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10 raisons de rester optimiste selon Emmanuel Lechypre

l'éditorialiste économique était l'invité du Forum du SETO


Voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide, telle était la mission proposée par Patrice Caradec, Président du SETO à Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique. Pour ce faire il avait une heure à l'occasion du Forum du syndicat qui se tenait en fin de semaine dernière à Tétouan au Maroc, pour trouver 10 raisons d'être optimiste !


Rédigé par le Mercredi 1 Avril 2026 à 07:36

1. Des chocs énergétiques moins violents qu’auparavant

Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique a décrypté les 10 points qui permettent de rester optimistes dans le cadre du Forum du SETO. - Photo CE
Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique a décrypté les 10 points qui permettent de rester optimistes dans le cadre du Forum du SETO. - Photo CE
Emmanuel Lechypre rappelle que les économies ont profondément évolué depuis les années 1970 : « Aujourd’hui, dans un euro de PIB, il y a quatre fois moins de pétrole qu’il y en avait dans les années 70. Cette dépendance des hydrocarbures est trois fois plus faible aujourd'hui. »

Il souligne également que les crises récentes sont restées contenues : « Le choc de 2022-2023 n’a rien à voir avec les années 70, où l’inflation dépassait 10 %. »

Quant à la baisse du pouvoir d'achat souvent évoqué lorsque le prix du baril remonte, l'éditorialiste économique rappelle : « Si l’on remet les choses en perspective, le carburant n’a jamais été aussi accessible pour les Français : en 1970, une heure de SMIC permettait d’acheter 3,6 litres d’essence, contre environ 6 litres aujourd’hui. »

Sur l'électricité, il avance que le parc nucléaire fonctionne à plein régime, que la France exporte de l’électricité et recourt très peu aux centrales à gaz. Résultat : les risques de nouveaux chocs sur les prix de l’énergie, notamment de l’électricité, sont nettement réduits.

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2. Une France riche malgré l’endettement

Si la dette publique française atteint des niveaux élevés, Emmanuel Lechypre insiste : « La valeur du patrimoine français, c’est environ 20 000 milliards d’euros, soit six fois le PIB.»

Ce montant intègre : les biens immobiliers, les emplacements financiers, le patrimoine de l'État... qui représente « six fois plus que le PIB, et un montant six fois plus élevé que la dette publique. »

Les ménages détiennent une large part de ce patrimoine, notamment immobilier et financier.

« La bonne nouvelle, c’est que des signaux récents laissent penser que l’épargne accumulée par les ménages pourrait commencer à être mobilisée, avec un relâchement progressif de leur propension à épargner. »

3. Le voyage est devenu un véritable ciment social

Selon lui, le tourisme a profondément changé de statut depuis la crise sanitaire : « Quand on interroge les Français sur leurs intentions d’achat, on constate un désintérêt marqué pour les biens comme la voiture, le logement ou l’équipement. La question n’est donc plus de savoir s’ils vont dépenser, mais plutôt où ira cet argent. Et la réponse est claire : le voyage est devenu une priorité, presque une dépense sanctuarisée depuis le Covid. »

Il ajoute : « Le voyage est devenu un véritable ciment social. Dans un contexte où la vie familiale est plus éclatée et les moments partagés plus rares, il recrée des temps de retrouvailles comparables aux anciens repas de famille, essentiels à la cohésion. »

En résumer, le voyage est en train de s’imposer comme un poste essentiel, à mi-chemin entre besoin fondamental et consommation de loisir dans la hiérarchie des dépenses.

4. Des économies de moins en moins cycliques

Autre facteur de stabilité : la réduction de l’intensité des cycles économiques. Les phases de récession et de forte croissance sont aujourd’hui moins marquées : « Les États et les banques centrales ne tolèrent plus les récessions comme auparavant. »

« Si l’on se concentre sur les cycles économiques traditionnels, les grandes récessions ont quasiment disparu : la dernière remonte au début des années 1990, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. De la même façon, les phases de forte croissance au-delà de 5 % n’existent plus depuis la fin des années 1980. Nous sommes donc entrés dans des économies plus stables et plus lisibles. » ajoute-t-il.

5. L'impact du vieillissement de la population

Le vieillissement de la population pourrait-il jouer en faveur de la consommation touristique ? Oui répond Emmanuel Lechypre : « Entre 60 et 75 ans, on trouve aujourd’hui une génération en bonne santé, disposant de temps et de moyens financiers, qui constitue une clientèle majeure : elle représente entre 50 et 70 % des voyageurs internationaux et environ la moitié des clients du tourisme organisé. »

L'éditorialiste précise qu'en prenant de l'âge, on dépense également davantage : « Au-delà des seuls retraités, c’est l’ensemble de la population qui constitue un levier de croissance : avec l’âge, les dépenses touristiques augmentent mécaniquement, de l’ordre de 500 euros supplémentaires par an et par personne. Autrement dit, à mesure que les Français vieillissent, leur budget consacré au voyage progresse. »

6. L’intelligence artificielle va libérer du temps

Pour Emmanuel Lechypre, l’intelligence artificielle va transformer l’organisation du travail en automatisant certaines tâches et en flexibilisant les emplois.

Cette évolution pourrait libérer du temps et faciliter l’organisation des loisirs, sans nécessairement entraîner une baisse massive des revenus : « Cela se traduit par des formes de travail plus flexibles : des semaines et des journées aménagées, une organisation plus souple, davantage de missions ponctuelles et de tâches modulaires, avec une progression du travail indépendant... Elle va supprimer la demi-journée la plus pénible de votre semaine. »

Conséquence : « L'IA ouvre mécaniquement la voie à plus de week-ends prolongés, à des voyages hors saison et, plus largement, à une plus grande liberté de se déplacer. »

7. La transition écologique, une opportunité

La transition écologique serait une opportunité ! Une vision qui va à contresens de ce qu'on entend dans les débats professionnels, qui aborde le sujet davantage comme une contrainte.

Emmanuel Lechypre prend le contre-pied : « Comme dans d’autres secteurs, la transition écologique génère une nouvelle demande, et le tourisme n’y échappe pas. Aujourd’hui, près des trois quarts des voyageurs dans le monde déclarent vouloir adopter des pratiques plus durables, avec un intérêt croissant pour le tourisme de nature, qui connaît une forte progression et crée davantage de valeur.

Par ailleurs, rendre le tourisme plus durable permet d’en améliorer l’acceptabilité. Un tourisme mieux intégré et mieux perçu, notamment dans les villes, ouvre aussi des perspectives de développement en attirant de nouveaux publics.
»

8. Le besoin de protection, la valeur ajoutée du pro ?

Compte tenu du contexte international avec les conflits en Ukraine, au Moyen-Orient, mais aussi les menaces climatiques et géopolitiques, les voyageurs pourraient avoir un besoin de réassurance accru.

Nous l'avons vu également dans la crise actuelle, quand il a fallu rapatrier les voyageurs français bloqués à destination, les professionnels du tourisme ont assumé leur rôle.

« Créer de la confiance, c’est aussi créer de la valeur assurantielle. Aujourd’hui, la confiance est devenue indispensable pour voyager, et elle constitue un véritable avantage économique : face au moindre imprévu, les voyageurs attendent d’être sécurisés et accompagnés. » indique Emmanuel Lechypre.

9. Une économie mondiale capable de s’adapter

Malgré les tensions commerciales et les politiques protectionnistes, l’économie mondiale montre une forte capacité d’adaptation.

Il cite notamment la croissance du commerce mondial en 2025, supérieure aux prévisions.

Cette "plasticité" constitue un facteur de stabilité pour les secteurs dépendants des échanges internationaux, comme le tourisme.

« L’économie mondiale fait preuve d’une forte résilience, dans l’ensemble de ses secteurs, et rien n’indique que cette capacité d’adaptation ne se poursuive à l’avenir. »

10. Un retour progressif de la visibilité politique

Enfin, Emmanuel Lechypre estime que l’horizon politique pourrait progressivement se stabiliser, notamment en France à l’approche des échéances électorales.

« Ce qui coûte le plus cher à l’économie, c’est l’instabilité politique. Plus de visibilité politique, c’est mécaniquement plus de confiance. »

Et l'élection présidentielle de 2027 pourrait stabiliser la vie politique selon l'éditorialiste qui reconnait toutefois que cet argument est « le plus tiré par les cheveux ». Il illustre : « Les périodes électorales s’accompagnent souvent d’un regain de confiance sur les marchés, avec des signaux favorables comme une baisse des taux d’intérêt. »

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Tags : seto, seto 2026
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