Finnair : la route polaire vers l'Asie, alternative aux hubs des Emirats ? - Credit : depositphotos. Nutkamol
Un centre de conférence un peu au milieu de nulle part, à quelques kilomètres d’Helsinki et au cœur d’une forêt de sapins enneigés avec une température de – 10°.
C’est dans ce décor que le la direction de Finnair avait donné rendez-vous à la presse internationale et juste avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, pour parler de la stratégie à venir, mais aussi de la résilience tout au long des ces dernières années de crises à répétition.
À la tête de la compagnie depuis deux ans, Turkka Kuusisto, finnois de 47 ans incarne bien « l’esprit finlandais », ce pays régulièrement en tête du classement mondial du bonheur.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il a expliqué le choix du lieu. « Nous sommes ici au milieu d'une forêt, car c'est en quelque sorte ce qui décrit le bonheur finlandais.
Nous pouvons "entendre" le son du silence. Je ne sais pas si vous le connaissez, mais beaucoup d'études académiques ont montré que même 15 minutes au milieu d'une forêt sans rien faire, cela est très sain, pour la santé mentale et la santé physique. »
En Finlande, « petite nation » selon Turkaa Kuusisto, on prend beaucoup de son énergie et de sa force via le mental.
C’est le « Sisu », nous a-t-il précisé. Un mot avec de multiples significations et notamment la confiance, la sécurité, l'égalité, mais aussi la force silencieuse, « celle qui arrive quand vous pensez que vous avez atteint vos limites. »
Voilà en partie ce qui fait tenir Finnair, née en 1923 et parmi les cinq plus anciennes compagnies aériennes dans le monde.
C’est dans ce décor que le la direction de Finnair avait donné rendez-vous à la presse internationale et juste avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, pour parler de la stratégie à venir, mais aussi de la résilience tout au long des ces dernières années de crises à répétition.
À la tête de la compagnie depuis deux ans, Turkka Kuusisto, finnois de 47 ans incarne bien « l’esprit finlandais », ce pays régulièrement en tête du classement mondial du bonheur.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il a expliqué le choix du lieu. « Nous sommes ici au milieu d'une forêt, car c'est en quelque sorte ce qui décrit le bonheur finlandais.
Nous pouvons "entendre" le son du silence. Je ne sais pas si vous le connaissez, mais beaucoup d'études académiques ont montré que même 15 minutes au milieu d'une forêt sans rien faire, cela est très sain, pour la santé mentale et la santé physique. »
En Finlande, « petite nation » selon Turkaa Kuusisto, on prend beaucoup de son énergie et de sa force via le mental.
C’est le « Sisu », nous a-t-il précisé. Un mot avec de multiples significations et notamment la confiance, la sécurité, l'égalité, mais aussi la force silencieuse, « celle qui arrive quand vous pensez que vous avez atteint vos limites. »
Voilà en partie ce qui fait tenir Finnair, née en 1923 et parmi les cinq plus anciennes compagnies aériennes dans le monde.
Deux gros coups durs
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Depuis 2019, l’histoire de cette compagnie, c'est de la résistance et de la résilience après deux très gros coups durs.
Il y a eu bien sûr le Covid, et presque plus grave encore la fermeture de l’espace aérien russe depuis 2022.
Avec une position géographique imbattable, Finnair, après l’épidémie espérait pouvoir rebondir avec cet avantage indéniable : relier des pays comme le Japon ou la Corée en empruntant les corridors sibériens avec des vols de moins de 10 heures, soit entre deux et quatre heures de moins qu’au départ des autres grands Hubs européens et 4 à 6 heures au départ de Doha, Dubaï ou Istanbul.
Et la compagnie avait adapté sa flotte, ses horaires et ses correspondances pour en profiter au maximum. L’agression russe en Ukraine a mis un coup d’arrêt dramatique à cette situation.
Il y a eu bien sûr le Covid, et presque plus grave encore la fermeture de l’espace aérien russe depuis 2022.
Avec une position géographique imbattable, Finnair, après l’épidémie espérait pouvoir rebondir avec cet avantage indéniable : relier des pays comme le Japon ou la Corée en empruntant les corridors sibériens avec des vols de moins de 10 heures, soit entre deux et quatre heures de moins qu’au départ des autres grands Hubs européens et 4 à 6 heures au départ de Doha, Dubaï ou Istanbul.
Et la compagnie avait adapté sa flotte, ses horaires et ses correspondances pour en profiter au maximum. L’agression russe en Ukraine a mis un coup d’arrêt dramatique à cette situation.
Rééquilibrage du réseau
Quatre ans jour pour jour après la fermeture de l’espace aérien russe, il était donc intéressant d’entendre le PDG de Finnair, faire le point et savoir comment la compagnie avait adapté sa stratégie à la situation.
Dès 2022, elle a travaillé sur son réseau pour, dans un premier temps, rééquilibrer l’Est et l’Ouest.
Même privée de son avantage géographique, Finnair a maintenu une offre conséquente vers l’Asie avec des appareils de dernière génération les A350 et en améliorant encore les temps de correspondance à Helsinki pour compenser les temps de vols qui se sont rallongés.
Mais d’un autre côté, elle a augmenté ses dessertes vers les États-Unis en proposant désormais 7 destinations.
Aussi Finnair a réussi un meilleur équilibrage entre les passagers qui transitent par Helsinki et ceux qui volent vers la Finlande en tant que destination en particulier depuis l’Europe.
Depuis 2022, la compagnie a ouvert de très nombreuses villes en Europe lui permettant de développer son portefeuille avec un repositionnement vers les flux loisirs et en renforçant les correspondances intra-européennes.
Pour l’été 2026, le réseau européen s’enrichira encore avec 12 nouvelles destinations au départ d’Helsinki.
Pour cela, elle a prévu de commander des avions moyen-courriers supplémentaires, mais il était un peu tôt, pour les équipes de Finnair, de nous en dire plus à ce stade.
Cependant il est pratiquement certain que le choix se portera sur Airbus déjà exploité majoritairement dans la compagnie.
Les plus anciens appareils âgés de plus de 20 ans seront remplacés et permettront là aussi sur le réseau européen une réduction des coûts et une meilleure efficacité opérationnelle.
Côté long-courrier, une nouveauté de taille également avec, à partir de l’automne prochain, des vols vers Melbourne, en Australie. Cette nouvelle liaison sera opérée quotidiennement via Bangkok à bord d’un Airbus A350, à partir du 25 octobre 2026, sous réserve des autorisations gouvernementales requises.
Dès 2022, elle a travaillé sur son réseau pour, dans un premier temps, rééquilibrer l’Est et l’Ouest.
Même privée de son avantage géographique, Finnair a maintenu une offre conséquente vers l’Asie avec des appareils de dernière génération les A350 et en améliorant encore les temps de correspondance à Helsinki pour compenser les temps de vols qui se sont rallongés.
Mais d’un autre côté, elle a augmenté ses dessertes vers les États-Unis en proposant désormais 7 destinations.
Aussi Finnair a réussi un meilleur équilibrage entre les passagers qui transitent par Helsinki et ceux qui volent vers la Finlande en tant que destination en particulier depuis l’Europe.
Depuis 2022, la compagnie a ouvert de très nombreuses villes en Europe lui permettant de développer son portefeuille avec un repositionnement vers les flux loisirs et en renforçant les correspondances intra-européennes.
Pour l’été 2026, le réseau européen s’enrichira encore avec 12 nouvelles destinations au départ d’Helsinki.
Pour cela, elle a prévu de commander des avions moyen-courriers supplémentaires, mais il était un peu tôt, pour les équipes de Finnair, de nous en dire plus à ce stade.
Cependant il est pratiquement certain que le choix se portera sur Airbus déjà exploité majoritairement dans la compagnie.
Les plus anciens appareils âgés de plus de 20 ans seront remplacés et permettront là aussi sur le réseau européen une réduction des coûts et une meilleure efficacité opérationnelle.
Côté long-courrier, une nouveauté de taille également avec, à partir de l’automne prochain, des vols vers Melbourne, en Australie. Cette nouvelle liaison sera opérée quotidiennement via Bangkok à bord d’un Airbus A350, à partir du 25 octobre 2026, sous réserve des autorisations gouvernementales requises.
Rentabilité restaurée
Malgré ces coups durs, avec une bonne dose de « Sisu » donc, mais aussi une stratégie d’adaptation pour connecter la Finlande au monde, mieux équilibrer son réseau et attirer le trafic de transit via Helsinki, Finnair a réussi à restaurer sa rentabilité s’est félicité Turkka Kuusisto.
Turkka Kuusisto le 24 février à Helsinki. « Rentabilité restaurée et réseau équilibré après la pandémie et la fermeture de l’espace aérien russe. ». Photo : C.Hardin
Après le plongeon de 2020 à – 595 Millions d’euros, les comptes sont repassés dans le vert depuis 2023 même si, en cette année 2025, avec 60 millions de bénéfice, on est loin des 151 millions de 2024.
Questionné sur cet écart significatif, le PDG de Finnair a mis en avant l’augmentation des coûts de maintenance et d’exploitation, mais n’a pas évoqué la grève très dure des pilotes de la compagnie en toute fin d’année 2024.
Au sein même de la compagnie, il se murmure que sans ce conflit, les bénéfices auraient pu grimper jusqu’à 130 millions d’euros.
Questionné sur cet écart significatif, le PDG de Finnair a mis en avant l’augmentation des coûts de maintenance et d’exploitation, mais n’a pas évoqué la grève très dure des pilotes de la compagnie en toute fin d’année 2024.
Au sein même de la compagnie, il se murmure que sans ce conflit, les bénéfices auraient pu grimper jusqu’à 130 millions d’euros.
Pôle Nord : la route qui évite les conflits
Aussi, il est vrai que tant que la Russie ne réouvrira pas son espace aérien, les coûts d’exploitation des routes vers l’Asie pèseront sur la rentabilité.
Plus de carburant (aux alentours de 25%) et des équipages de renforts sont nécessaires pour ces vols qui désormais peuvent durer environ 13h00.
Cependant, la route polaire que Finnair emprunte pour rejoindre l’Asie* pourrait avec la guerre au Moyen-Orient devenir un avantage.
Avec les difficultés actuelles et les incertitudes quant aux transits via les grands Hubs des compagnies du Golfe, la route polaire stable et effectuée avec les nouveaux A350 de la compagnie est une alternative intéressante, notamment pour les voyageurs européens.
Plus de carburant (aux alentours de 25%) et des équipages de renforts sont nécessaires pour ces vols qui désormais peuvent durer environ 13h00.
Cependant, la route polaire que Finnair emprunte pour rejoindre l’Asie* pourrait avec la guerre au Moyen-Orient devenir un avantage.
Avec les difficultés actuelles et les incertitudes quant aux transits via les grands Hubs des compagnies du Golfe, la route polaire stable et effectuée avec les nouveaux A350 de la compagnie est une alternative intéressante, notamment pour les voyageurs européens.
Et même avant la guerre au Moyen Orient, les équipes de Finnair avaient transformé cette route du pôle plus longue en une belle opportunité de passer, au moins une fois dans sa vie au-dessus du mythique Pôle Nord.
Sur chaque vol empruntant cette route, la compagnie décerne à chaque passager, un certificat pour marquer l’événement.
C’est peut être cela aussi le « Sisu » en Finlande : transformer une contrainte en petit moment de bonheur.
*Il existe aussi une route « Sud » qui est empruntée aussi en descendant vers la mer noire puis en contournant l’Iran par le Nord.
Sur chaque vol empruntant cette route, la compagnie décerne à chaque passager, un certificat pour marquer l’événement.
C’est peut être cela aussi le « Sisu » en Finlande : transformer une contrainte en petit moment de bonheur.
*Il existe aussi une route « Sud » qui est empruntée aussi en descendant vers la mer noire puis en contournant l’Iran par le Nord.
Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin























