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AG des Entreprises du Voyage : "le plus dur est devant nous" déclare Jean-Baptiste Lemoyne

Double AG de l’APST et des EDV



Pour la première fois depuis le début de la pandémie mondiale, les instances du secteur du tourisme se sont réunies physiquement, mardi 15 septembre 2020 à Paris lors des Assemblées générales du syndicat des Entreprises du voyage (EDV) et de l’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APST). En qualité de secrétaire d’Etat au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne prenait part aux débats. Compte-rendu d’une matinée dense lors de laquelle la profession, loin de se laisser abattre, a fait preuve de solidarité au plus noire d'une crise qui la voit trembler sur ses fondations.


Rédigé par le Mercredi 16 Septembre 2020

Jean-Baptiste Lemoyne et Jean-Pierre Mas, le 15 septembre 2020 à Paris © PG TM
Jean-Baptiste Lemoyne et Jean-Pierre Mas, le 15 septembre 2020 à Paris © PG TM
Sous les masques, les sourires. Ceux des dizaines de professionnels du voyage heureux de se retrouver « en vrai » pour la première fois depuis de nombreux mois, ce mardi 15 septembre 2020 à Paris, lors des traditionnelles Assemblées générales de l’APST et des EDV. Ces dernières auraient dû normalement se tenir en plein confinement, le 15 avril 2020.

Mais voilà, de la faillite du géant Thomas Cook à celles d’XL Airways et d’Aigle Azur, en passant surtout par la pandémie mondiale de Covid-19 qui continue de paralyser la planète entière : « qui aurait pu prévoir tout ce que nous avons enduré en une petite année ? », résume Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat au tourisme.

« Avec ces chocs systémiques qui sont un coup et un coût massif pour le secteur, cette année ne nous laissera pas indemne, nous le savons. Je vous propose qu’on serre les dents et qu’on se serre les coudes tous ensemble », lance-t-il dès le début de la journée à l’attention de la profession.

« Les uns et les autres, vous faites face à des situations inextricables et l’Etat sera présent. C’est un message de solidarité que je vous lance : nous avons tenu jusqu’à maintenant mais le plus dur est devant nous et nous allons tout faire pour que vous restiez là », ajoute-t-il.

Pour l’APST, une situation « très préoccupante »

Car derrière les sourires de façade, les dents sont serrées et les professionnels du voyage le savent : les mois à venir seront en effet houleux pour le secteur. Du côté du premier garant de la profession, l’APST, la situation est « extrêmement difficile » et « très préoccupante » d’après les mots de sa présidente Alix Philipon.

Pourtant, l’association n’a recensé « que » 116 défaillances d’opérateurs touristiques en 2019, dont 30 adhérents, et seulement 67 à ce jour en 2020, dont 19 adhérents.

Côté compte, près de 14 millions de trésorerie sont encore disponibles, sans compter les provisions pour la faillite de Thomas Cook (22 millions d’euros) et la prochaine vente de l’immeuble de l’avenue Carnot qui rapportera également 22 millions d’euros d’ici la fin de l’année.

Seulement, « le chemin de croix ne commence que tout juste », invective Alix Philipon. Pour sauver l’association, et la faire subsister « sous une nouvelle forme », les pouvoirs publics ont déjà demandé des engagements : augmentation des cotisations, audit juridique, création d’un comité des risques…

Pour aller plus loin, la présidente veut demander un prêt, créer un fonds de réserve et de solidarité et poursuit ses négociations avec la Maif pour, via une société de courtage, « se détacher de son risque assuranciel ».

Il faut dire que, d’après les premières estimations, les risques financiers liés à la Covid-19 se situeraient entre 44 et 135 millions d’euros...

Lire aussi : MAIF, prêt garanti par l'Etat, fonds de solidarité, vente de l'immeuble : le plan d'attaque de l'APST

Revoir la vidéo de l'Assemblée générale des EDV

Merci de cliquer sur le lien suivant pour visualiser la vidéo : https://www.facebook.com/watch/live/?v=320613315677060&ref=watch_permalink

Plus d’aides d’Etat

Car, comme le martèle le fraîchement réélu à la présidence des EDV, Jean-Pierre Mas, « l’absence de faillites est illusoire » et les défaillances sont à attendre dans les mois à venir.

Si, à l’image de ses adhérents, il se veut plus que jamais prêt à se battre pour le secteur, le président des EDV ne cherche pas non plus à faire l’autruche.

« Des pandémies il y en a, des crises il y en a, elles ont a chaque fois impacté le transport aérien mondial. Seulement, ce n’est pas une crise comme les autres : le transport aérien est tombé aux niveaux d’il y a 30 ans…

Et on ne peut pas espérer que la courbe remonte avant 2024 ou 2025, il nous faut donc nous organiser en conséquence »
, décrypte Jean-Pierre Mas, qui en appelle à l’intelligence collective de la profession, « exemplaire » depuis le début de la crise.

Ont été obtenus les prêts garanties par l’Etat (demandés et obtenus par près de 70% des adhérents des EDV), le fonds de solidarité, les mesures d’activité partielle, les reports des échéances bancaires, les exonérations de charges et l’ordonnance pour les avoirs (qui se termine ce 15 septembre)…

« Des dispositifs efficaces et utilisés mais, en tant que profession plus sinistrées que les autres, ils doivent continuer et aller encore plus loin », lance Jean-Pierre Mas à l’attention du gouvernement.

Discothèques et agences de voyage : même combat

© PG TM
© PG TM
Pour lui, la situation ne peut plus durer : « Discothèque et agents de voyage : même combat ! Nous demandons à l’Etat le maintien et le renforcement du chômage partiel, un fonds de solidarité sans critère, une prise en charge des loyers comme c’est le cas pour les discothèques, et un ruissellement de l’aide à la SNCF jusqu’aux agents de voyages ! ».

D’après le président des EDV, trois points particulièrement urgents doivent alerter le gouvernement : les voyages scolaires, les tests exigés 36h à 72H avant les vols et difficilement réalisables à temps, et le manque de lisibilité sur les réouvertures ou non de frontières.

Sur scène, dans une ambiance étrangement détendue, Jean-Baptiste Lemoyne le promet : dès demain en conseil des ministres, il continuera à plaider la cause d’un secteur qu’il qualifie de « très entravé » et promet des accompagnements « au-delà de ce qu’il se fait déjà ».

« Est-ce que notre métier à un avenir ? Nous avons quelques mois difficiles à passer et oui, nous avons un avenir », assure-t-il enfin. « Hauts les coeurs ! Nous nous retrouverons dans un an à la prochaine AG avec les mêmes visages, le même engagement, les sourires en plus ». Car dans le tourisme plus qu’ailleurs, le sourire reste au cœur de tout.

Pierre Georges Publié par Pierre Georges Journaliste - TourMaG.com
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