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France : le transport aérien en chute, quelle influence sur l'empreinte carbone des ménages ?

L'INSEE table sur une économie 2021 au mieux stable



Notre industrie est intimement liée à la confiance des ménages, mais aussi et surtout à la croissance de notre économie. Alors que nous avons tiré le rideau sur une année 2020 apocalyptique, avec un Produit Intérieur Brut en chute libre de 8,3%, le nouvel exercice prend des contours similaires à celui passé. L'INSEE a dévoilé ses scénarios pour le 1er semestre 2021, mais aussi livré une étude intéressant sur l'impact de la consommation des ménages sur l'environnement. Une nouvelle fois l'aérien est terriblement pointé du doigt...


Rédigé par le Jeudi 4 Février 2021

"La contribution du transport aérien sur l'environnement est plus importante que sa contribution sur la consommation" selon Olivie Simon de l'INSEE - Depositphotos
"La contribution du transport aérien sur l'environnement est plus importante que sa contribution sur la consommation" selon Olivie Simon de l'INSEE - Depositphotos
Le tourisme est partie intégrante de l'économie, sans elle, il n'existe pas, sans lui elle se morfond.

"Nous sommes très liés à l'économie et la confiance des ménages. Vous savez la plus grande crise que nous avons connue chez Kuoni est la crise économique de 2008," nous confiait Emmanuel Foiry, le président de Kuoni France, en février 2020.

Ce n'est pas le volcan au nom imprononçable, ni même les attentats de 2001 ou la guerre du Golfe.

Pour comprendre l'avenir proche du secteur, il faut connaître celui de notre pays et de ses consommateurs. Et avant de regarder vers l'avenir, l'INSEE est revenu sur les derniers mois écoulés, marqués par un 2nd confinement.

"La contraction du PIB a été marquée au dernier trimestre par le confinement (-5%) mais finalement dans des proportions moindres que prévu," explique Julien Pouget, chef du département de la Conjoncture de l'INSEE.

Les usines se sont adaptées, avec des protocoles rodés et les services aussi. Ils ont mieux résisté à la mesure, et c'est une source de satisfaction, même pour une partie de notre industrie.

"Dans le secteur de l'hébergement et restauration, nous avons été surpris, certes la baisse est extrêmement lourde, mais un peu moins qu'escompté."

Quid de l'état de l'économie française en janvier 2021?

La consommations de srvices des ménages français - INSEE
La consommations de srvices des ménages français - INSEE
Cela ne s'explique pas seulement par la livraison, il faut ajouter une belle résistance de la restauration rapide et collective.

A noter que la restauration et l'hébergement restent dans des niveaux très faibles, mais au-dessus du 1er confinement, en décembre le rebond aura été relativement faible.

Toujours sur le dernier trimestre 2020, alors que les investissements et le commerce extérieur rebondissent, les chefs d'entreprise ont privilégié les dépenses liées à l'informatique.

Ces derniers se préparent donc au monde d'après, celui toujours plus digitalisé.

"Nous avons été surpris deux fois, par la vitesse de rebond, et la relative résistance de l'économie durant le 2e confinement," se félicite Julien Pouget.

Si des signaux positifs demeurent, il est un agrégat macroéconomique qui inquiète.

La consommation des ménages n'a en rien été boostée par les déconfinements, puisqu'elle est restée dans le rouge tout au long de l'année 2020.

Le changement d'année ni change rien.

"Il y a une dégradation en janvier de l'ordre de 7%, par rapport à un niveau d'avant crise (2019). Le couvre-feu a eu un effet réel sur la consommation des ménages, dans les magasins de ventes physiques," rapporte Olivier Simon, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'INSEE.

Toutefois, en janvier 2021, l'INSEE estime que le PIB va poursuivre son recul à hauteur de 4% par rapport à son niveau d'avant crise, mais stable comparé à la baisse constatée en décembre 2020.

Alors que dans les services principalement marchands, l’activité serait stable, elle resterait nettement déprimée dans les secteurs directement affectés par les restrictions, dont le tourisme.

La baisse de la consommation en janvier aurait notamment résulté de celle des biens industriels, tout en adjoignant à ce constat une forte rétractation des dépenses pour les services marchands (-14% par rapport à janvier 2019), traduirait les niveaux de consommation.

A chaque nouvelle restriction, un décrochage instantané des dépenses des ménages. Dans le même temps, les soldes d'hiver ont débuté le 20 janvier, au lieu du 8 janvier en 2020.

Quel scénario pour le reste de l'année 2021 ?

Dans le même temps, l'hôtellerie et restauration entrainent la consommation de loisirs qui trainent à des niveaux très bas, en dessous des -55% pour janvier 2021.

Si les Français ne consomment pas, ils en profitent pour épargner. N'oublions pas que nous sommes l'un des peuples les plus pessimistes sur l'avenir et qui épargnent aussi le plus.

C'est cette manne que souhaite débloquer Bercy pour relancer notre économie, mais cela passera par des signaux encourageants sur le front de l'épidémie.

L'INSEE a convié toute la presse nationale, afin de lui partager ses scénarios économiques pour l'année en cours.

Il en existe plusieurs en fonction bien évidemment de l'avancée de l'épidémie et des décisions prises par le gouvernement français pour la freiner.


"Un 1er scénario, avec une activité économique qui serait sur un plateau, sachant que celle-ci est en miroir avec l'épidémie, avec un PIB en hausse au niveau trimestriel de 1,5%, soit un recul de -4% par rapport au niveau d'avant crise," livre le chef du département de la conjoncture de l'INSEE.

Un autre se penche sur l'impact d'un prochain reconfinement, sur les bases de celui vécu en novembre 2020, alors l'évolution du PIB serait nulle par rapport au même trimestre en 2020 (- 5% comparé à l'économie d'avant crise).

Pire si le confinement dure plus longtemps et que les restrictions sont plus difficiles, alors celui-ci pourrait reculer d'un pour cent, pour une contraction de 6% par rapport à l'économie d'avant crise.

Nous comprenons alors mieux les réticences du président de la République à re(re)confiner ou non la France.

"Si le 2e trimestre de 2021 correspond à ce que nous avons vécu lors de l'été 2020, alors l'acquis de croissance annuelle à la moitié de l'année 2021 serait de 4 ou 5%," confie Julien Pouget, chef du département de la Conjoncture de l'INSEE.

Il y a des signes d'espoir, même si la reprise ce n'est pas pour maintenant, vous l'aurez compris.

La chute du transport aérien fait-elle tomber l'empreinte carbone des ménages français ?

Contributions par branche à la baisse de l’empreinte carbone de la consommation des ménages - INSEE
Contributions par branche à la baisse de l’empreinte carbone de la consommation des ménages - INSEE
Toutefois, ce qui serait mauvais pour notre pays, ne serait-ce pas un bénéfice et un instant de respiration pour la planète ?

C'est sur ce point que l'INSEE a souhaité travailler, en étudiant les évolutions des émissions directes et indirectes qu'occasionne la variation de la consommation des ménages.

"Il faut noter qu'environ 3/4 des émissions sont indirectes. Elles sont associées à la production des biens et services que nous consommons et leur acheminement," explique Olivier Simon, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'INSEE.

Ainsi, si les confinements et les restrictions ont un impact sur l'activité des ménages, donc entrainent systématiquement une baisse de l'empreinte carbone, c'est surtout nos dépenses qui impactent favorablement ou défavorablement la planète.

Sans surprise la pollution a suivi la consommation des ménages, en diminuant fortement en avril (-36% pour l'empreinte carbone, contre -31% pour la consommation) durant le 1er confinement, puis à nouveau lors du 2e confinement (-15% pour les deux indicateurs).

"Plus précisément, ce sont surtout les moindres déplacements qui ont fortement contribué à la baisse de l'empreinte carbone de la consommation des ménages, en réduisant l'usage de la voiture," selon le responsable de la synthèse.

A noter que les baisses observées lors des deux confinements ne sont pas pérennes, car l'empreinte a retrouvé globalement sa forme initiale dès lors que la consommation des ménages a pu se rapprocher des niveaux d'avant crise.

Ainsi, nous pourrions par hypothèse en déduire, que les consommateurs reprennent dès que cela est permis par le gouvernement, leurs habitudes.

Et pour finir, s'il est un secteur qui a souffert et continue de souffrir c'est l'aérien, mais en plus de connaître des problèmes économiques, il est surtout pointé du doigt pour son impact environnemental.

Selon l'INSEE la baisse du transport aérien a contribué sensiblement à la baisse de la pollution.

"La contribution du transport aérien sur l'environnement est plus importante que sa contribution sur la consommation des ménages, c'est lieu au contenu carbone élevé par ce type de transport.

Alors que la consommation des ménages se rapprochait des niveaux d'avant crise à l'été 2020, l'empreinte carbone était malgré tout en diminution de 4%, du fait d'un transport aérien déprimé,
" analyse Olivier Simon.

L'aérien aurait donc bien un impact sensiblement plus négatif sur l'environnement que positif sur notre économie...

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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