Pas d'aides en perspective, les compagnies aériennes dans le viseur de Bercy - Depositphotos @AlexanderPokusay
Fin février, le monde découvre, sidéré, l'attaque des USA et d'Israël contre l'Iran.
Très rapidement, la guerre se propage aux pays alentours. Les missiles frappent différentes infrastructures énergétiques et l'Iran ferme le détroit d'Ormuz, bloquant des centaines de navires, dont des tankers.
En début de semaine, alors que les prix à la pompe dépassent partout les deux euros, Philippe Tabarot a dévoilé un plan d'action pour soutenir les entreprises de transport.
Il est prévu, pour ces acteurs, de possibles reports de cotisations sociales, mais aussi un étalement des échéances fiscales, ainsi que la mise en place de prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance, pour venir en appui à la trésorerie des TPE les plus exposées à la hausse des prix du carburant.
Dans le même temps, les acteurs du tourisme ont dû rapatrier plusieurs milliers de voyageurs.
Les tour-opérateurs ont déboursé plus de 6 millions d'euros dans cette opération, tout en voyant l'activité se contracter fortement. Certains se retrouvent même à devoir émettre les billets — donc à piocher dans leur trésorerie.
Valérie Boned nous expliquait, la semaine dernière, ne pas entendre de discours de chef d'entreprise alertant sur la situation.
En revanche, la présidente du syndicat entendait plutôt, de la part des adhérents, une inquiétude quant à la durée du conflit : "si ça dure, ça va poser un problème".
Participant aux réunions de crise qui ont lieu au gouvernement, elle a anticipé le sujet avec le ministre de l'Économie.
Très rapidement, la guerre se propage aux pays alentours. Les missiles frappent différentes infrastructures énergétiques et l'Iran ferme le détroit d'Ormuz, bloquant des centaines de navires, dont des tankers.
En début de semaine, alors que les prix à la pompe dépassent partout les deux euros, Philippe Tabarot a dévoilé un plan d'action pour soutenir les entreprises de transport.
Il est prévu, pour ces acteurs, de possibles reports de cotisations sociales, mais aussi un étalement des échéances fiscales, ainsi que la mise en place de prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance, pour venir en appui à la trésorerie des TPE les plus exposées à la hausse des prix du carburant.
Dans le même temps, les acteurs du tourisme ont dû rapatrier plusieurs milliers de voyageurs.
Les tour-opérateurs ont déboursé plus de 6 millions d'euros dans cette opération, tout en voyant l'activité se contracter fortement. Certains se retrouvent même à devoir émettre les billets — donc à piocher dans leur trésorerie.
Valérie Boned nous expliquait, la semaine dernière, ne pas entendre de discours de chef d'entreprise alertant sur la situation.
En revanche, la présidente du syndicat entendait plutôt, de la part des adhérents, une inquiétude quant à la durée du conflit : "si ça dure, ça va poser un problème".
Participant aux réunions de crise qui ont lieu au gouvernement, elle a anticipé le sujet avec le ministre de l'Économie.
Bercy : "pas de dispositif d'aides réfléchi pour les TO et les agences"
Si l'inquiétude n'est pas encore palpable, est-ce que le gouvernement pourra intervenir en cas de difficultés durables ?
Nous avons pris notre téléphone et sollicité Bercy.
"Il n'y a pas de dispositif d'aide qui soit aujourd'hui réfléchi concernant les voyagistes et les agences de voyages.
Alors, ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura jamais. Tout va dépendre de la durée effective du conflit et de son impact sur l'ensemble des secteurs économiques à long terme.
Le conflit est en cours depuis maintenant trois semaines et de nombreux secteurs économiques en subissent les conséquences.
Sur le tourisme, l'impact, en réalité, est très variable selon les acteurs," nous explique-t-on depuis le ministère des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat.
En effet, des tour-opérateurs spécialistes de l'Asie sont actuellement en difficulté, quand d'autres, plus généralistes, arrivent à limiter la casse. Même ceux qui ont fait de l'Europe leur terrain de jeu n'arrivent pas à tirer profit de la situation.
Les clients seraient très attentistes.
Le flux dans les agences de voyages n'est pas nul, mais il s'est réduit depuis quelques jours.
"Nous sommes en lien avec les syndicats.
Nous constatons effectivement une baisse des réservations, notamment pour des départs à destination de l'Asie, de l'Océanie et d'autres pays.
Dans le même temps, nous savons qu'il y a un effet prix qui peut aussi être dissuasif pour les consommateurs. Aujourd'hui, nous continuons d'être attentifs à ce secteur et nous dialoguons avec ses représentants," poursuit notre interlocuteur.
Nous avons pris notre téléphone et sollicité Bercy.
"Il n'y a pas de dispositif d'aide qui soit aujourd'hui réfléchi concernant les voyagistes et les agences de voyages.
Alors, ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura jamais. Tout va dépendre de la durée effective du conflit et de son impact sur l'ensemble des secteurs économiques à long terme.
Le conflit est en cours depuis maintenant trois semaines et de nombreux secteurs économiques en subissent les conséquences.
Sur le tourisme, l'impact, en réalité, est très variable selon les acteurs," nous explique-t-on depuis le ministère des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat.
En effet, des tour-opérateurs spécialistes de l'Asie sont actuellement en difficulté, quand d'autres, plus généralistes, arrivent à limiter la casse. Même ceux qui ont fait de l'Europe leur terrain de jeu n'arrivent pas à tirer profit de la situation.
Les clients seraient très attentistes.
Le flux dans les agences de voyages n'est pas nul, mais il s'est réduit depuis quelques jours.
"Nous sommes en lien avec les syndicats.
Nous constatons effectivement une baisse des réservations, notamment pour des départs à destination de l'Asie, de l'Océanie et d'autres pays.
Dans le même temps, nous savons qu'il y a un effet prix qui peut aussi être dissuasif pour les consommateurs. Aujourd'hui, nous continuons d'être attentifs à ce secteur et nous dialoguons avec ses représentants," poursuit notre interlocuteur.
Hausse du kérosène : "nous avons fait passer un message aux compagnies aériennes"
Mardi 24 mars, Patrick Martin sur BFM, s'est montré alarmiste... vis-à-vis des finances de notre pays.
Le président du Medef a dédramatisé la situation, tout en appelant à aider le transport routier ou l'hôtellerie-restauration, mais en s'inquiétant qu'il n'y ait "plus un sou dans les caisses" de l'État.
Et c'est sans doute tout le problème à Bercy, actuellement. Engagée dans une nécessaire réduction de la dette, la France ne peut plus se permettre les largesses qu'elle avait prises durant le Covid.
"Sortir un bouclier ou un parapluie d'aide ne nous paraît pas prioritaire, au regard d'autres secteurs qui sont impactés de façon directe et extrêmement plus durement.
Je pense notamment à la pêche. Il faut savoir que le carburant représente jusqu'à 50% du prix du poisson.
Après la première semaine d'affolement, qui a conduit à une envolée du baril à des niveaux très élevés, nous sommes dans une forme de stabilisation du cours. Cela n'empêche pas que, pour certains carburants — notamment ceux liés à l'aviation — les hausses soient très fortes.
Nous sommes en train de mesurer cet impact.
Nous avons fait passer un message aux raffineurs hier. Cest le même que pour le carburant de monsieur et madame Tout-le-monde, mais cela vaut également pour les capacités de raffinage destinées aux autres secteurs.
On constate un renchérissement du kérosène qui se répercute sur le prix des billets.
Nous avons fait passer un message aux compagnies aériennes, au même titre que celui adressé aux distributeurs de carburant, en leur demandant de faire preuve de modération sur leurs marges", nous explique un porte-parole de Bercy.
Le président du Medef a dédramatisé la situation, tout en appelant à aider le transport routier ou l'hôtellerie-restauration, mais en s'inquiétant qu'il n'y ait "plus un sou dans les caisses" de l'État.
Et c'est sans doute tout le problème à Bercy, actuellement. Engagée dans une nécessaire réduction de la dette, la France ne peut plus se permettre les largesses qu'elle avait prises durant le Covid.
"Sortir un bouclier ou un parapluie d'aide ne nous paraît pas prioritaire, au regard d'autres secteurs qui sont impactés de façon directe et extrêmement plus durement.
Je pense notamment à la pêche. Il faut savoir que le carburant représente jusqu'à 50% du prix du poisson.
Après la première semaine d'affolement, qui a conduit à une envolée du baril à des niveaux très élevés, nous sommes dans une forme de stabilisation du cours. Cela n'empêche pas que, pour certains carburants — notamment ceux liés à l'aviation — les hausses soient très fortes.
Nous sommes en train de mesurer cet impact.
Nous avons fait passer un message aux raffineurs hier. Cest le même que pour le carburant de monsieur et madame Tout-le-monde, mais cela vaut également pour les capacités de raffinage destinées aux autres secteurs.
On constate un renchérissement du kérosène qui se répercute sur le prix des billets.
Nous avons fait passer un message aux compagnies aériennes, au même titre que celui adressé aux distributeurs de carburant, en leur demandant de faire preuve de modération sur leurs marges", nous explique un porte-parole de Bercy.
France : "une redirection des flux vers du tourisme domestique"
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Contrairement à la crise sanitaire, le ministère de l'Économie n'est plus un guichet d'aides, ni une bouée de sauvetage pour les entreprises en difficulté.
"La réalité, c'est qu'en fait, nous devons gérer les priorités.
Il ne faut pas s'affoler et agir avec discernement.
Le fait est que nous sommes entrés dans un monde de permacrise, dans lequel les crises majeures n'ont pas lieu tous les 15 ans, mais tous les six mois, quasiment.
Il est vrai qu'entre les États-Unis, qui ne sont plus une destination rêvée, et l'Asie, qui devient difficilement accessible, sans parler du renchérissement du prix des billets, ça fait beaucoup de contraintes.
Ce sont malheureusement les données avec lesquelles les tour-opérateurs doivent composer.
Nous constatons une redirection des flux vers du tourisme domestique, ce qui est un bon signal pour un certain nombre de filières. Même si le carburant aura sans doute un impact sur le comportement des touristes," conclut le cabinet de Serge Papin.
Il reste malgré tout, quelques leviers activables, jusqu’à fin 2026, des vestiges du covid, comme le chômage partiel et des reports de charges, afin d’anticiper d’éventuelles difficultés.
Les EDV devraient faire partir prochainement une note sur ces sujets.
En attendant, le ministère du Tourisme tiendra une conférence de presse prochainement pour évaluer l'impact de la guerre en Iran sur le tourisme.
"La réalité, c'est qu'en fait, nous devons gérer les priorités.
Il ne faut pas s'affoler et agir avec discernement.
Le fait est que nous sommes entrés dans un monde de permacrise, dans lequel les crises majeures n'ont pas lieu tous les 15 ans, mais tous les six mois, quasiment.
Il est vrai qu'entre les États-Unis, qui ne sont plus une destination rêvée, et l'Asie, qui devient difficilement accessible, sans parler du renchérissement du prix des billets, ça fait beaucoup de contraintes.
Ce sont malheureusement les données avec lesquelles les tour-opérateurs doivent composer.
Nous constatons une redirection des flux vers du tourisme domestique, ce qui est un bon signal pour un certain nombre de filières. Même si le carburant aura sans doute un impact sur le comportement des touristes," conclut le cabinet de Serge Papin.
Il reste malgré tout, quelques leviers activables, jusqu’à fin 2026, des vestiges du covid, comme le chômage partiel et des reports de charges, afin d’anticiper d’éventuelles difficultés.
Les EDV devraient faire partir prochainement une note sur ces sujets.
En attendant, le ministère du Tourisme tiendra une conférence de presse prochainement pour évaluer l'impact de la guerre en Iran sur le tourisme.






Publié par Romain Pommier 













