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Moins d'apprentis, plus de seniors : le défi de la formation pour les opérateurs de voyage

Convenc'Tour 2026 à bord du Club Med 2


A l'occasion du Convenc'Tour 2026 organisé par le CEDIV à bord du Club Med 2, Isabelle Maimbourg, directrice générale de l'OPCO Mobilités a rappelé les enjeux de la formation pour le secteur du voyage, dans un contexte où l'apprentissage recule et les effectifs vieillissent.


Rédigé par le Jeudi 18 Juin 2026 à 13:35

Isabelle Maimbourg, directrice générale de l'OPCO Mobilités - Photo : CE
Isabelle Maimbourg, directrice générale de l'OPCO Mobilités - Photo : CE
Sans formation, quel avenir pour les métiers du voyage ?

C'est en filigrane le message porté par Isabelle Maimbourg, directrice générale de l'OPCO Mobilités, lors du Convenc'Tour 2026 du CEDIV.

À cette occasion, elle a présenté les dernières données de l'observatoire emploi-formation de la branche des agences de voyages et des tour-opérateurs.

Le secteur fait face à un double phénomène, celui du ralentissement de l'apprentissage dans un contexte de vieillissement des effectifs.

Selon les derniers chiffres, 15% des effectifs ont moins de 26 ans, 15% des salariés du secteur ont plus de 55 ans et 37% ont plus de 45 ans. Des données qui, selon Isabelle Maimbourg, doivent conduire les entreprises à réfléchir dès maintenant à la transmission des compétences.

« Avec ces proportions, il faut commencer à avoir une véritable prospective d'avenir et de transmission », a-t-elle alerté.

Pour la représentante d'OPCO Mobilités, le risque est d'autant plus important que les recrutements de jeunes via l'apprentissage ralentissent.

« La formation, c'est préparer demain »

« La formation, c'est préparer demain. Si nous avons moins d'entrées en apprentissage, alors que la pyramide des âges évolue, nous allons progressivement créer un décalage entre les jeunes qui arrivent dans la profession et ceux qui partiront demain », a expliqué Isabelle Maimbourg.

« Dans moins de cinq ans, les 35-40 ans deviendront largement majoritaires tandis que les plus de 55 ans avanceront naturellement dans leur parcours professionnel. Si les entrées en apprentissage continuent de diminuer, les courbes vont finir par se croiser.

Nous n'aurons plus suffisamment de personnes pour transmettre les savoir-faire et préparer l'avenir. Avec la baisse démographique annoncée dans les quinze prochaines années, on mesure les conséquences que cela peut avoir
», ajoute-t-elle.

Valérie Boned, présidente des Entreprises du Voyage, rappelle que les aides existent encore même si elles s'inscrivent en baisse : « Nous sommes passés d'une aide de 5 000 euros à 4 000 euros par contrat d'apprentissage. Cela reste un soutien significatif pour les entreprises.

J'entends souvent des chefs d'entreprise expliquer qu'ils investissent beaucoup de temps et d'énergie dans la formation des apprentis avant de les voir partir. C'est une réalité.

Mais malgré cela, l'apprentissage reste aujourd'hui un dispositif extrêmement soutenu. Et, à mon avis, ce niveau d'aide ne durera pas forcément éternellement. Il faut savoir en profiter.
»

Retrouvez toutes les infos du Convenc'Tour du CEDIV à bord du CLUB MED 2 sur notre Dash Board

L'apprentissage en recul

Avec près de 2 000 contrats d'apprentissage signés en 2025, la branche demeure l'une des plus dynamiques d'OPCO Mobilités.

Toutefois, après plusieurs années de croissance continue, le nombre de contrats est en recul.

Or, pour Isabelle Maimbourg, l'alternance constitue bien davantage qu'un simple outil de recrutement.

« Un apprenti apprend les codes de l'entreprise, découvre votre métier et finit par devenir performant au bout de quelques années. C'est un investissement humain incroyable », a-t-elle souligné.

Elle rappelle également l'importance du rôle des maîtres d'apprentissage et des tuteurs, dont la formation est intégralement financée par l'OPCO, mais encore trop peu utilisée par les entreprises du secteur.

15% des effectifs de la branche suivent une formation

Au-delà de l'alternance, c'est l'ensemble de la politique de développement des compétences qui préoccupe OPCO Mobilités.

Selon les données présentées, seuls 15% des salariés de la branche suivent chaque année une action de formation.

Isabelle Maimbourg a rappelé l'existence du Plan de développement des compétences (PDC), un dispositif financé par les contributions des entreprises à la formation professionnelle et destiné aux structures de moins de 50 salariés.

En 2025, 55 millions d'euros ont ainsi été mobilisés au niveau d'OPCO Mobilités pour financer ces actions de formation.

Mais, les entreprises du secteur du voyage ne s'emparent pas pleinement de cet outil.

Sur les 3 862 entreprises ayant bénéficié d'une enveloppe dédiée au titre du Plan de développement des compétences, seules 610 ont consommé une partie significative de leur budget, soit 15,8% des bénéficiaires.

Et parmi elles, seulement 210 entreprises ont utilisé la totalité des financements mis à leur disposition, soit à peine 5,4% du total.

« Ce n'est pas un problème de financement », a insisté Isabelle Maimbourg. « Ce n'est pas à cause d'un manque de fonds que les salariés ne partent pas en formation. Il existe certainement des contraintes administratives, des questions de temps, de plateformes ou de gestion quotidienne, mais les moyens existent. »

Pour la dirigeante, cette situation interroge directement la place accordée à la montée en compétences dans les entreprises du voyage. « Si vous n'envoyez pas vos salariés en formation, vous serez rattrapés par ceux qui continuent à apprendre et à monter en compétences », a-t-elle prévenu.

Au-delà de l'acquisition de nouvelles connaissances, la formation est aussi un levier de fidélisation des collaborateurs.

« Ce qui est important pour les salariés, c'est aussi d'avoir le sentiment que leur entreprise les fait grandir et leur donne accès à la formation », a rappelé Isabelle Maimbourg.

Formation : « il faut s'emparer des dispositifs existants »

Valérie Boned insiste : « La première chose à faire, c'est d'abord de s'emparer individuellement des dispositifs existants. »

Elle ajoute également que Les Entreprises du Voyage travaillent avec l'OPCO pour identifier des solutions permettant d'augmenter les moyens consacrés à la formation au niveau de la branche.

« Au fil des années, nous constatons un transfert progressif des financements vers les entreprises et les salariés. La part des ressources consacrées à la formation tend à diminuer.

D'autres secteurs ont déjà mis en place des dispositifs spécifiques permettant d'augmenter les ressources consacrées à la formation et de construire de véritables programmes de branche. Ce sont des pistes sur lesquelles nous allons continuer à travailler.
»

Céline Eymery Publié par Céline Eymery Rédactrice en Chef - TourMaG.com
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