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Lyon retrouve sa Confluence

Zoom sur un quartier en pleine (re)construction



Au point de rencontre du Rhône et de la Saône, la pointe de la presqu’île jadis industrielle est devenue le nouveau fleuron de l’urbanisation lyonnaise. Quartier d’habitation et de culture, d’activités tertiaires et d’innovation architecturale, la Confluence donne une nouvelle image à la ville.


Rédigé par Jean-François RUST le Samedi 18 Janvier 2020

Sur fond de réhabilitation des berges et de bâtiments design, le quartier de la Confluence plonge le touriste dans un Lyon contemporain, loin de l’image calfeutrée longtemps incarnée par la ville - DR : J.-F.R.
Sur fond de réhabilitation des berges et de bâtiments design, le quartier de la Confluence plonge le touriste dans un Lyon contemporain, loin de l’image calfeutrée longtemps incarnée par la ville - DR : J.-F.R.
La Confluence incarne le renouveau de Lyon. Au départ pourtant, cette pointe entre Rhône et Saône… n’existait pas !

Le confluent était situé au nord, vers la place Ampère. Jusqu’à la fin du 18e s., il n’y avait ici qu’îles et marais.

Mais face au besoin d’espace, on remblaye ce polder, sous la direction d’un certain Mr Perrache. Il faudra 60 ans pour y parvenir.

Au tournant des années 1830, on commence à édifier les premiers bâtiments. Ils seront industriels car il faut mettre hors la ville les activités polluantes.

Arrivée des usines d’ammoniac et de gaz puis des abattoirs, de la prison, du centre de tri postal, du marché de gros, des ateliers mécaniques et ferroviaires.

Quand la gare de Perrache est construite au milieu du 19e s., elle isole le quartier et ses habitants. Ils sont ouvriers, artisans, puis petits fonctionnaires, cheminots… Perrache sud devient une enclave.

Le quartier se forge une identité populaire et industrieuse, loin de la bourgeoisie d’Ainay pourtant si proche. On parle du quartier « derrière les voûtes », référence aux passages creusés sous la gare pour y accéder.

Doubler la taille du centre-ville

L’expression perdure et a longtemps été synonyme de secteur mal famé. Ainsi vont les 19e et 20e s., jusqu’au déclin industriel des années 1970-1980 et le départ d’activités, tel le marché de gros, parti à Corbas.

Que faire des sites qui ferment les uns après les autres ? La question est posée sous la mandature de Raymond Barre, dès 1995.

Et l’on décide d’offrir au quartier une nouvelle visibilité : le projet Confluence est né, avec l’objectif de doubler la taille du centre-ville.

20 ans après, les 150 ha de la presqu’île sud offrent l’occasion d’une visite architecturale inédite.

Sur fond de réhabilitation des berges et de bâtiments design, elle plonge le touriste dans un Lyon contemporain, loin de l’image calfeutrée longtemps incarnée par la ville.

Symbole du quartier, bien que son projet ait été dissocié du reste : le Musée des Confluences. Ouvert fin 2014, l’immense bâtisse de 40 mètres de haut aux 6 000 tonnes d’acier, à la rencontre de la Saône et du Rhône, en impose.

Dédié au « grand récit de l’humanité » et de ses peuples, l’exposition permanente se double d’événements culturels.

Massimiliano Fuksas et Kengo Kuma, stars de l’architecture

Le cœur du quartier n’est pourtant pas ici. Mais autour de la Place nautique, bassin creusé face à la Saône et encadré d’immeubles contemporains.

Là se trouve le bâtiment-amiral du centre commercial de Confluence, faisant face à l’alignement  d’immeubles high-tech parmi lesquels Lyon Islands, de l’architecte Massimiliano Fuksas et l’étonnant Hikari à plaques de verre et énergie positive, du Japonais Kengo Kuma.

Car pour faire rayonner un tel quartier, conçu pour mixer habitat, loisirs, commerces et espaces verts, le parti pris a été d’accueillir des services administratifs mais aussi des cadors de l’architecture, porte-drapeaux de l’esprit d’innovation clamé par les concepteurs.

Hôtel de Région signé Portzamparc

La phase 1 du projet (2003-2018) a porté sur la moitié ouest du quartier, entre le Cours Charlemagne et la Saône.

Depuis Perrache jusqu’à la pointe, la balade dévoile les Archives Municipales (ancien centre de tri postal), la Banque de France, le jardin d’Erevan, le programme Monolithe… Et l’Hôtel de Région, vaste vaisseau rectangulaire réalisé par l’Atelier de Christian de Portzamparc (2011).

Mais c’est surtout le bord de Saône qui incarne le mieux le choix d’une architecture créative.

Devenu 100% piéton, le quai Rambaud aligne les réalisations audacieuses.

Il dévoile le Pavillon de l’ancienne Capitainerie (désormais un showroom), le bâtiment du Progrès (quotidien régional), le Pavillon des Radios, le cube orangé des Salins, le Pavillon des Douanes (Jean-Michel Wilmotte), La Sucrière, le Pavillon 52 (Rudy Ricciotti), la « boîte » vert-pomme de la télé Euronews et le bâtiment noir Dark Point.

Phase 2 et les bords du Rhône

Dans un mélange de constructions neuves et de réhabilitations portuaires (on a conservé deux portiques de déchargement et l’ancien entrepôt de la CCI), avec bars-concept, restaurants lounge et quelques péniches-cafés, le quartier mute.

Il attire les trekkeurs urbains, face à la résidentielle et boisée colline de Sainte-Foy-lès-Lyon, rive droite, sans doute un peu surprise par un tel séisme.

Il faudra attendre 2025-2030 pour voir l’ensemble du quartier achevé.

La phase 2, lancée en 2012 et pilotée par le duo d’architectes suisses Herzog & de Meuron, s’attache à réhabiliter la moitié est de la presqu’île, circonscrite entre le Cours Charlemagne et le Rhône.

Là se tenait jadis le marché de gros. L’ancienne prison Saint-Paul accueille déjà l’Université Catholique de Lyon. Tout un symbole !

On trouve aussi l’Ecole d’Architecture, l’Ecole Supérieure des Métiers Artistiques, la tour Ycone de Jean Nouvel, la CCI

Déclassement de l’A7

Demain, il y aura d’autres écoles, le déclassement de l’A7, l’aménagement de pistes cyclables, une nouvelle passerelle sur le Rhône, un parc (El Campo), une halte ferroviaire, des îlots d’habitat...

Sans compter la mise en « voie douce » d’un des deux tunnels sous Perrache, histoire d’accéder plus facilement à La Confluence, déjà desservie par le tram.

Alors peut-être une vraie vie de quartier pourra émerger. Car c’est le lot de tous ces néo-secteurs n’ayant pas encore atteint une taille critique, ni reçu la patine du temps : l’âme tarde à s’installer.

Cela viendra sans doute avec le temps, du moins faut-il l’espérer. En attendant, pour le touriste, c’est tout bénéfice !

Infos pratiques

Venir à Lyon

En train :
avec deux gares en centre ville, Part-Dieu et Perrache et une troisième dans l'aéroport Lyon Saint Exupéry, le TGV place aujourd'hui Lyon au centre de l'Europe. À 2h de Paris (1 train toutes les 30 minutes), 1h40 de Marseille (22 aller-retour quotidiens), 3h de Lille, 4h30 de Nantes, 5h de Londres (par l'Eurostar) et 5h10 de Barcelone, le TGV dessert aussi Chambéry, Annecy ou Bruxelles...

En avion : il y a deux aéroports à Lyon, l'Aéroport international de Lyon Saint-Exupéry et l'aéroport d'affaires de Lyon-Bron.

En voiture ou autocar : Lyon est au centre d'un réseau routier dense de plus de 1000 km, qui la relie à toutes les grandes villes d'Auvergne-Rhône-Alpes, et aux grandes villes européennes. De Genève : 1h40 ; de Clermont-Ferrand : 2 heures ; des stations des Alpes : 2h15 ; de Turin ou Marseille : 3 heures ; de Paris : 4h20 ; de Barcelone : 6 heures.

Plus d'infos sur OnlyLyon Tourisme

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