Aux Arènes de Vérone, les amateurs d'opéra viennent souvent chercher des mises en scène spectaculaires et de grandes voix internationales. Cette année encore, pour la 103 édition du Festival d'art lyrique, ils ont été servis !
A priori, la mise en scène moderne de Nabucco (opéra de Verdi) imaginée par l'Italien Stefano Poda, semble parfois avoir inquiété : ainsi le 8 août, tous les gradins n'étaient pas occupés, alors qu'ils étaient pleins à craquer le lendemain soir pour Aïda (également de Verdi) présenté à travers la mise en scène monumentale et historique de Franco Zeffirelli, avec des sommités de l'art lyrique comme le ténor franco-italien Roberto Alagna.
N'empêche, ce Nabucco a finalement emporté les suffrages. Outre son audacieuse mise en scène, Foda s'était chargé des décors (épurés), des costumes et des lumières. Une approche globale.
A lire aussi : Italie : Vérone vaut bien mieux que la légende de Roméo et Juliette
A priori, la mise en scène moderne de Nabucco (opéra de Verdi) imaginée par l'Italien Stefano Poda, semble parfois avoir inquiété : ainsi le 8 août, tous les gradins n'étaient pas occupés, alors qu'ils étaient pleins à craquer le lendemain soir pour Aïda (également de Verdi) présenté à travers la mise en scène monumentale et historique de Franco Zeffirelli, avec des sommités de l'art lyrique comme le ténor franco-italien Roberto Alagna.
N'empêche, ce Nabucco a finalement emporté les suffrages. Outre son audacieuse mise en scène, Foda s'était chargé des décors (épurés), des costumes et des lumières. Une approche globale.
A lire aussi : Italie : Vérone vaut bien mieux que la légende de Roméo et Juliette
Vérone : un Nabucco plein de surprises
Autres articles
-
Italie : Vérone vaut bien mieux que la légende de Roméo et Juliette
-
Borgo Monchiero : Atmosphere Core signe son entrée en Europe
-
Hyatt annonce trois nouvelles ouvertures en Italie
-
Pouilles : dans le Salento, la sucess story de la famille Reale
-
Venise : j'ai testé l’Almar Jesolo Resort & Spa 5 étoiles
Bien loin des reconstitutions historiques classiques de la confrontation entre les Hébreux et les Assyriens qui sert de trame à Nabucco, la mise en scène de Foda était pleine de symboles, de surprises et d'effets spéciaux.
En guise de décor, justement, deux demi- sphères mobiles lumineuses ; et aussi, une structure imitant une antique horloge à eau dominée par le mot « Vanitas » dont descendait un grand escalier. Celui-ci faisait, à intervalle régulier, place à une cascade de lumière, symbole de l’orgueil qui mène les hommes à leur destruction.
Les réactions (cris et applaudissements) du public, surpris, ont été parfois été vives. En particulier lorsqu'une spectaculaire explosion nucléaire, accompagnée d'un champignon de fumée, a retenti au moment où le roi babylonien Nabucco, frappé par la foudre, sombrait dans la folie après s'être proclamé Dieu.
Toute la soirée, la chorégraphie des figurants et danseurs (aux costumes parfois fluorescents), réglée au millimètre, a épousé à la perfection la musique.
Quant au célèbre chœur des esclaves (« Va, pensiero »), impressionnant de cohésion et de puissance, il a rendu avec justesse l’aspiration à la liberté du peuple hébreu.
Les principaux interprètes étaient également d'une qualité exceptionnelle, en particulier la soprano italienne Marta Torbidoni (dans le rôle d’Abigaille), la basse russe Alexandre Vinogradov (dans celui du Grand prêtre des Hébreux) tout comme la mezzo-soprano allemande Anna Werle qui campait Fenena. En revanche, malgré ses qualités vocales, le baryton sud-coréen Youngjun Park n'a pas toujours su rendre convaincant le roi babylonien.
En guise de décor, justement, deux demi- sphères mobiles lumineuses ; et aussi, une structure imitant une antique horloge à eau dominée par le mot « Vanitas » dont descendait un grand escalier. Celui-ci faisait, à intervalle régulier, place à une cascade de lumière, symbole de l’orgueil qui mène les hommes à leur destruction.
Les réactions (cris et applaudissements) du public, surpris, ont été parfois été vives. En particulier lorsqu'une spectaculaire explosion nucléaire, accompagnée d'un champignon de fumée, a retenti au moment où le roi babylonien Nabucco, frappé par la foudre, sombrait dans la folie après s'être proclamé Dieu.
Toute la soirée, la chorégraphie des figurants et danseurs (aux costumes parfois fluorescents), réglée au millimètre, a épousé à la perfection la musique.
Quant au célèbre chœur des esclaves (« Va, pensiero »), impressionnant de cohésion et de puissance, il a rendu avec justesse l’aspiration à la liberté du peuple hébreu.
Les principaux interprètes étaient également d'une qualité exceptionnelle, en particulier la soprano italienne Marta Torbidoni (dans le rôle d’Abigaille), la basse russe Alexandre Vinogradov (dans celui du Grand prêtre des Hébreux) tout comme la mezzo-soprano allemande Anna Werle qui campait Fenena. En revanche, malgré ses qualités vocales, le baryton sud-coréen Youngjun Park n'a pas toujours su rendre convaincant le roi babylonien.
Un cadre exceptionnel
Quoiqu'il en soit, ce Nabucco est venu confirmer Vérone dans son statut de rendez-vous incontournable des amateurs d'art lyrique.
Ses Arènes antiques, exceptionnelles, servent cette ambition : achevées en 30 ap. J-C., dotées à l'origine de trois murs concentriques, elles sont les troisièmes du monde par la taille, après le Colisée de Rome et les Arènes de Capoue.
Situées sur la Place Brà, au cœur de la ville, elles sont parmi les édifices antiques les mieux conservés d'Italie
Certes, le violent séisme de 1117 a occasionné de gros dégâts, notamment la destruction de l'essentiel de leur troisième mur extérieur. Mais, depuis le XVIe, elles ont bénéficié de plusieurs restaurations .
Depuis 1913, elles accueillent le Festival d'art lyrique, l'été, et le reste du temps des concerts voire des événements comme l'arrivée de la dernière étape du Tour d'Italie.
Dans la journée, elles sont ouvertes à la visite (12 €, hors tarifs réduits). Une occasion à ne pas rater pour apprécier l'ampleur de la cavea, la hauteur des gradins supérieurs, l'importance des galeries intérieures. Attention, l'été, réserver à l'avance !
Ses Arènes antiques, exceptionnelles, servent cette ambition : achevées en 30 ap. J-C., dotées à l'origine de trois murs concentriques, elles sont les troisièmes du monde par la taille, après le Colisée de Rome et les Arènes de Capoue.
Situées sur la Place Brà, au cœur de la ville, elles sont parmi les édifices antiques les mieux conservés d'Italie
Certes, le violent séisme de 1117 a occasionné de gros dégâts, notamment la destruction de l'essentiel de leur troisième mur extérieur. Mais, depuis le XVIe, elles ont bénéficié de plusieurs restaurations .
Depuis 1913, elles accueillent le Festival d'art lyrique, l'été, et le reste du temps des concerts voire des événements comme l'arrivée de la dernière étape du Tour d'Italie.
Dans la journée, elles sont ouvertes à la visite (12 €, hors tarifs réduits). Une occasion à ne pas rater pour apprécier l'ampleur de la cavea, la hauteur des gradins supérieurs, l'importance des galeries intérieures. Attention, l'été, réserver à l'avance !
Hier des jeux du cirque, aujourd'hui des opéras
Jadis, ces Arènes pouvaient accueillir tous les habitants de la Vérone. Jeux du cirque et combats de gladiateur faisaient aussi accourir les foules de toute la Vénétie.
Désormais, ces Arènes jouissent d'un prestige incroyable auprès d'un public de connaisseurs enthousiastes soucieux d'écouter les plus grandes voix mondiales : jadis, Maria Callas et Luciano Pavarotti; aujourd'hui, Anna Netrebko, Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Roberto Alagna et bien d'autres... Pourtant, l'espace immense (plus de 20 000 places), son acoustique particulière et l'obligation de chanter en plein air constituent un défi vocal exigeant et redouté.
Aussi curieux que cela puisse paraître, le célèbre ténor franco-italien Roberto Alagna n'y a chanté pour la première fois qu'en juillet 2022 (dans le rôle de Don José dans Carmen), mais depuis, il y revient régulièrement. Cet été, il y a campé, pendant deux soirées, Radamès, le héros de Aida, l'opéra de Verdi.
Créé en 1871, cette oeuvre est l'un des titres fétiches de Vérone : n'y-a-t'elle pas été reprise pendant 63 saisons pour un total de 749 représentations ?
Désormais, ces Arènes jouissent d'un prestige incroyable auprès d'un public de connaisseurs enthousiastes soucieux d'écouter les plus grandes voix mondiales : jadis, Maria Callas et Luciano Pavarotti; aujourd'hui, Anna Netrebko, Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Roberto Alagna et bien d'autres... Pourtant, l'espace immense (plus de 20 000 places), son acoustique particulière et l'obligation de chanter en plein air constituent un défi vocal exigeant et redouté.
Aussi curieux que cela puisse paraître, le célèbre ténor franco-italien Roberto Alagna n'y a chanté pour la première fois qu'en juillet 2022 (dans le rôle de Don José dans Carmen), mais depuis, il y revient régulièrement. Cet été, il y a campé, pendant deux soirées, Radamès, le héros de Aida, l'opéra de Verdi.
Créé en 1871, cette oeuvre est l'un des titres fétiches de Vérone : n'y-a-t'elle pas été reprise pendant 63 saisons pour un total de 749 représentations ?
Une Aida réussie quoiqu'un peu grandiloquente
Pour cette édition 2026, Aida était donc présentée dans la mise en scène signée Franco Zeffirelli. Le contraste était pour le moins total avec le travail plus épuré de Foda pour Nabucco ! Mais le génie de Vérone est d'attirer des metteurs en scènes aux styles très variés et de séduire des publics tout aussi variés !
Quoiqu'il en soit, cette mise en scène se distinguait, une fois encore, par ses reconstitutions grandiloquentes de l'Égypte antique, ses décors pharaoniques (si grands qu'il fallait les entreposer à l'extérieur des Arènes et une grue pour les y installer !), ses pyramides dorées, ses costumes chatoyants, ses vastes scènes de foule...
Le 9 août, malgré une chaleur accablante peu favorable, Roberto Alagna a incarné avec ferveur Radamès, le chef de l'armée égyptienne victorieuse des Ethiopiens. Il chantait aux côtés de son épouse, la soprano polonaise Aleksandra Kurzak, laquelle interprétait la princesse éthiopienne Aida réduite en esclavage par l'Égypte.
La générosité, l'alchimie sur scène de ce couple transparaissait dans son engagement pour incarner la passion impossible et tragique de leurs personnages. Ils ont offert de beaux moments d'émotion - vigoureusement applaudis -, la vaillance et la maturité d'Alagna, son excellente interprétation , au premier acte, de l'air "Celeste Aida" (longuement ovationné), faisant oublier de légers signes de fatigue dans les aigus.
Quoiqu'il en soit, cette mise en scène se distinguait, une fois encore, par ses reconstitutions grandiloquentes de l'Égypte antique, ses décors pharaoniques (si grands qu'il fallait les entreposer à l'extérieur des Arènes et une grue pour les y installer !), ses pyramides dorées, ses costumes chatoyants, ses vastes scènes de foule...
Le 9 août, malgré une chaleur accablante peu favorable, Roberto Alagna a incarné avec ferveur Radamès, le chef de l'armée égyptienne victorieuse des Ethiopiens. Il chantait aux côtés de son épouse, la soprano polonaise Aleksandra Kurzak, laquelle interprétait la princesse éthiopienne Aida réduite en esclavage par l'Égypte.
La générosité, l'alchimie sur scène de ce couple transparaissait dans son engagement pour incarner la passion impossible et tragique de leurs personnages. Ils ont offert de beaux moments d'émotion - vigoureusement applaudis -, la vaillance et la maturité d'Alagna, son excellente interprétation , au premier acte, de l'air "Celeste Aida" (longuement ovationné), faisant oublier de légers signes de fatigue dans les aigus.
Une Traviata surprenante
Cette 103e édition du festival de Vérone s'est également distinguée par le retour de La Traviata de Verdi, l'un des opéras les plus joués au monde.
Conçue -en collaboration avec le Moulin-Rouge- par l'Ecossais Paul Curran, sa mise en scène et ses décors grandioses s'inspiraient de l'esthétique du célèbre cabaret parisien et de la vie nocturne parisienne à la Belle Époque.
Elle semble avoir été appréciée (nous ne l'avons pas vue) pour ses grands moments vocaux, la subtilité de la direction d'orchestre de Michele Spotti, son ambiance festive, ses décors et ses lumières.
Au final, cette édition 2026 donne envie de retourner à Vérone.
Conçue -en collaboration avec le Moulin-Rouge- par l'Ecossais Paul Curran, sa mise en scène et ses décors grandioses s'inspiraient de l'esthétique du célèbre cabaret parisien et de la vie nocturne parisienne à la Belle Époque.
Elle semble avoir été appréciée (nous ne l'avons pas vue) pour ses grands moments vocaux, la subtilité de la direction d'orchestre de Michele Spotti, son ambiance festive, ses décors et ses lumières.
Au final, cette édition 2026 donne envie de retourner à Vérone.
Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Paula Boyer































