Mathieu, commençons par un constat général. Pourquoi la gestion du paiement dans le voyage d'affaires semble-t-elle encore si peu aboutie, comparée à d'autres domaines de la finance d'entreprise ?
Mathieu Volondat : C'est un constat que partagent beaucoup de directeurs financiers et de travel managers. La charge opérationnelle liée au paiement s'accumule de façon progressive, jusqu'au moment où une partie significative du temps de l'équipe finance est consacrée à traiter des exceptions plutôt qu'à piloter les dépenses. Ce qui apparaît comme une simple contrainte pour le voyageur devient, à l'échelle de l'organisation, un problème structurel. Les outils et les processus de paiement n'ont pas suivi le niveau de maturité atteint par d'autres fonctions financières.
Quelles en sont les causes profondes ?
Mathieu Volondat : La cause principale est d'ordre structurel. La réservation de voyages, la gestion des notes de frais et la comptabilité reposent généralement sur des outils distincts, qui n'ont pas été conçus pour s'articuler entre eux. Chaque transfert entre systèmes crée une zone de friction où les données se perdent ou les règles de politique voyage ne se transmettent pas.
À quoi ressemble cette configuration unifiée ?
Mathieu Volondat : Plutôt que de contraindre les entreprises à choisir entre une solution de carte corporate et un outil de gestion des frais, Pliant articule trois niveaux complémentaires :
● Le paiement centralisé pour les fournisseurs habituels, compagnies aériennes, hôtels, opérateurs ferroviaires, avec une visibilité sur chaque transaction au moment où elle intervient
● Les dépenses professionnelles avec des cartes virtuelles paramétrées par fournisseur ou par équipe, des plafonds adaptés et une réconciliation automatisée des transactions
● Les cartes collaborateurs, physiques et virtuelles, pour les équipes qui ont besoin de souplesse en déplacement, avec une application mobile permettant la capture des justificatifs
Le résultat est un dispositif dans lequel le voyageur évolue sans friction, tandis que la direction financière conserve ses leviers de contrôle sans mobiliser ses équipes en continu.
● Le paiement centralisé pour les fournisseurs habituels, compagnies aériennes, hôtels, opérateurs ferroviaires, avec une visibilité sur chaque transaction au moment où elle intervient
● Les dépenses professionnelles avec des cartes virtuelles paramétrées par fournisseur ou par équipe, des plafonds adaptés et une réconciliation automatisée des transactions
● Les cartes collaborateurs, physiques et virtuelles, pour les équipes qui ont besoin de souplesse en déplacement, avec une application mobile permettant la capture des justificatifs
Le résultat est un dispositif dans lequel le voyageur évolue sans friction, tandis que la direction financière conserve ses leviers de contrôle sans mobiliser ses équipes en continu.
L'authentification forte est devenue un vrai point de friction en Europe. Vous avez évoqué les exemptions SCA/3DS prévues pour le secteur du voyage. Qu'est-ce que cela change concrètement ?
Mathieu Volondat : Cela change une chose clé : la capacité à faire tourner des paiements automatisés sans intervention humaine. Dans le travel, beaucoup de transactions se produisent quand le voyageur n'est pas disponible, par exemple lors d'un check-in tardif, après une perturbation d'horaires, ou au moment d'un rebooking. Un challenge 3DS au mauvais moment casse la chaîne.
Quand des cartes d'achat travel peuvent être utilisées sans challenge 3DS, les entreprises peuvent construire des workflows réellement fiables. Le paiement passe, la donnée est capturée immédiatement, et le back-office n'a plus à courir après les exceptions. Le résultat, ce sont moins d'interventions manuelles et, surtout, un meilleur taux d'acceptation là où c'est critique.
Quand des cartes d'achat travel peuvent être utilisées sans challenge 3DS, les entreprises peuvent construire des workflows réellement fiables. Le paiement passe, la donnée est capturée immédiatement, et le back-office n'a plus à courir après les exceptions. Le résultat, ce sont moins d'interventions manuelles et, surtout, un meilleur taux d'acceptation là où c'est critique.
La lutte contre la fraude est toujours un exercice d'équilibre. Quels contrôles sont les plus utiles en travel sans dégrader l'acceptation ?
Mathieu Volondat : Les contrôles les plus efficaces sont ceux qui sont spécifiques et faciles à comprendre : restrictions par marchand et par MCC, plafonds clairs, fenêtres de validité, et règles temporelles quand c'est nécessaire. Dans le travel, une politique trop générique "one size fits all" crée beaucoup de faux positifs. Des transactions légitimes sont bloquées, et les équipes finissent par desserrer les contrôles pour continuer à opérer.
L'approche pragmatique, c'est de contextualiser. Si une carte est destinée à une chaîne hôtelière ou à une TMC, on la restreint à ce périmètre. Si elle est liée à une période de voyage, on aligne les dates. On réduit la surface de risque et on maintient un bon taux d'acceptation, parce que la logique d'autorisation colle au cas d'usage.
L'approche pragmatique, c'est de contextualiser. Si une carte est destinée à une chaîne hôtelière ou à une TMC, on la restreint à ce périmètre. Si elle est liée à une période de voyage, on aligne les dates. On réduit la surface de risque et on maintient un bon taux d'acceptation, parce que la logique d'autorisation colle au cas d'usage.
Vous insistez aussi sur l'absence de "pre-loading" et sur le traitement en temps réel. Pour un DAF, cela peut sembler abstrait. Comment cela fonctionne-t-il, opérationnellement ?
Mathieu Volondat : Le point opérationnel est simple. Émettre une carte ne devrait pas obliger à immobiliser de la trésorerie. Dans un modèle avec pre-loading, on bloque des fonds en amont "au cas où". Cela réduit la liquidité disponible et ajoute une couche de réconciliation, parce qu'on gère des soldes plutôt que des transactions.
Avec un traitement en temps réel, chaque transaction est vérifiée au moment du paiement, à la fois contre les règles de la carte et contre la limite de crédit globale. Rien n'est bloqué au moment de l'émission. Le montant n'est réservé que quand la transaction a lieu. Pour les équipes finance, cela apporte plus de flexibilité dans la gestion du fonds de roulement, notamment quand les volumes de voyage varient.
Avec un traitement en temps réel, chaque transaction est vérifiée au moment du paiement, à la fois contre les règles de la carte et contre la limite de crédit globale. Rien n'est bloqué au moment de l'émission. Le montant n'est réservé que quand la transaction a lieu. Pour les équipes finance, cela apporte plus de flexibilité dans la gestion du fonds de roulement, notamment quand les volumes de voyage varient.
Même quand les paiements passent, c'est souvent la réconciliation qui fait dérailler les programmes. Quelles données et quels reportings faut-il pour une réconciliation rapide et fiable, y compris sur les refus et les remboursements ?
Mathieu Volondat : La base, c'est de capturer tout le cycle de vie du paiement dans un format que le système comptable peut consommer. Cela couvre les autorisations, les raisons de refus explicites, les remboursements, et les métadonnées de rapprochement qui relient chaque transaction à un déplacement, un fournisseur, un centre de coût ou une référence de réservation. Sans cela, la réconciliation devient un travail d'enquête.
Ce que veulent les équipes finance, c'est de la régularité. Des exports prévisibles, des champs personnalisés qui reflètent leur structure, un reporting qui n'arrive pas des semaines plus tard. Quand ces éléments sont en place, la réconciliation cesse d'être un stress mensuel et devient un processus de routine. C'est tout l'enjeu.
Ce que veulent les équipes finance, c'est de la régularité. Des exports prévisibles, des champs personnalisés qui reflètent leur structure, un reporting qui n'arrive pas des semaines plus tard. Quand ces éléments sont en place, la réconciliation cesse d'être un stress mensuel et devient un processus de routine. C'est tout l'enjeu.
Les dépenses de voyage sont par nature difficiles à anticiper. Comment maintenir un cadre de politique voyage dans cet environnement ?
Mathieu Volondat : C'est effectivement la difficulté centrale. La réponse que nous apportons repose sur des contrôles paramétrables, qui s'adaptent au contexte sans alourdir les flux de travail. Avec Pliant, chaque carte peut être configurée pour refléter la politique voyage de l'entreprise : plafonds par transaction ou par période, restrictions par catégorie de marchands, fenêtres d'utilisation, niveaux de validation. Ces paramètres peuvent être ajustés à tout moment, sans délai.
Qu'est-ce que cela change concrètement pour les équipes financières au quotidien ?
Mathieu Volondat : Pour les équipes qui gèrent les voyages d'affaires, le coût réel ne se limite pas aux dépenses elles-mêmes. Il inclut le temps consacré à la gestion des anomalies : relancer les collaborateurs pour les justificatifs, traiter les demandes de remboursement, réconcilier les relevés de carte avec des factures qui arrivent parfois plusieurs semaines après la transaction, corriger les données avant la clôture mensuelle.
Avec Pliant, chaque transaction est visible au moment où elle se produit. Les refus de paiement remontent en temps réel. Les dépassements de politique sont bloqués à la source plutôt que détectés a posteriori. Et parce que chaque carte est paramétrée selon des règles propres, le système applique les politiques sans que l'équipe finance ait à intervenir systématiquement.
La réduction de la charge administrative est mesurable : moins de temps sur la réconciliation, moins de notes de frais à traiter, et une vision consolidée des dépenses voyage accessible à tout moment du mois.
Avec Pliant, chaque transaction est visible au moment où elle se produit. Les refus de paiement remontent en temps réel. Les dépassements de politique sont bloqués à la source plutôt que détectés a posteriori. Et parce que chaque carte est paramétrée selon des règles propres, le système applique les politiques sans que l'équipe finance ait à intervenir systématiquement.
La réduction de la charge administrative est mesurable : moins de temps sur la réconciliation, moins de notes de frais à traiter, et une vision consolidée des dépenses voyage accessible à tout moment du mois.
Pour un directeur financier qui évalue des solutions, quels sont les critères de sérieux à prendre en compte, et que représente Pliant sur ce plan ?
Mathieu Volondat : Dans le voyage d'affaires, où les enjeux de conformité et de maîtrise des risques sont permanents, la solidité de l'infrastructure est un prérequis. Pliant est un établissement de monnaie électronique agréé et membre principal Visa, certifié PCI DSS et ISO 27001. Nous émettons des cartes Visa dans 12 devises dans plus de 30 pays, et notre solution est déjà déployée chez des milliers d'entreprises en Europe. Le délai de mise en place est généralement de l'ordre de deux semaines.
Pour les directeurs financiers, les bénéfices sont concrets : un meilleur contrôle des dépenses, des données plus fiables, une réconciliation allégée et une expérience simplifiée pour les voyageurs, sans nécessiter de refonte des systèmes en place. La solution intègre également un mécanisme de cashback sur les dépenses par carte, qui représente un retour financier direct venant s'ajouter aux gains opérationnels.
Pour les directeurs financiers, les bénéfices sont concrets : un meilleur contrôle des dépenses, des données plus fiables, une réconciliation allégée et une expérience simplifiée pour les voyageurs, sans nécessiter de refonte des systèmes en place. La solution intègre également un mécanisme de cashback sur les dépenses par carte, qui représente un retour financier direct venant s'ajouter aux gains opérationnels.
Un dernier mot pour les travel managers et directeurs financiers présents au Forum des Pionniers ?
Mathieu Volondat : Les solutions existent. La question qui se pose aujourd'hui aux entreprises est davantage celle du moment où elles décident de franchir le pas. Nous allons d'ailleurs prochainement enrichir notre offre en France avec une carte logée, une solution dédiée au règlement centralisé des voyages d'affaires, qui viendra compléter notre dispositif pour les équipes travel et finance. C'est une étape que nous attendons avec beaucoup d'intérêt.
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