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Les biocarburants sauveront-ils le voyage d’affaires ?

Une surcharge jusqu'à 12 euros chez Air France



Compagnies aériennes et TMC s’emparent peu à peu des SAF ("Sustainable aviation fuels", biocarburants) dans l’espoir de faire revenir les voyageurs d’affaires dans les avions. Mais les surcharges tarifaires implicitement liées, comme celle qui vient de mettre en place Air France, ne vont-elles pas dissuader les acheteurs ? Analyse.


Rédigé par le Lundi 7 Février 2022

A l'heure actuelle, les carburants durables ne représentent que 0,1% des 360 milliards de litres de kérosène utilisés chaque année © Depositphotos
A l'heure actuelle, les carburants durables ne représentent que 0,1% des 360 milliards de litres de kérosène utilisés chaque année © Depositphotos
Biocarburants, hydrocarburants, électricité, hydrogène…

L’aviation d’affaires, mis à terre par 2 années de crise sanitaire mondiale et en plein bouleversement "vert", fait les yeux doux aux prometteurs SAF (pour Sustainable aviation fuels, en français les « biocarburants » au sens large).

Alors que le secteur aérien mondial vise la neutralité carbone pour 2050, et que le gouvernement français impose depuis le 1er janvier au moins 1% de biocarburant dans les réservoirs des avions (chiffre qui progressera jusqu’à 5% en 2030), le secteur du voyage d’affaires tente d’aller plus vite pour faire revenir les précieux voyageurs professionnels à bord des avions.

Des partenariats entre TMC et compagnies

« Il y a un vrai défi pour cette industrie à prendre des mesures, améliorer son image pour faire venir un public plus large dans les avions.

Le cycle de vie de ces biocarburants est plus intéressant, car leur production repose sur du recyclage de déchets.

Les émissions de CO2 sur le cycle de vie sont optimisées »
, expliquait Christophe Roth, directeur de missions Travel & Mice du cabinet de conseil Epsa, lors du dernier Grand live du voyage d’affaires organisé par CDS Group.

Les partenariats, accords et autres communications (souvent floues) en la matière ne se comptent plus.

Delta Airlines et la TMC BCD Travel se sont par exemple récemment associées pour « favoriser l’utilisation de carburant durable d’aviation ».

« L’accord vise à réduire les émissions liées aux voyages professionnels des employés de BCD et, en tant que l’une des plus grandes agences de gestion de voyages au monde, renforce l’avenir de la durabilité dans l’industrie du voyage », expliquait vaguement un communiqué.

Le but affiché : compenser les émissions des déplacements des voyageurs d’affaires.

La méthode reste nettement plus imprécise, alors que les biocarburants coûtent encore entre 3 et 8 fois plus cher que le kérosène traditionnel.

Chez Air France, surcharges et contributions volontaires

Des prix très élevés de production qui impliquera au final une surcharge pour les consommateurs. Comme celle qu’a annoncé, à la surprise générale de tous les acheteurs, le groupe Air France-KLM en janvier.

Cette « contribution aviation durable » vient s’ajouter à l’éco-taxe et se traduit par des surcoût par billet variant de 1 à 4 euros en classe économique et, ce qui concerne plus particulièrement les voyageurs d’affaires, de 1,5 à 12 euros en classes affaires, en fonction de la distance.

La mesure s’applique également aux vols KLM et Transavia.

Pour l’instant la compagnie tricolore est la seule au monde à avoir pris une telle décision.

Côté acheteur, le scepticisme est de mise et on se demande si cette surcharge n’est pas simplement une augmentation des prix qui ne dit pas son nom.

D’autant plus qu’Air France propose depuis le 13 janvier une autre contribution à teneur écologique, volontaire cette fois. Les passagers peuvent désormais contribuer volontairement à l’achat de carburant durable depuis le site internet de la compagnie tricolore.

Enfin, un programme, baptisé SAF Corporate, a été lancé à destination des business travelers.

Ces partenariats avec les entreprises veulent les pousser à investir dès maintenant dans un transport aérien plus vert. Ni le fonctionnement ni le coût à verser par les entreprises ne sont clairement explicités.

Des surcouts en cascade qui, à force, n’auront-ils pas pour effet de freiner le retour des voyageurs d’affaires dans les avions dans les mêmes proportions qu’avant la crise ? La question se pose alors que même les grands patrons de l’aérien ne sont pas convaincus de la pérennité des biocarburants.

« Cela nécessite énormément d’investissement alors que le Covid a mis l’aviation à genoux. L’aviation est tout à fait capable de se décarboner, mais après une transition énergétique.

Le biocarburant n’est donc pas la réponse à long terme. Je n’imagine pas les proportions aller au delà de 12 à 15%… »
, lançait ainsi Guillaume Faury, le grand patron d’Airbus, lors du dernier congrès de l’Union des aéroports français (UAF).

Lire : Biocarburant : les grandes ambitions du géant Neste en France

Pierre Georges Publié par Pierre Georges Journaliste - TourMaG.com
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