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État d’exception, blocages des routes... quelle est la situation pour les voyages en Bolivie ?

L’état d’exception a été décrété en Bolivie


Depuis maintenant sept semaines, la Bolivie est secouée par de fortes tensions sociales. Confronté à une importante crise économique, le principal syndicat bolivien mène des actions coup de poing afin de faire réagir le gouvernement. Face à cette situation, des réceptifs ont suspendu tous leurs départs.


Rédigé par le Mercredi 24 Juin 2026 à 11:19

L’état d’exception a été décrété en Bolivie - Depositphotos
L’état d’exception a été décrété en Bolivie - Depositphotos
Le 1er mai est une date symbolique partout dans le monde : elle marque la lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs.

En 2026, ce mai a revêtu une importance particulière en Bolivie.

Dans ce pays enclavé entre le Brésil et le Pérou, une coalition syndicale a lancé un mouvement de contestation contre le pouvoir en place, jugé incapable de réagir face à l’importante crise économique qui secoue le pays.

Sur place, les tensions sont montées, avec de nombreux blocages routiers qui, en plus des débrayages des paysans et des ouvriers, ont entraîné des pénuries de nourriture, de carburant, mais aussi de médicaments.

"Actuellement, La Paz manque de tout, qu’il s’agisse de matériel médical ou de denrées alimentaires. Cette pénurie organisée alimente d’ailleurs l’inflation que nous évoquions pour le mois de décembre, aggravant drastiquement le coût de la vie au quotidien.

Concernant la direction du mouvement, on retrouve les grandes organisations et fédérations sectorielles qui constituaient les piliers du MAS pendant les années de présidence d’Evo Morales, mais qui s’étaient ensuite divisées
", a expliqué Pablo Barnier-Khawam, docteur associé au CERI-Sciences Po et spécialiste de la Bolivie, lors d’une conférence organisée par Sciences Po.

Après sept semaines de conflit social, le gouvernement a décidé de décréter l’état d’exception, pour 90 jours, mettant de fait un terme au dialogue sans qu’une solution ait été trouvée.

Bolivie : le Quai d’Orsay conseille aux Français de reporter leurs séjours

Cette décision s’est matérialisée par l’envoi de militaires et de policiers pour démanteler les barrages routiers. Leur nombre est ainsi passé de 50 à 12 dans l’ensemble du pays.

Les derniers points de résistance se situent dans le département de Cochabamba et dans la région du Chapare. Plusieurs axes stratégiques reliant l’est à l’ouest du pays sont également toujours occupés.


La Bolivie espère retrouver une certaine forme de normalité, même si l’ancien président craint que le pays ne se dirige vers une guerre civile.

En décembre dernier, la Bolivie a tourné la page de vingt années de présidence d’Evo Morales pour mettre en place une politique néolibérale soutenue par Donald Trump et les gouvernements conservateurs voisins.

Le président de centre droit Rodrigo Paz a émis un mandat d’arrêt contre son prédécesseur, qui a déclaré refuser de se rendre et vouloir poursuivre la lutte.

Les tensions pourraient donc perdurer.

Dans ces conditions, France Diplomatie conseille à tous les voyageurs français de reporter leurs séjours "dans la partie occidentale de la Bolivie jusqu’à la levée des bloqueos, d’éviter la région centrale du Chapare et de bien se renseigner en amont sur les lieux restant accessibles".

Il est également déconseillé de voyager par la route, notamment dans les zones où des blocages sont toujours en place.

Bolivie : voyages reportés et destination retirée de la vente

Pour les voyageurs se trouvant dans les zones concernées par les interventions des forces de l’ordre, il est nécessaire de respecter les instructions des autorités et, si possible, de quitter les lieux au plus vite, tout en veillant à informer l’ambassade de leur présence.

Tierra Latina et Veloso Voyages ont d’ailleurs cessé de vendre la destination, souvent proposée en combiné avec le Pérou. Ce dernier a également reporté les séjours prévus jusqu’en juillet.

La situation économique de la Bolivie ne date toutefois pas de l’élection de Rodrigo Paz.

Elle avait déjà commencé à se détériorer sous le dernier mandat d’Evo Morales.

"Le pays traversait déjà une phase de forte inflation et d’épuisement des réserves de devises. Cet épuisement a rendu les importations particulièrement difficiles pour une économie peu industrialisée, structurellement dépendante des biens importés.

Rodrigo Paz ayant commencé son mandat en novembre, ses premières actions n’ont pas pu inverser immédiatement cette tendance.

Certes, six mois restent un délai court pour redresser une économie, mais on constate une absence de mesures d’urgence efficaces.


Dans sa volonté de réduire le déficit public, le nouveau pouvoir a choisi de sabrer dans les subventions. Malheureusement, cette décision a coïncidé avec une hausse des prix internationaux du pétrole
", analysait alors Pablo Barnier-Khawam, docteur associé au CERI-Sciences Po et spécialiste de la Bolivie (article à retrouver en intégralité, en cliquant ici).

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Tags : bolivie, perou
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