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Thomas Cook / My Travel : la Commission Européenne dit oui au mariage

La mort des petits TO ?



Vendredi, la Commission Européenne a donné son accord à la fusion entre Thomas Cook et My Travel. Sans sourire, elle a estimé que ce rapprochement ne nuisait en rien à la concurrence entre les voyagistes européens. Avec sa bénédiction et après l’accord des actionnaires, encore à venir, de My Travel, l’Europe autorise la naissance d’un groupe voyagiste de 33.000 salariés qui gérera les vacances de 19 millions pax et dégagera un chiffre d’affaires de 12 milliards euros.


Rédigé par Michel Ghesquière - michel.ghesquiere@skynet.be le Lundi 7 Mai 2007

Mais que penser, que dire ? En fait, on peut se demander si les experts du service de la concurrence de la Commission ont bien fait leur boulot. S’ils ont réellement compris toutes les conséquences de leur décision.

Des fusions préparées de longue date

Contrairement à ce qui a été dit à l’époque de l’annonce des deux opérations, il ne fait aucun doute que les rapprochements entre Thomas Cook et My Travel et entre TUI et First Choice étaient préparés depuis plusieurs mois. Quelques éléments le démontrent. En Irlande, ces quatre opérateurs sont présents et contrôlent le marché aussi bien de la République que de l’Ulster.

TUI est le premier TO via sa filiale Budget Travel avec une part de marché de 35 %, tandis que le groupe First Choice, avec Falcon et JWT Travel, arrive en seconde place. Les rapprochements allaient créer une situation proche à celle que connaît actuellement la Belgique. A savoir, deux opérateurs détenant plus de 90 % du marché du tourisme organisé.

Pour la Commission, le nouvel ensemble se retrouverait donc en position dominante sur l'île et ce qui poserait de graves problèmes en ce qui concerne la concurrence. Il a donc été demandé aux groupes de procéder à la vente de l’une de leurs entreprises irlandaises.

En Belgique, tout donne à penser que la décision prise au dernier trimestre 2006 par First Choice de fermer Marmara en Belgique proviendrait d’un raisonnement équivalant. Elle ne serait pas uniquement due à la mauvaise situation financière de cette filiale, mais résulterait des fusions prévues.

La fusion TUI / First Choice aurait encore augmenté la part de marché que le groupe TUI détient en Belgique avec l’ensemble Jetair. Pire, sur la destination Turquie, Jetair + Marmara + Sunjets + NF Belgique se serait trouvé en quelque sorte en position totalement dominante et il en aurait été de même, mais dans une moindre mesure, si First Choice s’était rapproché de Thomas Cook.

Il était donc logique qu’avant de passer aux phases opérationnelles de rapprochement de First Choice avec TUI ou Thomas Cook, le groupe britannique se soit débarrassé de Marmara Belgique.

Internet permet tout

Selon la Commission, l’industrie du tourisme a profondément été modifié ces dernières années. Pour ses experts, il n’y aurait donc pas péril en la demeure en ce qui concerne la concurrence. Son argumentaire se résumant en deux mots : Internet et compagnies low cost.

La Commission explique ainsi : « Le développement d’Internet a permis aux consommateurs d’accéder à un large éventail de sites de voyages. Ils peuvent dorénavant effectuer plus de choix grâce aux moteurs de recherche et aux sites web de comparaison de prix. Par ailleurs, l’expansion des compagnies aériennes à bas prix a ouvert la voie à de nombreuses nouvelles destinations de vacances et a encouragé les voyages autogérés. »

Ben voyons ! Est-ce que les technocrates européens ont oublié qu’aussi bien Thomas Cook que My Travel opèrent déjà sur Internet et proposent des vols low cost ?

Qu’ils sont d’ailleurs des acteurs de poids sur le web puisque 20 % des ventes de My Travel se réalisent déjà via Internet avec un chiffre d'affaires en ventes directes de plus ou moins de 840 millions euros ? Que le groupe KarstadtQuelle, propriétaire de Thomas Cook, est, par sa filiale Quelle, le deuxième opérateur en E-commerce en Allemagne ?

Position dominante au niveau des destinations

Comme nous l’a expliqué justement Jean Luc Hans, directeur général du TO Belge Christophair : « Avec ces deux fusions, je m’inquiète pour le contracting. Avec leurs puissances d’achats, les deux nouveaux groupes vont devenir incontournables pour les hôteliers.

Ce qui signifie que pour travailler avec les ensembles TC/MT et TUI/FC, les responsables d’hébergements vont devoir se plier aux tarifs des deux géants. Donc pour assurer leurs rentabilités, ceux-ci risquent d’être nettement plus chers pour les TO indépendants. Hausses tarifaires qui devront être répercutées sur les clients et donc rendront moins concurrentiels les petits face aux géants. »


Inquiétude également chez Test Achats en Belgique qui se bat déjà contre la position dominante de Jetair et de Thomas Cook dans le Plat Pays et pour l’association « Tourisme Autrement » qui prône le tourisme durable et éthique. Pour ces deux mouvements, c’est l’indépendance économique du tourisme des pays destinataires qui serait mise en danger.

Face aux deux mastodontes en devenir qui géreraient ensemble les vacances de plusieurs dizaines de millions de touristes, comment les autorités des pays réceptifs vont-elles faire pour garder le contrôle de leur politique touristique ? Qui garantit que si un pays ne se plie pas aux desideratas, aux diktats diront certains, de ces deux groupes, ceux-ci ne les bouderaient pas et n’orienteraient pas leurs clients vers d’autres destinations ?

La mise en place de ces deux groupes, avec la bénédiction de la Commission Européenne, risque donc de tuer de nombreux petits TO pour qui la qualité prime. Et comme l’explique Tourisme autrement de : « Diminuer la maîtrise et l’indépendance de la politique touristique des pays réceptifs et de poser de très sérieux problèmes pour le développement économique des pays émergents ».

Heureusement pour les voyagistes indépendants tout n’est pas dit

Selon l’AFP : « Si le feu vert (NDLR : pour la fusion Thomas Cook et My Travel) est une bénédiction pour Thomas Cook, il constitue en revanche un vrai sujet d’inquiétude pour l’allemand TUI et le britannique First Choice, qui eux aussi ont annoncé un projet de fusion.

Leur dossier est actuellement à l’étude à Bruxelles, mais dorénavant, avec un acteur en moins, la Commission pourrait estimer que le marché est trop concentré et qu’il faut interdire la fusion. »

A la loupe

Thomas Cook plc, puisque telle sera sa dénomination après la fusion prévue pour le 19 juin prochain, sera donc détenu à 52% par Karstadtquelle, actionnaire à 100 % de Thomas Cook, et à 48 % par les actionnaires actuels de MyTravel. Il sera coté à la bourse de Londres.

Le chiffre d’affaires 2006 était de 2,79 milliards de livres (4,09 milliard d’euros) pour MyTravel qui détient également une filiale Europe du Nord ayant participé à hauteur de 28 % au chiffre d‘affaires, et une filiale USA ayant contribué pour 17% au CA.

En Grande-Bretagne, MyTravel emploie 9125 employés à plein temps et l’année dernière avait réalisé un chiffre d’affaires de 1,54 milliard de livres (2,25 milliards d’euros) et enregistré une perte opérationnelle de 12,9 millions de livres (18,9 millions d’euros) même si le groupe, dans son ensemble, avait réussi à redevenir bénéficiaire à hauteur de 43,8 milliards de livres (64,2 millions d’euros) pour la première fois depuis 2001.

Thomas Cook UK, de son côté, emploie 9630 employés et a réalisé un CA de 2,5 milliards d’euros en 2006. Les deux alliés ont estimé que leur rapprochement permettrait de réaliser une réduction de coûts de 140 millions de livres, soit un peu plus de 200 millions d’euros.

G.B

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