qu'en Provence ? Ce sont désormais des questions que nous devons anticiper », indique Loïck Andamaye.

D'autant que la saison fluviale s'allonge. Alors qu'elle s'étendait autrefois de la mi-avril à la mi-octobre, elle peut désormais commencer à la mi-mars et se poursuivre jusqu'au début du mois de janvier.

Cette extension impose également de renouveler les excursions et de créer des produits adaptés à l'hiver ou aux fêtes de fin d'année.

En parallèle, Un Monde Bleu travaille sur de nouvelles destinations pour les extensions avant et après croisière. Aux classiques Paris, Nice ou Genève viennent s'ajouter des réflexions autour de Toulouse, La Rochelle ou la Champagne.

Le futur canal Seine-Nord Europe est également observé de près. Son ouverture aux grandes unités fluviales pourrait, à terme, permettre d'imaginer de nouveaux itinéraires.

Une forte demande pour la France

Pour Loïck Andamaye, le potentiel français reste important. Si le Rhin et le Danube concentrent encore l'essentiel de la flotte européenne, la demande pour la France demeure forte.

Le principal frein serait aujourd'hui moins commercial que capacitaire : les tour-opérateurs peinent parfois à trouver des navires disponibles et le transfert d'un bateau d'un bassin fluvial à un autre représente un investissement important.

Mais les perspectives restent favorables. « Les clients aiment la France et veulent la programmer. Il y a des bateaux qui quittent le marché, notamment lorsqu'ils sont remplacés, mais il y a davantage d'arrivées que de départs », estime Loïck Andamaye.

Une croissance qui devrait encore renforcer le rôle de ces intermédiaires discrets.


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