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Conflit Iran : NG Travel tributaire des compagnies aériennes pour les départs à venir

NG Travel avait 700 personnes bloquées en Asie et dans le Golfe


Les décomptes sont énormes, et la mobilisation des professionnels du tourisme l’est tout autant. Fram avait près de 850 clients bloqués à cause de la guerre qui sévit au Moyen-Orient ; pour NG Travel, ce sont pas moins de 700 personnes. Alors qu'un vol est attendu dans la nuit de mardi à mercredi, le groupe aura rapatrié 95% de ses voyageurs. Nous avons fait un point avec Bryce Arnaud-Battandier, le directeur général de NG Travel.


Rédigé par le Jeudi 12 Mars 2026 à 07:38

"Nous sommes dépendants des compagnies aériennes" selon  Bryce Arnaud-Battandier (NG Travel) - DR
"Nous sommes dépendants des compagnies aériennes" selon Bryce Arnaud-Battandier (NG Travel) - DR
Le secteur du tourisme connaît depuis maintenant 10 jours une situation particulière.

Alors que les USA et Israël ont attaqué l'Iran, le régime des mollahs a répliqué en envoyant des missiles sur ses voisins, créant un désordre régional, afin de pousser Donald Trump à stopper le conflit.

Depuis fin février, des dizaines de milliers de voyageurs sont bloqués dans les Émirats et en Asie. A l'image de ses confrères, le groupe NG a dû rapatrier des clients.

"Nous avions à peu près 700 clients bloqués soit dans les Émirats, soit en Asie, avec des vols retour via les Émirats.

Dès demain (mercredi 11 mars 2026), parce qu'on a un vol qui part cette nuit (mardi 10 mars 2026), 95% de nos clients auront été rapatriés.

Les 5% restants concernent des personnes qui devaient rentrer hier ou aujourd'hui ; donc ce ne sont pas des voyageurs sans solution, mais dont la situation n'exigeait pas de rapatriement immédiat.

Nous ne sommes pas confrontés à des situations problématiques. Nous avons des reprotections pour tous nos clients.

Nous voyons que dans ces moments de crise, nous ne sommes plus seulement des concurrents, mais que les tour-opérateurs agissent en tant que partenaires, pour trouver les meilleures solutions possibles
", nous confie Bryce Arnaud-Battandier, le directeur général de NG Travel.

"Nous avons négocié avec les hôteliers pour que les clients aient des prix acceptables"

Dès le début de la crise, les équipes ont été mobilisées pour identifier tous les voyageurs qui, potentiellement, se trouvaient impactés par le conflit.

Puis, comme les autres, pour trouver des solutions afin de ramener tout le monde à bon port dans des délais acceptables, et à un coût supportable pour les opérateurs.

"Nous avons tout d'abord rassuré les clients. Suite à l'évolution de la situation, nous avons pris des décisions assez rapides.

Ainsi, en début de semaine dernière, étant donné que nous ne trouvions pas de solutions sur les lignes régulières pour quelques destinations, nous avons décidé d'affréter des avions avec des confrères pour être sûrs que nos clients puissent tous rentrer
", explique-t-il.

C'est ainsi qu'ont été mis sur pied deux vols, en partenariat avec Fram, pour rapatrier 385 voyageurs, pour le seul groupe NG Travel.

Cela n'a pas été pas la seule mission, car il a fallu aussi reprotéger les clients sur la partie terrestre de leur séjour, à savoir les chambres d'hôtels.

Le tour-opérateur a bien sûr pris en charge les 3 jours, tels que l'oblige le code du tourisme, mais il s'est aussi démené pour que les prix ne dérapent pas, passé cette échéance.

"Tout d'abord, nous nous sommes assurés que les hôtels gardent nos clients et que, pour ceux qui devaient rester plus longtemps, ils puissent bénéficier d'un tarif acceptable au vu de la situation.

Nous avons négocié avec les hôteliers et, globalement, cela s'est bien passé.


La majeure partie de notre portefeuille est constituée de clubs. Nous avons des partenariats, donc une vraie relation durable avec eux, et le but est que cela dure dans le temps. C'est dans ce genre de moment que nous voyons les véritables partenaires."

"Nous sommes dépendants des compagnies aériennes"

Par exemple, aux Maldives, où l'hôtellerie est plutôt onéreuse, le groupe a pu proposer des prix à moins de 100 euros par nuit.

Maintenant, l'enjeu est d'être sûr de pouvoir rapatrier tout le monde à bon port et en temps voulu. Du fait des annulations de dernière minute, en fonction de l'évolution de la situation, aucun vol n'est totalement assuré d'arriver à destination.

"Quand un vol est annulé, par exemple pour se rendre en Thaïlande, aux Maldives ou à Bali, nous essayons en premier lieu de trouver un autre vol, et donc des solutions, même si, à la dernière minute, ce n'est pas forcément évident.

Sur certaines destinations, quand le client ne veut pas partir, nous lui proposons des solutions de report.

Après, globalement, nous sommes dépendants des compagnies aériennes. Si elles nous offrent de la flexibilité, nous offrons cette possibilité aux agences de voyages
", annonce Bryce Arnaud-Battandier.

C'est un peu toute la complexité du moment : alors que les compagnies du Golfe ont pris une part importante du trafic vers l'Asie, la reprise de leur activité est encore parcellaire et inégale.

De plus, ces transporteurs annulent des lignes à la dernière minute, empêchant les tour-opérateurs de pouvoir anticiper et d'annuler les départs à venir. Une note a été envoyée par les équipes de Boomerang et Jet Tours pour rappeler la situation.

Concernant les départs, dans un avenir très proche, il est rappelé que le TO est conditionné "par les décisions d’annulation prises par les compagnies aériennes au jour le jour et ne pouvons pas anticiper l’annulation des vols tant que ceux-ci ne sont pas officiellement confirmés."

Chaque dossier est traité au cas par cas, même si le vol n'est pas annulé et que les voyageurs ne veulent plus se rendre à destination.

Pour les autres départs, il est rappelé que les différentes marques ont de la disponibilité à Maurice, Zanzibar, Rep Dom, Mexique, Canaries, Cap Vert, Sénégal, Kenya et le bassin méditerranéen.

"Il y a une petite baisse, mais c'est loin d'être une énorme chute"

Le groupe se retrouve aussi avec des clubs et hôtels dans le Golfe qui sont inexploitables en ce moment, et peut-être durant quelques semaines.

Pour l'heure, aucune décision n'a été prise concernant ces adresses, pour les sortir ou non des brochures. Tout va dépendre de l'évolution du conflit, de la remise en route de l'industrie touristique dans la région et des relations avec les partenaires.

Malgré toutes ces questions et les incertitudes, les réservations tombent toujours.

"J'ai envie de dire que la vie continue et les ventes aussi.

Il y a une petite baisse, mais c'est loin d'être une énorme chute. Nous avons de la demande pour juillet et août.

Les clients sont de plus en plus habitués à ce type d'événements. Ils adorent voyager, tout va dépendre de l'évolution du conflit.

Il y aura des mouvements sur certaines destinations, au regard de la situation. L'avantage, c'est que, que ce soit sur Jet Tours ou Boomerang, nous avons une offre très large, donc à même de répondre aux demandes des clients.

Nous observons des reports sur le Cap-Vert et la République dominicaine, où nous sommes très présents. Nous pouvons permettre aux clients qui devaient partir de pouvoir partir sur d'autres destinations,
" analyse le directeur général de NG Travel.

Pour certains tour-opérateurs et réseaux de distribution, les clients sont plus attentistes et reportent leur prise de décision, faisant craindre un printemps maussade.

Après, nous avons pu le constater lors d'événements comme le Covid ou le tremblement de terre au Maroc, une fois que la situation revient à la normale, les réservations sont de retour.

Ce conflit armé s'inscrit aussi dans une dynamique économique délicate en France, mais aussi un peu partout dans le monde.

"On sait que, par exemple, il y a une sensibilité au prix. Avec Boomerang, nous poussons beaucoup dans les réseaux notre concept : les prix malins.

Cette nouvelle gamme de produits vendus par Boomerang propose des clubs Coralia et des hôtels classiques avec un très bon positionnement.

Nous avions constaté que, déjà l'été dernier, les prix moyens n'avaient pas augmenté. En réaction, dès l'hiver dernier, nous avons lancé cette gamme de produits à des tarifs accessibles.

Nous sommes assez agressifs sur nos prix pour proposer un meilleur rapport qualité-prix
", affirme le dirigeant.

"Pour l'été à venir nous ouvrons une vingtaine de Kappa Club"

Bien que le contexte soit difficile, il n'est pas question pour le nouvel arrivant de dévier de sa feuille de route.

Arrivé le 10 juin 2025, après deux ans au sein de la Compagnie des Alpes, Bryce Arnaud-Battandier a, à cœur, de relever le challenge : faire grimper le groupe dans le peloton de tête des tour-opérateurs français.

"Notre grand enjeu reste le lancement de Jet Tours, qui est une marque magnifique.

Nous avons ouverts des clubs cet hiver ; nous proposons aussi des circuits et des hôtels 4 et 5 étoiles que nous avons choisis spécifiquement, sous la marque Jet Tours Signature.

Le produit plaît aux agences de voyage, les ventes augmentent chaque mois. Nous continuons, en parallèle, de travailler notre offre club : cela représente 60% de nos ventes.

Pour l'été à venir, nous ouvrons une vingtaine de Kappa Club, une marque qui propose une expérience unique sur le marché. Nous avons aussi revu les instants Kappa.

Nous proposons des i['Vis ma vie'
: par exemple, suivre la matinée d'un pêcheur de crabe, pour finir par un repas chez lui, avec la pêche du jour. Nous allons poursuivre cette feuille de route]i", conclut Bryce Arnaud-Battandier.


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