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A350 immobilisés : Airbus et Qatar ne peuvent plus se voir en peinture...

la contrattaque surprise d’Airbus



Trop c’est trop semble désormais penser la Direction du groupe Airbus qui ne veut plus courber l’échine devant Akbar Al Baker, l’irascible patron de Qatar Airways après que celui-ci ai assigné le constructeur européen devant la Haute Cour de Justice de Londres et mis en doute la sécurité de l’A.350.


Rédigé par le Dimanche 23 Janvier 2022

Habitué à tancer, rabrouer et menacer les acteurs et fournisseurs du secteur ’aérien et particulièrement les grands constructeurs que sont Airbus et Boeing le président de Qatar Airways, Akbar Al Baker, ne s’attendait surement pas à la rébellion et la contrattaque surprise d’Airbus.

Le contentieux est survenu suite à l’immobilisation par la compagnie Qatari de dix-neuf A.350 900 et 1000 « sur ordre » de l’aviation civile du Qatar et sous prétexte que l’érosion de la peinture constitue un problème quant à la sécurité des vols.

Les réponses très fermes du constructeur européen et l’annulation surprise à l’initiative d’Airbus d’une importante commande d’A.321 commandés par Qatar font basculer le contentieux dans un affrontement sérieux et risqué pour chacun des antagonistes.

Mettre en cause la réputation et la sécurité du dernier né de la gamme Long Courrier d’Airbus a probablement été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase déjà bien rempli par les nombreuses foucades du Patron de Qatar Airways dans le passé.

Depuis plus de 10 ans, très régulièrement et presque toujours en public, Boeing et Airbus servent alternativement de putching ball à Akbar Al Baker.

Guerre ouverte entre Airbus et Qatar Airways

Du haut de sa toute-puissance que lui confèrent ses capacités à faire des chèques de plusieurs milliards à l’un ou à l’autre, les deux avionneurs avaient pris l’habitude de tout supporter : brimades, critiques humiliations.

Et la liste des déclarations inamicales est longue …. Pour Boeing et ses 787 commandés par Qatar et dont le programme de livraison, comme c’est toujours le cas dans le cas d’un nouvel appareil a connu des aléas, les attaques ont été nombreuses : « inacceptable, management de Boeing incompétent, ils ont clairement échoué ».

Quant à Airbus dont Qatar avait refusé la livraison de l’A.380 pour une histoire de moquette, les dirigeants se souviennent encore de l’amabilité décochée par le Patron de Qatar en conférence de presse au salon de Dubaï, au sujet d’une commande d’A.350 remise en cause .

La petite phrase "J’ai l’impression qu’ Airbus apprend encore à faire des avions", a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Les constructeurs ne sont pas les seuls à être régulièrement raillés en public. Tout le monde y passe : de IATA accusée d’être dirigée de façon mafieuse jusqu’aux PNC des compagnies américaines qualifiées de grand mères….

Cerise sur le gâteau, ses déclarations lors d’une assemblée générale de IATA il y’a quelques années, ou, répondant à une question sur la place des femmes dans les postes de direction de compagnies aériennes, il avait répondu que pour Qatar, « elle devait être dirigée par un homme car c’était un poste très difficile. « (Anne et Nathalie apprécieront….)

Des propos limite, mais voilà, quand c’est le puissant président d’une des plus grosses compagnies aériennes du monde, on a ri, on a tapé dans le dos d’Akbar et puis on est passé à autre chose.

Il y’a deux raisons qui peuvent expliquer ce comportement : la première tient à la nature de l’homme dont beaucoup qui le connaissent s’accordent à dire qu’i est colérique et irritable.

L’autre raison est que lorsque vous décidez d’être systématiquement mécontent du produit que vous achetez vous pourrez systématiquement demander des compensations.

Il faut, bien sûr, surjouer l’exaspération, prendre quelques libertés avec la bonne foi, menacer qu’ »on achètera plus vos avions » et alors vous pouvez espérer un geste ou une ristourne.

Quand le contrat représente plusieurs milliards, c’est une stratégie qui s’entend et Al Baker est un expert en la matière.

La Direction de Qatar ne s’attendait pas à une telle riposte

Akbar Al Baker, président de Qatar Airways /crédit Qatar Airways
Akbar Al Baker, président de Qatar Airways /crédit Qatar Airways
Dans ce qu’il faut bien appeler désormais la guerre ouverte entre Airbus et Qatar Airways, l’erreur du patron de la compagnie a peut-être été celle d’être trop gourmand.

Rappelons les faits : L’été dernier, dix-neuf A.350 900 et 1000 de Qatar subissent une dégradation de certaines parties de leur surface. La peinture s’écaille par endroits. Le préjudice est évident mais plus esthétique que dangereux.

La structure de la cellule de l’avion n’est pas concernée. Le patron de Qatar aurait pu, à juste titre et comme il sait le faire, demander et obtenir des indemnités liées à ce problème cosmétique.

Airbus ne contestait d’ailleurs pas cette anomalie et était prêt à négocier.

Les choses ont dérapé quand, au mois d’aout dernier l’aviation civile du Qatar (en toute indépendance bien sûr….) a demandé à Qatar Airways d’immobiliser les vingtaine d’A.350 dont le revêtement de peinture s’écaillait pour des raisons de sécurité.

Certains voient dans cette décision une manœuvre du PDG de Qatar Airways, qui, ayant dû comme tout le monde immobiliser ses avions pendant la crise sanitaire, « tente d’en faire payer le cout à Airbus. » (*).

Quoiqu’il en soit, remettre en cause la sécurité des vols n’a pas été acceptable pour l’avionneur. Alors que d’habitude et en cas de litige avec un client les communiqués sont neutres et courtois, Airbus s’est rebiffé et a fait savoir par voie de presse en termes peu diplomatiques qu’il n’acceptait pas l’immobilisation de ses appareils et la mise en cause de la sécurité.

Dans son communiqué du 9 décembre dernier on sent la colère de l’avionneur qui parle de « corrections proposées et rejetées sans justification légitimes » de « déclaration inexactes », de « mauvaises interprétation », « menaces sur les protocoles internationaux de sécurité » et conclue en déclarant « se préparer à une évaluation juridique indépendante nécessaire pour défendre sa position et sa réputation ».

A coup sûr la Direction de Qatar ne s’attendait pas à une telle riposte. Piqué au vif et condamné à la surenchère le patron de Qatar décidai d’attaquer Airbus devant la justice britannique.

Airbus reste droit dans ses bottes

Chiche semble avoir répondu Airbus qui la semaine dernière à tout bonnement renversé les rôles en annulant la commande de Qatar portant sur 50 A.321neo.

Un contrat à plusieurs milliards et le risque également de se voir écarter de l’appel d’offre d’une cinquantaine d’avions cargo pour Qatar et pour lequel Airbus avait l’espoir de placer ses A.350 Cargo.

On en est là pour le moment et les audiences reprendront la semaine prochaine à Londres. Chacune des deux parties risque gros dans ce contentieux inédit.

Airbus, dont la fiabilité des appareils est mise en cause et qui peut perdre un bon ou plutôt un gros client. Qatar Airways, qui pourrait donc avoir à se passer de l’A.321neo, un avion très important pour sa stratégie à venir, et à l’approche de la coupe du monde de football.

Un avion demandé par de très nombreuses compagnies et qui n’a pas d’équivalent chez le concurrent Boeing. Si Airbus reste droit dans ses bottes dans cette affaire c’est parce que le constructeur a de sérieux arguments à faire valoir pour défendre la fiabilité de son A.350.

D’autres compagnies aériennes comme Finnair, Cathay Pacific ou Lufthansa ont-elles aussi reporté sur certains appareils, une usure prématurée laissant parfois apparaître la couche extérieure anti-foudroiement du fuselage en composite de carbone.

Le problème de peinture ne présente aucun risque pour la sécurité

Aucun des régulateurs et aviations civiles des pays concernés n’a jugé utile de clouer les avions au sol et « aucune autre compagnie n’a jugé nécessaire de retirer du service les A350 concernés, ce problème de peinture ne présentant aucun risque pour la sécurité » indiquait Airbus.

L’avis de l’agence européenne de sécurité aérienne, l’EASA, plaide également en faveur du constructeur. Elle déclarait n’avoir b[« aucun élément que la dégradation de la peinture puisse affecter la structure de l’avion et induire d’autres risques » .
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A la vue de la vidéo diffusée ces jours derniers par Qatar et reprise sur les réseaux sociaux, le préjudice commercial est avéré et Airbus, bien sûr, était prêt comme avec les autres opérateurs concernés à apporter des solutions pour traiter le problème.

Repeindre un avion (environ 150 000 dollars) et indemniser l’immobilisation de l’appareil pour l’opération a un cout qu’Airbus était prêt à assumer. Aucun des régulateurs et aviations civiles des pays concernés n’a jugé utile de clouer les avions au sol et « aucune autre compagnie n’a jugé nécessaire de retirer du service les A350 concernés, ce problème de peinture ne présentant aucun risque pour la sécurité » indiquait Airbus.

L’avis de l’agence européenne de sécurité aérienne, l’EASA, plaide également en faveur du constructeur. Elle déclarait n’avoir « aucun élément que la dégradation de la peinture puisse affecter la structure de l’avion et induire d’autres risques » .

A la vue de la vidéo diffusée ces jours derniers par Qatar et reprise sur les réseaux sociaux, le préjudice commercial est avéré et Airbus, bien sûr, était prêt comme avec les autres opérateurs concernés à apporter des solutions pour traiter le problème.

Le tout nouveau 787 de Boeing avait connu des incidents sérieux

La mise en cause de la sécurité à pour l’instant stoppé cette option d’arrangement. Rappelons qu’en janvier 2013, le tout nouveau 787 de Boeing avait connu des incidents sérieux avec notamment des dégagements de fumées provenant du compartiment ou étaient stockées les batteries de l’avion.

Un 787 japonais de la compagnie A.N.A avait même dû se poser et faire évacuer ses passagers par les toboggans. Le régulateur américain avait alors décidé de clouer au sol l’ensemble de la flotte mondiale des 787.

Le patron de Qatar Airways, concerné par cette mesure, était bien sur monté au créneau pour réclamer des compensations. Il avait également déclaré  : « L'avion Dreamliner 787 de Boeing n'aurait pas dû être cloué au sol et la réaction excessive des régulateurs a coûté cher aux compagnies aériennes. »

Et d’ajouter : « Je pense qu'il y a eu une réaction des régulateurs à cause de l'évacuation d';urgence inutile de l'avion japonais et malheureusement, les gens sont aujourd'hui plus sensibles à ce que disent les médias sociaux qu'à la réalité des faits.  »

Des déclarations qui résonnent curieusement dans le contexte actuel et qui ne plaident pas pour l’objectivité du patron de Qatar Airways.

(*) Encore aujourd’hui, toutes les liaisons du réseau de Qatar Airways dont des destinations européennes ne sont pas rétablies comme Doha – Genève qui reprendra en mars…..en A.350.


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Commentaires

1.Posté par Demange le 24/01/2022 19:30 | Alerter
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Nous verrons bien le verdict du tribunal ,Airbus ne peut pas être juge et parti

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