Quand un itinéraire vélo démarre à Verdun, le cycliste sait à quoi s’attendre.
Verdun, c’est le théâtre de la bataille la plus meurtrière de la Première guerre mondiale, une boucherie de tranchées innommable, 300 000 soldats tués lors d’une année quasi entière, en 1916.
Impossible d’occulter cette histoire au moment d’enfourcher le deux-roues. D’autant que le territoire rend un hommage émouvant à ce drame, à travers plusieurs sites.
Centre mondial de la Paix, des Libertés et des Droits de l’Homme, citadelle souterraine, Mémorial de Verdun, ossuaire et fort de Douaumont, tranchée de Chattancourt…
Tous ces lieux de mémoire, situés dans un rayon d’une dizaine de km autour de la ville, sont accessibles à vélo.
Verdun, c’est le théâtre de la bataille la plus meurtrière de la Première guerre mondiale, une boucherie de tranchées innommable, 300 000 soldats tués lors d’une année quasi entière, en 1916.
Impossible d’occulter cette histoire au moment d’enfourcher le deux-roues. D’autant que le territoire rend un hommage émouvant à ce drame, à travers plusieurs sites.
Centre mondial de la Paix, des Libertés et des Droits de l’Homme, citadelle souterraine, Mémorial de Verdun, ossuaire et fort de Douaumont, tranchée de Chattancourt…
Tous ces lieux de mémoire, situés dans un rayon d’une dizaine de km autour de la ville, sont accessibles à vélo.
Chemin de halage et ramages forestiers
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Le parcours de l’Eurovélo 19 est heureusement moins anxiogène.
Jusqu’à Dun-sur-Meuse, terme de la première étape, à 42 km de Verdun, il suit plein nord le cours de la Meuse par une voie verte tracée au plus près du fleuve, avant de poursuivre sa course après Samogneux sur de petites routes.
Le chemin de halage glissant sous des ramages forestiers constitue le décor invariable de cette piste familiale et tranquille, une quiétude à retrouver tout au long de l’itinéraire.
Dun-sur-Meuse n’est pas une capitale internationale du tourisme. Qu’à cela ne tienne, son enfilade de maisons posées au bord du fleuve ne manque pas de charme et vous y apprendrez vite qu’elle vit naître Jean-Robert Ipoustéguy, un nom basque qui colle peu à la région mais rappelle la mémoire de ce sculpteur du XXe siècle aux œuvres disséminées à travers le monde (Tokyo, Washington, Berlin, Londres, Paris…).
Vous pourrez aussi vous reposer au bord du lac Vert, à Doulcon, et goûter la bière de la brasserie artisanale La Dunoise.
Jusqu’à Dun-sur-Meuse, terme de la première étape, à 42 km de Verdun, il suit plein nord le cours de la Meuse par une voie verte tracée au plus près du fleuve, avant de poursuivre sa course après Samogneux sur de petites routes.
Le chemin de halage glissant sous des ramages forestiers constitue le décor invariable de cette piste familiale et tranquille, une quiétude à retrouver tout au long de l’itinéraire.
Dun-sur-Meuse n’est pas une capitale internationale du tourisme. Qu’à cela ne tienne, son enfilade de maisons posées au bord du fleuve ne manque pas de charme et vous y apprendrez vite qu’elle vit naître Jean-Robert Ipoustéguy, un nom basque qui colle peu à la région mais rappelle la mémoire de ce sculpteur du XXe siècle aux œuvres disséminées à travers le monde (Tokyo, Washington, Berlin, Londres, Paris…).
Vous pourrez aussi vous reposer au bord du lac Vert, à Doulcon, et goûter la bière de la brasserie artisanale La Dunoise.
Histoire brassicole locale
L’étape 2 continue sa cavalcade au nord, en empruntant exclusivement de petites routes de campagne. Si nous étions sur le Tour de France, nous parlerions d’étape de liaison.
Ainsi, une heure suffira à rejoindre Stenay, après avoir découvert la splendide église romane de Mont-devant-Sassey, principale curiosité patrimoniale du jour. A l’arrivée, vous serez rattrapé par la bière : un musée vous dit tout sur l’histoire brassicole locale, avant, récompense attendue, la dégustation d’une bonne mousse locale.
Jour 3, objectif Sedan. L’itinéraire paresse à travers des paysages de prairies et de bois, toujours guidé par les ondulations du fleuve. Après Pouilly, fin du département de la Meuse et début de celui des Ardennes. Une différence ? Aucune ! La frontière est invisible tant le cheminement reste toujours aussi bucolique dans les plis alluviaux, rasant à l’ouest le plateau de l’Argonne.
Ainsi, une heure suffira à rejoindre Stenay, après avoir découvert la splendide église romane de Mont-devant-Sassey, principale curiosité patrimoniale du jour. A l’arrivée, vous serez rattrapé par la bière : un musée vous dit tout sur l’histoire brassicole locale, avant, récompense attendue, la dégustation d’une bonne mousse locale.
Jour 3, objectif Sedan. L’itinéraire paresse à travers des paysages de prairies et de bois, toujours guidé par les ondulations du fleuve. Après Pouilly, fin du département de la Meuse et début de celui des Ardennes. Une différence ? Aucune ! La frontière est invisible tant le cheminement reste toujours aussi bucolique dans les plis alluviaux, rasant à l’ouest le plateau de l’Argonne.
Forteresse de Sedan
A Mouzon, bourg plutôt charmant aux vieilles maisons en calcaire jaune, arrêt possible au musée du Feutre de laine. Ce tissu fit la fortune de la cité industrielle, au côté de la métallurgie. Remilly-Aillicourt signe l’arrivée sur une section de la voie verte Trans’Ardennes. Sedan est alors en lige de mire et représente l’un des temps forts du voyage, avec la visite de sa puissante forteresse.
Elevée à partir du 15ème siècle, plusieurs fois renforcée, elle pouvait accueillir jusqu’à 4 000 soldats, prêts à en découdre depuis ce site stratégique avec l’Empire germanique voisin.
Sedan, c’est aussi le souvenir de la défaite cuisante de 1870, quand l’armée française, acculée, dut capituler devant les Prussiens. Bref, après les jambes, la ville stimule les neurones en proposant de plonger à nouveau dans l’histoire de France. On n’oubliera pas également de s’intéresser à l’aventure drapière, en visitant la manufacture du Tapis Point de Sedan.
Elevée à partir du 15ème siècle, plusieurs fois renforcée, elle pouvait accueillir jusqu’à 4 000 soldats, prêts à en découdre depuis ce site stratégique avec l’Empire germanique voisin.
Sedan, c’est aussi le souvenir de la défaite cuisante de 1870, quand l’armée française, acculée, dut capituler devant les Prussiens. Bref, après les jambes, la ville stimule les neurones en proposant de plonger à nouveau dans l’histoire de France. On n’oubliera pas également de s’intéresser à l’aventure drapière, en visitant la manufacture du Tapis Point de Sedan.
Charleville, cité ducale…
Un saut de puce plus loin, voici Charleville-Mézières. Non que les 28 km entre les deux villes soient négligeables. Ils longent toujours le fleuve et offrent même de nouvelles pauses agréables : le village de Donchéry ; la halte nautique de Vrigne-Meuse (d’où l’on peut louer des pénichettes sans permis pour naviguer sur la Meuse, en été) ; l’embranchement du canal des Ardennes…
Mais Charleville-Mézières est une cité tellement étonnante qu’elle mérite de s’y poser. « En haut », voici Charleville, principauté embellie grâce à sa remarquable place Ducale à arcades, dessinée au début du 17ème siècle par le frère de l’architecte de la place des Vosges - d’où l’analogie évidente. Avec ses rues au cordeau et sa brique, Charleville dégage une grâce qu’on ne soupçonnerait pas dans ces Ardennes réputées industrieuses.
Charleville est aussi la terre de Rimbaud. On ira visiter le musée qui lui est consacré, dans l’ancien moulin ducal, sur les bords de Meuse. Quant à Mézières, « en bas », elle revit. La restauration réussie de la façade et de la place de l’hôtel de ville a redonné de l’allant à ce secteur qui devrait aussi profiter à la basilique Notre-Dame d’Espérance voisine.
La suite est un pur bonheur de cyclotourisme. L’Eurovélo 19 poursuit sa cavalcade au bord de la Meuse en suivant la vallée qui s’enfonce désormais comme un coin dans le plateau belge. Une sorte d’enclave hexagonale, marquée par une histoire industrielle dont le bruit des dernières forges en activité rappelle le souvenir.
Mais Charleville-Mézières est une cité tellement étonnante qu’elle mérite de s’y poser. « En haut », voici Charleville, principauté embellie grâce à sa remarquable place Ducale à arcades, dessinée au début du 17ème siècle par le frère de l’architecte de la place des Vosges - d’où l’analogie évidente. Avec ses rues au cordeau et sa brique, Charleville dégage une grâce qu’on ne soupçonnerait pas dans ces Ardennes réputées industrieuses.
Charleville est aussi la terre de Rimbaud. On ira visiter le musée qui lui est consacré, dans l’ancien moulin ducal, sur les bords de Meuse. Quant à Mézières, « en bas », elle revit. La restauration réussie de la façade et de la place de l’hôtel de ville a redonné de l’allant à ce secteur qui devrait aussi profiter à la basilique Notre-Dame d’Espérance voisine.
La suite est un pur bonheur de cyclotourisme. L’Eurovélo 19 poursuit sa cavalcade au bord de la Meuse en suivant la vallée qui s’enfonce désormais comme un coin dans le plateau belge. Une sorte d’enclave hexagonale, marquée par une histoire industrielle dont le bruit des dernières forges en activité rappelle le souvenir.
Légende de la Dame de Meuse…
Pur bonheur cycliste, car la solitude atteint ici son paroxysme, dans un paysage où les prairies alluviales ont laissé place à des versants boisés. La Meuse coupe le massif ardennais tel un serpent ondulant, en révélant quelques bourgs assoupis posés au bord de l’eau.
On stoppera à Monthermé, pour profiter du décor de maisons alignées et du splendide panorama sur les méandres, ouvert depuis la Roche à Sept Heures (sèche grimpette !).
Le lendemain, on pédalera jusqu’à Haybes, à 34 km, dans la partie la plus encaissée du massif des Ardennes. Un corridor de forêts et de schiste objet de légendes, dont celle de la Dame de Meuse… Toujours pédalant sur le chemin de halage, il restera à rallier Givet, ultime cité avant la Belgique. La vallée de la Meuse s’ouvre alors pour révéler l’imposante forteresse de Charlemont, bastion de défense devenu inutile dans ces marges de la France.
On stoppera à Monthermé, pour profiter du décor de maisons alignées et du splendide panorama sur les méandres, ouvert depuis la Roche à Sept Heures (sèche grimpette !).
Le lendemain, on pédalera jusqu’à Haybes, à 34 km, dans la partie la plus encaissée du massif des Ardennes. Un corridor de forêts et de schiste objet de légendes, dont celle de la Dame de Meuse… Toujours pédalant sur le chemin de halage, il restera à rallier Givet, ultime cité avant la Belgique. La vallée de la Meuse s’ouvre alors pour révéler l’imposante forteresse de Charlemont, bastion de défense devenu inutile dans ces marges de la France.
Itinéraire
• L’Eurovélo 19 est une véloroute européenne. Elle part de Langres, en Haute-Marne, et se termine à Rotterdam, aux Pays-Bas.
• Nommée aussi « La Meuse à vélo », elle suit quasi intégralement le fleuve sur 1 050 km, à travers la France, la Belgique et les Pays-Bas.
• L’itinéraire emprunte le chemin de halage et des voies cyclables ou de petites routes à faible trafic automobile, afin d’offrir aux cyclistes un parcours sécurisé pour apprécier des paysages de vallée toujours frais et verdoyants.
• Avec son faible dénivelé, l’Eurovélo 19 n’offre aucune difficulté et s’adresse particulièrement aux familles.
• La partie française entre Verdun et Givet, traitée dans ce sujet, couvre une distance totale de 217 km. Elle peut s’effectuer en 5 ou 7 étapes, soit de 31 à 43,5 km par jour.
• Nommée aussi « La Meuse à vélo », elle suit quasi intégralement le fleuve sur 1 050 km, à travers la France, la Belgique et les Pays-Bas.
• L’itinéraire emprunte le chemin de halage et des voies cyclables ou de petites routes à faible trafic automobile, afin d’offrir aux cyclistes un parcours sécurisé pour apprécier des paysages de vallée toujours frais et verdoyants.
• Avec son faible dénivelé, l’Eurovélo 19 n’offre aucune difficulté et s’adresse particulièrement aux familles.
• La partie française entre Verdun et Givet, traitée dans ce sujet, couvre une distance totale de 217 km. Elle peut s’effectuer en 5 ou 7 étapes, soit de 31 à 43,5 km par jour.


















