Près de 500 000 dirigeants partiront à la retraite dans les dix ans et devront céder leur entreprise, mettant en jeu plus de trois millions d’emplois.
Et c’est sans compter sur tous les patrons qui, pour des raisons multiples, envisagent de céder leur société avant d’avoir atteint les 64 ans.
Le tourisme, avec une pyramide des âges particulièrement défavorable, est particulièrement concerné. Et la transmission-reprise d’entreprise est régulièrement abordée dans les différents congrès des organismes professionnels, comme lors du congrès des Entreprises du Voyage en 2025.
Lire aussi : Comment préparer la transmission de son entreprise
Et c’est sans compter sur tous les patrons qui, pour des raisons multiples, envisagent de céder leur société avant d’avoir atteint les 64 ans.
Le tourisme, avec une pyramide des âges particulièrement défavorable, est particulièrement concerné. Et la transmission-reprise d’entreprise est régulièrement abordée dans les différents congrès des organismes professionnels, comme lors du congrès des Entreprises du Voyage en 2025.
Lire aussi : Comment préparer la transmission de son entreprise
La transmission-reprise, grande cause économique nationale
C’est avec l’ambition de faire de ce sujet une opportunité de croissance économique, quand de nombreux experts y voient d’abord un mur, que Serge Papin fait de la transmission-reprise une grande cause économique nationale.
Devant un aréopage de plusieurs centaines de chefs d’entreprise et responsables d’organismes professionnels réunis pour l’événement « Objectif Reprises », le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat a dévoilé une feuille de routes d’une dizaine de mesures.
Si certaines sont d’ores et déjà effectives, d’autres sont encore floues et seront précisées dans les mois prochains, notamment dans le cadre du prochain projet de loi de finances.
Devant un aréopage de plusieurs centaines de chefs d’entreprise et responsables d’organismes professionnels réunis pour l’événement « Objectif Reprises », le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat a dévoilé une feuille de routes d’une dizaine de mesures.
Si certaines sont d’ores et déjà effectives, d’autres sont encore floues et seront précisées dans les mois prochains, notamment dans le cadre du prochain projet de loi de finances.
Développer la transmission aux salariés
Avec 30% des Français qui se déclarent prêts à créer ou reprendre une entreprise, et même 50% chez les 18-34 ans, l’envie est là. Reste à l’accompagner, car les enjeux sont considérables.
En termes de protection de notre souveraineté économique tout d’abord, alors que le tissu entrepreneurial français est composé de 98% de PME-TPE ; de promotion et d’aménagement du territoire avec, faute de repreneur, un risque de désertification économique dans de nombreuses communes ; et enfin, de transmission des compétences pour préserver des savoir-faire.
« Il y a urgence à transmettre. Transmettre à qui ? Avant, c’était souvent à ses enfants. Aujourd’hui, ils tracent davantage leur propre voie, et c’est très bien. La transmission doit alors s’ouvrir aux salariés ou à un tiers, à ceux qui veulent s’engager » explique Serge Papin.
En termes de protection de notre souveraineté économique tout d’abord, alors que le tissu entrepreneurial français est composé de 98% de PME-TPE ; de promotion et d’aménagement du territoire avec, faute de repreneur, un risque de désertification économique dans de nombreuses communes ; et enfin, de transmission des compétences pour préserver des savoir-faire.
« Il y a urgence à transmettre. Transmettre à qui ? Avant, c’était souvent à ses enfants. Aujourd’hui, ils tracent davantage leur propre voie, et c’est très bien. La transmission doit alors s’ouvrir aux salariés ou à un tiers, à ceux qui veulent s’engager » explique Serge Papin.
Mieux anticiper la transmission
Pour construire cette feuille de route, le ministre s’est appuyé sur la « Mission Reprise » lancée en juillet 2025, qui a rassemblé 200 professionnels et acteurs publics qui ont travaillé sur le sujet. Elle se transforme désormais en dispositif permanent.
Le premier grand axe concerne l’information et la sensibilisation des cédants, généralement le nez dans le guidon. Seulement 30% d’entre eux s’engagent dans une démarche volontaire plus de deux ans avant la cession.
Il en résulte des entreprises mal cédées, mal valorisées et même parfois fermées faute de repreneurs. « La transmission n’est pas un mouvement naturel » rappelle l’économiste Alain Tourdjman.
Alors dès ce mois de mai, pour inciter les entrepreneurs à mieux anticiper et les orienter, l’envoi d’un courrier à tous les dirigeants de France atteignant 55 ans, va être systématisé chaque année.
Le premier grand axe concerne l’information et la sensibilisation des cédants, généralement le nez dans le guidon. Seulement 30% d’entre eux s’engagent dans une démarche volontaire plus de deux ans avant la cession.
Il en résulte des entreprises mal cédées, mal valorisées et même parfois fermées faute de repreneurs. « La transmission n’est pas un mouvement naturel » rappelle l’économiste Alain Tourdjman.
Alors dès ce mois de mai, pour inciter les entrepreneurs à mieux anticiper et les orienter, l’envoi d’un courrier à tous les dirigeants de France atteignant 55 ans, va être systématisé chaque année.
Convaincre les jeunes acquéreurs
En parallèle, un guide national baptisé « Objectif reprises », avec une approche pédagogique qui centralise toutes les informations pratiques, tant pour les vendeurs que pour les acquéreurs, vient d’être édité.
Il convient également de mieux sensibiliser les acquéreurs potentiels, alors que la reprise d’entreprises souffre d’un déficit d’image comparé à la création. Notamment chez les plus jeunes qui pensent d’abord start-up.
« Entreprendre, c’est également reprendre. Au delà de l'économie, c’est aussi un choix de société: celui d'une entreprise qui emploie, qui fait vivre un territoire, qui transmet des savoirs-faire » insiste Serge Papin.
Autre argument : 80% des entreprises rachetées survivent à moyen terme, un taux largement supérieur à celui de la création : selon l’Insee, seulement 68% des entreprises sont encore actives après 5 ans d’existence.
Pour inciter à la reprise, une campagne de communication est lancée dès ce mois d’avril et des contenus pédagogiques vont être déployés dans les lycées professionnels et écoles de commerce et d’ingénieurs pour valoriser la transmission.
Il convient également de mieux sensibiliser les acquéreurs potentiels, alors que la reprise d’entreprises souffre d’un déficit d’image comparé à la création. Notamment chez les plus jeunes qui pensent d’abord start-up.
« Entreprendre, c’est également reprendre. Au delà de l'économie, c’est aussi un choix de société: celui d'une entreprise qui emploie, qui fait vivre un territoire, qui transmet des savoirs-faire » insiste Serge Papin.
Autre argument : 80% des entreprises rachetées survivent à moyen terme, un taux largement supérieur à celui de la création : selon l’Insee, seulement 68% des entreprises sont encore actives après 5 ans d’existence.
Pour inciter à la reprise, une campagne de communication est lancée dès ce mois d’avril et des contenus pédagogiques vont être déployés dans les lycées professionnels et écoles de commerce et d’ingénieurs pour valoriser la transmission.
Inventer le « Tinder de la reprise »
Deuxième défi : mettre en contact l’offre et la demande, à savoir les cédants et repreneurs potentiels, alors que la grande majorité des opportunités de reprise n’est pas annoncée publiquement.
« La transmission, c’est une histoire de rencontre » rappelle Serge Papin. Le ministre veut initier « le Tinder de la reprise », en modernisant la Bourse de la Transmission de Bpi France pour en faire une application de rencontre de référence.
Cela passe par un renforcement de la visibilité de l’outil et son développement en permettant aux organisations professionnelles et experts-comptables d’y diffuser des annonces pour le compte de leurs membres et clients.
Et parce que la rencontre ne doit pas être que numérique, Serge Papin annonce une mobilisation des CCI et des Chambres de Métiers et de l’Artisanat, pour que chaque département organise au moins un événement de rencontre cédants-repreneurs par trimestre, avec l’objectif de sensibiliser 25 000 dirigeants par an.
« La transmission, c’est une histoire de rencontre » rappelle Serge Papin. Le ministre veut initier « le Tinder de la reprise », en modernisant la Bourse de la Transmission de Bpi France pour en faire une application de rencontre de référence.
Cela passe par un renforcement de la visibilité de l’outil et son développement en permettant aux organisations professionnelles et experts-comptables d’y diffuser des annonces pour le compte de leurs membres et clients.
Et parce que la rencontre ne doit pas être que numérique, Serge Papin annonce une mobilisation des CCI et des Chambres de Métiers et de l’Artisanat, pour que chaque département organise au moins un événement de rencontre cédants-repreneurs par trimestre, avec l’objectif de sensibiliser 25 000 dirigeants par an.
Faciliter les financements
Dernier point, et non des moindres : celui du financement. Aujourd’hui, la reprise d'une entreprise sur deux s’effectue encore dans un cadre familial, notamment chez les PME.
Le pacte Dutreil, qui propose des avantages fiscaux et était menacé par la dernière loi de finances, soutient cette dynamique. « Je me suis battu pour sa préservation » rappelle Serge Papin, qui souhaite mieux le valoriser alors que le dispositif n’est pas connu de quatre entrepreneurs sur cinq.
Il entend également mieux valoriser les outils développés par Bpi France, comme les prêts d’honneur à taux zéro (6600 accordés en 2025) ou le nouveau Prêt Croissance Transmission lancé en 2025.
Le pacte Dutreil, qui propose des avantages fiscaux et était menacé par la dernière loi de finances, soutient cette dynamique. « Je me suis battu pour sa préservation » rappelle Serge Papin, qui souhaite mieux le valoriser alors que le dispositif n’est pas connu de quatre entrepreneurs sur cinq.
Il entend également mieux valoriser les outils développés par Bpi France, comme les prêts d’honneur à taux zéro (6600 accordés en 2025) ou le nouveau Prêt Croissance Transmission lancé en 2025.
Lever les freins juridiques et fiscaux
Autre piste : développer le crédit-vendeur (crédit accordé par le vendeur à l’acquéreur sans passer par une banque) pour en faire un levier de financement, en permettant un étalement du paiement de l’imposition des plus-values. Le sujet pourrait être débattu dans le cadre des débats pour l’élaboration du prochain budget.
Enfin, le ministre veut également favoriser la reprise par les salariés, qui permet une continuité économique. Pourtant, cette forme de transmission ne représente que 17% des reprises.
La faute à des freins juridiques et fiscaux, que Serge Papin entend lever en portant un projet de dispositifs fiscaux incitatifs dans le cadre de la prochaine loi de finances. Reste à savoir si, en ces temps de disette budgétaire, il pourra faire valoir ses idées.
Enfin, le ministre veut également favoriser la reprise par les salariés, qui permet une continuité économique. Pourtant, cette forme de transmission ne représente que 17% des reprises.
La faute à des freins juridiques et fiscaux, que Serge Papin entend lever en portant un projet de dispositifs fiscaux incitatifs dans le cadre de la prochaine loi de finances. Reste à savoir si, en ces temps de disette budgétaire, il pourra faire valoir ses idées.







Publié par Thierry Beaurepère 












