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Cher : itinéraire de Chenonceau à Mennetou-sur-Cher

Une basse vallée opulente


Rédigé par Jean-François RUST le Mercredi 16 Août 2017

De Chissay-en-Touraine à Mennetou-sur-Cher, les villages riverains égrènent leurs vestiges médiévaux et Renaissance dans le sillage du célèbre château de Chenonceau. Une itinérance loin des foules du Val de Loire, au rythme tranquille d’une rivière bordée de nobles demeures qui témoignent de la France des 15e et 16e s. et rappelle l’aventure de la navigation marchande.



De Chenonceau à Mennetou-sur-Cher, le Cher égrène plusieurs villages dotés de trois attributs : un château, un pont en arches et des maisons en pierre blanche de tuffeau - DR : J.-F.R.
De Chenonceau à Mennetou-sur-Cher, le Cher égrène plusieurs villages dotés de trois attributs : un château, un pont en arches et des maisons en pierre blanche de tuffeau - DR : J.-F.R.
Bien sûr, il y a Chenonceau, « l’arche » gracieuse de Catherine de Médicis et de Diane de Poitiers.

Un château incontournable en Centre Val de Loire au point que les touristes en oublient parfois de remonter plus amont la vallée. Erreur !

De Chenonceau à Mennetou-sur-Cher, aux portes de la Sologne, le Cher égrène plusieurs villages joliment (et invariablement) dotés de trois attributs : un château, un donjon ou une enceinte fortifiée, un pont en arches sur la rivière et des maisons en pierre blanche de tuffeau (certaines troglodytes, d’autres Renaissance).

Le tout est encadré de forêts et de parcelles céréalières entre lesquelles pointent les arpents viticoles des vins de « Touraine-Val de Loire ».

De prime abord, une France au charme tranquille et aux accents de bien vivre.

Chissay, ancienne demeure royale

Chissay-en-Touraine, une poignée de kilomètres en amont de Chenonceau.

A ceux qui ont souvent rêvé de séjourner dans un château, nous conseillons la halte.

A la sortie du village, l’ancienne demeure royale construite sous Charles VII est devenue hôtel de charme. A condition de disposer d’un solide budget, il est possible de dormir une nuit dans ce « palace », dont le clou est la chambre ronde aménagée au sommet du donjon médiéval, surmontée d’un plafond de verre tenant lieu de plancher… de la salle de bains.

L’Histoire est passée par Chissay. Non content d’avoir accueilli Louis XI, le château au profil Renaissance, plusieurs fois remanié, servit de quartier général en juin 1940 au chef du gouvernement, Paul Reynaud.

En visite à Chissay le 12 juin, de Gaulle, alors sous-secrétaire d’Etat au ministère de la Défense Nationale et de la Guerre, échoua à le convaincre de mettre en œuvre son projet de « réduit breton » - s’appuyer sur cette région pour faciliter l’évacuation des troupes françaises vers l’Afrique du Nord.

On sait ce qu’il advint : exil à Londres du général, suivi six jours plus tard de son fameux appel.

Un château, un pont, des maisons en tuffeau…

Pour le visiteur, « l’appel » de la vallée passe par Montrichard, la commune suivante.

Un petit bourg commerçant surmonté d’un donjon à demi ruiné - vestige d’un château - et émaillé de vieilles maisons du 15e s. à colombages et Renaissance.

La plus remarquable abrite l’office de tourisme. Derrière les pans de bois foncés de cette bâtisse, dite de l’Ave Maria, résidaient les chanoines de l’église du château.

Ce faste rappelle que le Cher fut longtemps un itinéraire de fret majeur. Il servait au transport du vin, des céréales et de la pierre de tuffeau, enrichissant au passage négociants et bateliers. Ici et là, des maisons éclusières témoignent de cette navigabilité.

Plus tard, la rivière connut d’autres trafics, comme ligne de démarcation entre les zones occupée et libre, de juin 1940 à novembre 1942. Aujourd’hui, seule la jussie - plante aquatique invasive - égaye de ses tapis vert-jaune photogéniques les eaux d’une rivière désormais bien calme.

Sous un ciel ligérien, ce bleu laiteux tâché de nuages blancs, la route d’amont croise Bourré, ses maisons troglodytes et ses champignonnières.

Elle file ensuite vers Saint-Aignan, laissant de côté Pontevoy et son abbaye, entourée de maisons bourgeoises d’un blanc mat, aux airs de pierre d’Aquitaine.

Le canal de Berry

Saint-Aignan ne déroge pas à la règle du triptyque « château, pont, tuffeau ».

Depuis la rive gauche du Cher, les habitués du Val de Loire trouveront une vague ressemblance avec Amboise, le château tout blanc de Saint-Aignan dominant une basse ville bâtie à hauteur de rivière.

On déambule avec plaisir dans cette cité jalonnée de places tranquilles et de demeures à pans de bois des 15e, 16e et 17e s.

La maison Carmen, à colombages croisés dits de Saint-André, est la plus typique. La belle collégiale romane du 11e s. protège ce petit agglomérat provincial, elle-même dominée par l’imposant château Renaissance doté d’une vaste esplanade surplombant la vallée. Un havre de tranquillité.

Quelques tours de roues encore et voici Selles-sur-Cher. Au passage, le canal de Berry, construit dans la première moitié du 19e s. pour fluidifier les transports de marchandises entre les terres du Centre et l’Atlantique, a fait son apparition. Il propose ses berges enherbées et ombragées aux promeneurs et aux vieux pêcheurs locaux, casquettes vissées sur la tête.

Dans la torpeur d’un début de soirée estivale, il règne à Selles une atmosphère languissante. Le fin clocher ardoisé de l’église Notre-Dame La-Blanche (bien nommée, avec sa belle pierre de tuffeau) a beau pointer son nez bienveillant dans le ciel, la ville « dort » à l’image des quelques restaurants qui tirent le rideau à peine passé 21h.

Il y pourtant un couple qui se démène, à Selles : Michel Guyot et Noémi Brunet. Ces dingues de vieilles pierres ont entrepris de restaurer le château, construit au début du 17e s. par Philippe de Béthune (frère de Sully) et dont les Pavillons Dorés s’appuient sur des vestiges médiévaux. Un travail de forçat, tant le domaine, longtemps à l’abandon, a été abondamment pillé.

Mennetou, cité à remparts

A l’heure où les habitants promènent une dernière fois leur chien au bord de la rivière, Mennetou-sur-Cher nous attend.

Ultime étape du périple, la commune se rejoint en traversant des villages déjà assoupis (Chabris, Saint-Julien-sur-Cher, Saint-Loup-sur-Cher) qui laissent deviner un début d’architecture solognote, maisons basses sur cours ouvertes et fenêtres à encadrements de briques.

Mennetou, elle, a conservé ses atours médiévaux. L’adorable petite cité se blottit entre des remparts percés de portes fortifiées et livre un splendide entrelacs de ruelles pavées, bordées de maisons à colombages, torchis et encorbellements, de façades Renaissance, d’un ancien tribunal, d’une grange aux dîmes : le charme est d’autant plus prenant que dans le silence de la nuit tombante, le village exhale un parfum d’époque révolue.

Oui, il faut définitivement aller au-delà de Chenonceau.

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Tags : Chenonceau, Cher
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